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Śrīmad-Bhāgavatam CHANT 1 CHAPITRE 16
Comment Mahārāja Parīkṣit reçut l'âge de Kali.
VERSETS 26-30
satyaṁ śaucaṁ dayā kṣāntis
jñānaṁ viraktir aiśvaryaṁ
prāgalbhyaṁ praśrayaḥ śīlaṁ
ete cānye ca bhagavan
tenāhaṁ guṇa-pātreṇa TRADUCTION
En Lui, le Seigneur, réside la véridicité, la pureté, l'intolérance devant le malheur d'autrui, la maîtrise de la colère, la satisfaction intérieure, l'intégrité, l'équilibre mental, la maîtrise des sens, le sens des responsabilités, l'égalité d'âme, la tolérance, l'équanimité, la loyauté, le savoir, le détachement des plaisirs sensuels, le pouvoir de gouverner, la vaillance, l'influence, l'aptitude à rendre toute chose possible, l'accomplissement du juste devoir, l'indépendance totale, la dextérité, la beauté parfaite, la sérénité, la bienveillance, l'ingéniosité, la gentillesse, la magnanimité, la détermination, l'omniscience, la justesse dans l'action, la possession de tous les objets de plaisir, la joie, l'immuabilité, la fidélité, la renommée, l'adoration universelle, l'humilité, la divinité, l'éternité et mille autres attributs spirituels, tous éternellement présents en Lui, et dont II ne Se sépare jamais. Lui, le Seigneur Suprême, Śrī Kṛṣṇa, source de toute vertu et de toute beauté, a maintenant clos Ses Divertissements sublimes à la surface de la Terre. En son absence, l'âge de Kali répand partout son influence, et cela me peine grandement.
TENEUR ET PORTEE Même si l'on parvenait à réduire la Terre en poussière et à en compter jusqu'aux derniers atomes, il serait toujours impossible de compter les Attributs spirituels et absolus, insondables, du Seigneur. Les Ecritures nous révèlent qu'Anantadeva a entrepris de décrire de ses innombrables bouches les traits sublimes du Seigneur Suprême, et que son effort se poursuit depuis des années sans nombre, sans qu'il lui soit jamais possible d'évaluer toutes Ses qualités. La liste que nous livre notre verset ne touche qu'à ces Attributs du Seigneur qu'un homme peut apprécier en Lui, et ceux-ci peuvent être à nouveau divisés en maintes branches. Ainsi, selon Śrīla Jīva Gosvāmī, le troisième Attribut, à savoir la compassion, ou l'intolérance devant le malheur d'autrui, peut se subdiviser en deux catégories: la protection des âmes soumises, et la bienveillance toute spéciale accordée aux bhaktas. La Bhagavad-gītāétablit clairement que le Seigneur désire voir toutes les âmes s'abandonner à Lui seul, en échange de quoi Il assure à tous qu'Il annulera les suites de tous leurs actes coupables. Mais il est des âmes rebelles qui ne manifestent pas de dévotion pour le Seigneur, de sorte que Celui-ci n'accorde pas la même protection à tous. Ainsi couvre-t-11 Ses dévots de pensées bienveillantes, et accorde-t-Il une attention toute particulière à ceux d'entre eux qui s'absorbent dans Son service d'amour sublime. A ceux-là, purs bhaktas, Il donne des directives qui les aident à s'acquitter de leur devoir sur la voie du retour vers Son royaume. Par Son égalité, qui représente le dixième Attribut de notre liste, le Seigneur montre la même bonté envers tous, à la manière du soleil qui distribue ses rayons de façon égale à tous les êtres; mais nombreux sont ceux qui demeurent incapables d'en profiter. De même, le Seigneur affirme que de s'abandonner à Sa Personne est une garantie de protection totale, qu'Il assure Lui-même, mais des infortunés se trouvent dans l'incapacité d'accueillir cette proposition, et par suite doivent connaître toutes les souffrances matérielles. Ainsi, bien que le Seigneur Se montre également bienveillant envers tous, les infortunés, par le seul fait de leurs mauvaises fréquentations, sont rendus incapables de profiter des instructions du Seigneur dans leur entier. Celui-ci ne saurait donc à aucun moment être blâmé pour leurs malheurs. On Le dit partial envers Ses seuls dévots, et Il peut apparaître tel, mais le fait est qu'il appartient à l'être distinct d'accepter ou de rejeter la protection qu'offre sans discrimination aucune le Seigneur à tous les êtres. Le septième Attribut de notre liste, l'équilibre, ou la fermeté mentale, peut également signifier que le Seigneur ne manque jamais à Sa parole. Celui à qui Il donne l'assurance de Sa protection peut être certain de voir Sa promesse tenue en toutes circonstances. Le devoir d'un pur bhakta consiste à s'établir dans l'accomplissement de la tâche que lui a confiée le Seigneur ou Son représentant authentique, le maître spirituel; le reste sera accompli par le Seigneur, sans faille aucune. Le sens de la responsabilité inhérent au Seigneur, et qui représente le neuvième Attribut de notre liste, présente également un caractère unique. Car, le Seigneur n'a à proprement parler aucune responsabilité, puisque toutes Ses oeuvres s'accomplissent par l'intermédiaire de Ses différentes énergies. Et pourtant, Il accepte volontairement diverses responsabilités dans les multiples rôles qu'Il Se donne lorsqu'Il Se livre à Ses Divertissements sublimes. Ainsi, lorsque encore enfant Il agissait tel un jeune pâtre, fils de Nanda Mahārāja, Il S'acquitta de Sa tâche à la perfection. De même, dans Son rôle de jeune guerrier, tel le fils de Mahārāja Vasudeva, Il fit valoir tous les talents d'un kṣatriya imbu de science militaire. Dans la plupart des cas, les rois kṣatriyas devaient, pour obtenir une épouse, se la mériter dans un tournoi, ou tout bonnement l'enlever. Pour un kṣatriya, ce type de comportement est louable, en ce sens qu'il doit faire preuve d'héroïsme et de vaillance devant sa future épouse pour que celle-ci, elle-même fille de kṣatriya, soit conquise par la valeur de celui qui l'épousera. Le Seigneur Suprême Lui-même, en la Personne de Śrī Rāma, démontra cet esprit de vaillance au cours de Son mariage: Il brisa le plus puissant de tous les arcs, nommé Haradhanu, et gagna ainsi la main de Sītādevī, mère de toute opulence. Ainsi les kṣatriyas faisaient-ils valoir leurs qualités au cours des cérémonies du mariage, et de tels combats n'avaient rien de répréhensibles. Śrī Kṛṣṇa en personne S'acquitta pleinement de cette responsabilité, puisqu'Il eut plus de seize mille épouses, et pour chacune d'elles Il dut, selon l'esprit kṣatriya, faire valoir Sa vaillance. En vérité, le Seigneur Suprême, et Lui seul, peut ainsi mener seize mille combats visant chacun à gagner la main d'une épouse. Et de la même manière, Il fit preuve d'une responsabilité totale dans chacune des actions qui émaillent Ses Divertissements spirituels et absolus. Le quatorzième Attribut, soit le savoir, se ramifie en cinq branches, à savoir l'intelligence, la reconnaissance, la capacité de juger des circonstances de temps, d'objet et de lieu, la parfaite connaissance de toute chose, et la connaissance de l'âme. Seuls les insensés se montrent ingrats envers leurs bienfaiteurs. Or, le Seigneur ne requiert les bienfaits de personne d'autre que Lui-même, car Il est complet en Lui-même; et pourtant, Il Se sent béni par le service sans mélange que Lui offrent Ses dévots. Et Il éprouve de la gratitude envers ces derniers pour leur service inconditionnel et dépourvu d'artifice; aussi S'efforcet-Il de répondre à leur élan en les servant à Son tour, bien que le coeur d'un bhakta soit libre d'un tel désir. A vrai dire, le service absolu offert au Seigneur représente en soi le bienfait par excellence pour le bhakta, aussi n'attend-il rien du Seigneur. Suivant l'aphorisme védique sarvaṁ khalv idaṁ brahma, nous pouvons comprendre que par l'omniprésence de Sa radiance, qu'on nomme le brahmajyoti, le Seigneur Se trouve, comme l'espace, à l'intérieur comme à l'extérieur de toute chose, ce qui Lui confère naturellement l'omniscience. En ce qui concerne la beauté du Seigneur, le vingt-troisième élément de notre liste, il faut savoir que certains traits de Sa Forme personnelle Le distinguent de tous les autres êtres; et qu'au-delà encore, Il en possède d'autres, uniques, sublimes et merveilleux, par quoi Il capture les pensées même de Rādhārāṇī, la plus merveilleusement belle d'entre toutes les manifestations issues du Seigneur. Par suite, on Lui connaît le nom de Madana-mohana, ou Celui qui attire les pensées même de Cupidon. Śrīla Jīva Gosvāmī Prabhu a, par une analyse approfondie, dénombré d'autres qualités absolues du Seigneur, et il affirme que Śrī Kṛṣṇa est sans contredit la Personne Suprême et Absolue, Dieu (Parabrahman). Grâce à Ses puissances inconcevables, Il jouit de l'omnipotence, ce pourquoi on Le nomme Yogeśvara, le maître ultime de tous les pouvoirs surnaturels. Et toujours en Sa qualité de Yogeśvara, Sa Forme éternelle Se compose d'éléments spirituels, à savoir l'éternité, la connaissance et la félicité. Les abhaktas ne peuvent saisir la nature dynamique de ce savoir, car ils se contentent de pouvoir atteindre à la réalisation de Son aspect d'éternité ou de connaissance. Toutes les grandes âmes aspirent à un savoir égal à celui du Seigneur, ce qui laisse entrevoir la suprématie de Sa connaissance éternelle, ou en d'autres termes, le caractère à jamais insuffisant de toute autre connaissance, changeante et mesurable, par opposition au savoir du Seigneur, immuable et incommensurable. Śrīla Sūta Gosvāmī n'affirme-t-il pas dans le Śrīmad-Bhāgavatam qu'en dépit du fait qu'ils pouvaient Le contempler chaque jour, les citoyens de Dvārakā éprouvaient un désir de plus en plus profond de revoir le Seigneur encore et à jamais? L'être distinct pourra prêter aux qualités du Seigneur la valeur d'un but suprême qu'il souhaite atteindre, mais jamais il ne pourra toutefois les égaler. L'univers matériel est un produit du mahat-tattva, lequel représente la manifestation d'un songe que forme le Seigneur dans Son yoga-nidrā, ou sommeil méditatif, alors qu'Il repose sur l'Océan Causal. Et pourtant, la manifestation cosmique tout entière apparaît comme le fruit réel de Sa création. Ceci implique que l'état de rêve du Seigneur est également source de manifestations tangibles. Le Seigneur peut ainsi amener toute chose sous Sa direction spirituelle et absolue, en sorte que chaque fois qu'Il apparaît en quelque endroit, c'est dans toute Sa plénitude, et sans que soit perdue la moindre fraction de Sa puissance totale. Parce qu'Il possède tous les Attributs décrits dans notre verset, Śrī Kṛṣṇa est le seul à pouvoir veiller sur les intérêts de la création; et ce faisant, Il accorde le salut même à Ses ennemis lorsqu'Il les met Lui-même à mort. Il captive même les plus élevées parmi les âmes libérées, ce qui Le rend digne de l'adoration même de Brahmā et Śiva, les plus hauts de tous les devas. Et en tant que puruṣa-avatāra, Il est également le Seigneur de la puissance créatrice de l'univers. Ce que confirme la Bhagavad-gītā(9.10) lorsqu'elle enseigne que l'énergie matérielle agit sous Sa direction. Il agit donc sur cette énergie comme le ferait un interrupteur électrique, et pour ce faire II Se multiplie dans les univers sans nombre en une multitude d'avatāras. On trouve dans chaque univers, et ce, sans compter aucun autre avatāra, plus de cinq cent mille manifestations de Manu; on peut donc à peine imaginer le nombre d'avatāras qui apparaissent dans les différents univers. Dans le monde spirituel, cependant, au-delà du mahat-tattva, il n'est pas question d'avatāras, mais bien plutôt d'émanations plénières du Seigneur visibles sur les différentes Vaikuṇṭhas. Ces planètes spirituelles sont au moins trois fois plus nombreuses que celles qui composent les univers innombrables du mahat-tattva. Et toutes les Formes de Nārāyaṇa qui occupent les planètes spirituelles représentent autant d'émanations de l'aspect Vāsudeva du Seigneur; Celui-ci est donc tout à la fois Vāsudeva, Nārāyaṇa et Kṛṣṇa. Il est, en une seule personne, śrī-kṛṣṇa govinda hare murāre he nātha nārāyaṇa vāsudeva. Par suite, Ses Attributs ne sauraient être dénombrés par quiconque, si grand soit-il.
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