L'IMPORTANCE DU VARNASRAMA.
49-02 Le quatrième point consiste à mettre en place le système social dont on a déjà tellement parlé, comme une solution à l'organisation naturelle de la société partout dans le monde. La division des races humaines en nations est artificielle, alors que l'organisation scientifique du système des castes, tel qu'il est décrit dans la Bhagavad-Gita est naturelle. Nous devrons trouver les brahmanes et les autres ordres (kshatriyas, vaishyas et shudras) non seulement en Inde mais partout ailleurs à travers le monde. Le système des castes actuellement instauré en Inde est un système corrompu qui ne correspond en aucun cas à celui décrit dans les écritures védiques. Le système des castes est créé par Dieu en fonction des aptitudes propres à chacun. Il n'a jamais été conçu en fonction de la naissance. Rien de ce qui a été créé par Dieu ne peut être détruit par l'homme. Il ne peut donc pas être question de détruire le système des castes, comme certaines personnes le souhaiteraient. Chaque personne possède des caractéristiques qui lui sont propres, en fonction des différents modes de la nature. Le système des castes, en tant que système scientifique d'organisation sociale, est très naturel d'un point de vue qualitatif. Son but principal est de réaliser le plan de Dieu. Ce faisant, les quatre ordres de la société progressent grâce à leur coopération mutuelle. Lorsqu'un tel progrès spirituel est vraiment réalisé, le progrès matériel s'ensuit automatiquement. Le résultat en est une véritable société sans différence de classes. " (de SPL au Dr. Vallabhayi Patel, le 2 février 1949).
52-01 Du temps de nos ancêtres, la vie ne posait pas autant de problèmes et de contraintes que de nos jours. L'essentiel des problèmes consistait à se procurer de la nourriture, des habits et un toit, mais tout cela était facilement résolu grâce à l'agriculture. L'industrialisation y était totalement inconnue. Nos ancêtres n'auraient jamais eu l'idée de vivre dans d'énormes immeubles luxueux au prix de sacrifier le bien-être de l'humanité. Ils étaient pleinement satisfaits de leur vie rurale, ce qui démontre leur grande intelligence. Même un grand personnage comme Canakya Pandita qui fut Premier Ministre de l'Inde du temps de Candragupta, vivait à la campagne et ne percevait aucun salaire de l'Etat. Ces habitudes très simples ne diminuèrent en rien ses capacités intellectuelles et sa dignité, bien au contraire. Il nous laissa un nombre considérable d'écrits dont s'inspirent encore aujourd'hui des millions de personnes dans la conduite de la vie sociale et politique. A cette époque-là la simplicité propre à la culture brahmanique était un idéal pour tous les autres membres de la société, les kshatriyas, les vashyas et les shudras, qui suivaient les instructions des sages brahmanes. Cette manière d'approcher la Vérité est particulièrement simple, facile et, peut-être bien, la plus parfaite. Les brahmanes enseignaient qu'il y a un Dieu (ou Brahman). Les kshatriyas, les vaishyas et les shudras, moins cultivés que les brahmanes, suivaient ces enseignements avec une grande foi, ou si l'on préfère, aveuglément. Par cette soumission aux brahmanes toute emplie de foi, les autres membres de la société évitaient ainsi de consacrer trop de temps aux questions philosophiques sur l'existence de Dieu, sans pour autant perdre leur foi. Le grand sage brahmane Canakya Pandita disait:
En vérité, une personne d'une grande sagesse est de loin supérieure au politicien, car celui-ci n'est honoré que par les votes des ses partisans, tandis que l'homme de sagesse est honoré sur toute la surface de la terre. Prenons l'exemple de Rabindranath Tagore ou de Gandhi: ils n'ont jamais été tributaires d'un quelconque vote de leurs compatriotes, au contraire ils ont été largement reconnus partout dans le monde grâce à leur contribution culturelle. Cankya Pandita lui-même a expliqué comment mesurer la sagesse et la connaissance par leurs résultats plutôt que par le biais des diplômes universitaires. Il affirmait que celui qui considère toute femme comme si c'était sa propre mère, qui considère les richesses comme de simples cailloux dans la rue et qui voit tous les autres êtres comme ses propres frères, celui-là est un véritable homme de sagesse. Il n'a jamais suggéré que l'érudition dans des domaines tels que la grammaire, la rhétorique ou encore d'autres disciplines, était un critère valable pour mesurer la sagesse, de même que les éventuels diplômes et autres différents titres obtenus dans telle université ou telle autre. De nos jours il est facile de constater que très peu d'hommes considèrent les autres femmes comme leur propres mères. Très peu d'hommes voient dans les biens matériels autant de valeur que dans un simple caillou et très peu d'hommes s'efforcent de traiter autrui comme ils aimeraient qu'on les traite. Les anciens sages ont découvert, grâce à leur bagage spirituel, que l'énergie humaine doit être mise exclusivement au service du développement spirituel. Sans même parler du Seigneur Krishna qui dévoila la philosophie de la Bhagavad-Gita il y a de cela 5000 ans, nous savons que tout au long des vingt derniers siècles il n'y a pas eu un seul grand sage parmi Jésus-Christ, le prophète Mahomet, le Bouddha, Shankara Acarya, Madhva, Ramanuja ou même le Seigneur Chaitanya qui ait accordé la moindre importance à un mode de vie matérialiste. Les besoins matériels étaient alors subordonnés à la réalisation spirituelle. Ils réalisèrent que les problèmes de nourriture, de vêtement et d'abri ne sont jamais résolus par les activités matérielles parce que, selon les lois de la nature, l'éléphant dispose d'une énorme surface de forêt ou de terrain pour se nourrir alors que la petite fourmi ne dispose que d'un petit morceau de sucre et, malgré cela, les animaux sont constamment à la recherche de nourriture. Ce n'est donc pas toute une forêt ou un simple morceau de sucre qui résoudront nos problèmes liés à la recherche de nourriture. Il s'agit plutôt de trouver la vraie nourriture qui peut assouvir la faim de l'être humain en le préparant à la vraie vie. L'être humain ne devrait donc pas être encouragé à satisfaire sa faim comme le grand éléphant ou la minuscule fourmi, mais bien plutôt il devrait être entraîné autrement de manière à se procurer la véritable nourriture. Les beaux temples, les mosquées et les cathédrales de nos ancêtres ont été construits pour donner aux êtres humains leur vraie nourriture. Ils ont été construits selon une logique déductive, en faisant appel à la raison et à la foi. Les Védas, la Bible ou le Coran demandent aux êtres humains de faire un bon usage de leur énergie en la consacrant au service de Dieu. Les sages du passé suivirent ces recommandations sans hésitation afin de réaliser la Vérité Absolue. Tous ces temples et ces mosquées étaient donc des foyers d'une culture élevée destinée à fournir une véritable nourriture à la conscience humaine. Cependant, de nos jours, en l'absence d'une telle culture de valeur, il est bien difficile de faire la différence entre un temple, une mosquée ou une cathédrale et les grands centres commerciaux des villes. S'il est vrai que la culture doit être revalorisée, il est certain qu'il est possible de le faire même dans vos maisons du parlement à New Delhi ou dans les centres commerciaux de New York. De la même manière que la philosophie de Socrate ne se confine pas aux murs d'Athènes, ainsi la culture brahmanique n'est pas limitée non plus aux terres de l'Inde. On peut retrouver partout ailleurs dans le monde les neuf qualités propres au brahmane, les sept qualités propres au kshatriya, les trois qualités propres au vaishya et la qualité propre au shudra. Bien que né au sein d'une famille vaishya, Gandhiji réunissait en lui-même pratiquement les neuf qualités du brahmane. Il est donc possible de trouver d'autres brahmanes dans d'autres contrées du globe. Un homme politique brahmane disciple de Gandhi serait largement compétent pour mener à bien les idéaux gandhiens, alors qu'un millier d'autres shudras, hommes politiques aussi, ne pourraient que briser ces idéaux en mille morceaux. Par conséquent, si nous voulons approcher la Vérité Absolue par de nouveaux moyens en harmonie avec notre époque et les circonstances actuelles, nous devrions nous efforcer d'être sincères envers autrui selon l'authentique tradition culturelle brahmanique. Un comité d'au maximum douze brahmanes dûment qualifiés, venant de tous les coins du globe, devrait se concerter pour veiller à la correcte application des principes propres aux kshatriyas, aux vaishyas et aux shudras partout dans le monde. La méthode de raisonnement socratique pourrait être employée avantageusement étant donné qu'elle reflète parfaitement la différence qui existe entre l'être humain et les animaux. Nous disposons d'un énorme champ d'application pour cette nouvelle façon d'approcher la Vérité Absolue. Elle permettra de soulager et de mettre un terme au terrible mal qui afflige le monde. Si de tels brahmanas dûment qualifiés se font rares, ce qui est le cas de nos jours à mon avis, nous devrions concerter nos efforts afin de développer une telle culture brahmanique, non pas avec une foi aveugle mais par le biais d'un questionnement clair et d'un raisonnement juste. En tant qu'humble disciple de Om Vishnupada Sri Srimad Bhaktisiddhanta Sarasvati Goswami, je souhaite me montrer toujours sincère envers vous et envers tous les êtres. Si vous faites preuve de sincérité envers vos ancêtres, j'entends par là envers la culture brahmanique, vous aurez la force et les moyens de sauver le monde en lui offrant une nouvelle fois cette culture brahmanique qui détruira le lourd fardeau qui pèse sur le monde. C'est là une action d'une grande générosité d'esprit pour laquelle je demeure constamment à votre service. J'attends votre réponse avec grand intérêt. (de SPL à Nehru, le 20 janvier 1952).
68-03 "La prochaine fois que je retournerai à San Francisco, quelques-uns des garçons qui ont chanté régulièrement au moins seize tours pendant une année, seront initiés pour la deuxième fois et recevront le fil sacré afin qu'ils soient reconnus comme des brahmanes à part entière." (de SPL à Gargamuni, le 31 mai 1968)
68-08 "Mon idée pour développer La Nouvelle Vrindavana est de créer une atmosphère spirituelle où les personnes sincères appartenant aux différentes divisions de la société - c'est à dire, les brahmacaris, les grihasthas, les vanaprasthas et les sannyasis, ou plus spécifiquement les brahmacaris, les sannyasis et les vanaprasthas - pourront vivre avec indépendance, tirant leur subsistance exclusivement de l'agriculture et des produits laitiers. La vie devrait y être très simple, en évitant de se consacrer au travail jour et nuit dans un but économique et sans la moindre compréhension de la vie spirituelle. L'idée est que les personnes qui y vivent consacrent une partie de leur temps aux besoins matériels de la vie tout en engageant la majeure partie de leur temps au développement de la conscience de Krishna. Le coeur de la culture védique est le développement de la conscience de Krishna, sans accorder trop d'importance à la satisfaction des sens matériels." (de SPL à Hayagriva, le 17 août 1968)
69-09 Je suis heureux d'apprendre que vous vous portez bien au temple de Philadelphie. Subala m'a écrit, me laissant savoir que vous lui êtes d'une grande aide la-bas. En ce qui concerne Rohini Devi, peut-être que Krishna désire que vous demeuriez brahmacari. Bien qu'elle était désireuse de vous épouser, vous n'étiez pas véritablement intéressé. Maintenant que son père l'a fait enlever, vous pourriez voir cela comme une manifestation de la volonté de Krishna. Si vous choisissez de demeurer brahmacari, je vous reprendrai comme assistant personnel lorsque je visiterai les Etats-Unis. J'étais très satisfait par votre service. Que Krishna vous bénisse encore et encore.
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