
Comment aborder la Gîtâ Il faut aborder avec introspection l’étude de la philosophie védique, laquelle n’est jamais théorique mais vise toujours des transformations pratiques de la perception et de la conscience. À vrai dire, au sein de la culture védique, la sagacité intellectuelle dénuée du désir sincère d’appréhender la vérité a toujours été jugée insuffisante dans le domaine de la science spirituelle. Les mystères de la sagesse transcendantale sont révélés à quiconque croit fermement en Dieu et en le guru : « Le sens et la portée du savoir védique ne se révèlent dans toute leur plénitude qu’aux grandes âmes douées de foi sans réserve en le Seigneur et en le maître spirituel. » (Svetâsvatara Upanishad 6:23) Dans la tradition védique, le disciple approche toujours le guru dans une attitude de foi et soumission. Après avoir choisi un maître qualifié, il s’en remet à lui avec humilité et sans arrogance, comme le fait Arjuna dans la Gîtâ (2:7): « La défaillance m’a fait perdre tout mon sang-froid; je ne vois plus où est mon devoir. Indique-moi clairement la voie juste. Je suis à présent Ton disciple et m’en remets à Toi; éclaire-moi, je T’en prie. » Souvent, Krishna rappelle à Arjuna qu’Il lui révèle le plus secret des savoirs parce qu’Arjuna n’est pas envieux. Lorsqu’Il conclut Son enseignement à Arjuna, Krishna lui dit : « Ce savoir secret ne saurait être dévoilé aux hommes ni austères, ni dévoués, ni engagés dans le service de dévotion, ou qui M’envient. » (18:67) Même si nous n’abordons pas la Gîtâ en tant que disciples, si nous l’étudions dans une attitude d’introspection et de recherche philosophique, notre expérience sera plus profonde. |