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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 6 CHAPITRE 12 La mort glorieuse de
Vrtrasura.
purusah prakrtir vyaktam
atma bhutendriyasayah saknuvanty asya sargadau na vina yad-anugrahat
Comme le confirme le Visnu Purana: parasya brahmanah saktis tathedam akhilam jagat— toutes les manifestations dont nous pouvons avoir l'expérience ne sont que diverses énergies du Seigneur Souverain. Ces énergies ne peuvent rien créer par elles-mêmes, ce que confirme le Seigneur en personne dans la Bhagavad-gita (IX.10): mayadhyaksena prakrtih suyate sa-caracaram —"La nature matérielle agit sous Ma direction, ô fils de Kunti, sous Ma direction elle engendre tous les êtres, mobiles et immobiles." C'est seulement sous la direction du Seigneur, la Personne Suprême, que la prakrti, manifestée en vingt-quatre éléments, peut créer différentes situations pour les êtres vivants. Le Seigneur affirme également dans les Vedas:
avidvan evam atmanam
manyate nisam isvaram bhutaih srjati bhutani grasate tani taih svayam
Selon les conclusions de la philosophie dite du karma-mimamsa, le karma d'une personne, c'est-à-dire les actes intéressés qu'elle a pu accomplir par le passé, est la cause de tout ce qui lui arrive, de telle sorte qu'il n'est pas nécessaire de travailler. Ceux qui aboutissent à cette conclusion ne sont pas très intelligents. Lorsqu'un homme engendre un enfant, il n'agit pas de façon indépendante; il est incité à agir de la sorte par le Seigneur Suprême. Comme Krsna Lui-même l'explique dans la Bhagavad-gita (XV.15): sarvasya caham hrdi sannivisto mattah smrtir jnanam apohanam ca —"Je Me tiens dans le coeur de chacun, et de Moi viennent le souvenir, le savoir et l'oubli." A moins d'être inspiré par le Seigneur Suprême, qui Se tient dans le coeur de chaque être, personne ne peut être incité à créer quoi que ce soit. En conséquence, le père et la mère ne sont pas les vrais créateurs de l'être vivant. Celui-ci, selon son karma (ses actes passés), est introduit dans la semence d'un père, qui l'injecte dans le sein d'une mère. Puis, selon les corps du père et de la mère (yatha-yoni yatha-bijam), l'être revêt un type de corps particulier et voit le jour pour souffrir ou pour jouir de la vie. Le Seigneur Souverain est donc la cause originelle de notre naissance. De même, Il représente la cause ultime de notre mort. Personne n'est indépendant; tout le monde est dépendant. Seul Dieu, l'Etre Suprême, jouit de l'indépendance: voila la vraie conclusion.
ayuh srih kirtir aisvaryam
asisah purusasya yah bhavanty eva hi tat-kale yathanicchor viparyayah
Il n'est pas bon d'être vaniteux, de dire que c'est par ses propres efforts que l'on a acquis richesses, érudition, beauté, etc. Toutes ces bénédictions sont obtenues par la miséricorde du Seigneur. D'un autre point de vue, personne ne désire mourir, ni être pauvre ou laid. Pourquoi donc certains êtres sont-ils, contre leur gré, affligés de telles calamités? Ceci est dû à la miséricorde ou au châtiment de Dieu, la Personne Souveraine, qui fait qu'on obtient ou qu'on perd toute chose matérielle. Personne n'est indépendant; tout le monde dépend de la miséricorde ou du châtiment de Dieu. Il existe au Bengale un dicton populaire indiquant que le Seigneur a dix bras; ceci revient à dire qu'Il régit tout dans les huit directions, de même qu'en haut et en bas. S'Il veut nous prendre tout ce que nous avons avec Ses dix mains, nous ne pourrons rien empêcher avec les deux nôtres. De même, s'Il désire nous couvrir de bénédictions avec Ses dix mains, les deux nôtres seront bien petites pour recevoir tout ce qu'Il nous donne; en d'autre termes, les bénédictions dont Il peut nous couvrir dépassent nos ambitions. Disons pour conclure que même si nous ne désirons pas être séparés de nos possessions, Il arrive parfois que le Seigneur nous les enlève de force; et parfois encore, Il nous accorde tellement de bénédictions que nous sommes incapables de les recevoir toutes. En conséquence, que ce soit dans l'opulence ou dans le malheur, nous ne sommes pas indépendants; tout dépend du bon vouloir du Seigneur.
tasmad akirti-yasasor
jayapajayayor api samah syat sukha-duhkhabhyam mrtyu-jivitayos tatha
sattvam rajas tama iti
prakrter natmano gunah tatra saksinam atmanam yo veda sa na badhyate
Ainsi que le Seigneur l'explique dans la Bhagavad-gita (XVIII.54):
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |