|
SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 2 CHAPITRE 7 Description des avataras
prévus pour différents âges et de leur mission respective.
idam bhagavatam nama
yan me bhagavatoditam sangraho yam vibhutinam tvam etad vipuli kuru
Le Bhagavatam énoncé sous forme succincte par le Seigneur dans les quelques versets originels que nous allons bientôt rencontrer forme la science de Dieu et Le représente en puissance. En effet, parce qu'Il est absolu, Dieu ne diffère en rien de la science qui touche à Sa Personne -le Srimad-Bhagavatam. Cette connaissance du Divin, Brahmaji l'a directement reçue du Seigneur, puis il l'a transmise à Narada qui, à son tour, demanda à Srila Vyasadeva d'en développer les thèmes. La connaissance spirituelle et absolue qui s'attache au Seigneur n'est donc pas une spéculation intellectuelle de quelque raisonneur profane; il s'agit au contraire d'un savoir pur, éternel et parfait, qui échappe à l'emprise des gunas. Le Bhagavata Purana correspond donc à la manifestation directe du Seigneur sous une forme sonore purement spirituelle, et l'on devra recevoir cette connaissance absolue d'un authentique envoyé de Dieu, appartenant à la succession disciplique issue du Seigneur. Le savoir passa donc du Seigneur à Brahmaji, de Brahmaji à Narada, de Narada à Vyasa, de Vyasadeva à Sukadeva Gosvami, de Sukadeva Gosvami à Suta Gosvami. Ainsi le fruit mûr de l'arbre védique passa-t-il de mains en mains, au lieu de choir de la plus haute branche pour s'écraser au sol. A moins de recevoir la science du Divin par l'intermédiaire d'un représentant authentique de cette succession disciplique, il s'avérera fort difficile d'obtenir quelque entendement réel en ce domaine. Il ne faut toutefois jamais prêter l'oreille aux narrateurs professionnels du Bhagavatam, qui gagnent leur vie en satisfaisant ainsi les penchants matériels de ceux qui les écoutent.
yatha harau bhagavati
nrnam bhaktir bhavisyati sarvatmany akhiladhare iti sankalpya varnaya
Le Srimad-Bhagavatam révèle la philosophie du service de dévotion et présente de façon scientifique la relation qui unit l'homme à Dieu, la Personne Suprême. Avant l'âge de Kali, la forme écrite de ces textes n'était pas requise pour connaître le Seigneur et Ses puissantes énergies, mais avec le début de cette ère parurent les quatre bases originelles du péché, -soit les relations sexuelles illicites, l'intoxication sous toutes ses formes, les jeux de hasard et l'abattage inutile des animaux- qui, graduellement, marquèrent la société de leur influence; à cause de cela, l'homme en vint peu à peu à oublier la relation éternelle qui l'unit à Dieu, et le but ultime de son existence. L'homme n'est pas fait pour mener une vie animale, une vie d'irresponsabilité qui ne consiste qu'à manger, dormir, s'accoupler et se défendre. Le Srimad-Bhagavatam représente le flambeau qui permet à une telle société plongée dans les ténèbres de l'ignorance de sortir de son aveuglement et de voir les choses sous leur véritable jour. Voilà pourquoi il s'avérait nécessaire de décrire la science de Dieu en commençant par le tout début, c'est-à-dire par la naissance même de ce monde phénoménal. Comme nous l'avons déjà expliqué, la présentation scientifique du Srimad-Bhagavatam est si parfaite que tout postulant sincère sera à même de percer cette haute science du Divin par le simple fait de consulter avec attention les pages qui la contiennent ou en la recevant de façon suivie des lèvres d'un maître authentique. L'aspiration au bonheur est commune à tous, mais en cet âge, la race humaine, dans l'aveuglement qui la caractérise, a oublié que le bonheur sous toutes ses formes repose en la Personne du Seigneur Souverain, puisque Celui-ci est la source ultime de toute chose (janmady asya yatah). Or, ce n'est qu'en renouant le lien d'amour qui nous unit à Lui que nous pourrons goûter sans entrave un bonheur complet et parfait. Et seule la compagnie du Seigneur pourra nous affranchir de cette existence matérielle funeste. Ceux qui recherchent les plaisirs de ce monde peuvent donc également prendre refuge de cette grande science du Srimad-Bhagavatam: eux aussi verront leurs efforts couronnés de succès. C'est donc ainsi que le maître spirituel de Narada lui demanda -ou plutôt lui donna l'ordre- de présenter cette science avec résolution et clarté. Jamais il ne lui suggéra d'enseigner le Bhagavatam pour subvenir à ses besoins. Narada reçut de son maître spirituel l'ordre d'accomplir cette tâche avec grand sérieux, dans un esprit missionnaire.
mayam varnayato musya
isvarasyanumodatah srnvatah sraddhaya nityam mayayatma na muhyati
La démarche rigoureuse et scientifique par quoi l'on pénètre un sujet particulier n'a rien d'une approche sentimentale et fanatique. Certains fanatiques ou insensés estimeront que les Activités du Seigneur en relation avec l'énergie externe ne présentent pour eux aucun intérêt et prétendront artificiellement s'intéresser à un domaine supérieur -celui de l'énergie interne du Seigneur-, mais en vérité, les Actes du Seigneur possèdent tous la même valeur absolue, qu'ils soient en rapport avec l'énergie interne ou avec l'énergie externe. D'autre part, celui qui n'est pas complètement affranchi de l'emprise de l'énergie externe du Seigneur devra écouter avec dévotion et assiduité ce qui touche aux Activités du Seigneur en rapport avec l'énergie externe et ne pas commettre la sottise de passer d'emblée aux activités liées à l'énergie interne, telles que Sa rasa-lila, sous l'effet d'un attrait factice et impur pour celles-ci. Les narrateurs professionnels, qui prennent le Bhagavatam à la légère, se montrent fort empressés de décrire les Activités du Seigneur ayant trait à Sa puissance interne. C'est ainsi que les prétendus bhaktas, tout absorbés qu'ils sont dans le plaisir des sens, s'établissent faussement au niveau d'âmes libérées et tombent ainsi dans l'abîme profond de l'énergie externe. Certains d'entre eux pensent que l'écoute des Divertissements du Seigneur consiste en l'écoute de Ses Divertissements avec les gopis ou de Ses Actes merveilleux -comme lorsqu'Il soulève la colline Govardhana-, et affirment n'avoir aucun intérêt ni pour les émanations plénières du Seigneur, telles que les purusavataras, ni pour Leurs Divertissements touchant à la création, au maintien et à l'annihilation des univers matériels. Mais un pur bhakta sait qu'il n'existe nulle différence entre les multiples Divertissements du Seigneur, qu'il s'agisse de la rasa-lila ou de la création, du maintien et de la destruction de l'univers matériel. Pour tout dire, les récits relatifs aux activités que le Seigneur accomplit à travers les purusavataras sont précisément destinés à ceux qui demeurent sous l'emprise de l'énergie externe. Car les discussions portant sur des sujets tels que la rasa-lila sont réservées aux âmes libérées et ne conviennent aucunement aux âmes conditionnées, lesquelles doivent, par conséquent, porter une oreille attentive et dévote aux récits des Divertissements du Seigneur qui s'attachent à Le dépeindre en relation avec Son énergie externe. Voilà qui s'avérera aussi bénéfique que d'écouter la rasa-lila au stade libéré. Il serait malséant pour une âme conditionnée d'imiter les âmes libérées; d'autre part, Sri Caitanya ne S'est jamais donné à l'écoute de la rasa-lila en présence d'hommes ordinaires. Les neuf premiers Chants de la science de Dieu que représente le Srimad-Bhagavatam préparent à l'écoute du dixième Chant. Voilà ce qu'énoncera avec plus de détails le dernier chapitre de ce Chant, et que rendra encore plus explicite le troisième Chant de l'ouvrage. Un pur dévot du Seigneur doit donc commencer à lire ou à écouter le Srimad-Bhagavatam depuis le tout début, et non à partir du dixième Chant. A plusieurs reprises, certains prétendus bhaktas nous ont demandé de publier le dixième Chant d'emblée, mais nous nous sommes gardés de répondre à leur appel, car nous souhaitons présenter le Srimad-Bhagavatam comme la science du Divin, et non donner une interprétation voluptueuse qui satisfasse les âmes conditionnées, ce qu'interdisent les maîtres tel Sri Brahmaji. Grâce à l'écoute et à la lecture d'une présentation rigoureuse et scientifique du Srimad-Bhagavatam, les âmes conditionnées accéderont peu à peu au plus haut niveau de la connaissance spirituelle et absolue après s'être affranchies de l'influence de l'énergie illusoire, tout entière fondée sur le plaisir des sens. Ainsi s'achèvent les enseignements de Bhaktivedanta sur le septième chapitre du deuxième Chant du Srimad-Bhagavatam, intitulé: "Description des avataras prévus pour différents âges et de leur mission respective."
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |