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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 6 CHAPITRE 16 Le roi Citraketu rencontre
le Seigneur Suprême.
nadatta atma hi gunam
na dosam na kriya-phalam udasinavad asinah paravara-drg isvarah
L'âme conditionnée a des amis et des ennemis, et elle est affectée par les qualités et les défauts propres à sa position. Le Seigneur Suprême, cependant, est toujours transcendantal. Parce qu'Il est l'isvara, le maître suprême, Il n'est pas affecté par la dualité. C'est pourquoi on peut dire qu'Il Se tient dans le fond du coeur de l'être vivant en tant que témoin neutre des causes et des effets de ses actes, bons ou mauvais. Nous devons également comprendre que Sa neutralité (udasina) ne signifie nullement qu'Il n'entreprend aucune action; ce mot indique plutôt qu'Il n'est pas affecté personnellement par l'action. Prenons l'exemple d'un juge: il fait preuve de neutralité lorsque deux partis s'opposent devant lui, mais il n'en prend pas moins les mesures exigées par l'affaire qu'il doit résoudre. Pour devenir nous-mêmes complètement neutres, ou indifférents, à l'égard des actes matériels, nous devrions simplement chercher refuge aux pieds pareils-au-lotus de l'Etre à la neutralité suprême. Maharaja Citraketu se vit dire qu'il est impossible de rester neutre devant des circonstances aussi éprouvantes que celles de la mort d'un fils. Néanmoins, parce que le Seigneur sait tout arranger, on aura tout intérêt à dépendre de Lui et à remplir son devoir dans le service de dévotion. En toutes circonstances, nous devrions éviter de nous laisser troubler par la dualité. La Bhagavad-gita (II.47) déclare à ce propos:
sri-badarayanir uvaca
ity udirya gato jivo jnatayas tasya te tada vismita mumucuh sokam chittvatma-sneha-srnkhalam
Après que l'âme conditionnée [le jiva], en la personne du fils de Maharaja Citraketu, eut ainsi parlé et fut partie, le roi et les autres proches du fils décédé restèrent tous frappés d'étonnement. Ils purent alors briser les chaînes de l'affection suscitée par le lien qui les unissait à lui, et cessèrent leurs pleurs.
nirhrtya jnatayo jnater
deham krtvocitah kriyah tatyajur dustyajam sneham soka-moha-bhayartidam
bala-ghnyo vriditas tatra
bala-hatya-hata-prabhah bala-hatya-vratam cerur brahmanair yan nirupitam yamunayam maharaja smarantyo dvija-bhasitam
Nous devons particulièrement noter dans ce verset les mots bala-hatya-hata-prabhah. Le meurtre d'enfant existe dans la société depuis très longtemps, en fait depuis des temps immémoriaux, mais jadis il était très rare. A l'heure actuelle, toutefois, dans cet âge de Kali, l'avortement —où l'on tue l'enfant dans la matrice de sa mère— est devenu pratique courante, et il arrive même qu'on tue un enfant après sa naissance. Or, si une femme se rend coupable d'un acte aussi odieux, elle perd peu à peu tout éclat corporel (bala-hatya-hata-prabhah). Il faut également noter que les femmes coupables d'avoir empoisonné l'enfant éprouvaient un profond sentiment de honte, et suivant les directives des brahmanas, elles durent expier leur crime. Toute femme s'étant rendue coupable d'un péché aussi infâme doit l'expier; aujourd'hui, cependant, personne ne s'en donne la peine, et de ce fait, les responsables doivent souffrir dans cette vie et dans les suivantes. Après avoir entendu ce récit, les âmes sincères ne devraient plus se rendre coupables d'un tel crime et racheter leurs fautes en adoptant la Conscience de Krsna avec beaucoup de sérieux. Si quelqu'un chante le maha-mantra sans commettre d'offenses, tous ses péchés sont aussitôt rachetés sans aucun doute. Toutefois, il ne s'agit pas alors de commettre à nouveau les mêmes fautes, car ce serait là une offense.
sa ittham pratibuddhatma
citraketur dvijoktibhih grhandha-kupan niskrantah sarah-pankad iva dvipah
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |