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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 2 CHAPITRE 8 Les questions du roi Pariksit.
na me savah parayanti
brahmann anasanad ami pibato cyuta-piyusam tad vakyabdhi-vinihsrtam
La succession disciplique issue de Brahma, Narada, Vyasa et Sukadeva Gosvami se distingue spécifiquement de toutes les autres. En effet, les successions discipliques des autres sages s'avèrent parfaitement inutiles puisqu'elles ignorent tout de l'acyuta-katha, le message du Seigneur infaillible. Malgré toute leur logique et leurs arguments séduisants, les philosophes ne sont en rien infaillibles puisqu'il leur suffit de rencontrer un esprit spéculatif plus brillant pour que leurs théories soient vaincues. Les vaines spéculations arides d'un mental changeant ne présentaient donc aucun attrait pour Maharaja Pariksit. Son intérêt se portait plutôt vers le message du Seigneur car il réalisait qu'en recevant pareil nectar des lèvres de Sukadeva Gosvami, il ne ressentait aucune lassitude, malgré le jeûne qu'il avait entrepris devant l'imminence de sa mort. Nul ne saurait adhérer bien longtemps aux spéculations intellectuelles des théoriciens, car ces concepts qui passent de mode finissent très vite par lasser. Il n'est pas un seul être au monde qui puisse trouver satisfaction à entendre d'aussi vaines spéculations. Par contre, le message du Seigneur, surtout lorsqu'il est transmis par un personnage tel que Sukadeva Gosvami, ne devient jamais fastidieux, même si l'on a quelque autre raison de se sentir fatigué. Dans certaines éditions du Srimad-Bhagavatam, la dernière ligne de ce verset est remplacée par anyatra kupitad dvijat, ce qui signifie que le roi aurait pu être bouleversé à la pensée de la morsure de serpent qui causerait bientôt sa mort. Un serpent est également deux fois né, et l'on compare sa colère au jeune brahmana insensé qui était responsable de la malédiction. Mais Maharaja Pariksit n'avait nullement peur de la mort car le message du Seigneur le remplissait de courage. Rien en ce monde ne peut effrayer celui qui s'absorbe pleinement dans l'acyuta-katha.
suta uvaca
sa upamantrito rajna kathayam iti sat-pateh brahmarato bhrsam prito visnuratena samsadi
Sukadeva Gosvami fut comblé de ce que Maharaja Pariksit l'ait ainsi convié à s'adresser à l'assemblée des bhaktas sur des sujets se rapportant à Sri Krsna.
Les discussions portant sur le Srimad-Bhagavatam ne prennent toute leur valeur que lorsqu'elles réunissent des dévots du Seigneur. Tout comme le dialogue de la Bhagavad-gita fait autorité car il fut échangé entre Sri Krsna et Arjuna (respectivement le Seigneur et Son dévot), le Srimad-Bhagavatam, qui forme l'objet d'une étude plus poussée que la Bhagavad-gita, doit également être discuté entre érudits et bhaktas tels que Sukadeva Gosvami et Maharaja Pariksit, faute de quoi la véritable saveur du nectar serait perdue. Maharaja Pariksit avait comblé Sukadeva Gosvami, car loin de se lasser d'écouter les propos concernant le Seigneur, il faisait montre d'une attention de plus en plus soutenue, et d'un intérêt sans cesse grandissant. Certains commentateurs dénués d'intelligence essaient vainement d'interpréter la Bhagavad-gita et le Srimad-Bhagavatam alors que ces deux sommets de la littérature védique demeurent inaccessibles aux abhaktas; et c'est précisément la raison pour laquelle Sripada Sankaracarya n'écrivit point de commentaire au Srimad-Bhagavatam. Dans son commentaire à la Bhagavad-gita, celui-ci reconnut en Sri Krsna le Seigneur Suprême, mais exprima par la suite des vues impersonnalistes. Néanmoins, demeurant conscient de sa position, il ne fit pas de commentaire sur le Srimad-Bhagavatam. Parce que Srila Sukadeva Gosvami bénéficiait de la protection de Sri Krsna (cf. Brahma-vaivarta Purana), il était connu sous le nom de Brahmarata, et parce que Sriman Pariksit Maharaja se trouvait sous la protection de Visnu, il se nommait Visnurata. Ainsi le Seigneur protège-t-Il toujours Ses dévots. A cet égard, il apparaît clairement qu'un visnurata ne doit recevoir le Srimad-Bhagavatam que des lèvres d'un brahmarata, car tout autre narrateur dénaturera la connaissance spirituelle et absolue, et fera ainsi perdre un temps précieux à tous ceux qui l'écoutent.
praha bhagavatam nama
puranam brahma-sammitam brahmane bhagavat-proktam brahma-kalpa upagate
Le Srimad-Bhagavatam révèle la Personnalité suprême du Seigneur, mais dans leur ignorance de cette connaissance sublime, les impersonnalistes essaient toujours de travestir l'aspect personnel de Dieu. Le Srimad-Bhagavatam, qui s'accorde en tout point avec l'enseignement contenu dans les Vedas, présente l'aspect personnel du Seigneur avec une rigueur scientifique, mais celui qui désire apprendre cette science devra d'abord prendre refuge d'un successeur de Sri Sukadeva et marcher sur les traces de Maharaja Pariksit, sans essayer sottement d'apporter de son propre chef quelque interprétation, au risque de commettre une grave offense aux pieds du Seigneur. Les dangereuses interprétations des abhaktas ont nui à l'entendement du Srimad-Bhagavatam, et tous ceux qui désirent vraiment se consacrer à l'étude de la science du Divin devront toujours se méfier de tels commentaires.
yad yat pariksid rsabhah
pandunam anuprcchati anupurvyena tat sarvam akhyatum upacakrame
Maharaja Pariksit avait formulé de nombreuses questions -certaines même très particulières- afin d'acquérir une juste vision des choses. Or, bien que le maître spirituel ne soit pas tenu de répondre aux questions de son disciple dans l'ordre où il les a posées, Sukadeva Gosvami, en maître accompli, répondit de façon systématique à chacune des questions, et conformément à la connaissance qu'il avait reçue de la succession disciplique. Ainsi s'achèvent les enseignements de Bhaktivedanta sur le huitième chapitre du deuxième Chant du Srimad-Bhagavatam, intitulé: "Les questions du roi Pariksit".
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