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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 6 CHAPITRE 16 Le roi Citraketu rencontre
le Seigneur Suprême.
sri-suka uvaca
bhaktayaitam prapannaya vidyam adisya naradah yayav angirasa sakam dhama svayambhuvam prabho
Devenu le maître spirituel de Citraketu, Narada lui enseigna cette prière dans son intégralité, car le roi lui était entièrement soumis. Ensuite, ô roi Pariksit, Narada partit avec le grand sage Angira pour la plus haute planète, Brahmaloka.
La première fois qu'Angira était venu rendre visite au roi Citraketu, il n'avait pas emmené Narada avec lui. Toutefois, après la mort du fils de Citraketu, il revint avec Narada pour enseigner au roi le bhakti-yoga, car cette fois-ci, les choses avaient changé: au début, Citraketu n'avait pas l'esprit au renoncement, mais après la mort de son fils, alors qu'il était submergé par le chagrin, il put être éveillé au renoncement par des enseignements sur la nature illusoire de ce monde et des possessions matérielles. C'est uniquement à ce stade que l'on peut enseigner le bhakti-yoga à quelqu'un. En effet tant qu'une personne reste attachée au plaisir matériel, elle ne peut apprécier le bhakti-yoga. La Bhagavad-gita (II.44) le confirme d'ailleurs:
Le Mouvement pour la Conscience de Krsna progresse aujourd'hui avec succès en Occident, car les jeunes de ces pays ont atteint le stade de vairagya, du renoncement. Ils sont dégoûtés des plaisirs matériels, et c'est ce qui a entraîné l'apparition d'une population de hippies dans tous les pays d'Occident. Si on instruit maintenant ces jeunes gens dans les principes du bhakti-yoga, de la Conscience de Krsna, cet enseignement portera ses fruits sans aucun doute. Dès que Citraketu comprit la philosophie du vairagya-vidya —la connaisance du renoncement—, il put également saisir la voie du bhakti-yoga. Sarvabhauma Bhattacarya dit à ce propos: vairagya-vidya-nija-bhakti-yoga. Le vairagya-vidya et le bhakti-yoga sont deux lignes parallèles, l'une étant nécessaire pour comprendre l'autre. Le Srimad-Bhagavatam (11.2.42) nous dit également: bhaktih paresa nubhavo viraktir anyatra ca —les progrès accomplis dans le service de dévotion, ou dans la Conscience de Krsna, se caractérisent par une augmentation du renoncement aux plaisirs matériels. Narada Muni est le père du service de dévotion, et c'est pourquoi Angira l'emmena instruire Citraketu, désireux de couvrir le roi de sa miséricorde sans cause. Ces enseignements furent extrêmement efficaces, et quiconque marche sur les traces de Narada Muni est certes un pur bhakta.
citraketus tu tam vidyam
yatha narada-bhasitam dharayam asa saptaham ab-bhaksah susamahitah
tatah sa sapta-ratrante
vidyaya dharyamanaya vidyadharadhipatyam ca lebhe pratihatam nrpa
Si, après avoir été initié, un bhakta adhère rigoureusement aux instructions de son maître spirituel, il bénéficie tout naturellement de certains avantages matériels, fruits subsidiaires de son service, tel que vidyadhara-adhipatyam et autres postes similaires. Le bhakta n'a pas à pratiquer le yoga, le karma ou le jnana pour atteindre au succès. Le service de dévotion suffit à lui seul pour conférer tout pouvoir matériel. Cependant, un pur bhakta n'est jamais attaché au pouvoir matériel, même s'il l'obtient très facilement, sans effort personnel. Citraketu reçut donc cette bénédiction accessoire pour avoir pratiqué le service de dévotion de façon rigoureuse, en accord avec les instructions de Narada.
tatah katipayahobhir
vidyayeddha-mano-gatih jagama deva-devasya sesasya caranantikam
L'objectif ultime du bhakta est de trouver refuge aux pieds pareils-au-lotus du Seigneur sur n'importe laquelle des planètes du monde spirituel. Le bhakta qui pratique sans dévier le service de dévotion reçoit toutes les facilités matérielles, dans la mesure où elles lui sont nécessaires; sinon, elles ne revêtent à ses yeux aucun intérêt et le Seigneur Suprême ne les lui accorde pas non plus. Lorsqu'un bhakta est véritablement absorbé dans le service de dévotion offert au Seigneur, les avantages apparemment matériels mis à sa disposition n'ont en fait rien de matériel; ils sont tous spirituels. Par exemple, si un bhakta dépense de l'argent pour construire un temple merveilleux et opulent, cette construction n'est pas matérielle, mais spirituelle (nirbandhah krsna-sambandhe yuktam vairagyam ucyate). Le mental du bhakta ne se tourne jamais vers le côté matériel du temple. Les briques, la pierre et le bois utilisés pour la construction de ce temple sont spirituels, tout comme la murti, bien qu'Elle soit façonnée dans la pierre, n'est pas de la pierre mais bien le Seigneur Suprême en personne. Plus on progresse dans la conscience spirituelle et plus on peut saisir les éléments du service de dévotion. Rien n'est matériel dans le service de dévotion; tout y est spirituel. C'est pour son progrès spirituel qu'un bhakta se voit accorder des facilités "matériel"; celles-ci sont destinées à l'aider dans sa marche vers le royaume spirituel. Maharaja Citraketu vécut dans l'opulence matérielle en tant que vidyadhara-pati, le maître des Vidyadharas, et par la pratique du service de dévotion, il atteignit la perfection en quelques jours à peine, après quoi il retourna à Dieu, où il trouva refuge aux pieds pareils-au-lotus de Sesa, Ananta. L'opulence matérielle d'un karmi n'est pas de même nature que celle d'un bhakta. Srila Madhvacarya observe à ce propos:
mrnala-gauram siti-vasasam sphurat-
kirita-keyura-katitra-kankanam prasanna-vaktraruna-locanam vrtam dadarsa siddhesvara-mandalaih prabhum
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |