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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 6 CHAPITRE 17 Parvati maudit Citraketu.
sri-suka uvaca
iti srutva bhagavatah sivasyomabhibhasitam babhuva santa-dhi rajan devi vigata-vismaya
O roi, après avoir entendu ces paroles de son époux, la déesse [Uma, compagne de Siva,] cessa de s'étonner du comportement du roi Citraketu et son intelligence s'apaisa.
Srila Visvanatha Cakravarti Thakura fait observer que les mots santa-dhih signifient sviya-purva-svabhava-smrtya. Lorsque Parvati se rappela la manière dont elle avait agit précédemment en maudissant Citraketu, elle en éprouva beaucoup de honte et se voila le visage avec la partie inférieure de son sari, reconnaissant ainsi qu'elle avait eu tort de le maudire.
iti bhagavato devyah
pratisaptum alantamah murdhna sa jagrhe sapam etavat sadhu-laksanam
Après avoir été instruite de la sorte par Siva, mère Parvati put comprendre qu'elle avait eu tort de maudire Citraketu. Ce roi possédait un caractère si noble que même après avoir été injustement maudit par la déesse, il était immédiatement descendu de son char céleste et s'était humblement incliné devant elle, acceptant sa malédiction. Ceci a déjà été expliqué: narayana-parah sarve na kutascana bibhyati. Beau joueur, Citraketu se dit que puisque mère Parvati désirait le maudire, il pouvait bien accepter cette malédiction à seule fin de lui être agréable. Or, ceci est caractéristique d'un sadhu, d'un bhakta (sadhu-laksanam). Comme l'explique Sri Caitanya Mahaprabhu: trnad api sunicena taror api sahisnuna —un bhakta doit toujours se montrer très humble et doux, et présenter ses respects à autrui, particulièrement à ses supérieurs. Protégé par Dieu, la Personne Suprême, le bhakta jouit toujours d'une grande puissance, mais il ne désire pas exhiber cette puissance sans nécessité. A l'opposé, lorsqu'une personne de moindre intelligence possède quelque pouvoir, elle désire l'utiliser pour satisfaire ses sens. Jamais un bhakta n'agit ainsi.
jajne tvastur daksinagnau
danavim yonim asritah vrtra ity abhivikhyato jnana-vijnana-samyutah
Le mot yoni signifie généralement jati, c'est-à-dire la famille, le groupe ou l'espèce. Bien que Vrtrasura ait vu le jour dans une famille démoniaque, il est clairement dit ici qu'il possédait toujours sa connaissance spirituelle. Jnana-vijnana-samyutah: son savoir spirituel et l'application de ce savoir dans sa vie n'étaient nullement perdus. C'est pourquoi il est écrit que même si un bhakta démérite pour une raison quelconque, il n'est pas pour autant perdu. Comme le dit le Srimad-Bhagavatam (1.5.17):
etat te sarvam akhyatam
yan mam tvam pariprcchasi vrtrasyasura-jates ca karanam bhagavan-mateh
itihasam imam punyam
citraketor mahatmanah mahatmyam visnu-bhaktanam srutva bandhad vimucyate
Les incidents historiques relatés dans les Puranas, comme l'histoire de Citraketu rapportée par le Bhagavata Purana, sont parfois mal compris par les profanes, ou les abhaktas. C'est pourquoi Sukadeva Gosvami recommande que ce récit concernant Citraketu soit fait par un bhakta. Tout ce qui concerne le service de dévotion ou les caractéristiques du Seigneur et de Ses dévots doit être transmis par un bhakta, et non par un narrateur professionnel. C'est ce qui est recommandé ici. Le secrétaire de Sri Caitanya Mahaprabhu préconisait également d'apprendre l'histoire du Srimad-Bhagavatam auprès d'un bhakta: yaha, bhagavata pada vaisnavera sthane. Il ne faut pas entendre le contenu du Srimad-Bhagavatam des lèvres d'un narrateur professionnel, sans quoi cet enseignement n'aura aucun effet. Citant le Padma Purana, Sri Sanatana Gosvami nous a rigoureusement interdit d'entendre parler des activités du Seigneur et de Ses dévots par la bouche d'abhaktas:
ya etat pratar utthaya
sraddhaya vag-yatah pathet itihasam harim smrtva sa yati paramam gatim
Ainsi s'achèvent les enseignements de Bhaktivedanta sur le dix-septième chapitre du sixième Chant du Srimad-Bhagavatam, intitulé: "Parvati maudit Citraketu".
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