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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 6 CHAPITRE 7 Indra offence Brhaspati,
son maître spirituel.
aho bata mayasadhu
krtam vai dabhra-buddhina yan mayaisvarya-mattena guruh sadasi katkrtah
ko grdhyet pandito laksmim
tripistapa-pater api yayaham asuram bhavam nito dya vibudhesvarah
Sri Caitanya Mahaprabhu pria le Seigneur Souverain en ces termes: na dhanam na janam na sundarim kavitam va jagad-isa kamaye —"O Seigneur tout-puissant, je n'aspire nullement aux richesses, je ne rêve pas de jolies femmes et je ne recherche pas non plus de disciples." Mama janmani janmanisvare bhavatad bhaktir ahaituki tvayi -"Je ne veux même pas de la libération. Mon seul désir est de m'absorber sans fin, vie après vie, dans Ton service pur et absolu." (Siksastaka, IV) Selon les lois de la nature, lorsqu'une personne est très riche, elle perd ses qualités; cette vérité s'applique aussi bien sur le plan individuel que collectif. Les devas se situent dans la vertu, mais même une personne occupant un poste aussi élevé que celui du roi Indra, le souverain de tous les devas, peut parfois choir de sa position du fait de son opulente matérielle. Nous sommes actuellement témoin d'un tel phénomène aux Etats-Unis. La nation américaine tout entière a voulu multiplier les progrès matériels sans se soucier de produire des hommes modèles; il en résulte que les Américains déplorent maintenant l'extension considérable de la criminalité au sein de leur société; ils se demandent comment leur pays a pu devenir aussi anarchique et aussi difficile à gouverner. Le Srimad-Bhagavatam (7.5.31) enseigne à ce propos que les êtres non éclairés ignorent le but de l'existence, qui est de retourner à Dieu, en leur demeure originelle (na te viduh svartha-gatim hi visnum). C'est pourquoi, individuellement et collectivement, ils s'efforcent de jouir des prétendues douceurs de la vie, et s'adonnent au vin et aux plaisirs charnels. Les hommes issus d'une telle société sont du niveau le plus bas. Ils forment une population indésirable, connue sous le nom de varna-sankara, et comme l'enseigne la Bhagavad-gita, l'accroissement d'une population de ce genre rend la société infernale, ce dont les Américains font aujourd'hui l'expérience. Par bonheur, le Mouvement Hare Krsna a atteint l'Amérique, et de nombreux jeunes gens fortunés s'intéressent à cette organisation qui crée des hommes modèles du plus haut niveau, ayant renoncé à la consommation de chair animale, à toute activité sexuelle illicite, à toute forme d'enivrement ou d'intoxication et aux jeux d'argent. Si les Américains cherchent vraiment à endiguer le flot de criminalité qui balaie leur nation, ils doivent se tourner vers le Mouvement pour la Conscience de Krsna et s'efforcer de créer le type de société décrit dans la Bhagavad-gita (catur-varnyam maya srstam guna-karma-vibhagasah). Ils doivent diviser la société en quatre groupes selon les qualités des individus. Compte tenu du fait qu'ils ne créent maintenant que des hommes inférieurs à la dernière de ces quatre classes, comment peuvent-ils échapper aux dangers que comporte une société baignant dans la criminalité? Il y a de cela bien longtemps, Indra regretta le manque de respect dont il s'était rendu coupable à l'égard de son maître spirituel, Brhaspati. De même, les Américains devraient regretter leur méprise à propos du développement de la civilisation; ils devraient prendre conseil auprès d'un maître spirituel, d'un représentant de Krsna. S'ils agissent ainsi, ils trouveront le bonheur, et leur nation servira de modèle au monde entier.
yah paramesthyam dhisanam
adhitisthan na kancana pratyuttisthed iti bruyur dharmam te na param viduh
Srila Visvanatha Cakravarti Thakura déclare à ce propos que lorsqu'un chef d'Etat ou un roi siège sur son trône, il n'a pas à témoigner son respect à tous ceux qui pénètrent dans son assemblée, mais il doit néanmoins respecter ses supérieurs —son maître spirituel, les brahmanas et les vaisnavas. Il existe de nombreux exemples du comportement dont il doit faire preuve en de telles circonstances. Lorsque Krsna siégeait sur Son trône et que Narada vint par hasard à Sa cour, le Seigneur Se leva sur-le-champ avec Ses dignitaires et Ses ministres afin de présenter Son hommage respectueux au sage. Narada savait que Krsna est Dieu, la Personne Suprême, et Krsna savait que Narada est Son dévot, mais le Seigneur n'en observa pas moins l'étiquette religieuse. Narada étant tout à la fois un brahmacari, un brahmana et un bhakta éminent, même Krsna, alors qu'Il jouait le rôle d'un roi, lui présenta Son hommage respectueux. Tel est l'exemple que nous offre la civilisation védique. Une civilisation où les gens ne savent pas comment ils doivent respecter le représentant de Narada et de Krsna, comment la société doit être organisée et comment on doit progresser dans la Conscience de Krsna —en d'autres termes, une société qui ne se soucie que de fabriquer de nouvelles voitures et de nouveaux gratte-ciel chaque année, pour ensuite les détruire et en reconstruire de nouveaux—, une telle civilisation ne mérite pas d'être considérée comme vraiment humaine même si elle a atteint un haut niveau de développement technologique. En effet, une civilisation humaine est dite évoluée lorsque les hommes y respectent l'institution du catur-varnya, qui divise la société en quatre groupes. On doit y trouver des hommes de premier ordre remplissant les fonctions de conseillers, des hommes de deuxième ordre agissant comme administrateurs, d'autres de troisième ordre s'employant à produire des aliments et à protéger les vaches, et enfin ceux de quatrième ordre obéissant aux trois groupes supérieurs. Quiconque ne respecte pas ces critères de division de la société doit être considéré comme un homme de cinquième ordre. Une société ne s'inspirant pas des lois védiques ne sera pas d'une grande aide pour l'homme. Comme l'enseigne notre verset, une telle société ignore le but de l'existence, de même que le principe ultime de la religion (dharmam te na param viduh).
tesam kupatha-destrnam
patatam tamasi hy adhah ye sraddadhyur vacas te vai majjanty asma-plava iva
Les Ecritures védiques enseignent:
Quiconque s'embarque sur un navire taillé dans la pierre court à sa perte. Pour atteindre la perfection, l'humanité doit d'abord se débarrasser de ses faux dirigeants, de ceux qui lui proposent de s'embarquer sur de tels bateaux. La société entière se trouve dans une position si dangereuse que, pour se sauver, elle doit s'en tenir aux enseignements reconnus des Vedas. La quintessence de ces instructions apparaît sous la forme de la Bhagavad-gita et l'homme ne devrait pas chercher à suivre un autre enseignement, car la Bhagavad-gita explique directement la façon d'atteindre l'objectif de la vie humaine. C'est pourquoi Sri Krsna déclare: sarva-dharman parityajya mam ekam saranam vraja —"Laisse là toute autre forme de religion, et abandonne-toi simplement à Moi." (B.g., XVIII.66) Même si l'on n'accepte pas Sri Krsna comme Dieu, la Personne Suprême, Ses enseignements sont si élevés et si salutaires pour l'humanité qu'en les suivant on sera sauvé. Sinon, on se laissera abuser par quelque prétendue méditation et par diverses methodes de gymnastique présentées sous le nom de yoga, ce qui revient à monter à bord d'un bateau en pierre; une telle embarcation ne manquera pas de couler avec tous ses passagers. Il est regrettable de constater que, malgré son intense désir de sortir du chaos matérialiste, le peuple américain se prend parfois à recourir aux fabriquants de bateaux en pierre. Cela ne l'aidera sûrement pas! Il doit se tourner vers le solide navire offert par Krsna sous la forme du Mouvement pour la Conscience de Krsna. Alors il pourra facilement se sauver. Srila Visvanatha Cakravarti Thakura observe à ce propos: asmamayah plavo yesam te yatha majjantam plavam anumajjanti tatheti raja-nity-upadestrsu sva-sabhyesu kopo vyanjitah. Si la société continue à être régie par la diplomatie politique, les nations manoeuvrant les unes contre les autres, elle ne manquera pas de sombrer comme un bateau de pierre. Les manoeuvres politiques et la diplomatie ne sauveront pas l'humanité. C'est plutôt à la Conscience de Krsna qu'il faut recourir pour comprendre le but de l'existence, pour connaître Dieu, et pour remplir la mission assignée à l'homme.
athaham amaracaryam
agadha-dhisanam dvijam prasadayisye nisathah sirsna tac-caranam sprsan
Je vais donc, avec une grande franchise et sans duplicité aucune, me prosterner jusqu'à toucher de ma tête les pieds pareils-au-lotus de Brhaspati, le maître spirituel des devas. Etabli dans la vertu, il possède toute connaissance et il est le meilleur des brahmanas. Aussi vais-je toucher ses pieds pareils-au-lotus et lui présenter mon hommage afin de lui donner satisfaction.
Une fois revenu à la raison, le roi Indra se rendit compte qu'il n'était pas un disciple très sincère de son maître spirituel, Brhaspati. Il résolut donc de se défaire de toute duplicité (nisatha). Nisathah sirsna tac-caranam sprsan: il décida de toucher de sa tête les pieds de son maître spirituel. Grâce à cet exemple, nous devrions apprendre le principe énoncé par Visvanatha Cakravarti Thakura:
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |