La connaissance védique est complète et infaillible, et en Inde, au moins, tous la reconnaissent comme telle. Un exemple illustre très bien la valeur absolue qu'on lui attache. En effet, la smrti, ou norme védique, enjoint à quiconque touche des excréments de se purifier aussitôt par un bain, et pourtant, ces mêmes Ecritures considèrent la bouse de vache comme un agent purificateur de grande efficacité. Or, nous acceptons ces deux affirmations, apparemment contradictoires, car elles viennent toutes deux des Ecrits védiques, et il est certain qu'en agissant ainsi, nous ne commettrons aucune erreur. Confirmant d'ailleurs le bien-fondé d'une telle certitude, la science moderne a récemment découvert que la bouse de vache possédait des vertus antiseptiques. Le savoir védique est parfait, parce qu'il transcende l'erreur, mais également le doute, et la Bhagavad-gita en est la "quintessence". Ce savoir n'est pas le fruit d'une simple recherche empirique, toujours imparfaite puisque basée sur l'expérience de sens eux-mêmes imparfaits. Possédant la perfection dès l'origine, ce savoir fut transmis, comme l'enseigne la Bhagavad-gîta, par une filiation spirituelle authentique (parampara), de maître autorisé à disciple autorisé, depuis le maître originel, le Seigneur Lui- même; (1) et c'est ainsi que nous devons le recevoir à notre tour, comme le fit Arjuna, en accueillant dans sa totalité l'enseignement de Sri Krsna. Il ne s'agit pas, en effet, d'accepter une partie de la Bhagavad-gîta et d'en rejeter une autre; il faut en recevoir le message sans l'interpréter, sans en rien supprimer, sans y ajouter non plus quoi que ce soit. Nous devons lire ce texte sacré comme la plus parfaite expression du savoir védique, puisque Dieu Lui-même, l'Etre Absolu, est à son origine, et qu'Il en a Lui-même prononcé les premiers mots.

Les paroles du Seigneur ne sont pas comparables avec celles des hommes, lesquels, parce que conditionnés par la matière, souffrent de quatre imperfections majeures qui les rendent impuissants à élaborer une connaissance parfaite et totale: l) ils sont limités par des sens imparfaits; 2) ils sont sujets à l'illusion; 3) ils sont sujets à l'erreur, et 4) ils ont tendance à tromper autrui. Le savoir védique, émanant de la perfection du Seigneur, est également transmis par des êtres parfaits. Ainsi Brahma, le premier être créé, le reçut d'abord en son cœur, du Seigneur Lui-même, puis le distribua parmi ses Fils et ses disciples, mais en lui gardant sa pureté originelle, sans en changer le contenu.

Le Seigneur, étant purna, "infiniment parfait", ne saurait tomber sous les lois de la nature matérielle; c'est pourquoi, obéissant à la raison, nous devons accepter qu'Il est le créateur originel et l'unique possesseur de tout ce qui existe en cet univers. Dans le onzième chapitre de la Bhagavad-gîta, on trouve, pour désigner le Seigneur, le nom de prapitamaha, en tant que créateur de Brahma, appelé aussi le pitamaha, "l'aïeul". Nul d'entre nous n'a donc quelque titre à se dire propriétaire de rien; mais nous devons accepter et prendre avec reconnaissance l'exacte part qui nous est assignée par le Seigneur pour subvenir à nos besoins. Dès lors, comment utiliser de façon adéquate la part qui nous est dévolue? Cela aussi la Bhagavad-gita nous l'apprend. Arjuna, avant la bataille, prend sur lui-même la décision de ne pas combattre, incapable, dit-il, de jouir d'un royaume conquis en usant de force contre sa propre famille. Cependant, sa décision repose sur une idée toute matérielle de la vie; s'identifiant à son corps, il accorde une valeur absolue aux liens du sang, et croit réellement voir dans les combattants ses frères, ses neveux, ses beaux-frères, ses aïeux, etc., pure imagination née du désir de satisfaire aux exigences de son corps. Alors, le Seigneur lui expose la science de la Bhagavad-gita, qui a pour but de "convertir" la vision matérialiste, et Arjuna, pour finir, décide de combattre suivant les directives du Seigneur:
"J'agirai selon Ton désir." (2)

Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare

Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare