Le service du Seigneur
Chapitre 11
Quand Vyasadev resta insatisfait même après avoir produit plusieurs volumes de sagesse védique, Narada Mouni, son maître spirituel, lui expliqua qu'aucune voie de réalisation spirituelle ne peut pleinement porter fruit sans la dévotion. Vyasadev était assis sur la rive de la Sarasvati à l'arrivée de Narada qui, le voyant ainsi déprimé, lui expliqua pourquoi les nombreux ouvrages qu'il avait rédigés étaient insuffisants : " Même le plus pur savoir s'avère incomplet s'il est dénué de dévotion spirituelle. Que dire alors de l'action intéressée, non reliée au service de dévotion ? Comment pourrait-elle profiter à quiconque ? "
Nombreux sont les sages rompus à l'austérité et les personnes qui donnent à profusion aux œuvres de charité; on compte également maints penseurs, érudits et célébrités, et plusieurs sont très habiles à réciter les hymnes védiques. Même s'il ne fait aucun doute que ces réalisations sont tissées de bons augures, à moins de les utiliser pour accéder au service dévotionnel du Seigneur, elles ne peuvent conférer les résultats escomptés. Aussi Shoukadev Gosvami offre-t-il son hommage respectueux au Seigneur Suprême, qui peut seul accorder le succès. Tous les philosophes et les spiritualistes admettent qu'on ne peut être délivré de l'enlisement matériel sans la connaissance. Néanmoins, le savoir non relié au service de dévotion ne saurait garantir la libération. En d'autres mots, ce n'est que lorsque le gyana - la culture du savoir - donne accès à la dévotion qu'il peut assurer la libération. Brahma le confirme lui-même dans l'extrait suivant du Shrimad-Bhagavatam (10.14.4) : " Cher Seigneur, le service de dévotion qu'on T'offre est la voie par excellence de réalisation spirituelle. La délaisser pour cultiver le savoir ou la spéculation philosophique, c'est aller au-devant de grandes difficultés sans pour autant atteindre les fruits convoités de la réalisation spirituelle. Autant chercher du blé en battant l'enveloppe vide du grain. " La Bhagavad-Gita (7.14) enseigne que la nature matérielle est si puissante qu'aucun être ordinaire ne peut la surmonter. Seuls ceux qui s'abandonnent aux pieds pareils-au-lotus de Krishna peuvent franchir l'océan de l'existence matérielle. Parce qu'il oublie être éternellement le serviteur de Krishna, l'être vivant provoque son propre asservissement à l'existence conditionnée et subit de ce fait l'attrait de l'énergie matérielle. En réalité, cet attrait nous enchaîne à l'énergie temporelle, et comme il est très difficile de s'en libérer tant qu'on désire dominer la nature matérielle, il est recommandé d'approcher un maître spirituel qui offre une formation dévotionnelle et permet ainsi de s'extirper des griffes de la matière pour atteindre les pieds pareils-au-lotus de Krishna. La société humaine compte huit divisions : d'abord, les brahmanes (intellectuels), les kshatriyas (administrateurs), les vaishyas (gens d'affaires) et les shoudras (la classe ouvrière); puis, les brahmacharis (étudiants), les grihasthas (gens de famille), les vanaprasthas (retraités) et les sannyasis (renonçants). Et ni les uns ni les autres, s'ils sont dénués de dévotion, ou de conscience de Krishna, ne peuvent être libérés, même s'ils s'acquittent dûment de leur devoir prescrit. Bien au contraire, ils glisseront vers l'enfer du fait de leur conscience matérielle. En conséquence, tout en accomplissant son devoir d'état, chacun doit cultiver la conscience de Krishna dans le cadre du service de dévotion s'il désire échapper aux chaînes de la matière. Dans ce contexte, le Seigneur Chaitanya récita un verset du Shrimad-Bhagavatam énoncé par Narada pour indiquer la voie de la culture bhagavat. Il affirme que les quatre divisions sociales ainsi que les quatre ordres spirituels sont issus de la gigantesque Forme universelle du Seigneur. Les brahmanes sont nés de la bouche de cette Forme, les kshatriyas, de Ses bras, les vaishyas, de Sa taille et les shoudras, de Ses jambes. Comme tels, ils sont marqués par différents attributs de la nature matérielle au sein de la forme du virat-pourousha. La personne qui n'adopte pas le service de dévotion du Seigneur choiera de sa position, qu'elle accomplisse ou non son devoir d'état au sein des divisions précitées. Le Seigneur Chaitanya souligne en outre que, même si les adeptes de l'école impersonnaliste, les mayavadis, pensent ne faire qu'Un avec Dieu et ainsi être libérés, tel n'est pas le cas selon Lui et le verset suivant du Shrimad-Bhagavatam (10.2.32) : " Ceux qui se croient libérés selon les normes de la doctrine mayavadi, mais qui refusent d'adopter le service du Seigneur, choient certes par manque de dévotion tangible, même après s'être pliés à de rudes austérités et mortifications, et être parvenus au seuil de la position suprême. " Le Seigneur compare Krishna au soleil, et maya - la puissance d'illusion matérielle - aux ténèbres. Qui baigne constamment dans la lumière solaire de Krishna ne peut être dérouté par les ténèbres de l'énergie temporelle, ce qu'expliquent clairement les quatre versets essentiels du Shrimad-Bhagavatam, et ce que confirme le passage suivant du même ouvrage : " Maya, la puissance d'illusion, a honte de se présenter devant Krishna. " (S.B., 2.5.13) Néanmoins, l'être vivant est continuellement mystifié par cette même puissance. Dans son conditionnement, il découvre plusieurs formes de jonglerie verbale qui lui donnent l'impression de pouvoir s'affranchir des griffes de maya; mais, en vérité, il lui suffit de s'abandonner sincèrement à Krishna en disant une seule fois : " Mon cher Seigneur, à compter de ce jour, je T'appartiens tout entier " pour aussitôt se soustraire aux chaînes de l'énergie matérielle. Ce que confirme le Lanka-kanda du Ramayane, où le Seigneur dit : " Je promets - et Je Me dois - de toujours protéger quiconque s'abandonne entièrement à Moi. " Une personne peut penser jouir de l'action intéressée, de la libération, du gyana ou de la perfection du yoga, mais si, par bonheur, elle devient vraiment intelligente, elle délaissera toutes ces pratiques pour s'engager avec sincérité dans le service de dévotion offert au Seigneur. Le Shrimad-Bhagavatam (2.3.10) confirme également que l'homme ou la femme d'intelligence rongé de désirs matériels ou assoiffé de libération devrait adopter le service de dévotion empreint de perfection. Ceux qui cherchent à tirer un profit matériel du service de dévotion ne sont pas des purs dévots, mais on les considère néanmoins comme fortunés du fait qu'ils s'engagent dans ce service. Même s'ils ignorent que les bienfaits ou plaisirs matériels ne sont pas le but de la dévotion au Seigneur Suprême, ils en viendront finalement à cette conclusion. Krishna déclare Lui-même que ceux qui désirent quelque bienfait matériel en retour de leur service dévotionnel sont certes insensés puisqu'ils cherchent à s'empoisonner l'existence au lieu de s'établir au niveau de l'amour pour Dieu. Même si quelqu'un désire certains bienfaits matériels de Krishna, Celui-ci, tout-puissant, considère sa position, l'affranchit graduellement de ses ambitions temporelles et l'engage dans le service de dévotion. En s'y consacrant vraiment, il en oubliera ses aspirations et désirs matériels. Le Shrimad-Bhagavatam (5.19.27), le confirme en ces termes : " Krishna exauce certes les désirs de Ses dévots qui L'approchent pour Le servir avec dévotion, mais non pas ceux qui risquent d'engendrer de nouvelles souffrances. Malgré leurs ambitions temporelles, de tels dévots sont graduellement purifiés, par leur service transcendantal, de tout désir de jouissance matérielle pour en venir à convoiter le plaisir né de la dévotion. " De façon générale, on recherche la compagnie des dévots dans l'espoir d'atténuer quelque détresse matérielle; mais l'influence du pur dévot nous affranchira de tout désir matériel, de sorte qu'avec le temps, on prendra goût au service de dévotion, lequel s'avère si pur et merveilleux qu'il purifie le dévot et lui fait oublier toutes ses aspirations matérielles dès qu'il s'engage pleinement dans le sublime service d'amour de Krishna. Citons ici l'exemple de Dhrouva Maharaj qui, désirant quelque bienfait de Krishna, adopta le service de dévotion. Lorsque le Seigneur lui apparut sous la forme à quatre bras de Vishnou, Dhrouva dit : " Cher Seigneur, T'ayant servi avec une dévotion mêlée de rudes pénitences et austérités, je peux Te voir aujourd'hui, ce que même les grands sages et devas ont peine à réussir. Désormais comblé, tous mes désirs sont exaucés. Je n'aspire à rien d'autre, car alors que je recherchais quelques éclats de verre, j'ai aujourd'hui trouvé un fort précieux joyau. " Ainsi, pleinement satisfait, Dhrouva Maharaj refusa-t-il de demander quoi que ce soit au Seigneur. Transmigrant à travers les 8 400 000 formes de vie, l'être vivant est parfois comparé à un rondin qui, descendant une rivière, échoue fortuitement sur la berge sans être entraîné plus loin par le courant. Un verset du Shrimad-Bhagavatam (10.38.5) encourage toutes les âmes conditionnées de la façon suivante : " Nul ne doit se désespérer, pensant qu'il n'échappera jamais à l'emprise de la matière. Car il est possible d'être sauvé, à l'instar d'un rondin qui, descendant quelque temps une rivière, peut en atteindre la rive. " De tels incidents heureux marquent le début du déclin de l'existence conditionnée; ils surviennent au contact de purs dévots du Seigneur, contact qui favorise l'éveil de notre attrait pour Krishna. Il existe divers genres de rituels et d'activités, dont certains se transforment en jouissance matérielle et d'autres, en libération matérielle; mais si quelqu'un adopte des activités rituelles permettant l'épanouissement du pur service de dévotion au Seigneur en compagnie de purs dévots, son esprit s'imprégnera tout naturellement du service de dévotion. Le Shrimad-Bhagavatam (10.51.54) rapporte les paroles suivantes de Mouchoukounda : " Mon cher Seigneur, tout en transmigrant à travers les différentes espèces de l'univers matériel, l'être vivant peut progresser vers la libération. Mais ce n'est que lorsque, par bonheur, il rencontre des purs dévots qu'il est effectivement délivré de l'emprise de l'énergie matérielle et devient lui-même un dévot de Ta Personne Divine. " Quand une âme conditionnée se voue à Krishna, le Seigneur, de par Sa miséricorde immotivée, l'instruit de deux façons : de l'extérieur, à travers le maître spirituel, et de l'intérieur, à travers l'Âme Suprême. Nous lisons à ce sujet, dans le Shrimad-Bhagavatam (11.29.6) : " Cher Seigneur, même en étant doté de la longévité de Brahma, personne ne saurait T'exprimer sa gratitude pour les bienfaits dérivés de Ton souvenir. De par Ta miséricorde sans cause, Tu éloignes du dévot toute condition néfaste en Te manifestant à l'extérieur comme le maître spirituel et à l'intérieur comme l'Âme Suprême. " Si, d'une façon ou d'une autre, une personne entre en contact avec un pur dévot, et développe ainsi le désir de servir Krishna avec dévotion, elle s'élève progressivement jusqu'au niveau de l'amour pour Dieu et s'extirpe des griffes de l'énergie matérielle. Ce qu'explique également le Shrimad-Bhagavatam (11.20.8),où le Seigneur Lui-même dit : " Lorsqu'une personne éprouve spontanément de l'attrait pour Mes activités - n'étant ni attirée ni repoussée par les activités matérielles -, la voie du service de dévotion qui conduit à la perfection de l'amour pour Dieu lui devient accessible. " Il serait toutefois impensable d'atteindre cette perfection sans la grâce d'un pur dévot ou d'un mahatma, d'une grande âme. Sans cette grâce, impossible même de se défaire de l'emprise de la matière, que dire de s'élever au niveau de l'amour pour Dieu. Ce que confirme également le Shrimad-Bhagavatam (5.12.12), dans un entretien du roi Rahougane, de la province de Sind en Sibérie, avec le roi Bharate, où le premier exprima son étonnement face aux grandes réalisations spirituelles du second. Et celui-ci de lui répondre : " Cher Rahougane, nul ne peut atteindre la perfection dévotionnelle à moins d'être béni par une grande âme ou un pur dévot. Il n'est pas question d'y parvenir par la seule adhésion aux principes régulateurs des Écritures, ni en adoptant l'ordre du renoncement, en s'acquittant des devoirs prescrits de la vie de famille, en devenant un étudiant consciencieux de la science spirituelle ou en se livrant à de rudes austérités visant la réalisation du soi. " Toujours dans le Shrimad-Bhagavatam (7.5.32), on lit que lorsque l'athée Hiranyakashipou demanda à son fils Prahlad Maharaj comment il avait développé une telle attitude dévotionnelle, l'enfant répondit : " Tant qu'on n'est pas béni par la poussière des pieds des purs dévots, on ne peut même fouler le sentier de la dévotion, qui apporte la solution à tous les problèmes de l'existence matérielle. " Le Seigneur Chaitanya informa Sanatane Gosvami que toutes les Écritures insistent sur la compagnie des purs dévots du Seigneur Suprême. La chance d'entrer en contact avec ceux-ci marque le début de notre perfection totale. Ce que confirme le Shrimad-Bhagavatam (1.18.13), où il est dit que les bienfaits et avantages acquis auprès d'un pur dévot s'avèrent incomparables. On ne saurait les comparer ni à l'élévation aux sphères célestes ni à la libération. Krishna confirme également ce fait dans l'enseignement le plus confidentiel de la Bhagavad-Gita, lorsqu'Il dit : " Cher Arjouna, emplis toujours de Moi ton mental et deviens Mon dévot à part entière, voue-Moi constamment ton adoration et remets-t'en simplement à Moi. Telle est la seule façon d'accéder à Mon Royaume. Je te révèle ici le plus secret des savoirs, car tu es Mon ami, infiniment cher. " (B.G., 18.65) Une instruction aussi directe de Krishna à Arjouna s'avère plus importante que toute directive védique ou service pratiqué selon les règles. Il existe certes plusieurs recommandations védiques quant aux rites et cérémonies sacrificielles, aux devoirs régulateurs, à la méditation et à la culture spéculative du savoir; mais l'ordre direct de Krishna - " Renonce simplement à tout et deviens Mon dévot, Mon adorateur " - doit être tenu pour l'ordre final du Seigneur, auquel nous devons adhérer par-dessus tout. Le seul fait d'en être convaincu et d'adopter le service de dévotion au Seigneur, délaissant toute autre occupation, nous apportera sans nul doute la réussite. Confirmant cette assertion, le Shrimad-Bhagavatam affirme qu'il ne convient d'emprunter d'autres voies de réalisation spirituelle qu'aussi longtemps qu'on n'est pas convaincu de l'ordre direct du Seigneur, Shri Krishna, qui consiste, selon le Shrimad-Bhagavatam et la Bhagavad-Gita, à renoncer à tout pour pratiquer le service de dévotion. La foi tient à cette conviction inébranlable. Ainsi ceux et celles qui ont la foi sont-ils fermement convaincus qu'en se consacrant simplement au service dévotionnel de Krishna, ils s'acquittent automatiquement de tout - y compris des principes régulateurs liés aux rites, des offrandes sacrificielles, de la pratique du yoga et de la quête spéculative du savoir. Tout est automatiquement accompli par la personne convaincue que le service de dévotion au Seigneur englobe tout. Ainsi que l'enseigne le Shrimad-Bhagavatam (4.31.14) : " Tout comme, en arrosant la racine d'un arbre, on nourrit également les branches, les rameaux, les feuilles et les fruits, et tout comme, en donnant de la nourriture à l'estomac, on satisfait tous les sens, il suffit de servir Krishna avec dévotion pour accomplir automatiquement toute autre forme d'adoration ou méthode préconisée. " La personne qui a la foi et qu'anime cette ferme conviction est digne de devenir un pur dévot. On dénombre trois classes de dévots selon leur degré de conviction. Le dévot de premier ordre est versé dans toutes les Écritures védiques et pénétré de la conviction décrite ci-dessus. Il peut soulager les souffrances matérielles de tous les autres êtres. Le dévot de deuxième ordre est celui dont la conviction et la foi sont fermes, mais qui n'est guère apte à citer les Écritures révélées pour étayer son propos. Le dévot de troisième ordre est celui dont la foi demeure fragile mais qui, par l'épanouissement graduel du service de dévotion, deviendra digne avec le temps d'être promu au second, voire au premier niveau. Le Shrimad-Bhagavatam (11.2.45-47) enseigne que le dévot de premier ordre voit toujours le Seigneur Suprême comme l'Âme de tous les êtres vivants. Ainsi voit-il Krishna, et rien d'autre, en tout un chacun. Le pur dévot de niveau intermédiaire place toute sa confiance en Dieu, la Personne Suprême, se lie d'amitié avec les autres purs dévots, aide les innocents et fuit les athées ou ceux qui s'opposent au service de dévotion. Le dévot de troisième ordre pratique le service dévotionnel selon les directives du maître spirituel, ou par tradition familiale, et adore la Déité; cependant, il n'est guère versé dans la science de la dévotion et ne parvient pas à distinguer un dévot d'un non-dévot. Un tel néophyte ne peut être vraiment considéré comme un pur dévot; bien qu'il soit presque établi dans la voie dévotionnelle, sa position demeure en effet précaire.
On peut donc en conclure que, lorsqu'une personne fait preuve d'amour pour Dieu et d'amitié envers les dévots, se montre compatissante envers les innocents et peu disposée à fréquenter les non-dévots, elle peut être considérée comme un pur dévot. En progressant dans le service de dévotion, elle percevra que chaque être vivant fait partie intégrante du Suprême. Elle pourra voir en chacun la Personne Divine, et atteindra ainsi un haut degré d'accomplissement dans la conscience de Krishna. Parvenue à ce niveau, elle cessera d'établir une distinction entre les dévots et les non-dévots, les voyant tous occupés à servir le Seigneur. Elle continuera néanmoins à développer toutes les qualités louables alors même qu'elle pratiquera la conscience de Krishna et le service de dévotion. Comme l'affirme le Shrimad-Bhagavatam (5.18.12) : toutes les vertus éminentes des devas se manifestent en quiconque a développé une dévotion pure et sans mélange pour le Seigneur Suprême. Au contraire, l'être dénué d'un tel service est assuré de s'égarer, et ce, malgré toutes ses qualités matérielles, puisqu'il erre au niveau mental. Ses qualités matérielles s'avèrent donc sans valeur.
|