SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 2
CHAPITRE 2

Le Seigneur qui réside
dans le coeur.

VERSET 26

atho anantasya mukhanalena
dandahyamanam sa niriksya visvam
niryati siddhesvara-yusta-dhisnyam
yad dvai-parardhyam tad u paramesthyam

TRADUCTION

Au moment de la dévastation finale de l'univers entier (à la fin de la vie de Brahma), un jet de feu émane de la bouche d'Ananta (du fond de l'univers). Le yogi voit alors toutes les planètes réduites en cendres, et sur un de ces aéronefs qu'utilisent les âmes pures, il se rend sur Satyaloka, où la longévité est de quinze billions quatre cent quatre-vingts milliards d'années solaires (15 480 000 000 000).

TENEUR ET PORTEE

Ces pages nous révèlent que les habitants de Maharloka, âmes purifiées ou devas jouissant d'une longévité de quatre milliards trois cents millions d'années solaires, (4 300 000 000) possèdent des aéronefs qui leur permettent d'atteindre Satyaloka, la planète la plus élevée de l'univers. Ainsi le Srimad-Bhagavatam nous fournit-il de nombreuses indications quant aux autres planètes, bien au-delà de la portée des avions et fusées des temps modernes, et ce, même si on devait leur prêter des vitesses défiant l'imagination. Les assertions de cet Ecrit sacré sont toutes acceptées par les grands acaryas, parmi lesquels Sridhara Svami, Ramanujacarya et Vallabhacarya; Sri Caitanya Mahaprabhu, en particulier, reconnaît en le Srimad-Bhagavatam l'autorité védique parfaite, sans tache, en sorte qu'aucun être sain d'esprit ne peut ignorer les enseignements du Srimad-Bhagavatam énoncés par l'âme réalisée qu'est Srila Sukadeva Gosvami, qui lui-même marche sur les traces de son illustre père, Srila Vyasadeva, celui qui compila toute la littérature védique.

Dans la création du Seigneur, il est de nombreuses merveilles que nous pouvons contempler à l'oeil nu chaque jour et chaque nuit, mais les moyens offerts par la science actuelle ne saurait nous les rendre accessibles. C'est pourquoi nous ne devons jamais nous appuyer sur l'autorité imparfaite de cette science matérialiste si nous désirons connaître ce qui est au-delà de l'expérience scientifique. Pour l'homme du commun, la science moderne et la sagesse védique ne peuvent être qu'acceptées sur la base de leur propre autorité car il ne possède aucun moyen de vérifier les assertions de l'une ou de l'autre. Le choix s'offre donc à lui de croire en l'une ou l'autre, ou à toutes deux. L'approche védique est cependant plus sûre car elle se trouve acceptée par les acaryas, qui non seulement possèdent les qualités de loyauté et d'érudition, mais se rangent en outre parmi les âmes libérées, affranchies de toutes les imperfections propres aux âmes conditionnées. Les scientifiques modernes, au contraire, comptent parmi ces âmes conditionnées, sujettes à tellement d'erreurs, à tellement de fautes. Aussi sera-t-il plus sage d'accepter la version authentique des Ecritures védiques, tel le Srimad-Bhagavatam qui est reconnu de façon unanime par tous les grands acaryas.

VERSET 27

na yatra soko na jara na mrtyur
nartir na codvega rte kutascit
yac cit tato dah krpayanidam-vidam
duranta-duhkha-prabhavanudarsanat

TRADUCTION

Sur cette planète, Satyaloka, n'existe ni affliction, ni vieillesse, ni mort. La souffrance, quelle qu'elle soit, y est inconnue et par suite, on n'y connaît aucune anxiété sauf que parfois, dû à la conscience, jaillit un sentiment de compassion à l'égard de ceux qui ignorent la voie du service de dévotion, et qui ainsi restent assujettis aux souffrances irrémédiables qui caractérisent l'existence en ce monde matériel.

TENEUR ET PORTEE

Les insensés à la mentalité matérialiste ne tirent aucunement parti du savoir authentique que transmet la filiation des maîtres formant la succession disciplique. Et ce savoir, celui des Vedas, ne s'acquiert pas par l'expérimentation, mais par l'écoute des enseignements parfaits que contiennent les Ecritures védiques et que transmettent les autorités en la matière. En effet, les enseignements védiques ne sont guère accessibles par la seule approche intellectuelle, comme le précise bien la Bhagavad-gita (IV.2); il faut, pour les assimiler, approcher une autorité réelle, ayant elle-même reçu ce savoir de la succession disciplique. Sri Krsna affirme que la science contenue dans la Bhagavad-gita fut d'abord donnée au dieu Soleil, après quoi elle fut transmise à travers la succession disciplique, à son fils, Manu, puis au roi Iksvaku (l'ancêtre de Sri Ramacandra), et qu'ainsi elle descendit toute une lignée de grands sages qui se la transmirent de l'un à l'autre. Mais au fil du temps, la succession disciplique autorisée fut rompue, et afin de raviver le juste esprit de la science sacrée, Krsna dut à nouveau l'exposer à Arjuna, lequel, en vertu de sa pure dévotion pour le Seigneur, était parfaitement qualifié pour la comprendre. La réalisation qu'en eut Arjuna est d'ailleurs dévoilée dans ce texte même de la Bhagavad-gita (X.12-13), mais nombreux sont les insensés qui ne marchent pas sur les traces d'Arjuna pour ce qui est d'en comprendre l'esprit. Ils préfèrent innover en donnant leurs propres interprétations, d'ailleurs aussi farfelues qu'eux, et ne contribuent par là qu'à faire obstacle à la compréhension véritable et à fourvoyer les innocents d'intelligence moindre, les sudras, qui adhèrent à leur glose. Aussi est-il dit qu'il faut devenir un brahmana avant de pouvoir comprendre les assertions védiques, de même que personne ne peut devenir avocat sans être diplômé: il s'agit là d'une règle primordiale. De telles restrictions ne représentent en rien, et pour personne, un obstacle sur la voie du progrès, mais elles s'avèrent nécessaires pour éviter une mauvaise compréhension d'une science particulière. En effet, le savoir védique est mésinterprété par quiconque n'est pas un brahmana qualifié; et pour être un brahmana qualifié, il faut avoir été rigidement formé sous la direction d'un maître spirituel authentique.

La sagesse védique nous conduit à comprendre la relation qui nous unit au Seigneur Suprême, Sri Krsna, et nous indique la façon d'accorder nos actes à cette connaissance pour finalement atteindre le but de l'existence, le retour à Dieu, en notre demeure originelle. Mais les matérialistes n'y entendent rien. Ils s'acharnent à trouver le bonheur en un lieu où il n'existe pas. En quête d'un bonheur illusoire, ils essaient d'aller sur d'autres planètes, soit à l'aide d'un vaisseau spatial, soit en observant les rites védiques appropriés. Qu'ils sachent toutefois, et sans l'ombre d'un doute, qu'aucune somme d'ajustements matériels destinés à procurer le bonheur en un lieu conçu pour le malheur ne profitera jamais à l'homme égaré car finalement l'univers entier, avec tout ce qu'il contient, sera anéanti en temps voulu et avec lui tous les projets de bonheur échafaudés par les matérialistes. En sorte que l'homme d'intelligence se soucie plutôt de retourner à Dieu, en sa demeure originelle, et surmonte ainsi les maux de l'existence matérielle -la naissance, la maladie, la vieillesse et la mort. Lui connaît véritablement le bonheur, car aucune des angoisses liées à l'existence matérielle ne l'affecte; mais de par sa nature compatissante, il ressent toutefois quelque douleur à voir souffrir les matérialistes. Aussi se rend-il parfois auprès d'eux afin de bien leur faire comprendre la nécessité de retourner à Dieu. Tous les acaryas authentiques enseignent cette vérité, prêchent la nécessité de retourner à Dieu, en notre demeure originelle, et mettent en garde les hommes de ne former aucun projet illusoire de bonheur en un lieu où ce bonheur n'est qu'un mythe.

VERSET 28

tato visesam pratipadya nirbhayas
tenatmanapo nala-murtir atvaran
jyotirmayo vayum upetya kale
vayv-atmana kham brhad atma-lingam

TRADUCTION

Après avoir atteint Satyaloka, le bhakta est particulièrement apte à s'intégrer dans le corps subtil, et sans crainte aucune, en une forme similaire à celle du corps grossier; il obtient ainsi successivement des formes de terre, d'eau, de feu, de lumière irradiante et d'air, jusqu'à atteindre le niveau éthérique.

TENEUR ET PORTEE

Quiconque peut atteindre Brahmaloka, ou Satyaloka, pour avoir mené à bien ses pratiques spirituelles, trouve qualité pour accéder à trois différents niveaux de perfection. Celui qui s'est élevé par la force de ses activités pieuses atteint des planètes correspondant à sa vertu. Celui qui s'y est rendu en adorant la virat-rupa ou Hiranyagarbha, se trouvera libéré en même temps que Brahma. Mais notre verset fait spécifiquement mention de celui qui y parvient de par son service de dévotion: il pourra ensuite percer les diverses couches de l'univers pour découvrir son identité spirituelle dans l'atmosphère absolue de l'existence suprême.

Selon Srila Jiva Gosvami, tous les univers sont agglomérés en grappes verticales et se trouvent séparément recouverts par sept couches distinctes, chacune dix fois plus épaisse que la précédente. Ensemble, ces univers baignent dans une masse aqueuse, et le Seigneur Souverain, qui crée tous ces univers dans le temps que dure Son expiration, S'allonge au-dessus de ces grappes formées par les univers. Les eaux de l'Océan Causal se distinguent de la couche d'eau recouvrant chacun des univers; l'eau constituant cette couche est matérielle, tandis que celles de l'Océan Causal sont spirituelles. Ainsi, la couche d'eau mentionnée ici doit être considérée comme étant le voile du faux ego qui recouvre tous les êtres conditionnés, et le processus graduel permettant de percer l'une après l'autre les couches de la matière, également indiqué ici, correspond à l'affranchissement graduel de toute conception de faux ego lié au corps matériel grossier, auquel fait suite l'identification au corps subtil, jusqu'à ce que soit obtenu le corps purement spirituel dans le domaine absolu du royaume de Dieu.

Srila Sridhara Svami confirme qu'une partie de la nature matérielle, après avoir été animée par le Seigneur, devient ce qu'on appelle le mahat-tattva. Une fraction du mahat-tattva est appelée le faux ego; une portion du faux ego devient le son, lequel se transforme partiellement en l'air qui emplit l'atmosphère. Une partie de cet air se matérialise en formes diverses, et ces formes engendrent l'électricité ou la chaleur. Cette chaleur est à l'origine du parfum de la terre, et la terre grossière est elle-même issue de ce parfum. Tous ces éléments réunis composent le phénomène cosmique, dont le diamètre est de six milliards quatre cents millions de kilomètres. Et c'est au-delà de ces limites que se trouve la première couche enveloppant l'univers, et qui a une épaisseur de cent trente millions de kilomètres. Puis viennent, l'une après l'autre, les couches suivantes, respectivement formées de feu, de lumière, d'air et d'éther, chacune dix fois plus épaisse que la précédente. Or, le bhakta, dénué de crainte, traverse chacune de ces couches, pour finalement atteindre l'atmosphère absolue où tout participe d'une seule et même identité spirituelle. De là, il accède à l'une des planètes Vaikunthas, où il revêt une forme en tous points identique à celle du Seigneur, et où il s'engage dans Son service d'amour absolu. Telle est la plus haute perfection dévotionnelle, au-delà de quoi le parfait yogi n'a rien à désirer ou à atteindre.

VERSET 29

ghranena gandham rasanena vai rasam
rupam ca drstya svasanam tvacaiva
srotrena copetya nabho-gunatvam
pranena cakutim upaiti yogi

TRADUCTION

Le bhakta s'élève ainsi au-dessus des objets subtils liés aux divers sens, comme le parfum pour l'odorat, le palais pour le goût, les formes pour la vue, les sensations du toucher pour le tact, les vibrations sonores pour l'identification à l'éther, ou à l'ouïe, et les activités matérielles pour les organes des sens.

TENEUR ET PORTEE

Au-delà de l'éther se trouvent des couches d'éléments subtils, semblables aux strates d'éléments grossiers qui recouvrent l'univers, et qui, en vérité, proviennent d'ingrédients fragmentaires issus des causes subtiles. Le yogi, ou le bhakta, se défait donc des éléments matériels grossiers, en même temps que de leur cause subtile -comme le parfum pour l'odorat, etc. Ainsi, l'étincelle spirituelle pure, l'âme, se purifie totalement de toutes souillures matérielles, et trouve qualité pour entrer dans le royaume de Dieu.

VERSET 30

sa bhuta-suksmendriya-sannikarsam
manomayam devamayam vikaryam
samsadya gatya saha tena yati
vijnana-tattvam guna-sannirodham

TRADUCTION

Perçant les gangues grossières et subtiles qui le couvrent, il passe au niveau de l'ego matériel et là, neutralise les influences matérielles en faisant se fondre l'une dans l'autre la passion et l'ignorance. Il parvient ainsi au stade de la vertu. Il fond ensuite toute identification matérielle dans le mahat-tattva et atteint le niveau de la réalisation spirituelle parfaite.

TENEUR ET PORTEE

Comme nous l'avons plusieurs fois mentionné, on appelle réalisation spirituelle parfaite l'état de pure conscience où l'on se reconnaît l'éternel serviteur du Seigneur et comme l'établira clairement le verset suivant, c'est dans ce service d'amour absolu pour le Seigneur que l'on retrouve sa position originelle. Ce niveau où l'on n'attend nulle récompense du Seigneur ou d'aucune autre source peut être atteint lorsque les sens matériels ont été purifiés et que s'est éveillée leur pureté originelle. On suggère ici de purifier les sens par un procédé yogique, qui consiste à fondre les sens grossiers dans l'ignorance et les sens subtils dans la passion. Le mental, lui, se place sous le signe de la vertu; aussi le qualifie-t-on de devamaya, de divin. Et la purification complète du mental s'effectue lorsque s'établit la conviction ferme d'être le serviteur éternel du Seigneur. Atteindre la vertu, c'est donc encore se placer sous le signe d'une influence matérielle; il faut savoir dépasser le niveau de la vertu matérielle et atteindre la vertu pure, le vasudeva-sattva, qui donne accès au royaume de Dieu.

Rappelons-nous à cet égard que la voie de la libération progressive pour le bhakta, telle que décrite plus haut, ne saurait être praticable dans l'âge où nous vivons présentement car aujourd'hui, l'homme ignore tout de la véritable pratique du yoga. Le prétendu yoga enseigné par les protagonistes professionnels sera peut-être valable sur le plan physiologique, mais de si piètres victoires ne contribuent nullement à l'émancipation spirituelle mentionnée plus avant. Il y a cinq mille ans, alors que la société répondait parfaitement aux normes védiques, les pratiques yogiques dont on fait ici mention étaient monnaie courante car tous -et plus particulièrement les brahmanas et les ksatriyas- étaient éduqués dans l'art de la Transcendance sous la tutelle d'un maître spirituel, en menant, loin du foyer, la vie des brahmacaris. Aujourd'hui, toutefois, l'homme n'est plus à même d'en saisir parfaitement la portée.

Aussi, Sri Caitanya Mahaprabhu apporta une aide considérable à ceux qui aspirent aujourd'hui à se faire bhaktas; sans compromettre l'achèvement final, Il simplifia le tracé de la voie libératrice de la manière qui suit. D'abord et avant tout, il importe de saisir l'importance primordiale que revêt la pratique du bhakti-yoga. Les êtres distincts subissent au sein de différentes espèces, diverses formes d'incarcération que leur imposent les suites de leurs actes intéressés. Mais celui qui, dans l'accomplissement de ses actes, goûte les bienfaits du bhakti-yoga, peut saisir l'importance du service de dévotion par la miséricorde sans cause du Seigneur et du maître spirituel. Dieu aide l'âme sincère en lui envoyant un maître spirituel authentique, Son représentant, qui par son enseignement donne la semence du bhakti-yoga. Sri Caitanya Mahaprabhu recommande au bhakta de planter cette graine de la bhakti en son coeur et de la nourrir en l'arrosant par l'écoute et le chant du Nom, des Attributs et des autres traits caractéristiques du Seigneur. Cette voie simple du chant et de l'écoute de Son Saint Nom, lorsque dénuée d'offense, lui assurera un progrès rapide vers la libération. Le chant du Saint Nom du Seigneur comporte trois phases distinctes. La première est celle où le chant du Saint Nom s'accompagne d'offenses, la deuxième celle où l'on se purifie de telles offenses et la troisième celle où le chant est dit être pur, dépouillé de toutes offenses. Or la libération ne survient qu'à la seconde phase, celle dite de purification. Lorsque est atteinte la troisième, celle du chant sans offenses, on accède alors en vérité au royaume de Dieu, bien qu'on soit apparemment présent dans l'univers matériel. Pour connaître cette dernière phase, il faut veiller à observer les recommandations qui suivent.

Lorsqu'on parle d'écoute et de chant, il s'agit non seulement de chanter et d'écouter les Saints Noms du Seigneur comme Rama et Krsna -ou plus précisément hare krsna hare krsna krsna krsna hare hare/ hare rama hare rama rama rama hare hare-, mais aussi de lire et d'écouter la Bhagavad-gita et le Srimad-Bhagavatam en compagnie de bhaktas. Les pratiques préliminaires du bhakti-yoga provoqueront la germination de la graine dévotionnelle déjà semée dans le coeur, et par un arrosage suivi, comme il fut mentionné plus avant, la plante du bhakti-yoga commencera de croître. Grâce à des soins minutieux, la plante grandira tant et si bien qu'elle percera l'écorce de l'univers -comme l'enseignaient les versets précédents-, atteindra l'espace irradiant du brahmajyoti et poursuivra sa croissance jusqu'au monde spirituel, avec ses innombrables planètes spirituelles nommées Vaikunthalokas. Sur elles toutes règne Krsnaloka, ou Goloka Vrndavana, où pénètre le lierre de la dévotion qui vient finalement prendre refuge aux pieds pareils-au-lotus de Krsna, le Seigneur Suprême et Originel. Lorsque sont atteints les pieds pareils-au-lotus de Sri Krsna, à Goloka Vrndavana, l'alimentation qu'est l'écoute, la lecture ainsi que le chant du Saint Nom avec une dévotion purifiée de toute offense porte alors ses fruits sous la forme de l'amour de Dieu. Et ces fruits, le bhakta les goûte réellement, bien que lui-même soit ici-bas dans l'univers matériel. Ces fruits mûrs et savoureux sont réservés aux seuls bhaktas qui s'emploient sans cesse à arroser leur plante dévotionnelle comme nous l'avons plus haut mentionné. Le bhakta qui oeuvre ainsi doit toutefois veiller à ce que ce lierre qui s'est ainsi développé n'en vienne pas à être déraciné; aussi doit-il toujours garder en mémoire les considérations qui suivent:

1) une offense commise aux pieds d'un pur bhakta est comparable à un éléphant en furie qui a vite fait d'anéantir le plus beau des jardins s'il vient à y pénétrer;

2) il faut très soigneusement se garder de telles offenses aux pieds de purs bhaktas tout comme il faut protéger un jardin en l'entourant d'une clôture;

3) l'arrosage provoquera également la croissance de mauvaises herbes, et à moins que celles-ci ne soient déracinées, le développement de la plante principale, celle du bhakti-yoga, pourra en souffrir;

4) ces mauvaises herbes sont représentées par les plaisirs matériels, le fait de vouloir se fondre dans l'Absolu pour ne plus faire qu'Un avec Lui, et nombre d'autres désirs qui relèvent de la religion, de l'accroissement des richesses, du plaisir des sens et de la libération;

5) il existe plusieurs autres mauvaises herbes telles qu'enfreindre les lois formulées par les Ecritures révélées, se vouer à des activités inutiles, prendre part à l'abattage des animaux et chercher le gain matériel, le renom et le prestige;

6) si les précautions requises viennent à manquer, l'arrosage n'aura pour effet que de multiplier les mauvaises herbes qui arrêteront la croissance de la plante principale et l'empêcheront de porter son fruit: l'amour de Dieu;

7) les bhaktas doivent donc veiller dès le départ à arracher toute mauvaise herbe. Alors seulement la plante grandira-t-elle sainement et sans interruption;

8) agissant ainsi, les bhaktas goûteront le fruit de l'amour pour Dieu; ils vivront véritablement avec Sri Krsna et dans cette vie même, pourront voir le Seigneur à chaque instant.

La plus haute perfection de l'existence consiste donc à jouir de la présence du Seigneur à chaque instant de la vie; et celui qui goûte un tel bonheur n'aspire à aucun des plaisirs éphémères que lui offre l'univers matériel.


Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare
Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare