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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 4 CHAPITRE 7 Le sacrifice accompli
par Daksa.
maitreya uvaca
ity ajenanunitena bhavena paritusyata abhyadhayi maha-baho prahasya sruyatam iti
O puissant Vidura, à la requête de Brahma, qui avait su l'apaiser par ses paroles, Siva répondit en ces termes.
mahadeva uvaca
nagham prajesa balanam varnaye nanucintaye deva-mayabhibhutanam dandas tatra dhrto maya
O Brahma, mon cher père, peu m'importent les offenses que commettent les devas. Je n'y attache pas d'importance, car ces devas sont des êtres au caractère enfantin et de moindre intelligence; si je les ai châtiés, c'est seulement pour qu'ils se corrigent.
On distingue deux sortes de châtiments: celui qu'un guerrier inflige à son ennemi, et celui qu'un fils reçoit de son père. Or, il existe évidemment une énorme différence entre les deux. Siva, lui, est un vaisnava par nature, un grand dévot du Seigneur, et il est connu à cet égard sous le nom d'Asutosa car il jouit toujours de la paix intérieure; par suite, sa colère n'était pas celle d'un ennemi. Siva ne conçoit d'inimitié à l'égard d'aucun être vivant; bien au contraire, il se préoccupe toujours du bien de tous et, lorsqu'il punit, son châtiment est comparable à celui d'un père qui châtie son fils. Siva est comme un père, car jamais il ne prend au sérieux les offenses dont les êtres vivants, et en particulier les devas, se rendent coupables à son égard.
prajapater dagdha-sirsno
bhavatv aja-mukham sirah mitrasya caksusekseta bhagam svam barhiso bhagah
pusa tu yajamanasya
dadbhir jaksatu pista-bhuk devah prakrta-sarvanga ye ma ucchesanam daduh
Le deva Pusa devint dépendant de ses disciples pour mâcher sa nourriture, sinon, il ne pouvait s'alimenter qu'au moyen d'une pâte faite de farine de pois chiches; ce fut ainsi que son châtiment se poursuivit. Etant donné qu'il avait découvert ses dents en riant pour se moquer de Siva, il ne pourrait plus les utiliser pour manger. Autrement dit, il ne méritait pas d'avoir des dents, du fait qu'il s'en était servi contre Siva.
bahubhyam asvinoh pusno
hastabhyam krta-bahavah bhavantv adhvaryavas canye basta-smasrur bhrgur bhavet
Bhrgu Muni, fidèle tenant de Daksa, se vit octroyer la barbe d'une chèvre, alors que Daksa, lui, avait reçu la tête de cette même chèvre. Cette transplantation de tête fait apparaître la fausseté de la théorie scientifique moderne selon laquelle le cerveau serait à l'origine de l'intelligence. Bien que sa tête eût été remplacée par celle d'une chèvre, Daksa continua d'agir comme auparavant, même avec un cerveau différent. Ceci permet de conclure que c'est la conscience particulière d'une âme distincte qui dirige ses actes. Le cerveau n'est qu'un instrument n'ayant aucun rapport avec l'intelligence réelle. L'intelligence, le mental et la conscience sous leur forme pure sont inhérents à l'âme distincte. Les versets qui viennent nous révéleront que lorsque Daksa eut la tête remplacée par celle d'une chèvre, il demeura aussi intelligent qu'il l'avait été auparavant; il adressa de très belles prières pour satisfaire Siva et Visnu, chose qu'une chèvre n'est pas en mesure de faire. Ceci permet d'affirmer en toute certitude que le cerveau n'est pas le centre de l'intelligence, et que c'est la conscience de l'âme qui détermine l'intelligence de ses actes. Aussi le Mouvement pour la Conscience de Krsna ne vise-t-il qu'à un seul but: purifier la consience. Quel que soit le cerveau que nous ayons, notre vie sera couronnée de succès si nous détournons tout simplement notre conscience de la matière et l'orientons vers Krsna. Le Seigneur en personne le confirme dans la Bhagavad-gita: quiconque adopte la voie de la Conscience de Krsna accède à la plus haute perfection de l'existence, et ce, quelle que soit la déchéance dans laquelle il a pu tomber. En d'autres termes, toute personne se trouvant dans la Conscience de Krsna retournera à Dieu lorsqu'elle quittera son corps matériel.
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