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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 1 CHAPITRE 14 Le départ de Sri Krsna
hors de ce monde.
kaccit tvam brahmanam balam
gam vrddham roginam striyam saranopasrtam sattvam natyaksih sarana-pradah
Les brahmanas, sans cesse absorbés dans la culture du savoir pour le bien à la fois matériel et spirituel de la société, méritent à tous égards la protection du roi. De même, les enfants, les vaches, les femmes, les vieillards et les personnes souffrantes doivent jouir d'une protection particulière de l'Etat, ou du roi. Pour les ksatriyas ou les dirigeants de l'Etat, négliger de protéger ces êtres est une cause d'humiliation. Maharaja Yudhisthira désire donc savoir si Arjuna ne s'est pas trouvé en telle occasion.
kaccit tvam nagamo gamyam
gamyam vasat-krtam striyam parajito vatha bhavan nottamair nasamaih pathi
Il ressort de notre verset qu'au temps des Pandavas, l'union de l'homme et de la femme ne se faisait que sous des conditions strictes. Les membres des varnas supérieurs -brahmanas et ksatriyas- pouvaient s'unir à une femme des communautés vaisya et sudra, mais nul homme vaisya ou sudra ne pouvait prendre une femme issue d'une famille d'un ordre plus élevé. Même un ksatriya ne pouvait toucher une femme de communauté brahmanique. Notons ici que l'épouse d'un brahmana est considérée comme l'une des sept mères de l'homme, qui sont sa mère naturelle, l'épouse du maître spirituel, ou précepteur, l'épouse du roi, la vache, la nourrice, la Terre et l'épouse du brahmana. Les rapports entre hommes et femmes étaient, selon la qualité des époux, qualifiés d'uttama ou d'adhama. Par exemple, l'union d'un brahmana et d'une femme d'origine ksatriya est uttama, mais celle d'un ksatriya et d'une femme issue d'une famille de brahmanas est adhama, et condamnée. L'homme qu'une femme approche dans le but de s'unir à lui ne doit jamais opposer un refus, mais il doit en même temps se plier aux usages que nous avons expliqués. L'histoire nous offre, entre autre, l'exemple de Bhima, qu'approcha une certaine Hidimbi, d'une communauté inférieure à celle des sudras, ou encore de l'empereur Yayati, qui refusa d'épouser la fille de Sukracarya en raison de son appartenance au groupe brahmanique. Vyasadeva, quant à lui, pur brahmana, fut appelé à engendrer Pandu et Dhrtarastra dans le sein de femmes appartenant à la communauté des ksatriyas. Et Parasara, illustre brahmana, engendra Vyasadeva dans le sein de Satyavati, fille de pêcheur. De telles unions étaient fréquentes, en aucun cas condamnables, et leurs fruits n'étaient pas mauvais. Les rapports entre hommes et femmes sont naturels, mais ils doivent s'accomplir dans le cadre de certaines restriction, de manière à ne pas troubler l'ordre social, à ne pas susciter l'agitation dans le monde en accroissant sa population d'êtres inutiles et indésirables. Il est bien entendu diffamant pour un ksatriya d'être vaincu par un adversaire de force inférieure ou égale à la sienne. S'il doit être vaincu, que ce soit au moins par plus fort que lui. Arjuna, par exemple, reçut l'aide de Sri Krsna comme il était sur le point d'être vaincu par Bhismadeva. Mais il n'y avait la pour lui aucune offense, car Bhismadeva lui était supérieur, et de loin, à tous égards -en âge, en force et en gloire. Karna, par contre, lui était égal, et Arjuna sentit peser sur lui, devant cet adversaire, la menace d'une triste défaite; c'est pourquoi il n'hésita pas, pour le vaincre, à recourir à la ruse. Ce sont là les traits d'un ksatriya, et Maharaja Yudhisthira demande à son frère si quelque malheur lui est advenu sur la route du retour de Dvaraka.
api svit parya-bhunkthas tvam
sambhojyan vrddha-balakan jugupsitam karma kincit krtavan na yad aksamam
Le devoir d'un grhastha, avant de manger, est de nourrir tous les enfants les vieillards de la famille, ainsi que les brahmanas et les invalides. De plus, s'il veut se montrer exemplaire, il peut sortir de sa maison et lancer, à trois prises, un appel aux passants, invitant tous les affamés à manger avant que lui-même ne prenne son repas. Toute négligence à cet égard, et surtout en ce qui concerne les vieillards et les enfants, est une faute inqualifiable pour un chef de famille.
kaccit presthatamenatha
hrdayenatma-bandhuna sunyo smi rahito nityam manyase te nyatha na ruk
Toutes les questions posées par Maharaja Yudhisthira sur l'état du monde venaient déjà du doute où il était: Sri Krsna a-t-Il quitté ce monde? La profonde désolation d'Arjuna, qui n'aurait pu avoir d'autre cause, confirmait ses doutes. C'est avec ce pressentiment que le roi, sur la foi des indications de Sri Narada, interroge de front Arjuna pour éclaircir ses doutes cruels. Ainsi s'achèvent les enseignements de Bhaktivedanta sur le quatorzième chapitre du premier Chant du Srimad-Bhagavatam, intitulé: "Le départ de Sri Krsna hors de ce monde".
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