SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 6
CHAPITRE 4

Prajapati Daksa
offre au Seigneur
les prières Hamsa-guhya.

VERSET 51

esa pancajanasyanga
duhita vai prajapateh
asikni nama patnitve
prajesa pratigrhyatam

TRADUCTION

O Daksa, Mon bien-aimé fils, Prajapati Pancajana a une fille du nom d'Asikni; Je désire te l'offrir comme épouse.

VERSET 52

mithuna-vyavaya-dharmas tvam
praja-sargam imam punah
mithuna-vyavaya-dharminyam
bhuriso bhavayisyasi

TRADUCTION

Unissez-vous charnellement en tant que mari et femme; tu engendreras ainsi des centaines d'enfants qui te permettront d'accroître la population de l'univers.

TENEUR ET PORTEE

Le Seigneur dit dans la Bhagavad-gita (VII.11): dharmaviruddho bhutesu kamo smi —"Je suis l'union sexuelle qui n'enfreint pas les principes de la religion." L'union sexuelle commandée par Dieu est un principe religieux (dharma) mais elle n'est pas destinée au plaisir des sens. En effet, les principes védiques ne permettent pas de se livrer à l'acte sexuel en vue de satisfaire les sens. On ne doit donner libre cours à ses désirs sexuels que pour engendrer des enfants. C'est pourquoi le Seigneur dit à Daksa dans ce verset: "Je t'offre cette jeune fille pour que tu t'unisses à elle afin d'avoir des enfants, et pour aucune autre raison. Elle est très féconde, et tu seras donc en mesure d'engendrer autant d'enfants que tu le pourras."

Srila Visvanatha Cakravarti Thakura observe que Daksa obtint de pouvoir s'unir sexuellement avec son épouse de façon illimitée. Au cours de sa vie précédente, Daksa portait le même nom; toutefois, tandis qu'il accomplissait des sacrifices, un jour il offensa Siva, à la suite de quoi sa tête fut remplacée par celle d'une chèvre. Daksa renonça alors à la vie à cause de sa condition dégradée. Toutefois, il maintint les mêmes désirs sexuels illimités; il se soumit alors à des pratiques austères qui lui permirent de satisfaire le Seigneur Suprême, et Ce dernier lui conféra le pouvoir de procréer à l'infini.

Il faut noter ici que bien que la possibilité d'avoir ainsi des rapports sexuels soit obtenue par la grâce du Seigneur Suprême, cette bénédiction n'est pas offerte aux bhaktas de haut niveau qui sont dénués de tout désir matériel (anyabhilasita-sunyam). Il faut également noter à ce propos que si les jeunes occidentaux, garçons et filles, membres du Mouvement pour la Conscience de Krsna, désirent progresser dans la conscience de Krsna afin d'obtenir la bénédiction suprême du service d'amour offert au Seigneur, ils doivent s'abstenir de faire usage des facilités mises à leur disposition pour se livrer aux plaisirs de la chair. C'est pourquoi nous leur recommandons de s'abstenir au moins de tout rapport sexuel illicite. Même si des occasions se présentent de connaître les plaisirs de la chair, il faut volontairement accepter de n'avoir de rapports sexuels qu'aux fins de la procréation, et pour aucune autre raison. Kardama Muni avait également obtenu toute facilité pour se livrer à des activités sexuelles, mais il n'en avait qu'un faible désir; aussi, après avoir eu des enfants de Devahuti, Kardama Muni se consacra complètement au renoncement. L'enseignement à tirer de tout ceci est que si l'on désire retourner à Dieu, en sa demeure originelle, on doit volontairement renoncer à la vie sexuelle; on ne doit avoir de rapports charnels que dans la mesure où cela est nécessaire, et non de façon illimitée.

Il ne faut pas croire que Daksa bénéficia de la faveur du Seigneur lorsqu'il obtint de pouvoir procréer autant qu'il le voulait. D'autres versets nous apprendront que Daksa se rendit à nouveau coupable d'une offense, cette fois-ci aux pieds pareils-au-lotus de Narada. Par suite, bien que la vie sexuelle soit le plaisir suprême en ce monde et bien qu'on puisse obtenir de s'y livrer par la grâce du Seigneur, elle comporte le risque de nous amener à commettre des offenses. Daksa était exposé à un tel risque, et à proprement parler il ne bénéficiait donc pas vraiment de la faveur du Seigneur Suprême. Bref, il ne faut pas rechercher la faveur du Seigneur afin d'obtenir une puissance sexuelle infinie.

VERSET 53

tvatto dhastat prajah sarva
mithuni-bhuya mayaya
madiyaya bhavisyanti
harisyanti ca me balim

TRADUCTION

Lorsque tu auras engendré des centaines et des milliers d'enfants, eux aussi seront la proie de Mon énergie d'illusion et se livreront, comme toi, aux plaisirs de la chair. Mais en vertu de la même grâce que Je t'accorde, ils seront à même de Me présenter des offrandes empreintes de dévotion.

VERSET 54

sri-suka uvaca
ity uktva misatas tasya
bhagavan visva-bhavanah
svapnopalabdhartha iva
tatraivantardadhe harih

TRADUCTION

Sukadeva Gosvami poursuivit en ces termes:

Ayant ainsi parlé en présence du Prajapati Daksa, Dieu, la Personne Suprême, Sri Hari, le créateur de l'univers entier, disparut aussitôt, comme s'Il eût été un objet de rêve.

Ainsi s'achèvent les enseignements de Bhaktivedanta sur le quatrième chapitre du sixième Chant du Srimad-Bhagavatam, intitulé: "Prajapati Daksa offre au Seigneur les prières Hamsa-guhya".


Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare
Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare