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Śrīmad-Bhāgavatam CHANT 1 CHAPITRE 16
Comment Mahārāja Parīkṣit reçut l'âge de Kali.
VERSET 11
svalaṅkṛtaṁ śyāma-turaṅga-yojitaṁ TRADUCTION
Mahārāja Parīkṣit prit place sur un char tiré par quatre chevaux noirs et à l'étendard frappé de l'emblème du lion. Ainsi paré, et entouré de combattants sur le char, de cavaliers, d'éléphants et de soldats d'infanterie, il sortit de sa capitale en vue de conquérir toutes les directions.
TENEUR ET PORTEE Mahārāja Parīkṣit se distinguait d'Arjuna par son attelage —quatre chevaux noirs, contre les blancs coursiers qui tiraient le char de son aïeul— et par son étendard— marqué à l'effigie du lion plutôt qu'à celle d'Hanumānjī. Notons qu'un cortège royal comme celui de Mahārāja Parīkṣit, composé de chars, de cavaliers, d'éléphants, de soldats d'infanterie et de musiciens, tous merveilleusement décorés, n'est pas seulement agréable à l'oeil, mais dénote une civilisation dotée d'un sens esthétique prononcé, au point d'en faire montre même sur le champ de bataille.
VERSET 12
bhadrāśvaṁ ketumālaṁ ca TRADUCTION Mahārāja Parīkṣit conquit alors toutes les régions de la Terre —Bhadrāśva, Ketumāla, Bhārata, la partie nord de Kurujāṅgala, Kimpuruṣa, etc.—, et il imposa des tributs à leurs dirigeants respectifs.
TENEUR ET PORTEE Bhadrāśva: Il s'agit d'une "île" se trouvant près du Mont Meru, ou Gandha-mādana Parvata. Le Mahābhārata (Bhīṣma-parva7.14-18) rapporte un dialogue au cours duquel Sañjaya en donne une description à Dhṛtarāṣṭra. Mahārāja Yudhiṣṭhira avait également conquis cette "île", cette région, de sorte que la province qu'elle formait s'était trouvée sous sa juridiction. Mahārāja Parīkṣit avait déjà été sacré empereur de toutes les terres gouvernées par son aïeul, mais il ne devait pas moins y établir sa suprématie alors qu'il voyageait ainsi loin de sa capitale, afin d'imposer des tributs à ces Etats. Ketumāla: La Terre, qu'on nomme Jambūdvīpa, se divise en sept parties, ou selon d'autres, en neuf, dites varṣas. Ainsi, Bhārata-varṣa constitue un de ces neufs varṣas, lesquels prennent le nom de continents dans le contexte géographique moderne. On donne également Ketumāla comme l'un de ces varṣas, où les femmes sont décrites comme étant les plus belles; Arjuna conquit cette région du monde, que dépeint en outre le Mahābhārata (Sabhāparva 28.6). Toujours selon le Mahābhārata (Bhīṣma-parva6.31), cette partie du monde se trouve à l'ouest du Meru Parvata, et les habitants de cette province vivaient jusqu'à dix mille ans. Les hommes sont de carnation dorée, et les femmes ressemblent aux anges du ciel. Ceux qui y vivent sont affranchis de toute maladie ou détresse. Bhārata-varṣa: Une autre des neuf parties, ou varṣas, de Jambūdvīpa, de la Terre. On désigne parfois les planètes du nom de dvīpas, ou "îles", en raison du fait qu'elles flottent comme des îles dans l'espace infini, et Jambūdvīpa est une de ces innombrables îles qui flottent dans l'océan des espaces éthérés. Le Mahābhārata (Bhīṣma-parvachapitres 9 et 10) nous fournit également la description de Bhārata-varṣa. Uttarakuru: Selon Śrīdhara Svāmī, les régions regroupées sous ce nom, et qui représentent les pays méditerranéens d'Europe, constituent l'Ilāvṛta-varṣa, également décrite dans le Mahābhārata. Le texte de cet Ecrit mentionne à deux reprises que les femmes y sont d'une grande beauté, et que certaines d'entre elles sont même comparables aux Apsarās, qui habitent le royaume édénique. Il faut donc comprendre qu'il s'agit là des contrées situées sur les côtes de la Méditerranée. Kimpuruṣa-varṣa: On dit cette région située au nord de Darjelling Dhavala Giri, et elle comprend sans doute les contrées actuelles du Népal, du Bhutan, du Tibet et de la Chine, toutes des parties du monde également conquises par Arjuna (Sabhāparva 28.1-2). Les Kimpuruṣas, les habitants de ces contrées, sont les descendants de la fille de Dakṣa, et lorsque Mahārāja Yudhiṣṭhira accomplit un sacrifice-du-cheval, ils participèrent aux festivités et payèrent tribut à l'empereur. Śukadeva Gosvāmī serait né dans cette partie du monde, qu'on nomme également du nom de provinces himālayennes (Himavatī), d'où il se serait rendu à Bhārata-varṣa après avoir traversé les contrées himālayennes. En d'autres mots, Mahārāja Parīkṣit conquit le monde entier, à savoir tous les continents adjacents ainsi que toutes les mers et tous les océans, dans toutes les directions —l'est, l'ouest, le nord et le sud.
VERSETS 13-15
tatra tatropaśṛṇvānaḥ
ātmānaṁ ca paritrātam
tebhyaḥ parama-santuṣṭaḥ TRADUCTION Partout où le roi se rendait, il entendait sans fin les gloires de ses illustres ancêtres, tous dévots du Seigneur, et par là même les Actes glorieux de Śrī Kṛṣṇa. Il entendit également la manière dont lui-même avait été protégé par le Seigneur contre les puissantes radiations de l'arme d'Aśvatthāmā. Les gens parlaient également de la tendre affection des descendants de Vṛṣṇi pour ceux de Pṛthā, due à la profonde dévotion de ceux-ci pour Śrī Keśava. Ainsi comblé par l'écoute de ces chants glorificateurs, le roi écarquillait des yeux étincelants de bonheur. Il se montra heureux de couvrir leurs auteurs de dons magnanimes sous forme de colliers et vêtements précieux.
TENEUR ET PORTEE On accueille rois et hauts personnages avec des discours de bienvenue; c'est là une coutume qui remonte aux temps les plus reculés. Et Mahārāja Parīkṣit, puisqu'il était un des illustres empereurs du monde, fut également accueilli selon ce protocole dans toutes les parties du monde qu'il visita. De tous ces discours de bienvenue, Kṛṣṇa faisait l'objet, et Kṛṣṇa s'entend accompagné de Ses dévots éternels. Tout comme lorsqu'on parle d'un roi on signifie également son entourage intime. On ne peut séparer Kṛṣṇa de Ses purs dévots, en sorte que la glorification d'un bhakta implique nécessairement celle du Seigneur, et vice-versa. Mahārāja Parīkṣi n'eût éprouvé aucun plaisir à entendre les gloires de ses ancêtres, dont Mahārāja Yudhiṣṭhira et Arjuna, si elles n'avaient été liées aux Actes de Śrī Kṛṣṇa. Le Seigneur descend en ce monde dans le but précis de sauver Ses dévots (paritrāṇāya sādhūnām) et ceux-ci se trouvent glorifiés en Sa présence, car ils ne peuvent vivre un instant sans cette présence du Seigneur, qu'Il manifeste à travers Ses diverses énergies. Le Seigneur apparaît donc devant Son dévot à travers Ses Actes et Ses Gloires, aussi Mahārāja Parīkṣit perçut-il la présence du Seigneur lorsqu'on Le loua devant lui pour Ses Actes, et particulièrement celui de l'avoir personnellement sauvé alors qu'il se trouvait encore dans le sein de sa mère. Jamais les dévots du Seigneur ne se trouvent en danger; mais dans l'univers matériel, où de nouveaux dangers apparaissent à chaque pas, il peut sembler que les bhaktas se trouvent dans une position périlleuse de sorte que le Seigneur Se trouve glorifié lorsqu'Il vient à leur secours. Par exemple, Śrī Kṛṣṇa n'aurait pas été loué pour avoir énoncé la Bhagavad-gītāsi Ses dévots, et parmi eux les Pāṇḍavas, n'avaient pas été dangereusement impliqués dans la Bataille de Kurukṣetra. Or, tous ces hauts faits du Seigneur, on les retrouvait dans les discours de bienvenue adressés à Mahārāja Parīkṣit, lequel, comblé de satisfaction, en récompensa les auteurs. Les discours de bienvenue de ces jours anciens se distinguent de ceux que l'on peut entendre aujourd'hui en ce qu'ils étaient présentés devant des personnes de la qualité de Mahārāja Parīkṣit. Ces discours étaient tout entiers composés de faits vécus, et leurs auteurs s'en trouvaient largement récompensés. Aujourd'hui, l'équivalent de ces discours ne repose pas toujours sur des faits, mais le plus souvent sur des flatteries trompeuses destinées à se gagner les faveurs de ceux à qui ils sont destinés; et rarement les auteurs en sont-ils récompensés par leurs bénéficiaires démunis.
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