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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 2 CHAPITRE 10 Le Bhagavatam répond
à toutes les questions.
tasv avatsit sva-srstasu
sahasram parivatsaran tena narayano nama yad apah purusodbhavah
dravyam karma ca kalas ca
svabhavo jiva eva ca yad-anugrahatah santi na santi yad-upeksaya
Parce que les êtres distincts veulent régner en maître sur la nature matérielle, il leur est donné de jouir des éléments matériels, du temps et des gunas. Pourtant, le Seigneur est le maître et le bénéficiaire suprême de toute chose, et les êtres distincts ont pour fonction de contribuer à cette joie divine et de participer ainsi au bonheur spirituel et absolu de tous. Celui qui représente l'objet du plaisir et celui qui en jouit partagent ensemble le plaisir qui découle de la relation qui les unit, mais les êtres distincts, fourvoyés par l'énergie illusoire, convoitent la position du Seigneur et désirent jouir eux-mêmes du plaisir qui Lui revient, bien que ce ne soit pas là leur fonction naturelle. La Bhagavad-gita ainsi que le Visnu Purana identifient les êtres distincts, ou jivas, à la nature supérieure du Seigneur, ou para-prakrti, mais jamais ils ne sauraient être les purusas, les véritables bénéficiaires du plaisir. Par conséquent, l'esprit de jouissance que manifestent les jivas en ce monde matériel va-t-il à l'encontre de leur nature même. Toutefois, dans le monde spirituel, les êtres distincts manifestent leur véritable nature, toute de pureté, en contribuant et en participant à la félicité du Seigneur Suprême. Dans l'univers matériel, cette aspiration au plaisir, qui caractérise les êtres distincts cherchant à jouir du fruit de leurs actes (karma), s'affaiblit peu à peu de par les lois de la nature, et c'est alors que l'énergie illusoire suggère à l'âme conditionnée qu'elle devrait devenir l'égale du Seigneur. Et voilà bien le dernier piège de Maya. Cependant, lorsque cette ultime illusion est dissipée par la miséricorde du Seigneur, l'être distinct retrouve alors sa position originelle et obtient ainsi la libération véritable. C'est donc précisément pour qu'il puisse s'affranchir des griffes de la matière que le Seigneur crée le monde matériel, le maintient pour un temps et décide enfin de l'anéantir. Ainsi les êtres distincts dépendent-ils entièrement de la miséricorde du Seigneur, car les prétendus plaisirs que leur offrent les progrès de la science s'effondrent en poussière lorsqu'Il le désire.
eko nanatvam anvicchan
yoga-talpat samutthitah viryam hiranmayam devo mayaya vyasrjat tridha
La Bhagavad-gita (IX.7-8) décrit ainsi la création et l'anéantissement du monde matériel:
prakrtim svam avastabhya Par conséquent, avant la création ou manifestation de l'univers matériel, seul le Seigneur existe dans la totalité de Son énergie (maha-samasti), et lorsqu'Il désire Se faire multiple, Il se manifeste alors en l'énergie totale multiple (samasti). A partir de cette dernière, le Seigneur Se manifeste ensuite tels les êtres distincts, selon trois caractéristiques (adhyatmique, adhidaivique et adhibhautique), ce qui a déjà été expliqué (vyasti). Ainsi la création tout entière et les diverses énergies qui la composent sont-elles simultanément une et différentes. Parce que tout émane du Seigneur (Maha-Visnu ou Maha-samasti), rien dans l'univers matériel ne diffère de Lui. Cependant, Ses diverses énergies possèdent toutes des fonctions spécifiques qui leur sont assignées par le Seigneur, et par conséquent, demeurent distinctes de Lui. Pareillement, les êtres distincts qui représentent eux aussi une énergie du Seigneur, Sa puissance marginale, sont-ils simultanément différents et non différents de Sa Personne. Au stade non manifesté, les énergies marginales continuent d'exister en puissance dans le Corps du Seigneur, puis lorsqu'elles apparaissent de nouveau au sein de l'univers matériel, elles sont manifestées sous diverses formes, selon les désirs que déterminent les gunas. Ces manifestations variées des énergies marginales correspondent aux divers états conditionnés des êtres distincts. Quant aux êtres libérés, lesquels vivent à jamais dans la manifestation éternelle (sanatana), ce sont des âmes entièrement soumises qui n'ont donc pas à subir ces cycles de création et de destruction. Ainsi, plongé dans Son sommeil mystique, le Seigneur déclenche par Son regard le processus de création. Et c'est alors que chaque univers, avec son Brahma, se voit manifesté, puis anéanti, dans un cycle sans fin.
adhidaivam athadhyatmam
adhibhutam iti prabhuh athaikam paurusam viryam tridhabhidyata tac chrnu
antah sarira akasat
purusasya vicestatah ojah saho balam jajne tatah prano mahan asuh
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |