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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 6 CHAPITRE 17 Parvati maudit Citraketu.
tatas tu bhagavan rudro
rudranim idam abravit devarsi-daitya-siddhanam parsadanam ca srnvatam
sri-rudra uvaca
drstavaty asi susroni harer adbhuta-karmanah mahatmyam bhrtya-bhrtyanam nihsprhanam mahatmanam
Ma chère et ravissante Parvati, as-tu vu la grandeur des vaisnavas? Se faisant les serviteurs des serviteurs du Seigneur Souverain, Sri Hari, ces âmes magnanimes ne recherchent aucune forme de bonheur matériel.
Siva, l'époux de Parvati, dit à sa femme: "Bien-aimée Parvati, grande est ta beauté et tu es assurément glorieuse. Néanmoins, je ne crois pas que tu puisses mesurer ta gloire et ta beauté à celles des bhaktas qui se sont faits les serviteurs des serviteurs du Seigneur Souverain." Bien entendu, Siva souriait en plaisantant de la sorte avec son épouse, car personne d'autre ne peut lui parler comme cela. "Le Seigneur Suprême, poursuivit Siva, fait toujours preuve d'une grandeur incomparable dans Ses Activités, et nous avons ici un autre exemple de Sa merveilleuse influence sur le roi Citraketu, Son devot. Vois! Bien que tu l'aies maudit, il n'en a éprouvé aucune crainte et ne s'en est pas montré le moins du monde désolé. Au contraire, il t'a présenté ses respects, t'a appelé "mère" et a accepté ta malédiction, se considérant fautif. Il n'a prononcé aucune parole de vengeance. Telle est l'excellence d'un bhakta. En tolérant humblement ta malédiction, il a sans conteste surpassé la gloire de ta beauté et ton pouvoir de le maudire. Je peux, en toute impartialité, affirmer que ce bhakta Citraketu, t'a dépassée, toi et ta grandeur, par le simple fait d'être devenu un pur dévot du Seigneur." Comme l'explique Sri Caitanya Mahaprabhu, le bhakta peut tolérer toutes sortes de malédictions et de revers au cours de son existence, à la manière d'un arbre (taror api sahisnuna). Telle est sa perfection. Indirectement, Siva prévint Parvati de ne plus commettre l'erreur de maudire un bhakta comme Citraketu. Il indiqua que, bien qu'elle fût puissante, le roi l'avait surpassée en pouvoir par la seule force de sa tolérance.
narayana-parah sarve
na kutascana bibhyati svargapavarga-narakesv api tulyartha-darsinah
Parvati aurait naturellement pu demander comment les bhaktas atteignent un rang aussi élevé. Aussi ce verset explique-t-il qu'ils sont narayana-para, entièrement dépendants de Narayana. Peu leur importe de subir des revers au cours de leur existence, car au service de Narayana, ils ont appris à tolérer toutes les difficultés pouvant se dresser sur leur chemin. Il leur est égal de vivre au ciel ou en enfer, car partout ils servent le Seigneur; telle est leur perfection. Anukulyena krsnanusilanam: ils se vouent sans réserve au service du Seigneur, et c'est ce qui fait leur excellence. En utilisant les mots bhrtya-bhrtyanam, Siva soulignait que bien que Citraketu fût un exemple unique de tolérance et d'excellence, tous les bhaktas qui ont cherché refuge auprès du Seigneur en tant que Ses serviteurs éternels sont glorieux. Ils ne cherchent nullement à trouver le bonheur en allant sur les planètes édéniques, en devenant libérés ou en se fondant dans la splendeur suprême du Brahman. Ces bénédictions n'ont pas d'attrait pour eux. Une seule chose les intéresse: servir directement le Seigneur.
dehinam deha-samyogad
dvandvanisvara-lilaya sukham duhkham mrtir janma sapo nugraha eva ca
Nous trouvons dans la Bhagavad-gita les mots qui suivent: maya-dhyaksena prakrtih suyate sacaracaram —l'univers matériel agit sous la direction de la déesse Durga, l'énergie matérielle du Seigneur, mais celle-ci oeuvre sous la direction de Dieu, la Personne Suprême. C'est ce que confirme la Brahma-samhita (5.44):
aviveka-krtah pumso
hy artha-bheda ivatmani guna-dosa-vikalpas ca bhid eva srajivat krtah
Le bonheur et le malheur, que l'on trouve en cet univers matériel soumis à la dualité, sont tous deux des conceptions erronées. Le Caitanya-caritamrta (Antya 4.176) enseigne:
L'autre exemple donné dans ce verset est celui d'une guirlande de fleurs. Bien qu'elle soit très jolie par nature, une personne sans grande expérience pourra la prendre par erreur pour un serpent. Prabodhananda Sarasvati déclare à ce propos: visvam purna-sukhayate. Tous les êtres endurent ici-bas des conditions de vie misérables, mais Srila Prabodhananda Sarasvati déclare pourtant que ce monde est empli de bonheur. Comment cela est-il possible? Il répond: yat-karunya-kataksa-vaibhavavatam tam gauram eva stumah —par la miséricorde immotivée de Sri Caitanya Mahaprabhu, le bhakta considère le malheur de ce monde comme du bonheur. Par son comportement personnel, Sri Caitanya Mahaprabhu a montré qu'Il n'était jamais malheureux, mais goûtait un bonheur constant en chantant le maha-mantra Hare Krsna. Nous devons suivre Ses traces et constamment réciter le maha-mantra:
Dans nos rêves, nous pouvons parfois savourer du riz au lait, alors qu'à d'autres moments, nous souffrons comme si un être cher était mort. Or, puisque le même mental et le même corps continuent d'exister dans ce même monde de dualité lorsque nous sommes éveillés, les prétendus bonheur et malheur que nous expérimentons alors ne valent guère mieux que le bonheur illusoire et superficiel de nos rêves. Le mental sert d'intermédiaire aussi bien dans les rêves qu'à l'état de veille, et tout ce qu'il crée par acceptation et rejet (sankalpa et vikalpa) n'est que chimère (manodharma).
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |