L'IMPORTANCE DU VARNASRAMA.

70-01 Cela signifie, tel qu'établi dans la Bhagavad Gita, que les classes de la société humaine se distinguent selon certains signes ou symptomes.

Un brahmana, par exemple, ne devie jamais de la vérité dans ses propos, il est toujours propre, équanime, tolérant, simple, plein de connaissance et bien sûr théiste. Un ksatriya, se manifeste lui, par une tendance prononcée à administrer une population, par un esprit martial, une grande bravoure lors de conflits armés ainsi que par une disposition charitable. Un vaisya se remarque par son intérêt pour les activités agricoles, commerciales et bancaires ainsi que par la protection des vaches. Le sudra lui se révèle par le fait qu'il n'est interessé qu'à travailler physiquement pour autrui en échange d'un salaire.

Narada Muni explique que ces traits ne sont pas stréotypes ou stagnant, mais au contraire flexibles. Quoique né dans une famille de brahmana, il est possible qu'un homme démontre une propension de Kkatriya, de vaisya, ou de sudra. Egalement, un individu né dans une famille de sudra ou même de candala, peut très bien réveler les caractéristiques d'un brahmana. Kaballabha est un bel exemple de personne née au sein d'une famille de candala mais qui s'avéra être en réalité un ksatriya. De même, Visvamitra Muni, bien que venu au monde dans une famille de ksatriya, devint un Brahmana. Narada Muni nous enseigne donc que nous ne devrions pas considérer la naissance d'un individu mais plutôt ses tendances naturelles. Krishna confirme la même notion dans la Bhagavad Gita, lorsqu'il explique que les quatres divisions de la société humaine se définissent par la nature de leurs activités respectives.

Par conséquent, nous appuyant sur les Ecrits Védiques, nos membres sont tous des brahmanas et nous leur donnons la corde sacrée, bien que provenant de familles qui n'aient rien de brahmanique et qui ne qualifieraient même pas de sudrique. Leur naissance ne les empêche toutefois pas de pouvoir se purifier. En realité, nous les encourageons sur cette voie de la purification grâce au chant du Maha mantra. Après un certain temps, lorsque le Maître Spirituel s'aperçoit que le disciple a bien suivi les principes régulateurs, tels que pas de vie sexuelle illicite, qu'il a chanté assidument 16 tours de japa chaque jour, après donc une période de six mois à un an, lorsque le disciple démontre un certain niveau de purification, la corde sacrée lui est donnée et il lui est alors permis de s'engager dans l'adoration des murtis du temple. Ces smartha brahmanas objectent qu'à moins qu'une personne ne soit née dans une famille de brahmanas, elle ne peut être autorisée à participer dans de telles activités brahmaniques. Mais Narada Muni condamne cette notion; selon lui un individu ne doit pas être jugé en fonction de sa naissance mais selon sa nature et disposition. De plus le Srimad Bhagavatam nous enseigne que même les Kiratas et autres êtres de basse souche peuvent néanmoins être purifiés par un pur dévot, si puissante est l'influence du Seigneur Vishnu. Prabha Visnave signifie 'Le Tout Puissant Seigneur Vishnu'. Le mot 'Prabha' se rapporte à la lumiere ou chaleur de Vishnu qui est si intense qu'elle parvient à faire fondre et s'évaporer toute forme de contamination. Seuls les dévots du Seigneur Vishnu ou Krishna peuvent ainsi être purifiés. Les dévots des devas, quant à eux, de par leur karma doivent reprendre des naissances repétées.

Ainsi donc, selon ce principe, les populations europeennes et americaines qui manifestent une intelligence et culture si avancee, peuvent elles aussi acceder au niveau brahmanique vedique. Seulement alors, la vie humaine devient-elle un succes et le monde entier se transforme-t-il en un jardin resplendissant.

Prenez ces mots très à coeur et engagez-vous dans la propagation de la Conscience de Krishna en toute sérénité. Ceci est le plus grand cadeau que vous puissiez offrir à la société humaine. Vous êtes un jeune homme brillant et cultivé. Songez profondément à cette formule que je vous propose et tâchez de la pratiquer du mieux que vous le pouvez. Voilà ma requête.
(Lettre de Srila Prabhupada à Janardana - 16 Janvier 1970)


70-02 Lettre à Anil Grover

Los Angeles
5 février 1970
70-02-05

St. Louis

Cher Sriman Anil Grover,

Accepte mes bénédictions. J'accuse réception de ta lettre du 02 février 1970, envoyée par le biais de Sriman Vamanadeva. Je suis très content d'apprendre que tu as fait de hautes études et que tu fréquentes notre temple avec sérieux afin de bien comprendre notre philosophie de la Conscience de Krishna. C'est un signe très positif. Essaye de continuer sur cette voie et si des questions devaient surgir, n'hésite pas à m'en faire part. Je ferai de mon mieux pour t'aider.

Ma vie est toute entière consacrée à cela. Tu ne dois donc pas avoir la moindre hésitation à poser des questions selon les recommandations mentionnées dans la Bhagavad-Gita, c'est-à-dire, dans un esprit de service et de soumission. Les questions devraient être posées uniquement à une personne à laquelle nous pouvons nous soumettre et qui peut être bénéficiaire de nos services. C'est cela la voie de la réalisation.

Le Mouvement pour la Conscience de Krishna a un but philosophique principal qui se résume à la prédication du principe d'un seul Dieu, d'une religion unique, d'un Livre sacré, d'un seul hymne et d'une seule société humaine. Sur ce point, nous les indiens, nous sommes directement concernés. Nous avons pour mission de prêcher la philosophie de la Conscience de Krishna à travers le monde, ceci après l'avoir comprise et l'avoir réalisée. Comprenons par là que bien que nous ayons différents organes dans notre corps qui remplissent chacun une fonction particulière, en dernier lieu ils participent tous au bon fonctionnement du corps dans son ensemble. De la même manière, si nous considérons la société humaine comme un tout, alors les diverses parties qui la composent pourront agir chacune différemment dans un but commun, le développement de la civilisation humaine.

Tu as dit que tu es venu dans ce pays pour suivre une formation scientifique de haut niveau. C'est une très bonne chose, mais je pense que si les indiens venaient dans ce pays afin d'apporter à ses habitants une éducation de grande valeur dans la connaissance spirituelle, cela correspondrait mieux à la fonction que doit remplir la société à laquelle ils appartiennent. Si les habitants de cette partie du monde ont développé un savoir scientifique et technologique très élevé, ils pourraient se rendre en Inde afin d'y enseigner leur connaissance. Les indiens à leur tour pourraient les instruire dans la connaissance spirituelle. Ce sont là deux aspects absolument nécessaires au bon équilibre de la société.

Si les occidentaux sont experts dans la connaissance technologique et que leur tendance naturelle est de développer celle-ci, eh bien, qu'il en soit ainsi. En ce qui concerne les indiens, notre peuple est principalement et naturellement enclin au développement spirituel. Pour cette raison, même de nos jours, à l'occasion de la Kumbha Mela à Prayaga ou dans n'importe quel autre centre de pèlerinage comme Jagannatha Puri, Vrindavana, Haridwar, etc., des millions de personnes se rassemblent sans qu'il n'y ait aucune publicité. Ces tendances naturelles ne devraient donc pas être entravées, bien au contraire. Les habitants de chaque contrée du monde devraient pouvoir développer leurs talents propres puis les partager avec autrui. C'est ainsi que les occidentaux peuvent nous apporter leur savoir et nous, nous pouvons leur apporter le nôtre. Par le biais de ces échanges, nous serons tous en mesure de nous épanouir chacun selon notre propre mode de vie civilisé.

Malheureusement dans l'Inde actuelle nos dirigeants aveugles sont en train de laisser complètement de côté le développement de nos talents indigènes, ce qui fait que l'Inde se retrouve aujourd'hui dans une situation qui n'est pas vraiment la sienne. Je sais, pour en avoir fait l'expérience personnellement, que certains étudiants d'origine indienne qui habitent ce pays émettent des jugements critiques à l'égard de notre Mouvement pour la Conscience de Krishna. Cela me rend très heureux de savoir que, en ce qui te concerne, tu prends très au sérieux ce Mouvement et je prie Krishna qu'il te bénisse dans ton cheminement.

Mais venons-en à tes questions. La première est: " Que suis-je? Le corps est-il matière, est-il une âme spirituelle ou une combinaison des deux? " Voici la réponse: Tu es le serviteur éternel de Krishna. Le corps est matière. L'âme spirituelle est différente du corps. Ce n'est pas exactement une combinaison mais bien plutôt un emprisonnement. Un peu comme quand on verse de l'huile dans l'eau, elle ne se mélange pas avec l'eau. De la même manière, l'âme ne se mélange pas avec le corps, mais à cause de notre conscience matérielle, nous sommes enclins à croire que le mouvement du corps reflète le mouvement de l'âme. C'est ce qui nous fait croire que lorsque le corps périt, l'âme cesse également d'exister. La Bhagavad-Gita nous apprend que l'âme ne périt pas avec le corps. Lors de la mort du corps, l'âme transmigre dans un autre corps, ce qui entraîne l'attachement à l'existence matérielle. Pour cette raison le véritable but de la vie humaine est de raviver la conscience originelle de l'âme, la Conscience de Krishna.

Ta deuxième question est: " Si ce corps-ci est une âme, pourquoi se trouve-t-elle immergée dans le monde matériel? " Comme je l'ai expliqué précédemment, le corps n'est pas l'âme. Elle se retrouve prise dans les rets du monde matériel en raison de sa conscience dénaturée. Si certains d'entre nous pensent: " Je suis américain " ou " Je suis indien ", c'est à cause de notre conscience altérée. La véritable nature de la conscience est celle d'être le serviteur éternel de Krishna. C'est un peu comme un homme fou qui se prend pour un roi et qui croit être libre de faire tout ce qu'il veut et de parler à tort et à travers. Pourtant, un homme sain d'esprit rira de son inconscience.

Notre emprisonnement dans la matière est comparable aux agissements de cet homme fou. Mais en appliquant le traitement de la Conscience de Krishna on est libéré de tous ces conditionnements. Si je me sens américain, indien ou autre et que j'agis en accord avec ce sentiment, j'ouvre alors la voie à toutes sortes de frustrations et d'angoisses. La Conscience de Krishna nous apporte la compréhension pure de notre nature, ce qui nous permet de réaliser que nous ne sommes ni américains ni indiens, mais uniquement les serviteurs éternels de Krishna. Cela nous amène à nous engager dans le service d'amour du Seigneur, ce qui constitue notre véritable vie spirituelle.

Aussi longtemps que nous n'atteignons pas ce niveau, nous demeurons sous l'influence de la matière. Le Mouvement pour la Conscience de Krishna implique l'engagement total de nos sens au service du Seigneur, à l'opposé du mode de vie matérialiste qui nous pousse à la simple satisfaction de nos sens matériels.

Ta troisième question est: " Comme vous l'avez expliqué dans " Deux Essais ", de la même manière que le corps est recouvert d'une chemise et d'un manteau, ainsi l'âme est-elle recouverte du mental, de l'intelligence et du faux-ego. Si cela est vrai, où sont le mental, l'intelligence et le faux-ego? Qui les contrôle? " L'âme contrôle et le mental et l'intelligence. Quand elle est libérée de l'influence de la matière, l'âme contrôle le mental et l'intelligence différemment que quand elle y est assujettie.

Autrement dit, quand on accorde à l'âme des caractéristiques telles que le fait d'être américain ou indien, elle contrôle alors le mental et l'intelligence en accord avec cette désignation et elle agit en conséquence. De la même manière, quand elle est libre de toute désignation matérielle et qu'elle se met d'elle-même au service de Krishna, elle contrôle alors le mental et l'intelligence dans ce seul but de service. En fait, l'âme doit utiliser le mental et l'intelligence pour se mettre au service des autres car c'est là sa fonction naturelle. Un serviteur doit se mettre au service d'un maître. Donc, quand l'âme se trouve sous l'influence de la matière, elle accepte Maya comme son maître.

Maya n'est qu'illusion. Se considérant américain, indien ou n'importe quoi d'autre, l'âme accepte Maya comme son maître. Celui qui croit être américain ou indien est certes sous l'influence de l'illusion. Par conséquent, notre fonction naturelle et parfaite est de rendre service à Krishna et de contrôler le mental et l'intelligence dans cette optique. Donc, la conclusion est que l'âme, dans l'une ou l'autre de ces circonstances, contrôle toujours le mental et l'intelligence.

Quatrième question: " La vie spirituelle, où nous mène-t-elle? Comment peut-on savoir si nous devrons oui ou non, reprendre naissance dans notre prochaine vie ? " Réponse: La vie spirituelle nous conduit vers notre état primordial, libre de toute identification matérielle. La Bhagavad-Gita appelle cet état brahma-bhutah. L'état de brahma-bhutah nous libère de toute angoisse, de toute peine et de toute convoitise. Cet état une fois atteint, il est alors possible de penser en termes de fraternité universelle. L'étape suivante consiste à s'engager entièrement dans la Conscience de Krishna et de se rapprocher ainsi progressivement du monde spirituel, où nous trouvons la vie éternelle, toute de connaissance et de béatitude.

Autrement dit, quand l'âme spirituelle se trouve libérée de toute contamination ou désignation matérielle, elle ne connaît plus la transmigration dans un autre corps matériel après la mort. Elle rejoint alors le monde spirituel et demeure éternellement dans l'une des planètes spirituelles connues sous le nom de planètes Vaikunthas. Le Seigneur Krishna habite la plus élevée de ces planètes, Goloka Vrindavana.

Tout un chacun devrait comprendre que nous sommes constamment en train de transmigrer d'un corps à un autre. Le corps meurt à chaque instant et l'âme passe d'un corps à un autre continuellement. C'est là un fait établi médicalement. Les globules sanguins changent constamment et sont remplacés par d'autres globules qui prennent leur place. L'ancien ordre change laissant la place à un nouvel ordre. C'est un mouvement perpétuel. C'est ainsi que l'âme passe du corps du bébé au corps de l'enfant et du corps de l'enfant à celui du garçon. Ensuite elle transmigre du corps du garçon à celui de l'adolescent, puis à celui du jeune homme. De cette manière, lorsque la fin approche et que le corps ne remplit plus correctement ses fonctions, l'âme doit reprendre naissance dans un autre corps matériel après avoir quitté l'ancien.

Le corps change, mais l'âme est toujours là. Nous nous rappelons tous le corps de notre enfance, notre ancien corps. Ce corps-là n'existe plus aujourd'hui, mais moi j'existe encore et j'ai existé dans le passé. Donc, je dois aussi exister dans le futur malgré le changement de corps. Tout ceci est expliqué en détail dans la Bhagavad-Gita et il est de notre devoir de mettre à profit tout ce savoir.

Cinquième question: " Pour rejoindre Krishna, devons-nous traverser les vicissitudes de la vie matérielle ou bien est-il possible de s'engager directement dans la vie spirituelle? " Nous pouvons atteindre Krishna en moins d'une seconde pour autant que nous acceptions notre condition de serviteurs éternels de Krishna. Bien que je me trouve actuellement dans ce corps de matière, je peux mettre immédiatement un terme à ses fonctions matérielles simplement par le développement de ma Conscience de Krishna, qui consiste à accepter que je suis le serviteur éternel de Krishna.

Malheureusement, les Karmis, les Jnanis et les Yogis pensent, à des degrés différents, qu'ils ne sont pas les serviteurs de Krishna. Pour cette raison, la Bhagavad-Gita déclare qu'après de nombreuses renaissances dans des corps différents soumis aux diverses influences de la vie, quand l'être devient sage il s'abandonne à Krishna. Il comprend que Vasudeva, le Seigneur Krishna est la Cause de toutes les causes. Mais il est très difficile de trouver une si grande âme qui accepte Krishna comme le Maître Suprême.

Pour notre plus grand bonheur, par la grâce du Seigneur Chaitanya, il devient très facile de raviver notre Conscience de Krishna grâce au chant du Mantra Hare Krishna. C'est pourquoi je te conseille de chanter ce Mantra sublime - Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare. Tu seras ainsi heureux dans cette vie, à l'abri des angoisses, des inquiétudes, des frustrations, etc., comme tu l'as mentionné dans la première partie de ta lettre. Il s'agit là d'une pratique très facile à mettre en oeuvre. Fais-en l'essai sincèrement et ta vie deviendra sublime.

J'espère que ces lignes te trouveront en bonne santé.
Ton éternel bienfaiteur

A. C. Bhaktivedanta Swami
ACBS:db


70-04 "En ce qui concerne le travail des chefs de famille, il n'y a aucun doute là-dessus. Si tu as besoin de tout ton temps pour le sankirtana, alors il n'est pas nécessaire d'obtenir un emploi karmique. En réalité, tous nos dévots sont censés être des brahmanes. La tâche d'un brahmane consiste à prêcher les gloires du Seigneur, à apprendre l'essence du savoir védique - la conscience de Krishna - et à transmettre à autrui ce même savoir. Pour ce qui est des moyens de subsistance, le brahmane doit vivre très simplement grâce aux dons qui lui sont offerts et utiliser l'éventuel excédent au service de Krishna. (de SPL à Jaya Govinda, le 18 avril 1970).


70-04 Sri Caitanya Mahaprabhu n'a pas accordé une grande importance au système du varnashrama (qui demeure très important pour la société en général) parce que la conscience de Krishna est au-dessus de tout le reste. Quel que soit notre statut social, il ne sera bénéfique que s'il est mis au service de Krishna. Tu as été d'avis qu'avec une épouse ton enthousiasme grandirait, c'est pourquoi Krishna t'a donné une bonne épouse. Désormais, tu peux te rendre dans les pays européens afin d'y créer autant de centres que possible. (de SPL à Tamala, le 14 avril 1970)


70-05 "Maintenant nous devons accomplir la cérémonie du Mantra Gayatri selon les instructions données, puis montrer à Jaya Hari comment compter sur les divisions des doigts. Ensuite fais-lui écouter l'enregistrement du mantra Gayatri, puis qu'il répète les mantras ainsi que mes vibrations, mot après mot. Après cela, il faut mettre le fil sacré autour de son cou, comme d'habitude. Comme tu le sais, les femmes n'ont pas besoin de fil sacré. Elles peuvent simplement chanter le mantra Gayatri en accompagnement. Pour chaque cas individuel, on doit donner les instructions et rejouer le mantra. La cérémonie du mantra Gayatri devrait se dérouler uniquement en présence de dévots. (de SPL à Gurudasa, le 6 mai 1970).


72-01 Dans notre Société pour la conscience de Krishna, nous préparons nos étudiants à s'élever au niveau de la culture brahmanique. Le grand respect dans lequel on nous tient ici en Inde et partout ailleurs dans le monde n'est dû qu'à l'observation de ces restrictions. En réalité, nos étudiants ont même dépassé le stade brahmanique parce qu'ils sont devenus Vaishnavas, ce qui veut dire qu'ils se situent au-delà de toute position matérielle. Or le brahmane fait partie de l'ordre social du varnashrama. A maintes reprises, d'autres soi-disant saints hommes m'ont dit que je ne devais pas m'attendre à ce que des étrangers soient capables d'éviter ces activités pécheresses. Mais j'ai toujours refusé un quelconque compromis dans ce sens et, grâce au respect strict de nos principes, notre position aujourd'hui est unique. (de SPL à Niranjana, le 5 janvier 1972).


72-05 " Ton idée de recruter de nombreux brahmacaris me plaît. Nous avons besoin d'une telle classe d'hommes, de purs brahmanes. Le monde regorge aujourd'hui de shudras. Le Mouvement pour la Conscience de Krishna a pour but le rétablissement du système des quatre varnas et ashramas. C'est dans un tel système que notre civilisation pourra vraiment progresser. Nous disposons d'une méthode si magnifique que nous pouvons transformer un shudra en un brahmana de la plus haute valeur. Les présidents de nos centres devraient tous veiller à ce que tous les membres observent scrupuleusement la norme brahmanique, telle que se lever tôt le matin, se laver au moins deux fois par jour, étudier les textes avec assiduité, participer à l'arati et ainsi de suite. Tu peux mettre tout ceci en pratique immédiatement. C'est là la tâche principale du GBC. Quelquefois nous avons vu qu'ils ne se lavent même pas les mains après le repas. Nous devrions les laver même après avoir bu un verre d'eau. C'est cela " suci ". Suci signifie pureté. Tout le monde devrait assister au mangala-arati. Ainsi nous pourrons suivre toujours plus strictement les règles et les principes régulateurs. Dans le cas contraire, nous irons tout droit vers l'échec. "
(de SPL à Rupanuga, le 3 mai 1972)


72-06 "M. Le Président, La Maison Blanche, Washington "

Monsieur Le Président,

Il y a de cela plusieurs milliers d'années, un grand et pieux empereur régnait sur cette planète. Appartenant à la lignée des Kurus, il était le petit-fils d'Arjuna, le héros de la Bhagavad-Gita et l'associé personnel du Seigneur, Sri Krishna. Les gens vivaient dans la paix sous son règne. Il assurait la protection des personnes et des vaches, ainsi que de tous les autres êtres vivants. Il s'entoura d'un grand nombre de brahmanes, des guides spirituels, pour éduquer le peuple et le conseiller dans tous les domaines de la vie. Les gens étaient justes et conscients de Dieu. Ils possédaient une bonne compréhension du sens et du but de la vie, ce qui leur permettait d'être heureux et prospères. Ils respectaient l'empereur qui, en retour, les comblait de sa bienveillance et de ses bénédictions. Vous êtes un grand président d'une grande nation. En cet âge de querelle et de discorde, votre puissance et celle de votre nation pourront se prolonger durablement si elles sont construites sur les piliers de la connaissance spirituelle et de la Vérité Absolue.

Je suis âgé de soixante-seize ans et j'appartiens à l'ordre des renonçants. Je suis arrivé dans ce pays il y a six ans en provenance de l'Inde afin d'y faire connaître la conscience de Krishna, le processus scientifique de la vie spirituelle, aux personnes de langue anglaise d'Occident. Maintenant, par la grâce de Krishna, j'ai plusieurs milliers de disciples, des jeunes filles et des jeunes hommes américains et européens. Un grand nombre d'entre eux sont venus à moi dans un état de détresse, de rébellion et de totale accoutumance à des activités pécheresses. Ils étaient perdus et déroutés comme tant d'autres jeunes de leur génération. Maintenant ils mènent tous une vie réglée et disciplinée. Ils suivent les principes stricts de la vie spirituelle, sans aucun désir de drogue ou de vie sexuelle illicite. Ils sont constamment engagés dans des activités utiles, au service de Dieu et de leurs frères spirituels. Ils sont devenus la fleur de votre pays, respectés hautement partout à travers le monde.

C'est humblement que je souhaiterais vous demander de m'accorder un entretien pour discuter de la possibilité de vous apporter mon aide de manière plus précise. Mon disciple, Atreya Rsi dàsa (M. Marz Attar chez Arthur Young and Company, 277 Park Avenue, New York, N. Y, n° de téléphone 212-922-5957) se tient à la disposition de vos collaborateurs afin d'organiser un rendez-vous selon votre meilleure convenance.

J'espère que ces lignes vous trouveront en bonne santé.

Votre éternel bienfaiteur

A. C. Bhaktivedanta Swami (de SPL à M. Le Président, La Maison Blanche, Washington, D.C., le 28 juin 1972)