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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 2 CHAPITRE 6 La confirmation du
Purusa-sukta.
nato smy aham tac-caranam samiyusam
bhavac-chidam svasty-ayanam sumangalam yo hy atma-maya-vibhavam sma paryagad yatha nabhah svantam athapare kutah
Brahma, le plus grand d'entre les êtres distincts, le plus grand parmi les auteurs de sacrifices et parmi ceux qui pratiquent l'austérité, le plus grand yogi, maître spirituel suprême de tous les êtres, nous révèle que l'abandon aux pieds pareils-au-lotus du Seigneur assure à lui seul toute réussite, fût-ce même dans la quête de la libération des souffrances de l'existence matérielle, laquelle conduit à une vie de transcendance, tissée des plus fastes augures. On attribue à Brahma le titre de pitamaha, d'aïeul. Un jeune homme prendra conseil de son père expérimenté sur l'accomplissement de ses devoirs, car, par nature, un père est un bon conseiller. Brahma, lui, est le père de tous les pères, l'aïeul de Manu, père de l'espèce humaine sur toutes les planètes de l'univers. Sachant cela, les hommes qui peuplent notre minuscule planète devraient agréer l'enseignement de Brahmaji et auraient tout avantage à s'abandonner aux pieds pareils-au-lotus du Seigneur plutôt que de chercher à sonder la grandeur des énergies du Seigneur, d'autant plus qu'elles sont incommensurables, comme l'enseignent les Vedas. Parasya saktir vividhaiva sruyate svabhaviki jnana-bala-kriya ca (Svet.,6.8). De tous, le Seigneur est suprême, et Brahmaji, le plus grand d'entre les êtres distincts, reconnaît qu'il n'est rien de mieux que de s'abandonner à Lui. Certes, seuls ceux qui possèdent un savoir des plus déficients pourront se prétendre les maîtres absolus de tout ce qui les entoure; ce qui, pour tout dire, se résume à bien peu de choses, car ils restent incapables de sonder ne serait-ce que l'espace restreint de l'univers où ils habitent. Les prétendus hommes de science avancent qu'il leur faudrait voyager pendant quarante mille ans à bord d'un vaisseau spatial avant d'atteindre la plus haute planète de l'univers. Ceci relève de l'utopie pure car nul ne pourrait survivre aussi longtemps, sans compter qu'au retour du cosmonaute, aucun de ses amis ne viendrait l'acclamer en héros, comme il est aujourd'hui de coutume chez nos scientifiques égarés. L'un de ces hommes de science, qui ne croyait pas en l'existence de Dieu, montrait beaucoup d'enthousiasme à échafauder de nombreux projets visant à améliorer l'existence matérielle. Emporté par son zèle, il fit construire un hôpital pour venir en aide à son entourage. Mais quelques six mois après l'inauguration de son hôpital, il dut lui-même mourir. Nul ne doit donc gaspiller sa forme humaine -laquelle n'est obtenue qu'après de nombreuses renaissances au sein des 8 400 000 espèces vivantes qui peuplent l'univers -au nom de quelque bonheur chimérique fondé sur l'accroissement des besoins artificiels et dissimulé sous le masque du progrès de l'économie et de la science. Mieux vaut s'abandonner aux pieds du Seigneur et mettre ainsi fin aux souffrances liées à l'existence matérielle. Voilà ce qu'enseigne Lui-même Krsna dans la Bhagavad-gita et ce que recommande également Brahmaji, le souverain aïeul de tous les êtres, dans le Srimad-Bhagavatam. Celui qui refuse d'adopter cette voie de l'abandon, telle que la recommandent la Bhagavad-gita, le Srimad-Bhagavatam et tout autre Ecrit védique authentique, devra inévitablement se soumettre aux lois de la nature matérielle. De par sa position, l'être distinct n'est jamais indépendant: il doit en effet s'abandonner soit au Seigneur, soit à la nature matérielle. Et même cette dernière ne saurait agir indépendamment de la volonté du Seigneur. Lui-même qualifie la nature matérielle de mama maya, soit Son énergie propre (B.g.,VII.14), et me bhinna prakrtir astadha, soit Son énergie séparée, manifestée en huit éléments (B.g.,VII.4). Le Seigneur est donc également maître de la nature matérielle, ainsi que l'enseigne la Bhagavad-gita (IX.10). Mayadyaksena prakrtih suyate sacaracaram: "La nature matérielle agit et se meut sous Ma seule direction, ô fils de Kunti". Les êtres distincts, parce qu'ils participent d'une énergie supérieure à celle de la matière, sont à même de choisir avec discernement s'ils veulent s'abandonner au Seigneur ou à la nature matérielle. Le premier choix conduit au bonheur et à la libération, le second, à la souffrance. Mettre un terme à toute souffrance est donc synonyme de s'abandonner au Seigneur car cette voie est dite en elle-même bhava-cchidam, libératrice de toutes les souffrances matérielles, svastyayanam, clé du parfait bonheur, et sumangalam, source de toute heureuse fortune. Libération, bonheur et heureuse fortune ne sont ainsi obtenus que par l'abandon au Seigneur, car en Sa Personne gisent la libération, la fortune et le bonheur parfaits. Illimités, on compare ce bonheur et cette libération à l'amplitude de l'espace, bien qu'ils soient infiniment plus vastes que celui-ci. Mais il reste qu'en notre condition présente, le concept d'amplitude et d'immensité ne peut être justement compris qu'en utilisant l'exemple de l'espace. Et bien qu'il nous soit impossible de mesurer l'étendue de l'espace, la libération et le bonheur obtenus en la présence du Seigneur la dépassent largement. Ce bonheur spirituel est si grand que le Seigneur Lui-même ne peut en déterminer l'ampleur, et que dire des êtres distincts. Les Ecritures enseignent d'ailleurs que le bonheur spirituel est sans limites: brahma-saukhyam tv anantam. Si l'on nous apprend ici que le Seigneur ne peut en mesurer l'étendue, ce n'est pas qu'Il soit d'aucune manière imparfait, car Il le peut certes, Son bonheur étant égal à Sa Personne et à Son savoir absolu. Mais ce bonheur, sans cesse croissant, le Seigneur doit sans fin le mesurer. Ainsi existe-t-il en quelque sorte une compétition éternelle entre l'accroissement du bonheur et sa perception par le Seigneur, compétition qui jamais ne cesse mais se poursuit ad infinitum. A vrai dire, le bonheur spirituel se compare à un océan de bonheur croissant -anandambudhi-vardhanam. Alors que les océans de ce monde sont statiques, l'océan spirituel, lui, est dynamique. Dans le Caitanya-caritamrta (Adi-lila, quatrième chapitre), Kaviraja Gosvami a décrit de fort belle manière l'accroissement dynamique de l'océan du bonheur spirituel présent en la sublime Personne de Srimati Radharani, qui incarne la puissance de félicité de Sri Krsna.
naham na yuyam yad-rtam gatim vidur
na vamadevah kim utapare surah tan-mayaya mohita-buddhayas tv idam vinirmitam catma-samam vicaksmahe
Nous avons plusieurs fois mentionné le nom des douze principales autorités (dvadasa mahajana) qui ont à leur tête Brahma, Narada et Siva, énumérés selon l'importance de leur savoir concernant le Seigneur Suprême. Les autres devas, ainsi que les Gandharvas, Caranas, Vidyadharas, les hommes et les asuras restent incapables de connaître parfaitement les puissances de Sri Krsna, le Seigneur Absolu. Les Gandharvas, Caranas et autres devas, qui possèdent tous une très haute intelligence, habitent les planètes supérieures, les humains habitent les planètes dites intermédiaires, et les asuras habitent les sphères inférieures. Ils possèdent tous des conceptions variées de la Vérité Absolue, un peu comme savants et philosophes chez les hommes. Mais parce que tous sont créatures de la nature matérielle, ils doivent subir le charme qu'exercent les trois gunas. La Bhagavad-gita (VII.13) fait d'ailleurs mention de ce fourvoiement lorsqu'elle enseigne que chaque être, depuis Brahma jusqu'à la fourmi, est égaré par l'influence des trois gunas -vertu, passion et ignorance: tribhir gunamayair bhavair ebhih sarvam idam jagat. Chacun s'imagine, selon l'intelligence qui lui est attribuée, que l'univers qui se déploie à ses yeux représente l'unique réalité. Et par conséquent, les hommes de science de notre siècle calculent, chacun à sa manière, quelle fut l'origine et quelle sera la fin de l'univers. Mais qu'en savent-ils? Brahma lui-même fut un jour confondu lorsqu'il se crut l'unique Brahma à qui le Seigneur ait confété Sa grâce. Mais ce fut par cette même grâce qu'il apprit ensuite l'existence d'innombrables autres Brahma, tous dotés d'une grande puissance et habitant des univers de beaucoup supérieurs au sien. Or, tous ces univers réunis ne forment que le quart (ekapad-vibhuti) de l'entière manifestation issue de l'énergie créatrice du Seigneur. Les trois autres quarts de Son énergie se déploient dans le monde spirituel. Sachant cela, qu'est-ce que le pauvre cerveau d'un scientifique pourrait bien saisir de l'Absolue Personne Divine, Sri Krsna? En conséquence de quoi, le Seigneur affirme: mohitam nabhijanati mam ebhyah param avyayam; fourvoyés par l'influence matérielle des gunas, ils ne peuvent comprendre qu'au-delà de ces manifestations, il est une Personne Suprême qui règne en maître absolu sur toutes choses. Brahma, Narada et Siva ont du Seigneur une connaissance considérable; que l'on s'attache donc à l'enseignement de ces hauts personnages plutôt que de se satisfaire d'inventions puériles comme les engins spatiaux et autres trouvailles de la science, toutes issues d'un cerveau dérisoire. De même que la mère est seule capable de révéler l'identité du père, seuls les Vedas, lesquels représentent notre mère et nous sont enseignés par des autorités comme Brahma, Narada ou Siva, sont à même de révéler ce qui touche à la Vérité Absolue.
yasyavatara-karmani
gayanti hy asmad-adayah na yam vidanti tattvena tasmai bhagavate namah
Les Ecritures enseignent que des sens grossièrement conditionnés par la matière ne peuvent percevoir le Nom du Seigneur, Sa Forme, Ses Attributs, Ses Divertissements et Son Entourage, tous absolus. Toutefois, lorsque ces mêmes sens deviennent purifiés par la voie de l'écoute, du chant et du souvenir de ce qui touche au Seigneur, ainsi que par l'adoration que l'on offre aux pieds pareils-au-lotus de la Forme sacrée de la murti, le Seigneur Se révèle alors en proportion de la pureté de ce service de dévotion qui Lui est offert (ye yatha mam prapadyante). Nous ne saurions attendre du Seigneur qu'Il agisse comme s'Il était chargé de satisfaire nos exigences et qu'Il Se présente devant nous dès que nous en manifestons le désir. Il en va plutôt de notre devoir d'accomplir les activités dévotionnelles prescrites, en suivant la voie tracée par les maîtres de la succession disciplique issue de Brahma, Narada et autres autorités appartenant à cette lignée. Les sens se purifiant graduellement par la pratique authentique du service de dévotion, le Seigneur révèle Son identité en proportion de l'élévation spirituelle de Son dévot. Quant à celui qui ne suit pas la voie du service de dévotion, il ne lui sera guère possible de découvrir le Seigneur par le biais du raisonnement et de la spéculation philosophiques. Bien que ces pontifes de la spéculation puissent user d'un langage savant devant leur audience, ils demeurent à jamais incapables de connaître le Seigneur Suprême dans Son aspect personnel. Le Seigneur a clairement établi dans la Bhagavad-gita qu'on ne peut Le connaître qu'à travers le service de dévotion, et certes jamais en adoptant le processus matériel souillé de l'orgueilleuse attitude de défi. L'humble bhakta, lui, s'attire les faveurs du Seigneur de par la sincérité qu'il manifeste dans ses activités dévotionnelles, et le Seigneur Se révèle alors à lui en proportion de son élévation. Brahma, en maître spirituel authentique, offre l'hommage de son respect au Seigneur et nous instruit de suivre la voie du sravana et du kirtana. Ce simple processus, soit l'écoute et le chant des Actes glorieux accomplis par le Seigneur en ce monde, donne infailliblement de connaître l'identité du Seigneur. Ce sujet a déjà été traité en détail dans le premier Chant du Srimad-Bhagavatam, en rapport avec le verset suivant:
sa esa adyah purusah
kalpe kalpe srjaty ajah atmatmany atmanatmanam sa samyacchati pati ca
La création n'est pas différente du Seigneur, et pourtant Lui-même ne S'y trouve pas, ce que la Bhagavad-gita (IX.4) explique en ces termes:
Dieu, la Personne Suprême et Originelle (adyah), Govinda, manifeste Son émanation de Maha-Visnu, et repose ainsi sur l'Océan Causal qu'Il a Lui-même créé. La Brahma-samhita (5.47) le confirme comme suit:
Ce Maha-Visnu représente donc la première manifestation dans le cadre de la création. De Lui sont issus tous les univers et toutes les manifestations matérielles se produisent alors, les unes après les autres. Le Seigneur crée l'Océan Causal qui forme le mahat-tattva, nuage dans le ciel spirituel et fragment de Ses diverses manifestations. Ce ciel spirituel est constitué par le déploiement des rayons qui émanent de Sa Personne, et le nuage du mahat-tattva, lui aussi, n'est autre que le Seigneur. Allongé sur l'Océan Causal, Maha-Visnu, de Son souffle, produit tous les univers. Pénétrant ensuite en chacun d'entre eux en la Forme de Garbhodakasayi Visnu, Il crée Brahma, Siva et de nombreux autres devas pour veiller sur ces univers, et de nouveau absorbe le tout en Sa Personne; la Bhagavad-gita (IX.7) le confirme d'ailleurs en ces termes:
En conclusion, tout ceci ne représente que des manifestations des énergies iconcevables du Seigneur, au sujet desquelles nul ne saurait avoir quelque information complète. Il s'agit d'un sujet que nous avons déjà développé.
visuddham kevalam jnanam
pratyak samyag avasthitam satyam purnam anady-antam nirgunam nityam advayam
rse vidanti munayah
Voici une description des gloires du Seigneur, indépendamment de celles qui ont trait à Ses Activités absolues au sein des créations matérielles temporaires. La philosophie mayavada cherche à prétendre que le Seigneur subit la souillure d'un corps matériel lorsqu'Il Se manifeste en ce monde en diverses Formes. Ce genre d'interprétations se trouve complètement démenti par ce verset expliquant que le Seigneur demeure pur et immaculé en toutes circonstances. Selon la philosophie mayavada, l'âme spirituelle est qualifiée de jiva lorsqu'elle est recouverte par l'ignorance, mais lorsqu'elle s'en affranchit, elle se fond alors dans l'existence impersonnelle de la Vérité Absolue. Pourtant, notre verset affirme que le Seigneur représente éternellement le symbole du savoir parfait et complet. Telle est en effet Sa prérogative: Il demeure à jamais affranchi de toute souillure matérielle. Voilà ce qui distingue le Seigneur des êtres distincts ordinaires, lesquels sont susceptibles d'être recouverts par l'ignorance et de se voir ainsi attribuer quelque désignation matérielle. Les Vedas disent du Seigneur qu'Il est vijnanam anandam, tout de savoir et de félicité. Les êtres conditionnés ne peuvent en aucun cas donc Lui être comparés puisque ces âmes distinctes ont tendance à se laisser corrompre. Bien que l'être distinct puisse, d'un point de vue qualitatif, jouir du même statut d'existence que le Seigneur lorsqu'il atteint à la libération, il se distingue néanmoins de Ce dernier par cette tendance spécifique à être contaminé par la matière -tendance à jamais absente de la Personne du Seigneur. Les Vedas enseignent que si l'atma, l'âme distincte, peut être polluée par le péché, le Seigneur, Lui, ne connaît jamais une telle souillure: suddham apapa-viddham. On Le compare au soleil: la puissance de ce dernier est telle qu'aucune impureté ne saurait l'entacher, et de par ses rayons, au contraire, il stérilise les immondices. Selon un même ordre d'idée, le Seigneur n'est jamais souillé par le péché, et au contraire, à Son contact, les êtres pécheurs se trouvent purifiés. En d'autres mots, le Seigneur, comme le soleil, est omniprésent, ce qu'indique le mot pratyak utilisé dans ce verset. Rien n'existe en dehors des manifestations des énergies du Seigneur. Il Se trouve à l'intérieur de toutes choses, mais Il recouvre également tout, sans être pour autant affecté par les activités des âmes distinctes. Aussi Le dit-on infini, et les êtres vivants, infinitésimaux. Les Vedas déclarent qu'il n'existe que le Seigneur, et que toutes autres existences dépendent de Lui. C'est Lui la source du potentiel vital de tous, Lui la Vérité suprême entre toutes les vérités relatives, Lui encore la source des splendeurs que chacun manifeste -et c'est pourquoi nul ne peut L'égaler à cet égard. Enrichi de toutes les splendeurs, soit la richesse, la renommée, la puissance, la beauté, le savoir et le renoncement, Il est, sans le moindre doute, l'Etre Suprême. Et précisément parce qu'Il est une Personne, Il possède de nombreux Attributs personnels, bien qu'Il soit au-delà de l'influence matérielle des gunas. Nous avons déjà traité de cette assertion en détail dans le premier Chant du Srimad-Bhagavatam: ittham-bhuta-guno harih (S.B.,1.7.10). Ses Attributs spirituels et absolus exercent une telle fascination qu'ils attirent même les âmes libérées (atma-ramas). Ainsi nanti de toutes les caractéristiques propres à un être personnel, Il n'en demeure pas moins tout-puissant. Il n'a donc rien à accomplir par Lui-même puisque Ses énergies toutes-puissantes le font pour Lui, ce que confirme le mantra védique: parasya saktir vividhaiva sruyate svabhaviki jnana-bala-kriya ca. Voilà qui nous éclaire quelque peu sur la Forme personnelle et transcendante du Seigneur, que jamais les sens matériels ne sauraient concevoir. On ne peut Le voir qu'avec des sens purifiés par le service dévotionnel (yam evaisa vrnute tena labhyah). Ainsi existe-t-il des différences fondamentales entre le Seigneur et les êtres vivants, et ce à bien des égards. Nul ne peut être comparé au Seigneur, comme le déclarent les Vedas (ekam evadvitiyam brahma, dvaitad vai bhayam bhavati): le Seigneur ne Se connaît aucun rival, Il n'a rien à craindre de qui que ce soit, et nul ne saurait non plus L'égaler. Bien que l'existence de tous les êtres prenne racine en Sa Personne, il existe entre eux et Lui des différences fondamentales; sinon, le verset précédent, stipulant que personne ne peut Le connaître entièrement tel qu'Il est (na yam vidanti tattvena), n'aurait aucune raison d'être. Notre verset reprend d'ailleurs cette assertion pour l'expliquer, mais il s'y trouve également mentionné les qualités requises pour comprendre, dans une certaine mesure, la position du Seigneur. Seuls Ses purs dévots, les prasantas, ont accès à une connaissance approfondie de Sa Personne, et ce, du fait qu'ils n'aspirent à rien d'autre qu'à servir le Seigneur avec soumission, alors que tous les autres -les philosophes, les yogis et les matérialistes agissant dans un but intéressé -sont motivés et ne peuvent donc connaître de paix. Le karmi est attaché aux fruits de ses actes, le yogi désire atteindre quelque perfection et le philosophe cherche à se fondre dans l'existence du Seigneur. D'une façon ou d'une autre, tant que subsiste un désir pour le plaisir des sens, il ne saurait être question de connaître d'apaisement: bien au contraire, des arguments fondés sur de vaines et arides spéculations ne pourront donner qu'une image déformée de la réalité, et ainsi le Seigneur ne S'en éloignera que plus de notre compréhension. Néanmoins, les penseurs stériles, parce qu'ils suivent certains principes d'austérité et de pénitence, peuvent accéder, dans une certaine mesure, au savoir lié à l'aspect impersonnel du Seigneur, mais ils n'ont aucune chance de comprendre la Forme suprême de Govinda, car seuls les amalatmanas, les êtres entièrement affranchis du péché, peuvent adopter la voie du pur service dévotionnel que l'on offre au Seigneur, ce que confirme la Bhagavad-gita (VII.28):
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |