
L’IMPORTANCE DE LA BHAGAVAD-GÎTÂ Poème formé de sept cents versets sanskrits, la Bhagavad-Gîtâ est l’un des plus importants écrits littéraires et philosophiques connus de l’humanité. Aucun texte religieux ou philosophique n’a été autant commenté que la Gîtâ. Grand classique de sagesse éternelle, elle est le principal support de la plus anciennce culture spirituelle au monde – celle de la civilisation védique de l’Inde. Non seulement la Gîtâ a-t-elle guidé la vie religieuse de plusieurs générations d’Hindous, elle a aussi façonné la vie sociale, culturelle et politique de l’Inde grâce à l’influence omniprésente des concepts spirituels dans la civilisation védique. L’influence de la Bhagavad-Gîtâ, toutefois, ne se limite pas à l’Inde seule, mais a profondément marqué la pensée de plusieurs générations de philosophes, théologiens, savants et auteurs occidentaux. Citons, à titre d’exemple, Henry David Thoreau qui révèle dans son journal : « Je baigne chaque matin mon intelligence dans la prodigieuse philosophie cosmogonique de la Bhagavad-Gîtâ... en comparaison de laquelle, notre monde moderne et sa littérature semblent chétifs et insignifiants. » Depuis longtemps considérée comme l’essence de la littérature védique, cette vaste collection d’écrits fort anciens qui sont au fondement de la philosophie et de la spiritualité védique, la Gîtâ est également connue sous le nom de Gîtopanishad. La Bhagavad-Gîtâ fait partie du Mahâbhârata, récit historique dont elle forme les chapitres 25 à 42 du Bhîshma Parva. La tradition l’attribue au grand sage Vyâsadeva, l’avatar-écrivain qui, selon l’historiographie védique, coucha par écrit l’éternelle sagesse védique à l’aube du Kali-yuga, l’âge où nous vivons actuellement. Après avoir compilé les quatre Védas, les Upanishads et le Védânta-soutra, il décida de compiler les Purânas et le Mahâbhârata pour le bien des masses qui ne pouvaient guère assimiler l’enseignement philosophique de ses écrits antérieurs. Découvrant les conclusions philosophiques des Védas à travers des récits historiques, l’homme moyen pourrait plus facilement comprendre et profiter des vérités védiques. Ainsi, la Bhagavad-Gîtâ – essence de la sagesse védique – fut insérée dans les pages du Mahâbhârata, récit plein d’action d’une ère importante de la scène politique de l’Inde ancestrale. La Bhagavad-Gîtâ nous vient sous la forme d’un dialogue entre Sri Krishna et Arjuna. Ce dialogue survient avant le tout début de la Bataille de Kuruksetra, une guerre fraticide qui opposa les Kauravas aux Pândavas et décida du devenir politique de l’Inde. (Les détails du contexte historique de cette guerre sont décrits dans Situation de la Bhagavad-Gîtâ.) Oublieux de son devoir d’état de kshatriya (guerrier), qui consiste à combattre pour une cause juste, Arjuna décide – pour des raisons d’intérêt personnel – de ne pas combattre. Krishna, qui a accepté de devenir le conducteur du chariot d’Arjuna, voit Son ami et dévot sombrer dans l’illusion et la confusion. Il entreprend donc de l’éclairer sur son devoir social immédiat (varna-dharma) en tant que guerrier et, plus important encore, son devoir éternel (sanâtan-dharma) en tant qu’être spirituel. Ainsi la pertinence et l’universalité de l’enseignement de Krishna transcende-t-il le contexte historique immédiat du dilemme d’Arjuna. Krishna parle pour le bien de toutes les âmes oublieuses de leur nature éternelle, du but ultime de la vie et du lien éternel qui les unit à Lui. En lisant la Gîtâ, nous lisons une narration de Sañjaya – un disciple de Vyâsadeva – à Dhritarâstra, roi aveugle et père des Kauravas. Bien que loin du champ de bataille, Sañjaya rapporte l’enseignement divin tel qu’il lui est révélé grâce à la vision surnaturelle conférée par Vyâsadeva. |