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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 6 CHAPITRE 18 Diti fait le voeu
de tuer le roi Indra.
so ham tvayarcito bhadre
idrg-bhavena bhaktitah tam te sampadaye kamam asatinam sudurlabham
ditir uvaca
varado yadi me brahman putram indra-hanam vrne amrtyum mrta-putraham yena me ghatitau sutau
0 mon époux! O âme magnanime, j'ai maintenant perdu mes fils. Si tu veux m'accorder une bénédiction, je te demande de me donner un fils immortel capable de tuer Indra, car c'est lui qui, par l'intermédiaire de Visnu, a fait périr mes deux fils, Hiranyaksa et Hiranyakasipu.
Les mots indra-hanam signifient "capable de tuer Indra", mais ils veulent également dire "qui suit Indra". Le mot amrtyum désigne les devas, qui ne meurent pas comme les hommes du commun, du fait de leur longévité extraordinaire. A ce propos, la Bhagavad-gita nous précise la durée de la vie de Brahma: sahasra-yuga-paryantam ahar yad brahmano viduh —la durée d'un seul jour, ou douze heures, de Brahma est de quatre millions trois cent mille ans multipliés par mille (4 300 000 x 1 000). La durée de sa vie tout entière est donc inconcevable pour un homme ordinaire. C'est pourquoi on qualifie parfois les devas d'amaras, ce qui signifie "ceux qui ne meurent pas". Néanmoins, dans l'univers matériel, tout le monde doit mourir. Aussi le mot amrtyum indique-t-il que Diti voulait un fils qui serait du même rang que les devas.
nisamya tad-vaco vipro
vimanah paryatapyata aho adharmah sumahan adya me samupasthitah
Bien que Kasyapa Muni fût très désireux de combler le désir de sa femme Diti, lorsqu'il apprit qu'elle voulait un fils capable de tuer Indra, sa joie s'évanouit aussitôt, car cette idée ne lui plaisait pas du tout.
aho arthendriyaramo
yosin-mayyeha mayaya grhita-cetah krpanah patisye narake dhruvam
Hélas, je me suis trop attaché à la jouissance matérielle. Mon mental est tombé sous l'empire de l'énergie d'illusion du Seigneur Souverain, manifestée sous les traits d'une femme [mon épouse]. Misérable que je suis! Je vais sûrement glisser tout droit vers l'enfer.
ko tikramo nuvartantyah
svabhavam iha yositah dhin mam batabudham svarthe yad aham tv ajitendriyah
L'instinct naturel d'une femme la porte à rechercher les plaisirs de ce monde. Elle incite son époux à faire de même en satisfaisant son palais, son estomac et ses organes sexuels, respectivement dénommés jihva, udara et upastha. La femme est habile à préparer des plats savoureux qui lui permettront de satisfaire aisément son mari. Lorsque celui-ci a bien mangé et que son estomac est rempli, sa puissance sexuelle augmente. Le désir sexuel devient tout particulièrement marqué chez l'homme qui a l'habitude de manger de la viande, de boire du vin et de s'adonner à d'autres pratiques relevant de la passion. Il faut bien comprendre que les désirs sexuels ne sont pas favorables au progrès spirituel, mais qu'ils nous entraînent plutôt vers l'enfer. C'est pourquoi, considérant sa situation, Kasyapa Muni se lamentait. En d'autres termes, il est très risqué d'être chef de famille à moins d'avoir reçu une éducation appropriée et épousé une femme qui est fidèle et soumise. L'homme doit être formé dès le début de son existence: kaumara acaret prajno dharman bhagavatan iha. (S.B., 7.6.1) Au cours de sa vie étudiante (brahmacarya), le jeune garçon (brahmacari) doit parfaire son apprentissage du service de dévotion (bhagavata-dharma). Ensuite, lorsqu'il se marie, si sa femme lui est fidèle et mène le même genre de vie que lui, leur vie conjugale leur sera très profitable. Cependant, les rapports entre des époux dépourvus de toute conscience spirituelle et ne cherchant qu'à satisfaire leurs sens n'ont rien de bon. Le Srimad-Bhagavatam (12.2.3) explique que, tout particulièrement à l'époque où nous vivons, celle du kali-yuga, les rapports entre mari et femme sont principalement fondés sur la puissance sexuelle (dam-patye bhirucir hetuh). C'est pourquoi la vie de famille, dans ce kali-yuga, est extrêmement dangereuse à moins que le mari et la femme n'adoptent tous deux la Conscience de Krsna.
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