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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 4 CHAPITRE 8 Dhruva Maharaja quitte
son foyer et gagne la forêt.
maitreya uvaca
sanakadya naradas ca rbhur hamso runir yatih naite grhan brahma-suta hy avasann urdhva-retasah
Les illustres sages que sont les quatre Kumaras conduits par Sanaka, ainsi que Narada, Rbhu, Hamsa, Aruni et Yati, tous fils de Brahma, ne vécurent pas au foyer, mais devinrent des naisthika-brahmacaris, des célibataires intègres, ou urdhva-reta.
Le principe du brahmacarya existe depuis la naissance de Brahma. Une partie de la population, surtout la descendance mâle, s'abstint purement et simplement de se marier. Au lieu de laisser s'écouler leur semence, ils la faisaient s'élever jusqu'au cerveau, d'où leur nom d'urdhva-retasah, ou "ceux qui élèvent". La semence revêt une telle importance que si l'on parvient, par le processus du yoga, à l'élever jusqu'au cerveau, on jouit alors d'une énergie extraordinaire: la mémoire devient très vive et la longévité augmente. C'est ainsi que les yogis peuvent accomplir toutes sortes d'austérités avec assiduité et accéder au plus haut stade de la perfection, au point même d'atteindre le monde spirituel. Parmi les brahmacaris ayant adopté ce principe, citons l'exemple notoire des quatre sages, Sanaka, Sanandana, Sanatana et Sanat-kumara, celui de Narada et de plusieurs autres. La phrase, naite grhan hy avasan, qui signifie "ils ne vécurent pas au foyer" est également riche de sens. Le mot grha signifie "foyer", mais également "épouse". En fait, le mot "foyer" implique la notion de femme et non d'appartement ou de maison. Ainsi on dira de celui qui a une femme qu'il vit au foyer, alors qu'un sannyasi ou un brahmacari, même s'il demeure dans une pièce ou dans une maison, ne vit pas au foyer. Le fait que ces sages ne vécurent pas au foyer signifie qu'ils ne se marièrent pas, de telle sorte qu'il ne fut pas question pour eux de perdre leur semence. L'émission de sperme a sa raison d'être lorsqu'on possède un foyer, une femme, et que l'on a l'intention d'engendrer des enfants; sinon elle ne se justifie d'aucune façon. Ces principes furent observés depuis le début de la création, et jamais de tels brahmacaris n'eurent de descendance. Ce récit a traité jusqu'ici des descendants de Brahma issus de Prasuti, la fille de Manu. Prasuti eut pour fille Daksayani, ou Sati, à laquelle est lié le récit du daksa-yajna. Maitreya traite maintenant de la progéniture des fils de Brahma. Or, d'entre ses nombreux descendants mâles, les brahmacaris, et ceux qui étaient à leur tête, Sanaka et Narada, ne se marièrent jamais. En conséquence, il ne saurait être question de narrer l'histoire de leurs descendants.
mrsadharmasya bharyasid
dambham mayam ca satru-han asuta mithunam tat tu nirrtir jagrhe prajah
Il ressort de ce verset que Brahma eut également pour fils Adharma, ou Irréligion, lequel épousa sa soeur, Mrsa; ce fut là le commencement des rapports sexuels entre frère et soeur. Cette union anormale n'est possible chez l'homme que lorsque règne Adharma, ou Irréligion. Il apparaît clairement qu'au début de la création, Brahma n'engendra pas seulement de saints fils tels que Sanaka, Sanatana et Narada, mais également des descendants démoniaques comme Nirrti, Dambha, Adharma et Fausseté. Ainsi, tout ce qui existe fut créé par Brahma au début des temps. Pour ce qui est de Narada, on sait que sa naissance résulta des actes de piété qu'il avait accomplis lors de sa vie passée et de l'excellente compagnie dont il avait bénéficié. Quant aux autres, ils eurent tous une naissance particulière correspondant à leur passé. En effet, la loi du karma continue d'agir vie après vie et, lors d'une nouvelle création, les êtres vivants retrouvent le même karma. Ils naissent tous avec une nature différente selon la loi du karma, bien qu'originellement leur père soit Brahma, l'illustre divinité de la passion.
tayoh samabhaval lobho
nikrtis ca maha-mate tabhyam krodhas ca himsa ca yad duruktih svasa kalih
O grande âme, Dambha et Maya engendrèrent Convoitise et Fourberie, ou Nikrti. De leur union naquirent Krodha [Colère] et Himsa [Haine], lesquels s'unirent à leur tour et engendrèrent Kali et sa soeur Durukti [Paroles Blessantes].
duruktau kalir adhatta
bhayam mrtyum ca sattama tayos ca mithunam jajne yatana nirayas tatha
sangrahena mayakhyatah
pratisargas tavanagha trih srutvaitat puman punyam vidhunoty atmano malam
La vertu sert de base à la création, mais l'irréligion est la cause de la destruction. Telles sont les voies de la création et de la destruction matérielles. Ce verset précise que la destruction résulte d'Adharma, d'Irréligion. Puis l'union d'Irréligion et de Fausseté engendre les uns après les autres Duplicité, Tromperie, Convoitise, Fourberie, Colère, Haine, Querelle, Paroles Blessantes, Mort, Peur, Douleur Excessive et Enfer. Tous ces descendants sont définis comme des causes de destruction, et si un être vertueux en entend la description, il ressentira de l'aversion à leur égard, ce qui le fera s'élever dans la piété. Ce dernier mot se rapporte au processus de purification du coeur. Le progrès sur la voie de la libération commence lorsqu'on purifie le miroir du mental de la poussière qui le recouvre, comme le préconisa Sri Caitanya et ainsi que ce verset, lui aussi, le recommande. Malam signifie "souillure". Nous devons apprendre à manifester du mépris pour toutes les causes de destruction, à commencer par l'irréligion et la tromperie; c'est alors que nous pourrons progresser dans la piété. Nous pourrons ainsi accéder plus facilement à la conscience de Krsna, et nous n'aurons plus à subir de dévastations répétées. Cette existence matérielle n'est que morts et renaissantes successives, mais si nous nous tournons vers la voie de la libération, nous pourrons alors échapper aux souffrances répétées.
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |