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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 2 CHAPITRE 7 Description des avataras
prévus pour différents âges et de leur mission respective.
srutva haris tam aranarthinam aprameyas
cakrayudhah patagaraja-bhujadhirudhah cakrena nakra-vadanam vinipatya tasmad dhaste pragrhya bhagavan krpayojjahara
Le Seigneur demeure sur Sa propre planète Vaikuntha, mais nul ne peut dire à quelle distance elle se situe. Il est dit cependant que nul ne saurait l'atteindre même après des millions d'années de voyage à la vitesse du son ou de la pensée. Les savants d'aujourd'hui ont inventé les fusées, et les yogis utilisent leur mental -comme véhicule pour voyager dans l'espace; par ce moyen de transport, lui aussi matériel quoique plus subtil que les engins mécaniques, ils peuvent très vite parcourir d'énormes distances. Mais ni les fusées ni le "vaisseau du mental" ne donnent accès aux Vaikunthalokas, situées bien au-delà de l'univers matériel, dans le royaume de Dieu. Sachant cela, comment les prières de l'éléphant ont-elles pu être entendues de ce monde caché dans l'infini, et comment le Seigneur a-t-Il pu apparaître si vite? L'imagination humaine ne saurait concevoir un tel phénomène car c'est la puissance infinie du Seigneur qui donne de comprendre pareils prodiges. Voilà pourquoi le Seigneur est ici qualifié d'aprameya, car même l'homme le plus intelligent du monde ne saurait concevoir Ses puissances ou Ses énergies par aucune estimation d'ordre matériel. Bien qu'Il demeure si loin de nous, le Seigneur peut bel et bien entendre et manger "à distance", et apparaître instantanément en plusieurs endroits à la fois. Telle est la toute-puissance du Seigneur.
jyayan gunair avarajo py aditeh sutanam
lokan vicakrama iman yad athadhiyajnah ksmam vamanena jagrhe tripada-cchalena yacnam rte pathi caran prabhubhir na calyah
L'histoire de Bali Maharaja et de son acte de charité envers Vamanadeva se trouve décrite dans le huitième Chant du Srimad-Bhagavatam. Bali Maharaja avait légitimement conquis toutes les planètes de l'univers. En effet, lorsqu'un roi supérieur en force impose la défaite à d'autres rois, les terres qu'il a ainsi conquises deviennent sa propriété légitime. Bali Maharaja régnait donc sur toutes les terres de l'univers, et se montrait par ailleurs fort bien disposé envers les brahmanas, auxquels il faisait volontiers la charité. Le Seigneur Se fit donc passer pour un brahmana mendiant, et demanda à Bali Maharaja de Lui accorder l'étendue de terrain qu'Il pourrait couvrir avec trois pas. Maître et possesseur de toute chose, le Seigneur aurait certes pu S'emparer de tout le royaume de Bali Maharaja sans aucune autre considération. Mais Il n'en fit rien puisque le roi possédait toutes ces terres en vertu de ses droits monarchiques. Lorsque Vamana demanda une aumône de trois pas de terre à Bali Maharaja, Sukracarya, le maître spirituel de ce dernier, s'opposa à cette position car il connaissait la véritable identité de Vamanadeva. Toutefois, lorsque Bali Maharaja comprit que le mendiant n'était autre que Visnu en personne, il refusa de suivre l'ordre de son maître spirituel et consentit sur-le-champ à Lui accorder le morceau de terre qu'il lui demandait en charité. Vamana ayant ainsi reçu son approbation, couvrit toutes les terres de l'univers en deux enjambées, puis Il demanda à Bali Maharaja de Lui donner un autre emplacement pour Son troisième et dernier pas. Le roi consentit alors joyeusement à ce que le Seigneur pose Son pied sur sa propre tête, et c'est ainsi que Bali Maharaja, au lieu de perdre toutes ses possessions, fut béni par le Seigneur, lequel Se fit son compagnon constant en gardant les portes de son royaume. Ainsi, celui qui donne tout à Dieu ne connaît aucune perte; bien au contraire, le Seigneur le comble au-delà même de ses espérances.
nartho baler ayam urukrama-pada-saucam
apah sikha-dhrtavato vibudhadhipatyam yo vai pratisrutam rte na cikirsad anyad atmanam anga manasa haraye bhimene
Ayant obtenu la faveur toute spirituelle du Seigneur pour l'énorme sacrifice matériel auquel il avait consenti, Bali Maharaja se vit offrir une place à Vaikunthaloka, où il put jouir éternellement d'un bonheur égal et même supérieur. Il n'avait donc rien perdu en sacrifiant le royaume des cieux qu'il avait conquis de par sa puissance matérielle. En d'autres mots, lorsque le Seigneur dépouille quelqu'un des biens matériels qu'il a acquis à grand-peine et lui accorde la grâce d'une existence éternelle de félicité et de savoir dans Son service d'amour absolu, il faut y voir une grâce particulière que le Seigneur confère à Son pur dévot. Les richesses matérielles, aussi séduisantes soient-elles, ne sont jamais permanentes. Si l'on n'y renonce pas volontairement, il faudra s'en séparer quand surviendra la mort. Conscient de la précarité des biens matériels, l'homme sensé saura en faire le meilleur usage en les consacrant au service du Seigneur afin de Lui plaire et de se voir ainsi accorder de vivre éternellement dans Son param dhama. La Bhagavad-gita (XV.5-6) décrit le param dhama du Seigneur par ces mots:
na tad bhasayate suryo C'est donc en sacrifiant ses vastes possessions matérielles au bénéfice de cette civilisation de l'âme, que Bali Maharaja se qualifia pour accéder au royaume de Dieu, en comparaison duquel le royaume édénique qu'il avait conquis de par sa puissance matérielle lui paraissait des plus insignifiants. Ceux qui jouissent des avantages matériels qu'offre une civilisation axée sur le plaisir des sens devraient s'efforcer d'atteindre le royaume de Dieu en suivant les traces de Bali Maharaja, lequel offrit la puissance matérielle qu'il avait acquise pour adopter, en contrepartie, la voie du bhakti-yoga. Cette voie est préconisée par la Bhagavad-gita, et dépeinte dans le Srimad-Bhagavatam avec plus d'ampleur.
tubhyam ca narada bhrsam bhagavan vivrddha-
bhavena sadhu paritusta uvaca yogam jnanam ca bhagavatam atma-satattva-dipam yad vasudeva-sarana vidur anjasaiva
Les expressions "dévot du Seigneur" et "service de dévotion" sont corrélatives, car à moins de désirer être un dévot du Seigneur, on ne peut pénétrer les subtilités du service de dévotion. Aussi Sri Krsna voulait-Il enseigner la Bhagavad-gita -la science du service de dévotion- à Arjuna, car ce dernier était tout à la fois Son ami et un grand dévot de Sa Personne. En résumé, les êtres distincts, qui, de par leur nature originelle, font partie intégrante de l'Etre Suprême et Absolu jouissent comme Lui de l'indépendance dans l'action, bien que proportionnellement infime. Par suite, la première qualité requise pour prendre part au service de dévotion offert à Dieu sera de consentir à coopérer de plein gré avec ceux qui déjà se trouvent engagés dans le service de dévotion. C'est ainsi que le postulant apprendra peu à peu les divers principes qui régissent le service de dévotion et, selon qu'il progressera dans cette discipline, s'affranchira proportionnellement de la souillure due au contact avec la matière. Ayant affermi sa foi par cette voie de purification, il s'élèvera jusqu'à développer un goût spirituel, suivi d'un attrait véritable pour le service dévotionnel. Sa conviction l'emportera ainsi jusqu'au stade de l'extase, qui précède celui de l'amour spirituel et absolu. Cette science du service de dévotion se divise en deux branches, soit le savoir préliminaire, ayant trait à la nature même du service de dévotion, et le savoir secondaire, qui touche à son application dans la pratique. Le Bhagavatam s'attache spécifiquement à décrire la Personne Divine, Sa beauté, Son renom, Son opulence, Sa grandeur, Son attrait et Ses Attributs purement spirituels, qui incitent les bhaktas à L'approcher pour entretenir avec Lui des rapports empreints d'amour et d'affection. L'être distinct a une affinité naturelle pour le service d'amour offert au Seigneur, mais cette affinité se voit recouverte sous l'influence du contact avec la matière. Or, le Srimad-Bhagavatam permet véritablement de faire disparaître ce voile artificiel. C'est pourquoi ce verset mentionne particulièrement que le Srimad-Bhagavatam agit comme un flambeau de savoir spirituel et absolu. Ces deux branches du savoir spirituel lié au service de dévotion sont révélées à ceux qui, en âmes soumises, s'abandonnent à Vasudeva. Comme l'affirme la Bhagavad-gita (VII.19), de telles grandes âmes, qui s'abandonnent entièrement aux pieds pareils-au-lotus de Vasudeva, sont des plus rares.
cakram ca diksv avihatam dasasu sva-tejo
manvantaresu manu-vamsa-dharo bibharti dustesu rajasu damam vyadadhat sva-kirtim satye tri-prstha usatim prathayams caritraih
Nous avons déjà traité des apparitions de Manu dans le premier Chant de cet ouvrage. Quatorze Manus se succèdent dans une journée de Brahma, ce qui correspond à quatre cent vingt Manus pour un de ses mois et à cinq mille quarante pour une de ses années. Pendant toute la durée de sa vie, soit une centaine d'années, Brahma voit donc apparaître cinq cent quatre mille (504 000) Manus. Mais il existe d'innombrables Brahma, et tous ne vivent que le temps d'une respiration de Maha-Visnu. On peut donc imaginer combien de manifestations divines évoluent dans tous les univers matériels, lesquels ne constituent que le quart de l'énergie totale du Seigneur. La manifestation divine dite manvantara sévit contre les scélérats qui règnent sur diverses planètes, et possède une puissance égale à celle de Dieu, la Personne Suprême, lequel punit les mécréants de Son disque Sudarsana. Les manvantaras répandent en outre les gloires spirituelles et absolues du Seigneur.
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |