Il est possible de retrouver l'origine historique de toutes les religions, mais pas celle du sanatana-dharma, car il coexiste éternellement à l'être. Les Ecritures révélées (sastras), affirment que l'être en lui-même, dans sa nature originelle, n'est sujet ni à la naissance ni à la mort: l'âme ne naît ni ne meurt, dit la Bhagavad-gita; éternelle et impérissable, elle survit à la destruction du corps matériel éphémère. Les racines sanskrites du mot sanatana- dharma peuvent nous aider à comprendre le concept de "vraie religion". Qu'est-ce que le dharma, tout d'abord? Le dharma se constitue des qualités qui accompagnent nécessairement un objet donné. La chaleur et la lumière, par exemple, accompagnent toujours le feu; sans elles, plus de feu. De même, nous devons découvrir la qualité essentielle de l'être, qualité qui toujours l'accompagne, et constitue le fond de son être, sa "religion" éternelle; le sanatana-dharma.

Lorsque Sanatana Gosvami s'enquit auprès de Sri Caitanya Mahaprabhu du svarupa, de la condition naturelle, originelle et éternelle de l'être. Celui-ci répondit que cette condition éternelle était de servir Dieu, la Personne Suprême. On comprend sans peine, en se penchant sur ces paroles, que l'être, de par sa nature, se met constamment au service d'un autre être. C'est ainsi qu'il jouit de la vie. L'animal sert l'homme, comme un serviteur son maître. "A" se fait serviteur de "B", "B" de "C", "C" de "D", et ainsi de suite; l'ami sert l'ami, la mère son fils, l'épouse son mari et le mari sa femme... Ainsi, tous, sans exception, s'engagent dans cette activité de servir. Lorsqu'un politicien présente son programme, c'est pour convaincre le public qu'il peut le servir mieux que tout autre; et pour bénéficier de ses "précieux services", les électeurs lui accorderont leurs précieux votes. Le marchand sert ses clients, l'artisan sert le capitaliste; le capitaliste sert sa famille, laquelle, à son tour, vient à servir l'Etat. Car il y a en tout être une tendance naturelle et éternelle à servir, d'une façon ou d'une autre. Nul n'y échappe. Aussi peut-on conclure sans erreur que "servir" accompagne toujours les êtres, qu'il constitue leur sanatana-dharma, leur "religion" éternelle. Pourtant, selon le lieu, l'époque et les circonstances, les hommes professeront une foi différente (christianisme, hindouisme, islamisme, bouddhisme ou autre). Mais il s'agit là de simples dénominations, qui n'ont rien à voir avec le sanatana-dharma, car l'hindou peut se convertir à l'islam, et le musul man à l'hindouisme, et de même pour le chrétien, sans que ces changements puissent jamais affecter leur disposition à servir autrui. Le chrétien, l'hindou, le musulman, tous, toujours, sont les serviteurs de quelqu'un. Professer le sanatana-dharma, ce n'est donc pas suivre telle ou telle secte religieuse, mais, simplement et essentiellement, servir.

Et c'est le service qui nous unit au Seigneur. Le Seigneur a jouissance de tout, et nous sommes Ses serviteurs. Nous existons pour Son seul plaisir, et si nous participons ainsi à Sa félicité éternelle, nous y trouvons notre bonheur propre. Nous ne pouvons être heureux hors de Lui, comme il est impossible aux diverses parties du corps d'obtenir satisfaction si elles refusent de servir le centre vital, l'estomac. L'âme, donc, si elle ne sert le Seigneur avec un amour et une dévotion purs, ne peut se satisfaire.

La Bhagavad-gita réprouve que l'on offre son service, son culte ou son adoration aux devas. On peut lire, à ce propos, dans le septième chapitre:

 

"Ceux dont le mental est déformé par les désirs matériels se vouent aux devas, ils suivent, chacun selon sa nature, les divers rites propres à leur culte."(1)

Ainsi, les hommes qu'agite la convoitise s'abandonnent aux devas plutôt qu'à Krsna, le Seigneur Suprême. L'usage que nous faisons, en pareil cas, du Nom de "Krsna" n'implique rien de sectaire; "Krsna" signifie en effet "la plus grande joie"; or, les Ecritures le confirment, le Seigneur Suprême est le réservoir de tous les plaisirs. (2) L'être distinct est, comme le Seigneur, pleinement conscient, et il recherche le bonheur. Le Seigneur, Lui, jouit d'un bonheur éternel, et si l'être distinct veut aussi connaître le bonheur, il doit s'unir à Lui, coopérer avec Lui et rechercher Sa compagnie.

Le Seigneur descend parfois en ce monde mortel pour y dévoiler la joie de Ses Divertissements. Quand Il séjourna sur Terre, il y a 5 000 ans, une pure félicité inondait chacun de Ses Actes, au milieu des jeunes pâtres et gopis de Vrndavana, des vaches et villageois, qui tous ne vivaient que pour Lui. En ces jours, Krsna Lui-même, alors enfant, dissuada Son père, Nanda Maharaja, d'offrir un culte au deva Indra, voulant établir aux yeux de tous qu'il n'est nul besoin d'adorer les devas. Lui seul doit être adoré, puisque le but ultime de l'existence est de retourner auprès de Lui, en Sa demeure, décrite par la Bhagavad-gita:

"Mon royaume suprême, ni le soleil, ni la lune, ni la force électrique ne l'éclairent. Pour qui l'atteint, point de retour en ce monde." (3)

Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare

Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare