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Śrīmad-Bhāgavatam CHANT 1 CHAPITRE 15
Les Pāṇḍavas se retirent en temps opportun.
VERSET 46
te sādhu-kṛta-sarvārthā TRADUCTION
Ils avaient tous rigoureusement observé les principes de la religion, et le résultat en fut qu'ils purent arriver à la juste conclusion que les pieds pareils-au-lotus de Śrī Kṛṣṇa représentent pour tous le but suprême. Ils décidèrent donc d'y porter leur méditation sans interruption aucune.
TENEUR ET PORTEE Le Seigneur enseigne dans la Bhagavad-gītā (7.28) que ceux-là seuls qui ont accompli des actes de vertu dans leurs vies passées, et qui par là ont été libérés des suites de toute faute peuvent concentrer leur attention sur les pieds pareils-au-lotus du Seigneur Suprême, Śrī Kṛṣṇa. Il en fut ainsi des Pāṇḍavas, qui toujours, et non seulement dans cette vie, mais également dans les précédentes, avaient accompli l'acte de piété suprême, avec pour résultat leur affranchissement éternel des suites de toute impiété. Il est donc naturel qu'ils aient concentré leurs pensées sur les pieds pareils-au-lotus du Seigneur absolu, Śrī Kṛṣṇa. Selon Śrī Viśvanātha Cakravartī, le dharma, l'artha, le kāma et le mokṣa n'intéressent que les hommes non encore libérés des suites de leurs actes impies. Et ceux que souille l'une ou l'autre des quatre formes de contamination matérielle que nous venons de nommer ne peuvent d'emblée accepter le refuge des pieds pareils-au-lotus du Seigneur et maître du monde spirituel. Ce monde, Vaikuṇṭha, se situe bien au-delà de l'univers matériel. L'univers de matière se place sous la juridiction de Durgā Devī, laquelle incarne l'énergie matérielle du Seigneur, alors que le monde de Vaikuṇṭha, lui, est régi par l'énergie personnelle du Seigneur. A ce propos, nos lecteurs peuvent se référer à l'illustration qui offre une représentation des mondes matériel et spirituel.
VERSETS 47-48
tad-dhyānodriktayā bhaktyā
avāpur duravāpāṁ te TRADUCTION Leur conscience purifiée par le souvenir constant du Seigneur dans un sentiment de dévotion, ils atteignirent le monde spirituel, où règne le Nārāyaṇa Suprême, Śrī Kṛṣṇa, but atteint par ceux-là seuls dont la pensée est fermement établie en l'unique Etre Suprême. Ce lieu, la demeure de Śrī Kṛṣṇa, qui a nom Goloka Vṛndāvana, ceux que hante une conception matérielle de l'existence ne peuvent l'atteindre. Les Pāṇḍavas, cependant, parfaitement purifiés de toute souillure matérielle, atteignirent ce lieu dans leur corps terrestre.
TENEUR ET PORTEE Selon Śrīla Jīva Gosvāmī, un homme libre de l'influence des trois guṇas —vertu, passion et ignorance—, et établi dans la Transcendance, peut toucher à la perfection ultime de l'existence sans devoir changer de corps. De même, Śrīla Sanātana Gosvāmī, dans son Hari-bhakti-vilāsa, enseigne que peu importe sa position, on peut atteindre au niveau des brāhmaṇas, des deux-fois-nés, en se soumettant à une discipline spirituelle sous la direction d'un maître spirituel authentique, de même que le bronze à canon peut être transformé en or par un alchimiste. Ainsi, la direction du maître spirituel représente l'élément majeur dans le processus par quoi l'on devient un brāhmaṇa sans avoir à changer de corps, ou par quoi l'on rejoint le royaume de Dieu sans avoir non plus à changer de corps. Śrīla Jīva Gosvāmī remarque à ce propos que le mot hi utilisé dans notre verset établit cette vérité, et que cet état de fait ne laisse aucun doute. Dans la The Bhagavad-gītā (14.26), le Seigneur corrobore également cette assertion de Śrīla Jīva Gosvāmī lorsqu'Il enseigne que tout être engagé sans aucune déviation dans le service de dévotion offert à Sa Personne peut dépasser la souillure des trois guṇas, et atteindre la perfection du brahman. Et lorsque, toujours par l'accomplissement du service de dévotion, on parfait cette réalisation du brahman, il n'y a aucun doute quant à notre retour à la planète spirituelle suprême, Goloka Vṛndāvana, et sans aucun changement de corps. Tout comme le Seigneur, qui, nous l'avons expliqué, S'en est retourné en Sa demeure sans changer de corps.
VERSET 49
viduro ’pi parityajya TRADUCTION Vidura quitta son corps alors qu'il se trouvait à Prabhāsa en pèlerinag e. Et parce qu'il absorbait toutes ses pensées en Śrī Kṛṣṇa, il fut reçu par les habitants de Pitṛloka, où il réintégra son poste originel.
TENEUR ET PORTEE
Vidura se distingue des Pāṇḍavas, tous compagnons éternels du Seigneur Suprême, en ce qu'il compte parmi les devas qui gouvernent l'univers, soit Yamarāja, responsable de la planète Pitṛloka. Tous craignent Yamarāja, car c'est lui qui châtie les mécréants de l'univers matériel; mais les dévots du Seigneur n'ont rien à craindre de lui, qui se comporte envers eux comme un ami chaleureux. Pour les abhaktas, cependant, il représente vraiment la peur en personne.
VERSET 50
draupadī ca tadājñāya TRADUCTION Et Draupadī vit également ses époux quitter le foyer sans se soucier d'elle Elle avait toute connaissance de Śrī Vāsudeva, Kṛṣṇa, la Personne Souveraine; aussi, elle et Subhadrā absorbèrent leurs pensées en Kṛṣṇa, et parvinrent au même but que leurs époux.
TENEUR ET PORTEE Lorsqu'on doit piloter un avion, on a guère le loisir de se préoccuper de la sauvegarde d'autres avions qui peuvent côtoyer notre appareil. Chacun doit assurer son propre maintien dans les airs, et si un pilote se trouve en difficulté, personne ne peut vraiment l'aider. De même, chacun doit, à la fin de sa vie, retourner vers Dieu, vers sa demeure originelle, et dans cette entreprise, nul ne peut vraiment espérer l'aide de quiconque. Mais tout comme on peut profiter au sol, avant de prendre son envol, de toute assistance requise. il est également possible d'obtenir auprès du maître spirituel, du père, de la mère, des proches, de l'époux, ou de tout autre, et ce tout au long de l'existence, les directives qui nous permettront de franchir l'océan de la naissance et de la mort. Une fois lancé, cependant, chacun est laissé à lui-même, et doit savoir tirer parti des instructions qu'il a pu recevoir de par le passé. Draupadī avait cinq époux, et aucun d'entre eux ne lui demanda de l'accompagner, et elle dut suivre sa voie sans dépendre de ses illustres époux, les Pāṇḍavas. Mais parce qu'elle était déjà dûment instruite, elle entreprit sur-le-champ de se concentrer sur les pieds pareils-au-lotus de Śrī Vāsudeva, Kṛṣṇa, suprême entre tous les êtres. Ainsi, les épouses des Pāṇḍavas parvinrent au même but qu'eux: atteindre le royaume de Dieu, et dans les mêmes conditions qu'eux, c'est-à-dire sans avoir à changer de corps. Śrīla Viśvanātha Cakravartī Ṭhākura soutient que Draupadī et Subhadrā, bien que le nom de cette dernière n'est pas clairement mentionné ici, parvinrent ensemble au même but. Et pour ce faire, aucun de ces personnages n'eut à changer de corps.
VERSET 51
yaḥ śraddhayaitad bhagavat-priyāṇāṁ TRADUCTION Le retour des fils de Pāṇḍu au royaume de Dieu, en leur demeure originelle, le but ultime de l'existence, est un sujet des plus propices, et d'une pureté parfaite. Aussi, quiconque entend ce récit avec foi et dévotion gagne certes d'accéder au service de dévotion offert au Seigneur: la plus haute perfection.
TENEUR ET PORTEE Le Śrīmad-Bhāgavatam se compose de récits qui ont trait au Seigneur Suprême et à Ses dévots, dont les Pāṇḍavas. De tels récits sont de nature absolue, de sorte que les écouter dans un sentiment de dévotion nous met au contact direct du Seigneur et de Ses compagnons éternels. Ainsi, par l'écoute du Śrīmad-Bhāgavatam, nous pouvons, sans faillir, atteindre la plus haute perfection de l'existence, à savoir le retour à Dieu, en notre demeure originelle. Ainsi s'achèvent les enseignements de Bhaktivedanta sur le quinzième chapitre du premier Chant du Śrīmad-Bhāgavatam, intitulé: "Les Pāṇḍavas se retirent en temps opportun".
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