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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 6 CHAPITRE 4 Prajapati Daksa
offre au Seigneur les prières Hamsa-guhya.
atisthata satam margam
kopam yacchata dipitam pitra pitamahenapi justam vah prapitamahaih
Les mots pitra pitamahenapi justam vah prapitamahaih font ici allusion à une honnête famille royale, composée des rois en place de leur père, de leur grand-père et de leurs arrière-grands-pères. Une telle dynastie a une position prestigieuse car elle veille au bien-être de ses sujets, les prajas. Le mot praja désigne tout être ayant vu le jour dans le territoire qui se trouve sous la juridiction du gouvernement. Les nobles familles royales avaient conscience de ce que tous les êtres vivants —humains, animaux ou inférieurs à ces derniers— doivent être protégés. A ce point de vue, le système démocratique moderne ne peut être considéré comme noble et élevé, car les dirigeants élus ne recherchent que le pouvoir et n'ont aucun sens des responsabilités. Dans la monarchie, le roi occupant une position éminente s'inspire de l'exemple glorieux de ses ancêtres. Aussi Soma, le souverain de la Lune, rappelle-t-il ici aux Pracetas les oeuvres glorieuses de leur père, de leur grand-père et de leurs ancêtres.
tokanam pitarau bandhu
drsah paksma striyah patih patih prajanam bhiksunam grhy ajnanam budhah suhrt
Par la volonté suprême de Dieu, il existe divers protecteurs et tuteurs des êtres sans défense. Les arbres comptent également parmi les prajas, les sujets du roi; ce dernier a donc le devoir de les protéger eux aussi, sans parler bien sûr des autres habitants du royaume. En effet, le roi se doit de protéger tous les êtres vivants sans exception. Bien que les parents soient directement responsables de la protection et de la subsistance de leurs enfants, le devoir du roi est de s'assurer que tous les parents remplissent leurs devoirs comme il convient. De même, le roi est responsable de faire en sorte que tous les autres protecteurs mentionnés dans ce verset s'acquittent correctement de leur tâche. Il est également intéressant de noter que les mendiants que doivent entretenir les chefs de famille ne sont pas des mendiants professionnels, mais des sannyasis et des brahmanas, à qui les grhasthas doivent fournir nourriture et vêtements.
antar dehesu bhutanam
atmaste harir isvarah sarvam tad-dhisnyam iksadhvam evam vas tosito hy asau
Ainsi que l'enseigne la Bhagavad-gita (XVIII.61) et que le confirment toutes les Ecritures védiques: isvarah sarva-bhutanam hrd-dese rjuna tisthati —l'Ame Suprême Se trouve dans le coeur de chaque être. En conséquence, puisque chaque corps sert de résidence au Seigneur Suprême, aucun ne devrait être détruit sous l'effet d'une haine injustifiée. L'Ame Suprême en serait très contrariée. Soma dit aux Pracetas qu'ayant cherché à satisfaire l'Ame Suprême, maintenant ils ne devaient pas Lui déplaire.
yah samutpatitam deha
akasan manyum ulbanam atma-jijnasaya yacchet sa gunan ativartate
Lorsqu'une personne se met en colère, elle perd conscience d'elle-même et oublie sa position réelle; mais si elle parvient, au moyen du savoir, à se rendre compte de sa position, elle peut transcender l'influence des attributs de la nature matérielle. Chacun obéit constamment aux désirs nés de la concupiscence, à la colère, à l'avidité, à l'illusion, à l'envie et ainsi de suite, mais si l'on acquiert suffisamment de force de par son élévation spirituelle, on peut dominer ces influences. Celui qui acquiert cette maîtrise demeurera toujours à un niveau spirituel, et les gunas n'auront aucune emprise sur lui. Or, ceci n'est possible que lorsqu'on s'absorbe pleinement dans le service du Seigneur. Comme Krsna l'explique dans la Bhagavad-gita (XIV.26):
alam dagdhair drumair dinaih
khilanam sivam astu vah varksi hy esa vara kanya patnitve pratigrhyatam
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |