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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 4 CHAPITRE 7 Le sacrifice accompli
par Daksa.
tvam pura gam rasaya maha-sukaro
damstraya padminim varanendro yatha stuyamano nadal lilaya yogibhir vyujjahartha trayi-gatra yajna-kratuh
Dans ce verset, il convient de s'attarder sur le mot trayi-gatra, signifiant que la Forme spirituelle et absolue du Seigneur s'identifie aux Vedas. On peut en conclure que quiconque adore la murti —la Forme du Seigneur installée dans les temples— étudie ce faisant tous les Vedas vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le simple fait de parer les murtis de Radha et Krsna dans un temple revient à étudier avec une grande minutie les injonctions védiques. L'enseignement qu'il convient d'en tirer est que le bhakta, même néophyte, qui s'en tient à l'adoration de la murti, a directement accès au savoir védique. La Bhagavad-gita (XV.15) le confirme d'ailleurs en ces termes, vedais ca sarvair aham eva vedyah: le but des Vedas est de connaître Krsna. Ainsi, celui qui adore et sert directement Krsna a compris les vérités énoncées dans les Vedas.
sa prasida tvam asmakam akanksatam
darsanam te paribhrasta-sat-karmanam kirtyamane nrbhir namni yajnesa te yajna-vighnah ksayam yanti tasmai namah
Les prêtres brahmanas avaient grand espoir que leur sacrifice se déroulerait sans obstacle, maintenant que Sri Visnu y assistait. Il convient de noter ce que disent les brahmanas dans ce verset: "Grâce au simple chant de Ton Saint Nom, nous pouvons surmonter tout obstacle; or, c'est en personne que Tu Te trouves maintenant parmi nous." On sait que les disciples et les compagnons de Siva avaient contrecarré l'exécution du yajna conçu par Daksa. Les brahmanas critiquèrent indirectement les protégés de Siva, mais comme ils jouissaient toujours de la protection de Sri Visnu, les partisans de Siva ne purent, en aucune façon, nuire à la célébration de leur sacrifice. Comme le déclare un dicton, lorsque Krsna accorde à quelqu'un Sa protection, nul ne peut lui faire de tort, et si Krsna veut qu'une personne périsse, nul ne peut le protéger. Le meilleur exemple en fut Ravana. C'était un grand adorateur de Siva, mais, lorsque Sri Ramacandra décida de le mettre à mort, Siva ne put le protéger. Si un deva —fût-ce Siva ou Brahma— veut porter atteinte à un bhakta, Krsna accordera Sa protection à celui-ci. Toutefois, si Krsna veut la mort de quelqu'un, comme ce fut le cas de Ravana ou d'Hiranyakasipu, aucun deva ne saurait le protéger.
maitreya uvaca
iti daksah kavir yajnam bhadra rudrabhimarsitam kirtyamane hrsikese sanninye yajna-bhavane
Lorsque toutes les personnes présentes eurent glorifié Sri Visnu, Daksa, la conscience purifiée, se mit en devoir de recommencer le yajna qui avait été ruiné par les partisans de Siva.
bhagavan svena bhagena
sarvatma sarva-bhaga-bhuk daksam babhasa abhasya priyamana ivanagha
Rien-aimé Vidura, Toi qui es sans péché, Sri Visnu est en vérité Celui qui bénéficie de tous les sacrifices. Néanmoins, du fait qu'Il est l'Ame Suprême, l'Ame de tous les êtres vivants, Il Se contenta de recevoir Sa part des offrandes sacrificielles, et c'est sur un ton bienveillant qu'Il S'adressa à Daksa.
La Bhagavad-gita (V.29) enseigne, bhoktaram yajna-tapasam: Sri Visnu, ou Krsna, est le bénéficiaire suprême des fruits de tout sacrifice, et de toute austérité ou pénitence. Quelle que soit l'action entreprise, le but ultime en est Visnu; celui qui ignore cette vérité est certes égaré. En tant que Dieu, la Personne Suprême, Visnu n'a rien à demander à qui que ce soit. Mais, bien qu'Il trouve en Lui-même Son bonheur et Sa plénitude, Il accepte néanmoins les offrandes des yajnas, de par Son attitude bienveillante à l'égard de tous les êtres vivants. Il sembla très satisfait lorsque Sa part des offrandes sacrificielles Lui fut présentée. On lit dans la Bhagavad-gita (IX.26), patram puspam phalam toyam yo me bhaktya prayacchati: si un bhakta Lui offre ne serait-ce qu'une feuille, une fleur ou de l'eau, mais avec amour et dévotion, le Seigneur accepte cette offrande et S'en montre satisfait. Bien qu'Il trouve en Lui-même Sa plénitude et qu'Il n'ait pas besoin de recevoir quoi que ce soit, Il accepte néanmoins ces offrandes car, en tant qu'Ame Suprême, Il Se montre ainsi bienveillant envers tous les êtres vivants. Ce verset révèle également que le Seigneur n'empiète pas sur la part d'autrui. En effet, une part du yajna est destinée à Siva, à Brahma et autres devas, et une autre revient à Sri Visnu, lequel S'en contente et n'empiète pas sur celle d'autrui. Indirectement, Visnu fit comprendre qu'Il n'appréciait pas le fait que Daksa ait privé Siva de la part qui lui revenait. Notons en outre que Maitreya, en s'adressant à Vidura, souligne que celui-ci est sans péché, car Vidura est un pur vaisnava et n'a jamais commis d'offense envers le moindre deva. Bien que les vaisnavas reconnaissent en Sri Visnu le Suprême, ils ne sont pas enclins à offenser les devas, et les traitent avec le respect qui leur est dû. Les bhaktas considèrent Siva comme le meilleur des vaisnavas. En conclusion, les vaisnavas ne sauraient d'aucune façon offenser les devas; de leur côté, les devas affectionnent les dévots du Seigneur parce qu'ils sont irréprochables.
sri-bhagavan uvaca
aham brahma ca sarvas ca jagatah karanam param atmesvara upadrasta svayan-drg avisesanah
Brahma, Siva et Moi représentons la cause suprême de la manifestation matérielle. Je suis l'Ame Suprême, le témoin, Celui qui Se suffit à Lui-même. Toutefois, d'un point de vue impersonnel, il n'existe aucune différence entre Brahma, Siva et Moi.
Brahma fut engendré par le Corps spirituel et absolu de Visnu, et Siva naquit du corps de Brahma. Par conséquent, Sri Visnu est la cause suprême. Les Vedas affirment d'ailleurs qu'au commencement, il n'existait que Visnu, Narayana; il n'y avait ni Brahma, ni Siva. Sahkaracarya le confirme lui-même: narayanah parah. Narayana, ou Sri Visnu, est l'origine; quant à Brahma et Siva, ils ont été manifestés après la création. En outre, Visnu est l'atmesvara, l'Ame Suprême de tous les êtres. Sous Sa direction, tout est suggéré de l'intérieur. On trouve au début du Srimad-Bhagavatam un exemple illustrant cette vérité, tene brahma hrda: en premier lieu, Il instruisit Brahma dans son coeur. Dans la Bhagavad-gita (X.2) Sri Krsna affirme, aham adir hi devanam: Sri Visnu, ou Krsna, est l'origine de tous les devas, y compris Brahma et Siva. Plus loin, toujours dans la Bhagavad-gita (X.8), on peut lire, aham sarvasya prabhavah: "Tout émane de Moi". Par ces mots, Krsna inclut tous les devas. On lit également dans le Vedanta-sutra: janmady asya yatah, et dans les Upanisads: yato va imani bhutani jayante. Tout émane de Sri Visnu; c'est Lui qui soutient toutes choses, et c'est par Son énergie que tout est anéanti. C'est donc par un enchaînement de causes et d'effets que les énergies issues de Lui créent les manifestations cosmiques et, de même, qu'elles anéantissent toute la création. Ainsi, le Seigneur représente la cause et l'effet. Quelque effet que nous puissions observer résulte de l'interaction de Ses énergies et, parce que toute énergie trouve en Lui son origine, Dieu représente aussi bien la cause que l'effet. En d'autres termes, tout est simultanément différent et non différent de Lui. Les Ecritures enseignent, sarvam khalv idam brahma: tout est Brahman. Au niveau absolu, rien n'existe au-delà du Brahman et c'est pourquoi de toute évidence, Brahma et Siva sont non différents de Lui.
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |