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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 6 CHAPITRE 3 Yamaraja instruit
ses messagers.
etavan eva loke smin
pumsam dharmah parah smrtah bhakti-yogo bhagavati tan-nama-grahanadibhih
Comme l'enseigne le verset précédent, les véritables principes de la religion (dharmam-bhagavatam) sont ceux que décrit la Bhagavad-gita, qui sert de préliminaire au Bhagavatam, ou le Srimad-Bhagavatam lui-même (bhagavata-dharma). Et quels sont ces principes? Le Bhagavatam répond: dharmah projjhita-kaitavo tra —le Srimad-Bhagavatam ne contient aucune voie de religion trompeuse; tout s'y trouve directement relié à Dieu, la Personne Suprême. On peut lire un peu plus loin: sa vai pumsam paro dharmo yato bhaktir adhoksaje —la religion suprême est celle qui enseigne à ses fidèles comment aimer Dieu, la Personne Suprême, qui échappe à la connaissance expérimentale. Sravanam kirtanam visnoh smaranam pada-sevanam: cette religion commence par le chant du Saint Nom du Seigneur (tan-nama-grahana). Après avoir chanté le Saint Nom du Seigneur et dansé en extase, on en vient peu à peu à voir la Forme du Seigneur, ainsi que Ses Divertissements et Ses Attributs divins. On peut alors saisir pleinement la position de l'Etre Souverain. Il est certes possible de comprendre comment le Seigneur descend dans l'univers matériel, comment Il prend naissance et comment Il agit, mais seulement grâce à la pratique du service de dévotion. Comme l'enseigne la Bhagavad-gita: bhaktya mam abhijanati —seule la pratique du service de dévotion permet de connaître tout ce qui concerne le Seigneur Suprême. Si quelqu'un est assez heureux pour saisir ainsi le Seigneur, il n'aura plus à renaître en ce monde après avoir quitté son enveloppe charnelle (tyaktva deham punar janma naiti); il retourne alors à Dieu, dans sa demeure originelle. Telle est l'ultime perfection. C'est pourquoi Krsna déclare dans la Bhagavad-gita (VIII.15):
namoccarana-mahatmyam
hareh pasyata putrakah ajamilo pi yenaiva mrtyu-pasad amucyata
Il n'est pas nécessaire de se livrer à des recherches sur la signification du chant du mantra Hare Krsna. L'histoire d'Ajamila constitue une preuve suffisante de la puissance du Saint Nom et de la position élevée d'une personne qui le chante sans cesse. C'est pourquoi Sri Caitanya Mahaprabhu recommandait:
etavatalam agha-nirharanaya pumsam
sankirtanam bhagavato guna-karma-namnam vikrusya putram aghavan yad ajamilo pi narayaneti mriyamana iyaya muktim
Lors d'une réunion se tenant chez le père de Raghunatha Dasa Gosvami, Haridasa Thakura confirma que le simple fait de chanter le Saint Nom du Seigneur confère la libération, même si ce chant n'est pas complètement dénué de toute offense. Les smarta-brahmanas et les mayavadis ne croient pas qu'on puisse atteindre la libération de cette manière, mais de nombreux passages du Srimad-Bhagavatam confirment la véracité des propos d'Haridasa Thakura. A titre d'exemple, dans son commentaire sur ce verset, Sridhara Svami cite le verset suivant:
Sridhara Svami cite également les Puranas: papa-ksayas ca bhavati smaratam tam ahar-nisam —"On peut s'affranchir des conséquences de toutes ses fautes simplement en méditant jour et nuit (ahar-nisam) sur les pieds pareils-au-lotus du Seigneur." En outre, il cite ce passage du Srimad-Bhagavatam (6.3.31):
Le mot alam, utilisé dans ce verset, indique que le seul fait de prononcer le Saint Nom du Seigneur suffit. Toutefois, ce mot a différentes significations. Selon l'Amara-kosa, le dictionnaire sanskrit qui fait le plus autorité, le mot alam est utilisé pour signifier "ornement", "suffisance", "puissance" et "restriction" (alam bhusana-paryapti-sakti-varana-vacakam). Ici, il signifie qu'il n'est besoin d'aucun autre processus, car le chant du Saint Nom suffit à lui seul. Même si on le prononce de façon imparfaite, on s'affranchit des conséquences de tous ses péchés. La libération d'Ajamila a d'ailleurs prouvé l'efficacité du chant du Saint Nom. Lorsque Ajamila prononça celui de Narayana, ce n'était pas particulièrement en pensant au Seigneur Suprême; il songeait plutôt à son fils. De plus, Ajamila n'était assurément pas très pur au moment de mourir; il était en fait connu comme un grand pécheur. En outre, la condition physiologique d'un individu au moment de la mort se trouve complètement perturbée, et dans des circonstances aussi difficiles, Ajamila aurait certainement eu beaucoup de mal à appeler le Seigneur d'une voix distincte. Néanmoins, il obtint la libération simplement en prononçant Son Saint Nom. A plus forte raison, il doit donc en être de même pour ceux qui ne sont pas aussi pécheurs qu'Ajamila. Il faut en conclure que l'on doit prononcer le voeu strict de chanter le Saint Nom du Seigneur:
Le chant du mantra Hare Krsna est recommandé même aux personnes qui commettent des offenses, car si elles continuent cette pratique leurs offenses disparaîtront peu à peu. Et en chantant le mantra Hare Krsna sans commettre d'offenses, on accroît son amour pour Krsna. Comme l'enseigne Sri Caitanya Mahaprabhu: prema pum-artho mahan —notre principale préoccupation devrait être de faire croître notre attachement pour Dieu, la Personne Suprême, ainsi que notre amour pour Lui. A ce propos, Srila Visvanatha Cakravarti Thakura cite le verset suivant du Srimad-Bhagavatam (11.19.24):
Srila Visvanatha Cakravarti Thakura cite également ce verset du Padma Purana:
prayena veda tad idam na mahajano yam
devya vimohita-matir bata mayayalam trayyam jadi-krta-matir madhu-puspitayam vaitanike mahati karmani yujyamanah
Etant donné qu'on peut facilement atteindre la plus haute perfection en chantant le Saint Nom du Seigneur, certains se demanderont pourquoi il existe tant de cérémonies rituelles védiques et pourquoi les gens sont attirés par elles. Le présent verset répond à cette question. Comme l'enseigne la Bhagavad-gita (XV.15), le véritable but de l'étude des Vedas est de nous conduire aux pieds pareils-au-lotus de Krsna (vedais ca sarvair aham eva vedyah). Malheureusement, les hommes dénués d'intelligence et séduits par la grandeur des yajnas védiques désirent assister à de fastueux sacrifices; ils veulent entendre réciter des mantras védiques et voir dépenser d'énormes sommes pour de telles cérémonies. Nous-mêmes devons parfois nous plier aux rites védiques pour contenter ces sots. Récemment, lors de l'inauguration de notre grand temple de Krsna-Balarama à Vrndavana, nous avons dû faire célébrer des rites védiques par les brahmanas locaux, car les habitants de Vrndavana, et plus particulièrement les smarta-brahmanas, refusaient de considérer des Européens et des Américains comme des brahmanas authentiques. Aussi avons-nous dû recourir aux services de brahmanas locaux pour accomplir de coûteux yajnas. Mais malgré tous ces yajnas, les membres de notre Mouvement accomplirent un sankirtana retentissant accompagné de mrdangas, et à mon sens ce sankirtana était plus important que les rites. Cérémonies védiques et sankirtana se déroulaient simultanément, les premières à l'intention des personnes attirées par la possibilité d'être ainsi élevées jusqu'aux planètes édéniques (jadi-krta-matir madhu-puspitayam), tandis que le second s'adressait aux purs bhaktas ne se souciant que de satisfaire Dieu, la Personne Suprême. Si cela n'avait tenu qu'à nous, nous aurions simplement accompli le sankirtana, mais alors les habitants de Vrndavana n'auraient pas pris au sérieux la cérémonie d'inauguration et d'installation des murtis. Ainsi que l'explique notre verset, les cérémonies védiques sont faites pour ceux dont l'intelligence a été émoussée par le langage fleuri des Vedas, où sont décrites les activités intéressées destinées à élever une personne jusqu'à une planète supérieure. Tout particulièrement en cet âge de Kali, le sankirtana suffit à lui seul. Si, dans les différentes parties du monde, les membres de nos temples continuent simplement de pratiquer le sankirtana devant la murti, particulièrement devant Sri Caitanya Mahaprabhu, ils demeureront parfaits. Aucune outre pratique n'est nécessaire. Néanmoins, afin de se garder propre et pur tant dans ses habitudes que dans ses pensées, l'adoration de la murti et différents autres principes régulateurs sont requis. Srila Jiva Gosvami affirme que bien que le sankirtana soit suffisant pour parfaire l'existence d'un individu, l'arcana, l'adoration de la murti dans le temple, doit se poursuivre pour permettre aux bhaktas de rester propres et purs. C'est pourquoi Srila Bhaaktisiddhanta Sarasvati Thakura recommande de suivre parallèlement ces deux voies. Nous-mêmes observons ce principe de façon rigoureuse en pratiquant simultanément l'adoration de la murti et le sankirtana. Ceci doit être maintenu.
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