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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 6 CHAPITRE 9 L'apparition de
Vrtrasura.
na hi virodha ubhayam bhagavaty aparimita-guna-gana isvare
navagahya-mahatmye rvacina-vikalpa-vitarka-vicara-pramanabhasa- kutarka-sastra-kalilantahkaranasraya-duravagraha-vadinam vivadanavasara uparata-samasta-mayamaye kevala evatma-mayam antardhaya ko nv artho durghata iva bhavati svarupa-dvayabhavat.
Comme Il Se suffit à Lui-même, Dieu, la Personne Suprême, jouit d'une parfaite félicité spirituelle (atmarama), et ce, de deux façons —lorsqu'Il semble heureux et lorsqu'Il paraît malheureux. Toutes distinctions et contradictions sont impossibles en Lui, puisque toutes émanent de Lui seul. Le Seigneur Souverain est la source de toute connaissance, de toute puissance, de toute force, de toute opulence et de toute influence. Il n'existe pas de limites à Ses pouvoirs. Comme Il est riche de tous les attributs divins, rien de ce qui est abominable dans l'univers matériel ne peut exister en Lui. Il est transcendantal et spirituel, de telle sorte que les conceptions de bonheur et de malheur matériels ne s'appliquent pas à Lui. Nous ne devrions pas nous étonner de trouver des contradictions dans la Personne de Dieu. En réalité il n'y a pas de contradictions en Lui. Voilà pourquoi on Le qualifie de Suprême. Tout-puissant, Il n'est pas limité aux arguments des âmes conditionnées concernant Son existence ou Sa non-existence. Il a plaisir à protéger Ses dévots en faisant périr leurs ennemis. Oter la vie et protéger sont pour Lui source de plaisir. Cette absence de dualité ne s'applique pas seulement au Seigneur, mais aussi à Ses dévots. A Vmdavana, les jeunes filles de Vrajabhumi goûtent la félicité spirituelle en compagnie du Seigneur Souverain, Sri Krsna, mais elles éprouvent la même félicité dans la séparation, lorsque Krsna. et Balarama quittent Vrndavana pour Mathura. Il n'est pas question de douleurs ou de joies matérielles pour le Seigneur ou Ses purs dévots, même si superficiellement on les dit parfois heureux ou malheureux. Dans un cas comme dans l'autre, l'atmarama baigne dans la félicité complète. Les abhaktas ne peuvent comprendre les contradictions qu'ils voient dans le Seigneur Suprême ou Ses dévots. C'est pourquoi Krsna dit dans la Bhagavad-gita: bhaktya mam abhijanati —les Divertissements spirituels ne peuvent être compris qu'en vertu du service de dévotion; ils restent inconcevables pour les abhaktas. Acintyah khalu ye bhava na tams tarkena yojayet: le Seigneur Suprême, de même que Sa Forme, Son Nom, Ses Divertissements et Ses Objets personnels, sont inconcevables pour les abhaktas, et personne ne devrait chercher à saisir ces réalités en recourant simplement à des arguments logiques. En effet, ceux-ci ne permettront pas d'atteindre à la juste conclusion concernant la Vérité Absolue.
sama-visama-matinam matam anusarasi yatha rajju-khandah sarpadi-
dhiyam.
Dans la Bhagavad-gita le Seigneur déclare: ye yatha mam prapadyante tams tathaiva bhajamy aham —"Tous suivent Ma voie, d'une façon ou d'une autre, et selon qu'ils s'abandonnent à Moi, Je les récompense en proportion." Le Seigneur Suprême est à l'origine de toute chose —de toute connaissance, de toute vérité et de toute contradiction. L'exemple donné ici est très approprié. Une corde est une corde, elle n'a qu'une seule réalité; néanmoins, certains la prennent pour un serpent, tandis que d'autres savent qu'il ne s'agit que d'une corde. De même, les bhaktas qui connaissent Dieu, la Personne Suprême, ne voient en Lui aucune contradiction, mais les abhaktas Le considèrent comme la source de toute crainte, semblable au serpent. A titre d'exemple, lorsque Nrsimhadeva apparut, Prahlada Maharaja vit en Lui la consolation suprême, tandis que son père, qui était un asura, Le considéra comme la mort ultime. Le Srimad-Bhagavatam (11.2.37) enseigne: bhayam dvitiyabhinivesatah syat —"La peur résulte de l'emprise de la dualité". Qui sait en vérité ce qu'est la dualité comprend la nature réelle aussi bien de la peur que de la félicité. Le même Seigneur Suprême est source de félicité pour le bhakta et cause de crainte pour l'abhakta ne possédant qu'un fonds limité de connaissance. Dieu est un, mais les hommes perçoivent la Vérité Absolue sous différents angles de vision. Ceux qui manquent d'intelligence voient des contradictions en Lui, mais pas les sages bhaktas.
sa eva hi punah sarva-vastuni vastu-svarupah sarvesvarah sakala-jagat-
karana-karana-bhutah sarva-pratyag-atmatvat sarva- gunabhasopalaksita eka eva paryavasesitah.
Les mots sarva-vastuni vastu-svarupah indiquent que le Seigneur Suprême est le principe actif de toute chose. Comme l'explique la Brahma-samhita (5.35):
atha ha vava tava mahimamrta-rasa-samudra-viprusa sakrd avalidhaya
sva-manasi nisyandamananavarata-sukhena vismarita-drsta-sruta- visaya-sukha-lesabhasah parama-bhagavata ekantino bhagavati sarva- bhuta-priya-suhrdi sarvatmani nitaram nirantaram nirvrta-manasah katham u ha va ete madhumathana punah svartha-kusala hy atma- priya-suhrdah sadhavas tvac-caranambujanusevam visrjanti na yatra punar ayam samsara-paryavartah.
Alors que les abhaktas ne peuvent saisir la véritable nature du Seigneur à cause de leur savoir limité et de leur tendance à la spéculation intellectuelle, les bhaktas qui ont goûté ne serait-ce qu'une seule fois au nectar de Ses pieds pareils-au-lotus peuvent connaître le plaisir transcendantal qu'apporte le service de dévotion. Le bhakta sait que, par le simple fait de servir le Seigneur, il sert tous les êtres. Les dévots du Seigneur sont donc les véritables amis de tous. Seul un pur bhakta peut prêcher les gloires du Seigneur pour le bien de toutes les âmes conditionnées.
tri-bhuvanatma-bhavana trivikrama tri-nayana tri-loka-
manoharanubhava tavaiva vibhutayo ditija-danujadayas capi tesam upakrama-samayo yam iti svatma-mayaya sura-nara-mrga-misrita- jalacarakrtibhir yathaparadham dandam danda-dhara dadhartha evam enam api bhagavan jahi tvastram uta yadi manyase.
Il existe deux catégories de bhaktas, dites sakama et akama. Les purs bhaktas sont dits akamas, tandis que les bhaktas vivant sur les systèmes planétaires supérieurs, comme les devas sont dits sakamas, car ils désirent encore jouir des richesses de ce monde. En raison de leurs actes vertueux, les sakama-bhaktas sont promus aux systèmes planétaires supérieurs, mais leur coeur nourrit encore le désir de s'accaparer les ressources offertes par la nature matérielle. Ils sont parfois tourmentés par les asuras et par les Raksasas, mais le Seigneur est si bon qu'Il les sauve toujours en apparaissant sous les traits d'un avatara. Un exemple de la puissance de ces manifestations du Seigneur nous est donné par Sri Vamanadeva, qui couvrit l'univers entier en deux enjambées, si bien qu'Il n'avait plus d'endroit où poser son troisième pas. Le Seigneur est d'ailleurs nommé Trivikrama du fait qu'Il a montré Sa force en délivrant l'univers simplement par ces trois pas. La différence entre les bhaktas sakamas et akamas tient à ce que les premiers, parmi lesquels les devas, s'adressent au Seigneur Souverain pour qu'Il leur vienne en aide, lorsqu'ils se trouvent en difficulté, tandis que les seconds ne dérangent jamais le Seigneur pour quelque bienfait matériel que ce soit, même lorsqu'ils doivent affronter le plus grand danger. Même si un akama bhakta souffre, il considère que cela est dû à ses actes impies et accepte d'en subir les conséquences. Jamais il ne dérange le Seigneur. Le sakama bhakta, pour sa part, implore la grâce du Seigneur dès qu'il se trouve en difficulté, mais on lui reconnaît une certaine piété car il se considère complètement dépendant de la miséricorde du Seigneur. Comme le dit le Srimad-Bhagavatam (10.14.8):
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |