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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 6 CHAPITRE 4 Prajapati Daksa
offre au Seigneur les prières Hamsa-guhya.
tatraghamarsanam nama
tirtham papa-haram param upasprsyanusavanam tapasatosayad dharim
astausid dhamsa-guhyena
bhagavantam adhoksajam tubhyam tad abhidhasyami kasyatusyad yatha harih
Il faut savoir que les prières connues sous le nom d'Hamsa-guhya ne furent pas composées par Daksa, mais qu'elles existaient déjà dans les Ecritures védigues.
sri-prajapatir uvaca
namah parayavitathanubhutaye guna-trayabhasa-nimitta-bandhave adrsta-dhamne guna-tattva-buddhibhir nivrtta-manaya dadhe svayambhuve
Le Seigneur Souverain transcende l'énergie d'illusion et les catégories physiques qu'elle fait naître. Il possède la puissance du savoir infaillible et de la volonté suprême, et Il est le maître de tous les êtres vivants de même que de l'énergie d'illusion. Les âmes conditionnées qui considèrent la manifestation matérielle comme l'unique réalité ne peuvent Le voir, car Il échappe à la connaissance empirique. Réalité en Soi, Se suffisant à Lui-même, Il ne procède d'aucune source supérieure. C'est à Lui que j'offre mon hommage respectueux.
Ce verset explique la position spirituelle et absolue de Dieu, la Personne Suprême. Celui-ci ne saurait être perçu par les âmes conditionnées, habituées à regarder avec des yeux matériels et incapables de comprendre que le Seigneur Souverain existe effectivement dans Son royaume, lequel échappe à leur vue. Même si un matérialiste parvenait à compter tous les atomes de l'univers, il serait encore incapable de saisir Dieu, la Personne Suprême. C'est ce que confirme la Brahma-samhita (5.34):
na yasya sakhyam puruso vaiti sakhyuh
sakha vasan samvasatah pure smin guno yatha gunino vyakta-drstes tasmai mahesaya namaskaromi
L'âme individuelle et l'Ame Suprême vivent ensemble dans le corps. Les Upanisads confirment ceci en utilisant l'analogie de deux oiseaux amis vivant sur un arbre, l'un mangeant des fruits de cet arbre et l'autre se contentant de l'observer et de le diriger dans ses actes. Bien que l'âme individuelle, comparée à l'oiseau-mangeur, se trouve en présence de son ami, l'Ame Suprême, elle ne peut La voir. C'est bien l'Ame Suprême qui dirige ses sens lorsqu'elle cherche à jouir des différents plaisirs matériels, mais, de même que les objets des sens ne peuvent voir les sens, l'âme conditionnée ne peut voir l'Ame Suprême qui la dirige. L'âme conditionnée éprouve des désirs et l'Ame Suprême les exauce, mais la première demeure incapable de voir la seconde. Prajapati Daksa présente donc son hommage à l'Ame Suprême, bien qu'il soit incapable de La voir. Un autre exemple approprié est celui de citoyens ordinaires oeuvrant sous les ordres du gouvernement, mais sans pour autant comprendre comment ils sont gouvernés ou ce qu'est exactement le gouvernement. A cet égard, Madhvacarya cite le verset suivant du Skanda Purana:
deho savo ksa manavo bhuta-matram
atmanam anyam ca viduh param yat sarvam puman veda gunams ca taj-jno na veda sarva-jnam anantam ide
Les hommes de science matérialistes peuvent bien étudier et analyser les éléments physiques, le corps, les sens, les objets des sens et même l'air qui soutient la force vitale, mais ils sont incapables de comprendre qu'au-delà se trouve l'être en lui-même, l'âme spirituelle. En d'autres termes, l'être vivant, parce qu'il est de nature spirituelle, peut comprendre ce qui touche à tous les objets matériels; il peut même, une fois qu'il a pris conscience de son identité spirituelle, comprendre le Paramatma sur lequel méditent les yogis. Cependant, même s'il est fort avancé, il ne peut saisir pleinement l'Etre Suprême, la Personne de Dieu, car Celui-ci est ananta: Il jouit à l'infini des six perfections.
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |