VERSET 11
airavato vrtra-gadabhimrsto
vighurnito drih kulisahato yatha
apasarad bhinna-mukhah sahendro
muncann asrk sapta-dhanur bhrsartah
TRADUCTION
Atteint par ce coup de masse comme une montagne fracassée par la foudre, l'éléphant Airavata, crachant du sang de sa bouche fendue, fut projeté à treize mètres en arrière; terrassé par la douleur, il s'affaissa avec Indra sur son dos.
VERSET 12
na sanna-vahaya visanna-cetase
prayunkta bhuyah sa gadam mahatma
indro mrta-syandi-karabhimarsa-
vita-vyatha-ksata-vaho vatasthe
TRADUCTION
Voyant l'éléphant-porteur d'Indra ainsi épuisé et blessé, et Indra affligé de ce que sa monture ait été frappée de la sorte, l'âme magnanime qu'était Vrtrasura, suivant les principes de la religion, se retint de porter un nouveau coup de sa masse. Profitant de l'occasion, Indra toucha l'éléphant de sa main génératrice de nectar, soulageant ainsi l'animal de sa douleur et guérissant ses blessures. Puis, l'éléphant et Indra se redressèrent en silence.
VERSET 13
sa tam nrpendrahava-kamyaya ripum
vajrayudham bhratr-hanam vilokya
smarams ca tat-karma nr-samsam amhah
sokena mohena hasan jagada
TRADUCTION
O roi, lorsque le grand héros Vrtrasura vit Indra, son ennemi, debout devant lui la foudre à la main et désireux de combattre, il se rappela comment le
deva avait cruellement tué son frère. Songeant à ce crime, il devint comme fou sous l'effet de l'affliction qui lui troublait l'esprit. Avec un rire sarcastique, il s'adressa à Indra.
VERSET 14
sri-vrtra uvaca
distya bhavan me samavasthito ripur
yo brahma-ha guru-ha bhratr-ha ca
distyanrno dyaham asattama tvaya
mac-chula-nirbhinna-drsad-dhrdacirat
TRADUCTION
Sri Vrtrasura dit:
Quel bonheur! Voilà donc devant moi mon ennemi, celui qui a tué un
brahmana, son maître spirituel ainsi que mon frère! Immonde personnage! Je ne serai libéré de ma dette envers mon frère que lorsque j'aurai transpercé de mon trident ton coeur de pierre.
VERSET 15
yo no grajasyatma-vido dvijater
guror apapasya ca diksitasya
visrabhya khadgena siramsy avrscat
pasor ivakarunah svarga-kamah
TRADUCTION
A seule fin de vivre sur les planètes édéniques, tu as tué mon frère —un
brahmana confirmé, sans reproches et parfaitement réalisé—, qui avait été désigné pour remplir auprès de toi les fonctions de prêtre en chef. Il était ton maître spirituel, et tu lui avais confié la célébration de ton sacrifice, mais par la suite tu tranchas impitoyablement ses têtes, tout comme on abat un animal.