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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 2 CHAPITRE 2 Le Seigneur qui réside
dans le coeur.
evam sva-citte svata eva siddha
atma priyo rtho bhagavan anantah tam nirvrto niyatartho bhajeta samsara-hetuparamas ca yatra
La Bhagavad-gita (XVIII.61) enseigne que Sri Krsna, le Seigneur Souverain, est l'omniprésente Ame Suprême. Il incombe donc aux yogis de L'adorer car Lui seul représente la réalité et non l'illusion. Chaque être vivant oeuvre au service de quelqu'un. C'est en effet la condition naturelle originelle et éternelle de tout être distinct que de servir. Mais dans "l'atmosphère'' de maya, ou l'illusion, l'âme ainsi conditionnée cherche à servir cette même énergie illusoire à travers son corps temporaire, ceux qui lui sont liés comme la femme, les enfants, et tout ce qui gravite autour d'eux -l'argent, le foyer, les relations, la patrie-, tout en ignorant qu'il s'agit là d'une pure illusion. Comme nous l'avons maintes fois expliqué, l'univers matériel est en lui-même illusoire, comme un mirage dans le désert. Il se trouve parfois des phénomènes optiques produisant l'illusion d'une nappe d'eau, et les bêres, trompées par ces mirages, se précipitent dans l'espoir de trouver de l'eau là où il n'y a que du sable. Mais ira-t-on conclure que l'eau n'existe pas parce qu'il ne s'en trouve point dans les déserts? Tout homme intelligent sait fort bien que l'eau existe, mais ailleurs, dans les mers et les océans, et que c'est là qu'il faut aller la chercher. Nous recherchons tous le bonheur réel -vie éternelle, savoir illimité, bonheur parfait-, mais les sots qui ignorent tout de la réalité permanente la recherchent au coeur même de l'illusion. Le corps matériel ne connaît pas d'existence éternelle, et tout ce qui s'y rattache comme l'épouse, les enfants, les relations et la patrie, devra changer lorsqu'il y aura transmigration dans un nouveau corps. Tel est le samsara, la répétition des morts et des renaissances. Certes nous aimerions tous résoudre les problèmes de l'existence, mais nous ignorons comment y parvenir. On recommande ici à quiconque souhaite mettre fin aux souffrances de l'existence, soit naissance, maladie, vieillesse et mort répétées, d'adopter la voie de l'adoration exclusive du Seigneur Suprême, comme le propose en outre la Bhagavad-gita (XVIII.65). Si nous désirons un tant soit peu éliminer la cause de notre existence conditionnée il faut alors nous vouer à l'adoration de Sri Krsna, présent dans le coeur de chacun par la force de l'affection naturelle qu'Il nourrit à l'égard de tous les êtres distincts, en fait Ses parties intégrantes (B.g.,XVIII.61). L'enfant qui reste auprès de sa mère éprouve pour elle un attrait bien naturel, et de même la mère pour son enfant. Mais au fur et à mesure que l'enfant grandit, et se voit emporté par les circonstances de la vie, il se détache progressivement de sa mère, bien que celle-ci s'attende toujours à ce que l'enfant devenu grand lui réponde affectueusement à travers quelque service, et qu'elle ressente toujours la même affection pour lui, malgré son indifférence. Pareillement, puisque nous faisons partie intégrante du Seigneur, Celui-ci nous manifeste éternellement Son amour et essaie sans cesse de nous ramener à Lui, en notre demeure originelle. Mais de par le conditionnement qui nous rive à la matière, nous restons insensibles à Ses appels et continuons à poursuivre le mirage des relations qui unissent les corps. Il faut donc s'arracher aux rapports illusoires de ce monde et chercher plutôt à s'unir au Seigneur en essayant de Le servir, Lui, la Vérité souveraine. A vrai dire, nous cherchons Sa présence comme l'enfant cherche sa mère, mais pour trouver Dieu, la Personne Suprême, il est inutile d'aller bien loin, car c'est en notre coeur qu'Il Se trouve. Toutefois, ceci ne signifie aucunement que l'on devrait éviter les lieux de culte comme les temples, les églises ou les mosquées. Le Seigneur, par la force de Son omniprésence, habite également ces lieux saints qui, pour la masse des hommes, s'offrent comme centres d'étude pour la science de Dieu. Lorsque aucune activité n'anime les lieux de culte, la généralité des hommes s'en désintéresse et ainsi, sombre peu à peu vers l'athéisme jusqu'à former une société sans Dieu. Pareille société infernale se crée toujours plus de besoins artificiels jusqu'à rendre la vie intolérable pour tous. Les dirigeants irresponsables d'une civilisation athée échafaudent divers stratagèmes visant à instaurer la paix et la prospérité sous l'étiquette du matérialisme, mais parce que de telles initiatives s'avèrent purement illusoires, le peuple, mécontent, accorde ses suffrages à des dirigeants aveugles et incompétents qui se succèdent les uns aux autres dans leur impuissance à résoudre quoi que ce soit. Si nous désirons un tant soit peu mettre un terme à l'infirmité d'une société sans Dieu, il nous faut suivre les divers principes énoncés dans les Ecritures révélées tel le Srimad-Bhagavatam, et s'attacher à l'enseignement d'un être qui, à l'image de Sri Sukadeva Gosvami, n'a aucune motivation matérielle.
kas tam tv anadrtya paranucintam
rte pasun asatim nama kuryat pasyan janam patitam vaitaranyam sva-karmajan paritapan jusanam
Les Vedas comparent ceux qui s'attachent aux devas plutôt qu'à Dieu, la Personne Suprême, à un troupeau de bêtes suivant son gardien, même si celui-ci les mène à l'abattoir. Les hommes à l'esprit matérialiste, comme des bêtes, ignorent qu'ils se fourvoient lorsqu'ils négligent les pensées spirituelles axées sur la Personne Suprême. Nul ne peut cesser de penser; on dit que l'oisiveté est mère de tous les vices et celui dont le mental n'est pas correctement orienté se verra certes submergé de pensées néfastes susceptibles d'engendrer un désastre. Bien que la Bhagavad-gita (VII.20) condamne ces pratiques, les hommes fascinés par les biens matériels vouent toujours leur adoration à quelque deva, et selon la nature de leurs désirs, ils approcheront un deva particulier pour obtenir de lui quelque avantage spécifique, mais toujours temporaire et illusoire. Mais le spiritualiste accompli, lui, n'est jamais séduit par de telles illusions. Aussi absorbe-t-il toujours ses pensées en le Suprême selon les trois niveaux de réalisation de l'Absolu, soit le brahman, le Paramatma et Bhagavan. Le verset précédent conseillait de diriger ses pensées vers l'Ame Suprême -niveau de réalisation spirituelle supérieur à la réalisation impersonnelle du brahman- comme on le préconisait d'ailleurs en ce qui concerne la contemplation sur la virat-rupa du Seigneur. Les hommes d'intelligence qui possèdent la juste vision peuvent pénétrer la nature du conditionnement général des êtres distincts transmigrant à travers les 8 400 000 espèces, humaines et autres. Il existe, près de l'astre plutonique de Yamaraja, un fleuve qui coule sans fin -la Vaitarani- et où les impies subissent divers châtiments. Après avoir été soumis à de multiples souffrances, ces derniers se voient accorder de renaître au sein d'une espèce vivante déterminée selon les actes qu'ils accomplirent dans le passé. Les impies, donc, punis par Yamaraja, sont soumis à diverses formes de conditionnement en ce monde. Certains vont sur les planètes édéniques, d'autres en des lieux infernaux; ceux-ci appartiennent à la classe des brahmanas, ceux-là sont miséreux; mais aucun n'est heureux en cet univers matériel. A vrai dire, tous sont comparables à des prisonniers de catégories A, B ou C, purgeant chacun la peine correspondant à ses propres méfaits. En ce qui touche à la souffrance des êtres distincts, le Seigneur demeure impartial et n'intervient en rien; mais à ceux qui prennent refuge à Ses pieds pareils-au-lotus, Il confère toute protection, et les conduit vers leur demeure originelle, c'est-à-dire vers Lui-même.
kecit sva-dehantar-hrdayavakase
pradesa-matram purusam vasantam catur-bhujam kanja-rathanga-sankha- gada-dharam dharanaya smaranti
L'omniprésente Personne Suprême, dans Sa Forme de Paramatma, habite le coeur de chaque être vivant. Le Seigneur dans Son aspect localisé est dit mesurer la distance qui sépare l'annulaire et le pouce, soit une vingtaine de centimètres. La Forme que décrit notre verset tenant respectivement dans Ses quatre mains -depuis la droite inférieure jusqu'à la gauche inférieure et dans le sens des aiguilles d'une montre- le lotus, la roue de char, la conque la masse, est celle de Janardana, une émanation plénière du Seigneur qui dirige la généralité des hommes. Il est de nombreuses autres Formes du Seigneur qui se distinguent selon l'ordre dans lequel elles portent les symboles du lotus, de la conque, de la roue et de la masse. Elles se nomment Purusottama, Acyuta, Narasimha, Trivikrama, Hrsikesa, Kesava, Madhava, Aniruddha, Pradyumna, Sankarsana, Sridhara, Vasudeva, Damodara, Janardana, Narayana, Hari, Padmanabha, Vamana, Madhusudana, Govinda, Krsna, Visnumurti, Adhoksaja et Upendra. Ces vingt-quatre Formes du Seigneur dans Son aspect localisé sont adorées dans les diverses parties du système planétaire et pour chacune de ces manifestations divines il existe une planète Vaikuntha dans le monde spirituel, le paravyoma. Il existe encore des centaines d'autres Formes du Seigneur et chacune d'elles règne sur une planète définie dans le monde spirituel, dont l'univers matériel n'est qu'un infime rejeton. On qualifie le Seigneur de purusa, soit le "mâle" suprême, maître et bénéficiaire de toute chose, bien que nul membre de la gent masculine de ce monde ne Lui saurait être comparé. Bref, toutes ces Formes sont dites advaita, signifiant qu'aucune ne diffère de l'autre, et chacune d'elles Jouit d'une jeunesse éternelle. Le verset suivant nous dépeint le Seigneur dans cet aspect juvénile doté de quatre bras et merveilleusement paré.
prasanna-vaktram nalinayateksanam
kadamba-kinjalka-pisanga-vasasam lasan-maha-ratna-hiranmayangadam sphuran-maha-ratna-kirita-kundalam
unnidra-hrt-pankaja-karnikalaye
yogesvarasthapita-pada-pallavam sri-laksanam kaustubha-ratna-kandharam amlana-laksmya vana-malayacitam
Les ornements, les fleurs, les vêtements ainsi que toutes autres parures de la Personne Suprême sont tous identiques à Son Corps, spirituel et absolu. C'est dire qu'aucun de ces éléments n'est fait de matière, sans quoi ils ne serviraient certes pas de parures au Corps du Seigneur. Dans le monde spirituel, ou paravyoma, la variété spirituelle diffère donc de la variété matérielle.
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |