Tous peuvent atteindre le Seigneur Suprême et Son royaume éternel, même les êtres de rang inférieur. Il n'est pas nécessaire, pour cela, de posséder une intelligence supérieure, mais seulement d'adopter les principes du bhakti- yoga et de faire du Seigneur le but ultime de notre vie. L'homme qui applique les enseignements de la Bhagavad-gita saura parfaire sa vie et résoudre définitivement les problèmes nés du caractère transitoire de l'existence matérielle. Tel est le sens profond de la Bhagavad-gita. Pour conclure, réaffirmons que la Bhagavad-gita est un texte purement spirituel, et que nous devons le lire avec grand soin, car il a le pouvoir de mettre un terme à toutes nos angoisses:

 

"A qui marche sur cette voie, aucun effort n'est vain, nul bienfait acquis n'est jamais perdu; le moindre pas nous y libère de la plus redoutable crainte."(4)

Ce qui signifie que nul lecteur sincère et persévérant de la Bhagavad-gita n'aura plus à subir les conséquences de ses fautes passées:

 

"Laisse là toute autre forme de religion, et abandonne-toi simplement à Moi. Toutes les suites de tes fautes. Je t'en affranchirai. N'aie nulle crainte."(5)

Le Seigneur prend en charge celui qui s'abandonne à Lui, et le libère des conséquences de ses fautes.

Chaque jour, par un bain, nous purifions notre corps; mais les flots de la Bhagavad-gita, sacrés comme les eaux du Gange, ont une vertu purificatrice incomparablement plus grande; s'y baignant, fût-ce une seule fois, on lave son cœur de toute la boue matérielle. Dieu Lui-même l'a donnée, et pour Le rejoindre, il n'est nul besoin de compléter notre savoir en lisant d'autres Ecrits védiques. La littérature védique est en effet si vaste, qu'il est hors de question qu'un homme de notre époque, absorbé dans ses activités matérielles, puisse la parcourir tout entière. Mais il suffît de lire et d'écouter avec attention, régulièrement, la Bhagavad-gita, car elle constitue l'essence de tous ces Ecrits et contient les paroles mêmes de Dieu, la Personne Suprême.

Il est dit qu'en buvant l'eau du Gange, on obtient certes le salut, que dire alors de celui qui boit les eaux sacrées de la Bhagavad-gita, le nectar intime du Mahabhrata, qui émane de Sri Krsna, le Visnu originel, la Personne Suprême, et coule de Ses lèvres mêmes (tandis que le Gange prend source à Ses pieds pareils-au-lotus). Il n'existe, certes, nulle différence entre la bouche et les pieds du Seigneur, mais nous comprenons facilement que la Bhagavad-gita prévaut sur le Gange.

On peut comparer la Bhagavad-gita à une vache qu'un jeune pâtre, qui est, bien sûr, Krsna, commence de traire. Son lait, c'est l'essence des Vedas, Arjuna est comme un jeune veau. Et tout homme d'intelligence, le sage et le pur bhakta, en boira le nectar à longs traits.

L'homme moderne proclame sa volonté d'unir tous les hommes par une seule Ecriture, un seul Dieu, une seule religion et un devoir unique. Que cette Ecriture soit donc la Bhagavad-gita, et ce Dieu Sri Krsna. Qu'il y ait un seul montra:

 

hare krsna hare krsna krsna krsna hare hare
hare rama hare rama rama rama hare hare

 


(1) sravanam kortanam visnoh smaranam pada-sevanam
arcanam vandanam dasyam sakhyam atma-nivedanam
(S.B
., 7.5.2:

(2) abhyasa-yoga-yuktena cetasa nanya-gamima
paramam purusam divyam yati parthanucintalayam
(B.
g.. V111.8)

(3) mam hi partha vyapasritya ye 'pi syuh papa-yonayah
striyo vaisys tatha sudras te 'pi yanti param gatim
kim punar brahmanah punya bhakta rajarsayas tatha
anityam asukham lokam imam prapya bhajasva mam
(B.g
., IX.32-33)

(4) nehabhikrama-naso 'sti pratyavayo na vidyate
svalpam apy asya dharmasya myate mahato bhayat
(B.g
., 11.40)

(5) sarva-dharman parityajya mam ekam saranarh vraja
aham tvam sarva-papebhyo moksayisyami ma sucah
(B.g
., XV111.66)

Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare

Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare