|
SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 6 CHAPITRE 16 Le roi Citraketu rencontre
le Seigneur Suprême.
kalindyam vidhivat snatva
krta-punya-jala-kriyah maunena samyata-prano brahma-putrav avandata
atha tasmai prapannaya
bhaktaya prayatatmane bhagavan naradah prito vidyam etam uvaca ha
om namas tubhyam bhagavate
vasudevaya dhimahi pradyumnayaniruddhaya namah sankarsanaya ca
namo vijnana-matraya
O Seigneur, ô Etre Divin, Toi à qui s'adresse l'omkara [pranava], je T'offre mon hommage respectueux. O Vasudeva, je médite sur Toi. A Pradyumna, Aniruddha et Sankarsana, j'offre mon hommage respectueux. O réservoir de puissance spirituelle, ô félicité suprême, vers Toi se porte l'hommage de mon respect, vers Toi qui Te suffis à Toi-même et en qui habite la plus grande paix. O Vérité ultime, Toi qui es Un sans second, on Te réalise en tant que le Brahman, le Paramatma et Bhagavan, en sorte que Tu es la demeure de toute connaissance. A Toi mon hommage répété.
Dans la Bhagavad-gita, Krsna déclare être la syllabe om des mantras védiques (pranavah sarva-vedesu). En termes de connaissance transcendantale, on s'adresse au Seigneur par le mot pranava, ou omkara, qui est une représentation sonore symbolique de Dieu. Om namo bhagavate vasudevaya. Vasudeva, qui est une manifestation de Narayana, Se manifeste Lui-même en tant que Pradyumna, Aniruddha et Sankarsana. De Sankarsana vient une seconde émanation du nom de Narayana, et de ce second Narayana procède une autre émanation quadruple de Vasudeva, Pradyumna, Sankarsana et Aniruddha. Le Sankarsana de ce second groupe est la cause originelle des trois purusas, nommément Karanodakasayi Visnu, Garbhodakasayi Visnu et Ksirodakasayi Visnu. Ce dernier est présent dans chaque univers, où Il habite sur une planète spéciale appelée Svetadvipa. La Brahma-samhita le confirme par les mots andantara-stha, anda signifiant "univers". Dans cet univers se trouve donc une planète appelée Svetadvipa, où vit Ksirodakasayi Visnu, et de Lui viennent tous les avataras qui apparaissent dans ce monde. Comme le confirme la Brahma-samhita toutes ces Formes du Seigneur Souverain sont advaitas, non différentes les unes des autres, et elles sont également acyutas, ou infaillibles, car elles ne déchoient pas de leur position comme les âmes conditionnées. Les êtres distincts ordinaires ont tendance à tomber sous l'emprise de maya, mais le Seigneur Suprême, dans Ses diverses Formes d'avataras, est acyuta, infaillible. Son Corps diffère donc du corps matériel que possède l'âme conditionnée. Le dictionnaire Medini explique comme suit le mot matra: matra karna-vibhusayam vitte mane paricchade. Dans ses différents sens, le mot matra est utilisé pour signifier "parures d'oreilles", "possession", "respect" et "le fait d'être recouvert". Selon la Bhagavad-gita (II.14):
Parce que le Corps du Seigneur est tout de connaissance, Il jouit éternellement de la félicité la plus absolue. Pour tout dire, Sa Forme même est paramananda, comme le confirme le Vedanta-sutra: anandamayo bhyasat -par nature, le Seigneur est anandamaya. Chaque fois que nous voyons Krsna, Il déborde toujours d'ananda, quelles que soient les circonstances. Nul ne peut Le rendre triste. Atmaramaya: Il n'a pas à rechercher de plaisirs externes, car Il Se suffit à Lui-même. Santaya: Il n'a aucun souci, contrairement à ceux qui doivent chercher leur plaisir ailleurs qu'en eux-mêmes; ceux-là sont toujours en proie à l'anxiété. Ainsi karmis, jnanis et yogis se trouvent-ils dans l'anxiété car ils recherchent quelque chose, tandis que le bhakta n'a besoin de rien; il est parfaitement satisfait de servir le Seigneur, qui est plein de félicité. Nivrtta-dvaita-drstaye: dans notre existence conditionnée, nos corps se composent de différentes parties, mais bien qu'apparemment il en soit de même pour le Corps de Krsna, aucune des parties qui le composent n'est différente d'une autre. Krsna peut voir avec Ses yeux, mais Il peut également voir sans Ses yeux. C'est pourquoi la Svetasvatara Upanisad dit: pasyaty acaksuh. Il peut voir avec Ses mains et Ses pieds. Il n'a pas besoin de recourir à une partie déterminée de Son Corps pour accomplir une action particulière. Angani yasya sakalendriya-vrttimanti: Il peut faire tout ce que bon Lui semble avec n'importe quelle partie de Son Corps, et c'est pourquoi on Le dit tout-puissant.
atmanandanubhutyaiva
nyasta-sakty-urmaye namah hrsikesaya mahate namas te nanta-murtaye
Ce verset établit d'une manière analytique une distinction entre l'âme infinitésimale et le Seigneur Suprême. La Forme du Seigneur et celle de l'âme conditionnée sont différentes, car le Seigneur baigne dans une félicité constante, tandis que l'âme conditionnée subit toujours les trois formes de souffrances propres à l'univers matériel. Le Seigneur Suprême est sac-cid-ananda-vigraha; Il puise Sa félicité (ananda) en Lui-même. Son Corps est spirituel, transcendantal, mais parce que l'âme conditionnée a un corps matériel, elle est sujette à de nombreux troubles physiques et psychiques. L'âme conditionnée est sans cesse perturbée par l'attachement et le détachement, tandis que le Seigneur Suprême est éternellement au-delà de cette dualité. Le Seigneur est le maître suprême de tous les sens alors que l'âme conditionnée se trouve dominée par eux. Le Seigneur est le plus grand, quand l'être distinct est le plus petit. L'âme infinitésimale est conditionnée par les vagues de la nature matérielle, mais le Seigneur Suprême, Lui, transcende l'action et ses suites. D'innombrables Formes émanent du Corps du Seigneur (advaitam acyutam anadim ananta-rupam), tandis que l'âme conditionnée est limitée à un seul corps. L'histoire nous fournit des exemples d'âmes conditionnées ayant pu, grâce à des pouvoirs surnaturels, se multiplier en huit formes, mais les émanations du Corps du Seigneur sont illimitées. Cela signifie que les Formes de Dieu, la Personne Suprême, n'ont ni commencement ni fin, contrairement aux corps revêtus par les êtres distincts.
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |