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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 2 CHAPITRE 1 Le premier pas vers
la réalisation spirituelle.
patalam etasya hi pada-mulam
pathanti parsni-prapade rasatalam mahatalam visva-srjo tha gulphau talatalam vai purusasya janghe
La manifestation cosmique n'a pas d'existence réelle hors cette forme du Seigneur Suprême. La Bhagavad-gita (IX.4) l'enseigne, tout ce qui constitue cette manifestation se tient en Lui; ce qui n'implique nullement que tout ce qui entre dans le champ visuel matérialiste soit Dieu, la Personne Suprême. Il est vrai que le concept de la forme universelle permet aux matérialistes de fixer leurs pensées sur le Seigneur Souverain, mais il va sans dire que leur vision du monde, imprégnée du désir d'y régner en maître n'a rien de commun avec la réalisation de Dieu. Cette tendance à vouloir exploiter les ressources de la nature matérielle est suscitée par la puissance illusoire de l'énergie externe du Seigneur. Celui qui souhaite réaliser la Vérité suprême à travers la forme universelle devra donc développer une attitude de service. S'il ne ravive pas cette attitude de service, le concept de la réalisation virat ne lui apportera pas grand-chose. Quel que soit l'aspect sous lequel on Le conçoive, le Seigneur Absolu ne fait jamais partie de la création matérielle. Toujours et partout, Il conserve Sa nature absolue et n'est jamais touché par l'influence matérielle des trois gunas, car la matière est synonyme de souillure. Le Seigneur existe à jamais de par Sa seule énergie interne. L'univers se divise en quatorze systèmes planétaires dont sept -Bhur, Bhuvar, Svar, Mahar, Janas, Tapas et Satya -forment, en ordre croissant, la partie supérieure, et les sept autres -Atala, Vitala, Sutala, Talatala, Mahatala, Rasatala et Patala-, en ordre décroissant, la partie inférieure. Ce verset dépeint l'univers en commençant par le bas car l'attitude dévotionnelle exige que l'on décrive le Corps du Seigneur à partir de Ses pieds. Sukadeva Gosvami, en vrai dévot du Seigneur, commence donc ainsi sa description.
dve januni sutalam visva-murter
uru-dvayam vitalam catalam ca mahitalam taj-jaghanam mahipate nabhastalam nabhi-saro grnanti
urah-sthalam jyotir-anikam asya
griva mahar vadanam vai jano sya tapo varatim vidur adi-pumsah satyam tu sirsani sahasra-sirsnah
Les corps célestes lumineux tels le soleil et la lune se situent à peu près au centre de l'univers; c'est pourquoi ils représentent la poitrine de l'originelle forme gigantesque du Seigneur. Au-dessus de ces astres lumineux, connus également comme planètes édéniques, séjours des devas-maîtres de l'univers, se trouvent les systèmes planétaires Mahar, Janas et Tapas, et au-dessus de ceux-ci enfin, Satyaloka, le système planétaire où règnent Visnu, Brahma et Siva, les maîtres des gunas. Cette manifestation de Visnu porte le Nom de Ksirodakasayi Visnu et agit telle l'Ame Suprême de chaque être. D'innombrables univers flottent sur l'Océan Causal, et en tous se trouve la manifestalion virat du Seigneur: une infinitude de soleils, de lunes, de devas célestes de Brahma, de Visnu et de Siva se situent ainsi, comme l'enseigne la Bhagavad-gita (X.42), en un fragment de la puissance inconcevable de Sri Krsna.
indradayo bahava ahur usrah
karnau disah srotram amusya sabdah nasatya-dasrau paramasya nase ghrano sya gandho mukham agnir iddhah
Ces pages du Srimad-Bhagavatam expliquent en détail la gigantesque forme du Seigneur Suprême que le onzième chapitre de la Bhagavad-gita (XI.30) décrit comme suit: "O Visnu, je Te vois engloutir tous ces êtres dans Tes bouches enflammées, couvrir l'univers de Ta radiance sans mesure et embraser les mondes." Le Srimad-Bhagavatam s'offre donc comme un enseignement supérieur pour celui qui s'applique à comprendre la Bhagavad-gita. Ces deux ouvrages traitent ensemble de la science de Krsna, la Vérité Absolue, et sont donc indépendants. Le concept du virat-purusa, de cette forme colossale du Seigneur Suprême, est dit contenir aussi bien les devas dominateurs, que les êtres dominés. En effet, les ministres plénipotentiaires du Seigneur régissent, même les plus infimes mécanismes d'un être vivant. Ces devas étant inclus dans la gigantesque forme, l'adoration portée au Seigneur -dans Son immense forme matérielle ou dans Sa Forme éternelle et purement spirituelle de Sri Krsna- saura également satisfaire les devas ainsi que toutes les autres parties intégrantes de Sa Personne, tout comme chaque partie d'un arbre est vivifiée lorsqu'en est arrosée la racine. Par conséquent, l'adoration de la gigantesque forme universelle du Seigneur conduit même l'homme à l'esprit matérialiste sur une voie juste. A quoi bon courir le risque de se voir fourvoyé en approchant plusieurs devas pour l'assouvissement de ses désirs. Le Seigneur représente l'Etre unique et véritable et tous les autres êtres n'ont pas d'existence hors de Lui, car Lui seul contient toute chose.
dyaur aksini caksur abhut patangah
paksmani visnor ahani ubhe ca tad-bhru-vijrmbhah paramesthi-dhisnyam apo sya talu rasa eva jihva
Ce verset peut sembler contredire la logique puisque les yeux du Seigneur y sont tantôt comparés au soleil, tantôt à la voûte des cieux. Mais la logique n'a pas sa place dans les injonctions des sastras. Plutôt que de porter notre attention sur l'aspect logique, mieux vaut accepter les descriptions offertes par les sastras et se concentrer davantage sur la forme virat. Alors que le sens commun est sans cesse la proie d'imperfections, les descriptions apportées par les sastras s'avèrent toujours parfaites et complètes. Si l'on y découvre quelque incohérence, cela vient de notre propre médiocrité et non des Ecritures. Voilà la manière dont il nous faut approcher la sagesse védique.
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |