|
SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 6 CHAPITRE 3 Yamaraja instruit
ses messagers.
yam vai na gobhir manasasubhir va
hrda gira vasu-bhrto vicaksate atmanam antar-hrdi santam atmanam caksur yathaivakrtayas tatah param
Bien que les différentes parties du corps ne puissent voir les yeux, ce sont pourtant ces derniers qui dirigent leurs divers mouvements. Les jambes se déplacent en fonction de ce que les yeux voient devant elles, et la main peut toucher les objets parce qu'ils ont été repérés par les yeux. De même, chaque être vivant agit sous la direction de l'Ame Suprême, présente dans son coeur. Ainsi que le confirme le Seigneur en personne dans la Bhagavad-gita (XV.15): sarvasya caham hrdi sannivisto mattah smrtir jnanam apohanam ca —"Je Me tiens dans le coeur de chaque être, et de Moi viennent le souvenir, le savoir et l'oubli." Puis, dans un autre passage de la Bhagavad-gita (XVIII.61): isvarah sarva-bhutanam hrda-dese rjuna tisthati —"Le Seigneur Souverain Se tient dans le coeur de tous les êtres en tant que l'Ame Suprême." L'être incarné ne peut rien accomplir sans le consentement de l'Ame Suprême. Celle-ci agit à chaque instant, mais l'être distinct ne peut connaître la Forme ni les Actes de l'Ame Suprême en ayant recours à ses sens. L'exemple des yeux et des différentes parties du corps est ici très approprié. Si les membres pouvaient voir, le corps pourrait se déplacer sans l'aide des yeux, mais cela n'est pas possible. Bien qu'on ne puisse percevoir l'Ame Suprême dans son coeur au moyen des sens, Son rôle n'en reste pas moins nécessaire.
tasyatma-tantrasya harer adhisituh
parasya mayadhipater mahatmanah prayena duta iha vai manoharas caranti tad-rupa-guna-svabhavah
Yamaraja avait entrepris de dépeindre Dieu, la Personne Suprême, le maître absolu, mais ses serviteurs avaient un vif désir d'entendre parler des Visnudutas, qui avaient triomphé d'eux au cours de leur rencontre avec Ajamila. Yamaraja déclara donc que les Visnudutas ressemblaient à Dieu de par leur apparence physique ainsi que leur nature et leurs attributs spirituels. En d'autres termes, les Visnudutas, ou les vaisnavas, sont pour ainsi dire semblables au Seigneur Souverain. Yamaraja informa les Yamadutas de ce que les Visnudutas ne sont pas moins puissants que Sri Visnu. Etant donné que Visnu est au-dessus de Yamaraja, les Visnudutas surpassent les Yamadutas. En conséquence, ces derniers ne peuvent s'en prendre aux personnes protégées par les Visnudutas.
bhutani visnoh sura-pujitani
durdarsa-lingani mahadbhutani raksanti tad-bhaktimatah parebhyo mattas ca martyan atha sarvatas ca
Yamaraja décrit les qualités des Visnudutas dans le but précis de convaincre ses propres serviteurs que ceux-ci ne doivent pas les envier. Il les prévient que les Visnudutas reçoivent la vénération et l'hommage des devas, et qu'ils sont toujours disposés à protéger les dévots du Seigneur contre leurs ennemis, contre les catastrophes naturelles et contre tout autre danger qu'ils pourraient rencontrer en ce monde. Les membres du Mouvement pour la Conscience de Krsna redoutent parfois le danger d'une guerre mondiale imminente, et se demandent alors ce qui leur arriverait au cas où un tel conflit viendrait à éclater. Or, dans toute situation dangeureuse, ils devraient être confiants dans la protection que leur assurent les Visnudutas ou le Seigneur Suprême en personne. La Bhagavad-gita le confirme: kaunteya pratijanihi na me bhaktah pranasyati. Les dangers matériels ne menacent pas le bhakta. C'est également ce que déclare le Srimad-Bhagavatam: padam padam yad vipadam na tesam —dans l'univers matériel, on rencontre des dangers à chaque pas, mais ces dangers ne visent pas le bhakta qui est tout entier abandonné aux pieds pareils-au-lotus du Seigneur. Les purs dévots de Visnu peuvent être assurés de la protection du Seigneur. Tant qu'ils se trouvent dans l'univers matériel, ils devraient se consacrer pleinement à la pratique du service de dévotion en prêchant le message de Sri Caitanya Mahaprabhu et de Sri Krsna, c'est-à-dire en favorisant la diffusion du Mouvement pour la Conscience de Krsna, également appelé Mouvement Hare Krsna.
dharmam tu saksad bhagavat-pranitam
na vai vidur rsayo napi devah na siddha-mukhya asura manusyah kuto nu vidyadhara-caranadayah
Lorsqu'ils furent mis en demeure par les Visnudutas d'énoncer les principes de la religion, les Yamadutas répondirent: veda-pranihito dharmah —les principes de la religion sont ceux que définissent les Textes védiques. Cependant, ils ignoraient que ces Textes décrivent des rites qui n'ont rien de spirituel, et qui sont uniquement destinés à maintenir l'ordre et la paix entre les êtres matérialistes de ce monde. Les véritables principes de la religion sont nistraigunyas, c'est-à-dire au-dessus des trois gunas, ou purement spirituels. Les Yamadutas ne connaissaient pas ces principes religieux spirituels, et c'est pourquoi ils furent surpris qu'on les empêchât d'arrêter Ajamila. Dans la Bhagavad-gita (II.42), Krsna décrit les matérialistes qui mettent toute leur foi dans les rites védiques: veda-vada-ratah partha nanyad astiti vadinah —les prétendus fidèles des Vedas affirment qu'il n'y a rien qui surpasse les cérémonies védiques. En Inde, il existe ainsi un groupe d'hommes qui se montrent très attirés par les rites védiques, mais qui ne comprennent pas que ces rites sont destinés à élever peu à peu une personne jusqu'au niveau spirituel où elle pourra connaître Krsna (vedais ca sarvair aham eva vedyah). Ceux qui ignorent ce principe et n'attachent foi qu'aux seuls rites védiques sont appelés veda-vada-ratah. Ce verset déclare que le véritable principe de la religion est celui qui est indiqué par Dieu, la Personne Suprême. La Bhagavad-gita (XVIII.66) énonce clairement ce principe: sarva-dharman parityajya mam ekam saranam vraja —il faut laisser là tout autre devoir pour s'abandonner aux pieds pareils-au-lotus de Krsna. Tel est le véritable principe religieux que tous devraient observer. Même si quelqu'un obéit aux Textes védiques, il n'est pas dit qu'il connaisse ce principe transcendant, car il n'est pas connu de tous. Même les devas vivant sur les systèmes planétaires supérieurs n'en ont pas conscience, et encore moins les êtres humains. Ce principe religieux transcendant doit être assimilé directement auprès de Dieu, la Personne Suprême ou de Son représentant spécial; c'est ce qu'enseignent les versets qui vont suivre.
svayambhur naradah sambhuh
kumarah kapilo manuh prahlado janako bhismo balir vaiyasakir vayam
dvadasaite vijanimo
Dans la Bhagavad-gita, Sri Krsna définit le bhagavata-dharma comme le plus secret de tous les principes religieux (sarva-guhyatamam, guhyad guhyataram). Il dit à Arjuna: "Je t'enseigne la religion la plus secrète, ceci parce que tu es Mon ami très cher." Sarva dharman parityajya mam ekam saranam vraja —"Laisse là toute autre forme de religion, et abandonne-toi simplement à Moi." On pourrait se demander à quoi sert ce principe s'il est aussi rarement compris. En guise de réponse, Yamaraja stipule ici qu'il est compréhensible pour quiconque suit la parampara de Brahma, Siva, des quatre Kumaras ou des autres autorités reconnues en la matière. Il existe quatre lignées de maîtres spirituels, une qui procède de Brahma, une autre de Siva, une de Laksmi, la déesse de la fortune, et la dernière des Kumaras. La filiation spirituelle de Brahma s'appelle la Brahma-sampradaya, celle de Siva (Sambhu) la Rudra-sampradaya, celle de la déesse de la fortune (Laksmiji) la Sri-sampradaya, et celle des Kumaras la Kumara-sampradaya. Il faut s'en remettre à l'une ou l'autre de ces quatre sampradayas si l'on désire connaître la plus secrète et la plus profonde de toutes les religions. Le Padma Purana ajoute: sampradaya-vihina ye mantras te nisphala matah —si quelqu'un ne s'affilie pas à l'une des quatre filiations spirituelles reconnues, son mantra ou son initiation n'a aucune valeur. De nos jours, il existe de nombreuses apasampradayas, c'est-à-dire des sampradayas inauthentiques n'ayant aucun lien avec des maîtres comme Brahma, Siva, les Kumaras ou Laksmi. Ces sampradayas fourvoient le public. Les sastras stipulent qu'il ne sert strictement à rien d'être initié au sein d'une sampradaya de ce genre car une telle démarche ne saurait permettre à qui que ce soit de comprendre les véritables principes de la religion.
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |