Imprimer

0:00
Durée :
0:00




VERSET 1
Le Seigneur Bienheureux dit :
J'ai donné cette science impérissable, la science du yoga, à Vivasvan, le deva du soleil, et Vivasvan l'enseigne à Manu, le père de l'humanité. Et Manu l'enseigna à Iksvaku.



VERSET 2
Savoir Suprême, transmis de maître à disciple, voilà comment les saints rois l'ont reçu et réalisé. Mais au fil du temps, ô vainqueur des ennemis, la succession disciplique s'est rompue, et cette science, en son état de pureté, semble maintenant perdue.



VERSETS 3-5
Si Je t'enseigne aujourd'hui cette science très ancienne, l'art de communier avec l'Absolu, c'est parce que tu est Mon ami et Mon dévot, et qu'ainsi tu peux en percer le mystère sublime.

Arjuna dit :
Vivasvan, le deva du soleil, parut bien avant Toi ; comment comprendre qu'à l'origine, Tu aies pu lui donner cette science ?

Le Seigneur bienheureux dit:
Bien que nous ayons tous deux traversés d'innombrables existences, ô Arjuna, vainqueur des ennemis, Je Me souviens de toutes, quand toi, tu les a oubliées.



VERSET 6
Je demeure non né, et Mon corps, spirituel et absolu, ne se détériore jamais ; Je suis le Seigneur de tous les êtres. Et pourtant, en Ma Forme originelle, Je descends dans cet Univers à intervalles réguliers.



VERSET 7
Chaque fois qu'en quelqu'endroit de l'Univers, la spiritualité voit un déclin, et que s'élève l'irréligion, ô descendant de Bharata, Je descends en Personne.



VERSET 8
J'apparais d'âge en âge afin de délivrer Mes dévots, d'anéantir les mécréants, de rétablir les principes de la spiritualité.



VERSET 9
Celui, ô Arjuna, qui connaît l'absolu de Mon avènement et de Mes Actes n'aura plus à renaître dans l'Univers matériel ; quittant son corps, il entre dans Mon Royaume éternel.



VERSET 10
Libre de toute attache, affranchis de la peur et de la colère, complètement absorbé en Moi et en Moi cherchant refuge, nombreux ceux qui devinrent purifiés en apprenant à Me connaître, et tous développèrent ainsi un pur amour pour Moi.



VERSET 11
Tous suivent Ma voie, d'une façon ou d'une autre, ô fils de Prtha, et selon qu'ils s'abandonnent à Moi, en proportion Je les récompense.



VERSET 12
L'homme aspire, en ce monde, aux fruits de ses actes, et c'est pourquoi il rend un culte aux devas. Certes, l'homme, ici-bas, recueille rapidement le fruit de son labeur.



VERSET 13
J'ai créé les quatre divisions de la société en fonction des trois gunas et des devoirs qu'ils imposent à l'homme. Mais sache que si Je les ai crées, elles ne Me contiennent pas, car Je suis immuable.



VERSET 14
L'action ne M'affecte pas et Je n'aspire nullement à ses fruits. Celui qui Me connaît comme tel ne s'empêtre pas, lui non plus, dans les rets du karma.



VERSET 15
Dans la force de ce savoir ont agi toutes les grandes âmes des temps passés, et ainsi ont-elles atteint la libération. Marche donc sur les traces des anciens, et remplis ton devoir dans cette conscience divine.



VERSETS 16-17
Même l'homme d'intelligence devient perplexe quand il s'agit de déterminer ce que sont l'action et l'inaction. A présent, Je vais t'enseigner l'action, et cette connaissance te délivrera de tout péché. La nature de l'action est fort complexe, difficile à comprendre; il faut donc bien distinguer l'action légitime, l'action condamnable et l'inaction.



VERSET 18
Celui qui voit l'inaction dans l'action et l'action dans l'inaction, celui-là se distingue par son intelligence, et bien qu'engagé dans toutes sortes d'actes, il se situe à un niveau purement spirituel.



VERSETS 19-24
Celui qui, dans l'action, s'est affranchi de tout désir de jouissance matérielle, peut être considéré comme solidement établi dans le savoir. De lui, les sages affirment que le feu de la connaissance parfaite a réduit en cendres les conséquences de ses actes. Totalement détaché du fruit de ses actions, toujours satisfait et autonome, il n'agit pas matériellement, bien que continuellement actif. L'homme ainsi éclairé maîtrise parfaitement son mental et son intelligence ; il renonce à tout sentiment de possession et n'agit que pour subvenir à ses stricts besoins vitaux. Ainsi, le péché ni les conséquences du péché ne l'atteignent. Celui qui, affranchi de la dualité et de l'envie, voit d'un même oeil l'échec et la réussite, satisfait de ce qui lui vient naturellement, celui-là, bien qu'il agisse ne s'enlise jamais, Les actions de celui qui, ferme dans le savoir absolu, ne subit pas l'influence des trois gunas, sont purement spirituelles, accomplies pour la seule satisfaction de Yajna [Krsna]. L'homme qu'absorbe pleinement la conscience de Krsna est assuré d'atteindre le Royaume éternel, car ses actes sont tous purement spirituels : et par l'oblation et par l'offrande, ils participent de l'absolu.



VERSET 25
Comme nous l'avons indiqué plus haut, l'homme agissant en accord avec les principes de la Conscience de Krsna est le plus élevé, le plus parfait des yogis et des mystiques. Mais les dévots de Krsna ne sont pas seuls à offrir des sacrifices ; il existe aussi des gens qui les destinent aux devas, ou bien au Brahman impersonnel. Selon la nature de leurs bénéficiaires, ces sacrifices se présentent sous différentes formes, mais cette diversité est superficielle, puisque tout sacrifice va, finalement, au Seigneur Suprême, Visnu, ou Yajna.



VERSET 26
Certains sacrifient l'audition et les autres sens dans le feu du mental maitrisé, et d'autres offrent le son et les autres objets des sens au feu du sacrifice.



VERSET 27
Ceux qui désirent atteindre la réalisation spirituelle par la maîtrise des sens et du mental, offrent en sacrifice, dans le feu du mental maîtrisé, les activités de tous leurs sens et leur souffle vital.



VERSETS 28-29
D'autres, éclairés par le sacrifice de leurs biens matériels et par de grandes austérités, font des voeux stricts et adoptent le yoga en huit phases. D'autres encore étudient les Vedas pour acquérir le savoir absolu. Certains, également, recherchent l'exaltation dans la maîtrise des fonctions respiratoires : ils s'exercent à fondre le souffle expiré dans le souffle inspiré, puis l'inverse ; ils parviennent ainsi à suspendre toute respiration et à connaître l'extase. Certains encore, restreignant leur nourriture, sacrifient en lui-même le souffle expiré.



VERSET 30
D'entre eux, tous ceux qui connaissent le but du sacrifice sont libérés des chaînes du karma ; ayant goûté au nectar des fruits du sacrifice, ils atteignent les sphères suprêmes de l'éternité.



VERSETS 31-32
O toi le meilleur des Kurus, sache que sans accomplir de sacrifice, on ne peut vivre heureux dans cette vie, en ce monde ; et que dire de la suivante ? Ces divers sacrifices sont autorisés par les Vedas et conçus en fonction des diverses formes de l'action ; sachant cela, tu atteindras la libération.



VERSET 33
Supérieur au sacrifice des biens matériels est le sacrifice de la connaissance, ô vainqueur des ennemis, car en dernier lieu, ô fils de Prtha, le sacrifice de l'action trouve sa fin dans le savoir absolu.



VERSET 34
Cherche à connaître la vérité en approchant un maître spirituel ; enquiers-toi d'elle auprès de lui avec soumission, et tout en le servant. L'âme réalisée peut te révéler le savoir, car elle a vu la vérité.



VERSET 35
Et lorsqu'ainsi tu connaîtras la vérité, ô fils de Pandu, tu comprendras que tous les êtres font partie intégrante de Moi, qu'ils vivent en Moi, et M'appartiennent.



VERSETS 36-37
Quand bien même tu serais le plus vil des pêcheurs, une fois embarqué sur le vaisseau du savoir spirituel, tu franchiras l'océan de la souffrance. Semblable au feu ardent qui convertit le bois en cendres, ô Arjuna, le brasier du savoir réduit en cendres toutes les suites des actions matérielles.



VERSETS 38-39
Rien, en ce monde, d'aussi pur et sublime que le savoir absolu. Fruit mûr de tous les yogas, celui qui le possède trouve, au moment voulu, en lui-même la joie. L'homme de foi baigné dans le savoir absolu, et maître de ses sens, connaît bientôt la plus haute paix spirituelle.



VERSET 40
Mais les ignorants et les incroyants, qui doutent des Ecrits sacrés, ne peuvent devenir conscients de Dieu. Pour celui qui doute, il n'est de bonheur ni dans cette vie, en ce monde, ni dans la suivante.



VERSETS 41-42
Celui dont le savoir spirituel a déraciné les doutes, et qui, ayant renoncé aux fruits de ses actes, s'est établi fermement dans la conscience de son moi réel, celui-là, ô conquérant des richesses, demeure libre des chaînes de l'action. Il te faut, armé du glaive du savoir, trancher les doutes que l'ignorance a fait germer en ton coeur. Fort de l'arme du yoga, ô descendant de Bharata, lève-toi et combats.

FIN DU QUATRIÈME CHAPITRE