|
SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 2 CHAPITRE 2 Le Seigneur qui réside
dans le coeur.
tasmat sarvatmana rajan
harih sarvatra sarvada srotavyah kirtitavyas ca smartavyo bhagavan nrnam
Srila Sukadeva Gosvami commence ce verset par le mot tasmat, ou "par conséquent", car il conclut ici ce qu'il a déjà établi dans le verset précédent: il n'est d'autre voie de salut bénéfique que celle, sublime, du bhakti-yoga. Les bhaktas le pratiquent à travers diverses activités dévotionnelles telles qu'écouter, glorifier et se rappeler le Seigneur, servir Ses pieds pareils-au-lotus, L'adorer, Lui faire offrande de prières, Le servir avec amour, se lier d'amitié avec Lui et Lui offrir tout ce qu'ils possèdent. Chacune de ces neuf activités dévotionnelles est reconnue et toutes ou quelques-unes d'entre elles, ou même une seule de ces pratiques dévotionnelles, sont à même de conférer le fruit auquel aspire le bhakta sincère. Mais parmi ces neuf voies, la première, celle de l'écoute, reste la plus importante dans l'accomplissement du bhakti-yoga. Sans une écoute suffisante et convenable personne ne pourra avancer sur aucune des autres voies préconisées. Pour tout dire, tous les Ecrits védiques, compilés par des personnages d'autorité comme Vyasadeva, l'avatara investi de pouvoirs, n'existent que pour favoriser l'écoute. Et puisqu'il fut établi que le Seigneur est l'Ame Suprême de toutes choses, il importe donc que Ses gloires soient entendues et chantées, toujours et en tous lieux. C'est là le devoir spécifique qui incombe à l'homme. Que celui-ci cesse d'entendre ce qui touche à l'omniprésente Personne Suprême, et le voilà victime des sons orduriers qu'émettent les appareils inventés par l'homme. Ces appareils n'ont rien de condamnable en eux-mêmes car ils peuvent permettre d'écouter ce qui touche au Seigneur; mais parce que l'homme les utilise à d'autres fins, ils provoquent sa dégradation rapide. Ce verset enseigne qu'il va du devoir de l'homme de prêter l'oreille au message des Ecrits tels que la Bhagavad-gita et le Srimad-Bhagavatam, car ils existent à cette seule fin. D'entre tous les êtres vivants, l'homme seul possède la faculté d'écouter ces Ecritures védiques, et s'il la met à profit, il ne tombera pas victime des vibrations sonores profanes issues des hommes sans vertu, et qui avilissent la société entière. L'écoute s'affermit par la pratique du chant, de la glorification. Celui qui a su parfaitement écouter de sources parfaites développe une foi ferme en Dieu, la Personne Suprême et Omniprésente, manifestant ainsi de l'enthousiasme à louer le Seigneur. Tous les grands acaryas tels Ramanuja, Madhva, Caitanya, Sarasvati Thakura et même, en d'autres pays, Mahomet, le Christ et d'autres, ont abondamment loué le Seigneur en tout temps et en tout lieu. Puisqu'Il est omniprésent, on doit absolument Le louer partout et toujours. On ne saurait limiter Sa glorification à quelque endroit ou moment donné. Il s'agit là du sanatana-dharma, le bhagavata-dharma. Le mot sanatana signifie éternel, toujours et partout. Et le mot bhagavata indique ce qui se rattache à Bhagavan, le Seigneur. Parce qu'Il est le maître du temps et de l'espace dans leur totalité, on doit entendre, chanter, louer et se rappeler Son Saint Nom partout sur la terre. Voilà qui amènera la paix et la prospérité auxquelles les le monde entier aspire avec tant d'ardeur. Le mot ca indique l'ensemble des autres pratiques dévotionnelles du bhakti-yoga, comme il fut indiqué plus haut.
pibanti ye bhagavata atmanah satam
kathamrtam sravana-putesu sambhrtam punanti te visaya-vidusitasayam vrajanti tac-carana-saroruhantikam
Si l'homme souffre, c'est que le but de son existence s'entache du désir d'accaparer les ressources de la nature. En effet, plus il cherche à exploiter de nouvelles ressources en vue du plaisir des sens, plus il s'enlise dans l'énergie matérielle illusoire du Seigneur; la détresse du monde entier, loin de se calmer, ne fait alors qu'augmenter. Le Seigneur pourvoit entièrement aux besoins vitaux de l'homme en lui donnant les céréales, le lait, les fruits, les légumes, le sucre, le sel, l'eau, le bois, la pierre, la soie, les pierres et métaux précieux, le coton et bien d'autres denrées en quantité suffisante pour combler les besoins de tous hommes de la terre, et de même sur chaque planète de l'univers. Les richesses naturelles forment un tout complet et l'homme n'a plus qu'à fournir un minimum d'effort pour les rendre utilisables. Nul besoin d'appareils, d'outils compliqués ou de grosses machines d'acier qui contribuent artificiellement aux "douceurs" de la vie. Ce ne sont pas par ces moyens artificiels que l'on rendra la vie plus agréable, mais bien plutôt par une existence simple vouée à de hautes pensées. Or Sukadeva Gosvami suggère ici que l'on peut connaître la plus haute forme de pensée pour l'homme grâce à une écoute abondante du Srimad-Bhagavatam. Pour les hommes de l'âge de Kali, qui ont perdu la vision parfaite de l'existence, ce Srimad-Bhagavatam représente le flambeau lumineux qui saura éclairer la voie réelle. Selon Srila Jiva Gosvami Prabhupada le kathamrta de ce verset se rapporte au Srimad-Bhagavatam, le message nectaré de Dieu, la Personne Suprême. L'écoute abondante de cette Ecriture anéantira l'aspiration des hommes vers le but dénaturé de l'existence qui consiste à vouloir régner en maître sur la matière; alors les hommes du monde entier pourront connaître la quiétude d'une vie comblée par le savoir et la félicité. Tout propos à la gloire du Nom, de la Renommée, des Attributs et de l'Entourage du Seigneur comble Ses purs dévots, et parce que ces propos reçoivent l'approbation de grands sages tels Narada, Hanuman, Nanda Maharaja et les autres habitants de Vrndavana, ils possèdent certes une nature spirituelle, et charment le coeur et l'âme. Srila Sukadeva Gosvami affirme ici que par l'écoute suivie du message de la Bhagavad-gita, puis du Srimad-Bhagavatam, on s'élève jusqu'à la Personne Souveraine pour Lui offrir, à Goloka Vrndavana -la planète toute spirituelle à la forme d'un gigantesque lotus- un service d'amour absolu. Ainsi, comme l'enseigne ce verset, la pratique directe du bhakti-yoga, soit l'écoute abondante du message purement spirituel du Seigneur, a pour effet d'effacer complètement la souillure engendrée par la matière, sans qu'il soit nécessaire de méditer sur la conception impersonnelle du Seigneur, dite virat. De fait, si le bhakti-yoga ne parvient pas à libérer celui qui le pratique de la souillure matérielle, c'est que ce dernier doit être un prétendu bhakta. Pour un tel imposteur, il n'existe aucun remède qui puisse l'affranchir de l'empêtrement matériel. Ainsi s'achèvent les enseignements de Bhaktivedanta sur le deuxième chapitre du deuxième Chant du Srimad-Bhagavatam, intitulé: "Le Seigneur qui réside dans le coeur".
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |