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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 6 CHAPITRE 5 Prajapati Daksa
maudit Narada Muni.
iti vyavasita rajan
haryasva eka-cetasah prayayus tam parikramya panthanam anivartanam
O roi, après avoir entendu les instructions de Narada, les Haryasvas furent tout à fait convaincus; ils crurent en ses enseignements et arrivèrent tous à la même conclusion. Après l'avoir accepté comme leur maître spirituel, ils décrivirent une marche circulaire autour de l'illustre sage et empruntèrent la voie qui conduit au-delà de ce monde pour jamais n'y revenir.
Ce verset nous permet de comprendre le sens de l'initiation ainsi que les devoirs respectifs du disciple et de son maître spirituel. Le maître spirituel ne dit jamais à son disciple: "Je vais te donner un mantra; cela te coûtera une certaine somme d'argent, et en pratiquant cette forme de yoga, tu réussiras dans la vie matérielle." Là n'est pas le devoir d'un maître spirituel. Ce dernier enseigne plutôt à son disciple comment renoncer à ses habitudes matérialistes; quant au disciple, il a pour devoir d'assimiler ses instructions pour en fin de compte suivre la voie qui le conduira à Dieu, dans sa demeure originelle, d'où l'on ne revient jamais dans cet univers matériel. Après avoir entendu les enseignements de Narada Muni, les Haryasvas, les fils de Prajapati Daksa, décidèrent de ne pas s'enliser dans l'existence matérielle en engendrant des centaines d'enfants sur qui ils auraient à veiller. En effet, cela aurait été une source de problèmes inutiles. Les Haryasvas ne tinrent aucun compte des considérations de vertu ou d'impiété; leur père matérialiste leur avait ordonné d'accroître la population de l'univers, mais après avoir entendu Narada Muni, ils ne pouvaient plus se plier à cette instruction. Leur maître spirituel Narada Muni leur transmit les préceptes des sastras, aux termes desquels ils devaient renoncer au monde matériel; en disciples loyaux qu'ils étaient, ils observèrent sa volonté. L'homme ne devrait pas chercher à se rendre sur différents systèmes planétaires à l'intérieur de cet univers, car même s'il atteint le plus élevé d'entre eux, Brahmaloka, il devra à nouveau revenir ici-bas (ksine punye martya-lokam visanti). Les efforts des karmis sont donc une pure perte de temps. L'homme doit plutôt s'efforcer de retourner à Dieu, dans sa demeure originelle; telle est la perfection de l'existence. Pour reprendre les paroles du Seigneur dans la Bhagavad-gita (VIII.16):
svara-brahmani nirbhata-
hrsikesa-padambuje akhandam cittam avesya lokan anucaran munih
Ce verset décrit la noblesse de coeur de Narada Muni, l'illustre sage qui glorifie constamment les Divertissements du Seigneur et libère les âmes déchues pour les ramener à Dieu. A ce propos, Srila Bhaktivinoda Thakura a composé le chant suivant:
amiya-dhara, varise ghana,
madhuri-pura, asaba pasi,
panca-vadana, narade dhari,
sahasranana, parama-sukhe,
sri-krsna-nama, rasane sphuri, Brahma est le guru de Narada Muni, qui est lui-même celui de Vyasadeva, à son tour guru de Madhvacarya. La Gaudiya-Madhva-sampradaya s'inscrit donc dans la filiation spirituelle de Narada Muni. Les membres de cette filiation —autrement dit les membres du Mouvement pour la Conscience de Krsna— doivent marcher sur les traces de Narada Muni en chantant et en récitant le mantra Hare Krsna, Hare Krsna, Krsna Krsna, Hare Hare / Hare Rama, Hare Rama, Rama Rama, Hare Hare. Ils doivent se rendre partout pour délivrer les âmes déchues en faisant résonner le mantra Hare Krsna et en répétant les enseignements de la Bhagavad-gita, du Srimad-Bhagavatam et du Caitanya-caritamrta. Voilà qui sera agréable au Seigneur Souverain. On peut progresser dans la vie spirituelle en s'attachant à suivre les instructions de Narada Muni, car en satisfaisant Narada Muni, on satisfait également Dieu, la Personne Suprême, Hrsikesa (yasya prasadad bhagavat-prasadah). Le présent maître spirituel est le représentant de Narada Muni; il n'existe aucune différence entre les instructions de ce dernier et celles du maître spirituel actuel. Tous deux transmettent les mêmes enseignements, ceux de Krsna, qui déclare dans la Bhagavad-gita (XVIII.65-66):
sarva-dharman parityajya
nasam nisamya putranam
naradac chila-salinam anvatapyata kah socan suprajastvam sucam padam
Les Haryasvas étaient sans aucun doute bien éduqués, instruits et avancés spirituellement; sur l'ordre de leur père, ils allèrent se livrer à des austérités afin d'engendrer de bons fils pour leur famille. Toutefois, Narada Muni tira parti de leur conduite modèle et de leur culture pour les orienter correctement de telle sorte qu'ils ne s'enlisent pas dans l'univers matériel, mais utilisent plutôt leur culture et leur savoir pour mettre fin à leur situation matérielle. C'est ainsi que les fils de Prajapati Daksa se rendirent à la volonté de Narada Muni. Cependant, lorsque le Prajapati apprit cette nouvelle, plutôt que d'être heureux de l'intervention de Narada Muni, il en éprouva une extrême tristesse. De la même manière, nous nous efforçons d'amener le plus possible de jeunes gens au Mouvement pour la Conscience de Krsna, et ce, dans leur intérêt ultime, véritable. Toutefois, leurs parents en sont très contristés; ils se plaignent que leurs enfants ont rejoint nos rangs et nous font de la contre-propagande. Bien entendu, Prajapati Daksa ne fit pas de propagande contre Narada Muni, mais plus tard, comme nous le verrons, il le maudit pour ses interventions bienveillantes. Telles sont les voies du matérialiste... Un père et une mère matérialistes désirent inciter leurs fils à engender des enfants, à lutter pour améliorer leur situation financière et à croupir dans l'existence matérielle. Ils n'éprouvent aucun dépit lorsque leurs enfants deviennent des citoyens dégénérés et inutiles, mais ils se plaignent lorsque ceux-ci viennent au Mouvement pour la Conscience de Krsna pour pouvoir atteindre le but ultime de l'existence. Cette animosité entre les parents et le Mouvement pour la Conscience de Krsna existe depuis des temps immémoriaux. Même Narada Muni fut blâmé; que dire alors des autre! Néanmoins, Narada Muni ne renonce jamais à sa mission. Pour délivrer le plus possible d'âmes déchues, il continue à jouer de son instrument de musique et à faire résonner les sons spirituels du mantra:
sa bhuyah pancajanyayam
ajena parisantvitah putran ajanayad daksah savalasvan sahasrinah
Prajapati Daksa portait ce nom parce qu'il était très habile à engendrer des enfants (le mot daksa signifie "expert"). Il donna d'abord dix mille fils à son épouse. Puis, lorsque ceux-ci furent perdus pour lui —c'est-à-dire lorsqu'ils retournèrent à Dieu, dans leur demeure originelle—, il eut mille autres fils, les Savalasvas. Prajapati Daksa se montre donc très expert lorsqu'il s'agit de procréer, alors que Narada Muni, lui, se montre très habile à délivrer toutes les âmes conditionnées et à les ramener à Dieu. Ainsi, les maîtres matérialistes ne s'accordent pas avec le maître spiritualiste qu'est Narada Muni, mais cela ne signifie nullement que celui-ci va renoncer à chanter le mantra Hare Krsna.
te ca pitra samadistah
praja-sarge dhrta-vratah narayana-saro jagmur yatra siddhah sva-purvajah
Prajapati Daksa envoya son second groupe de fils au lieu même où le premier avait atteint la perfection. Il n'hésita pas à envoyer de nouveau ses fils à cet endroit, bien qu'ils courussent, eux aussi, le risque de succomber aux instructions de Narada. Selon la culture védique, avant de fonder une famille, l'homme doit développer son entendement spirituel en recevant une formation de brahmacari. Ainsi le veut le code védique. Prajapati Daksa envoya donc son second groupe de fils en ce lieu afin qu'ils pussent y parfaire leur culture, au risque de les voir devenir aussi intelligents que leurs frères aînés s'ils écoutaient les enseignements de Narada. En père responsable et conscient de ses devoirs, il n'hésita pas à permettre à ses fils de recevoir une éducation culturelle touchant à la perfection de l'existence; il leur laissa le soin de choisir de retourner à Dieu, en leur demeure originelle, ou de croupir dans l'univers matériel au sein de différentes espèces vivantes. En toutes circonstance, le père a pour devoir de donner une telle éducation à ses fils, lesquels décideront par la suite de la voie qu'ils désirent emprunter. Un père conscient de ses responsabilités ne doit pas empêcher son fils d'enrichir sa culture au contact du Mouvement pour la Conscience de Krsna. Il va au contraire de son devoir de laisser à son fils toute liberté de choisir sa voie après qu'il se soit développé spirituellement en suivant les instruction de son maître spirituel.
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |