Telle est notre faiblesse que même l'univers matériel n'est pas entièrement manifesté à nos yeux. Nos sens sont imparfaits; il nous est impossible, par exemple, de voir toutes les étoiles du firmament. Cependant, les Ecritures védiques nous donnent de très nombreuses informations au sujet de ces planètes, informations que nous sommes libres d'accepter ou de refuser. Le Srimad-Bhagavatam, en particulier, décrit toutes les planètes importantes de l'univers. Mais comme la Bhagavad-gita dans ce verset, il confirme que le monde spirituel, au-delà de l'univers matériel, est avyakta, non manifesté; il confirme également que nous devrions, de tout cœur, désirer atteindre ce royaume suprême, d'où l'on n'a pas à revenir.

Le huitième chapitre nous instruit également sur la façon d'atteindre la demeure du Seigneur:

"Quiconque, au trépas, à l'instant même de quitter le corps, se souvient de Moi seul, atteint aussitôt Ma demeure, n'en doute pas." (2)

Retenons bien cette idée: celui qui, à l'instant précis de sa mort, pense à Krsna, dans Sa Forme originelle, ira vers Lui, atteindra le monde spirituel. Mad-bhavam désigne la nature absolue de l'Etre Suprême, d'être sad-cid- ananda-vigraha, c'est-à-dire éternel, tout de connaissance et de félicité infinies. Notre corps présent, au contraire, est asat, "périssable", acit, "plein d'ignorance", car non seulement nous ne connaissons rien du monde spirituel, mais beaucoup du monde matériel nous échappe, et nirananda, "siège de toutes nos souffrances". Malgré cela, comme le promet Krsna dans ce verset, celui qui pense à Lui au moment de la mort obtient aussitôt un corps sat-cid-ananda et atteint Son royaume. Car, nous revêtons et abandonnons nos corps matériels selon des règles bien établies. Ainsi, lorsque nous mourons, notre prochain corps est déjà déterminé, non par nous, mais par des autorités supérieures, en fonction de nos actes dans la vie qui s'achève. Selon nos actes dans cette vie, nous serons élevés ou dégradés. Nous préparons donc aujourd'hui notre vie future. C'est pourquoi une existence de préparation spirituelle nous garantit, après la mort, le bénéfice d'un corps spirituel, semblable à celui du Seigneur, et le retour en Son royaume.

Comme nous l'avons déjà noté, il existe diverses catégories de spiritualistes: les brahmavadis, les paramatmavadis et les bhaktas. D'autre part, on trouve dans le brahmajyoti ("l'atmosphère" spirituelle) d'innombrables planètes, infiniment plus nombreuses que celles de l'univers matériel. Ce dernier, qui représente environ un quart de la création tout entière, contient des milliards d'univers, avec autant de soleils et de lunes, et d'innombrables étoiles et planètes. Il ne constitue cependant qu'un fragment de la création totale, dont la plus grande partie se trouve dans "l'atmosphère" spirituelle, ce brahmajyoti qu'atteint le brahmavadi désireux de se fondre dans l'existence du Brahman Suprême. Mais le bhakta, lui, anxieux de vivre dans l'entourage du Seigneur, sera conduit sur l'une des innombrables planètes Vaikunthas. Sur ces planètes, il pourra jouir de la compagnie du Seigneur dans Sa Forme de Narayana, émanation plénière dotée de quatre bras et portant divers Noms, tels Pradyumna, Aniruddha, Govinda...

Le spiritualiste pensera donc, à l'heure du trépas, soit au brahmajyoti, soit au Paramatma, soit à la Personne Suprême, Sri Krsna. Mais dans les trois cas, il entrera dans "l'atmosphère" spirituelle: "N'en doute pas", nous dit Krsna; et nous devons Lui faire toute confiance, même si Ses paroles dépassent notre entendement, comme fait Arjuna, qui dit au Seigneur: "J'accepte tout ce que Tu m'as dit." Les paroles de Krsna ne peuvent être mises en doute: quiconque se souvient de Lui à l'heure de la mort, que ce soit en tant que Brahman, Paramatma ou Bhagavan, pénétrera dans "l'atmosphère" spirituelle, mais seul le bhakta, pour avoir établi avec le Seigneur un contact personnel, ira sur les planètes Vaikunthas.

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