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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 2 CHAPITRE 10 Le Bhagavatam répond
à toutes les questions.
yadatmani niralokam
atmanam ca didrksatah nirbhinne hy aksini tasya jyotis caksur guna-grahah
Par nature, l'univers matériel baigne dans les ténèbres. Aussi, la création dans son ensemble est-elle qualifiée de tamas. L'obscurité de la nuit, qui pour l'être distinct rend toute chose invisible, jusqu'à son propre corps, représente la condition naturelle de l'univers. Mais le Seigneur, de par Sa miséricorde sans cause, désira voir Sa propre Personne et c'est ainsi que furent manifestés le soleil, les formes et la vue. Il en ressort donc que le monde phénoménal tout entier ne devint visible qu'après la création du soleil.
bodhyamanasya rsibhir
atmanas taj jighrksatah karnau ca nirabhidyetam disah srotram guna-grahah
Comme le précise la Bhagavad-gita, le développement du savoir doit conduire à la connaissance du Seigneur Suprême, le summum bonum de toute chose. Le savoir ne se limite pas à la connaissance de la physique ou des lois de la nature, lesquelles agissent sous la direction du Seigneur. Les hommes de science sont avides de connaître ce qui touche aux lois physiques qui régissent la nature matérielle et d'apprendre ce qui se passe ailleurs, en d'autres planètes, par l'intermédiaire de la radio et de la télévision. Ils ignorent toutefois que le pouvoir d'entendre ainsi que les organes de l'ouïe leur furent donnés par Dieu afin qu'ils puissent écouter ce qui touche à la connaissance du Soi, ou du Seigneur. Au lieu de cela, ils font un mauvais usage de leur sens de l'ouïe et ne se plaisent qu'à écouter des informations d'ordre matériel. Mais les grands sages, eux, n'avaient d'autre désir que d'entendre ce que le savoir védique pouvait leur révéler du Seigneur, et c'est précisément ainsi, grâce à une écoute attentive, que l'on peut commencer à assimiler la connaissance.
vastuno mrdu-kathinya-
laghu-gurv-osna-sitatam jighrksatas tvan nirbhinna tasyam roma-mahi-ruhah tatra cantar bahir vatas tvaca labdha-guno vrtah
Le sens du toucher permet de percevoir les caractéristiques physiques de la matière et par le fait même, d'acquérir une connaissance des lois de la physique. On pourra, par exemple, estimer la température d'un objet en le touchant et évaluer son poids en le soulevant. La peau, les pores de la peau, et les poils sur le corps participent tous à la sensation tactile, et il en est de même pour la pellicule d'air qui existe de part et d'autre de la peau. Le sens du toucher est donc source de savoir; aussi notre verset indique-t-il que la connaissance physique reste subordonnée à la connaissance du Soi, comme il fut expliqué plus haut. A partir de la connaissance du Soi s'obtient la connaissance du phénomène, alors que cette science physique, elle, ne peut conduire à la connaissance du Soi. Il existe un lien étroit entre les poils du corps et la végétation qui pousse à la surface de la terre. Il sera d'ailleurs expliqué au troisième Chant de cet ouvrage que les plantes servent à nourrir et à soigner la peau (tvacam asya vinirbhinnam vivisur dhisnyam osadhih).
hastau ruruhatus tasya
nana-karma-cikirsaya tayos tu balavan indra adanam ubhayasrayam
Tous ces versets permettent de comprendre que les organes des sens de l'être distinct ne peuvent en aucun cas agir par eux-mêmes. Le Seigneur est connu sous le Nom de Hrsikesa, le maître des sens. En effet, les organes des sens des êtres distincts sont manifestés par la volonté du Seigneur et, en outre, chacun d'entre eux se trouve sous la dépendance d'un deva particulier. Nul ne peut donc se dire le maître et bénéficiaire de ses sens. L'être distinct demeure subordonné aux sens, lesquels se trouvent dominés par les devas, et les devas sont les serviteurs du Seigneur Suprême. Tel est le principe qui régit toute chose dans la création. En dernier lieu, tout dépend de la volonté du Seigneur Suprême, et il ne saurait être question d'autonomie en ce qui concerne la nature matérielle ou l'être distinct. L'être illusionné qui prétend être le maître de ses sens révèle par là même qu'il se trouve sous l'emprise de l'énergie externe du Seigneur, et il en demeurera prisonnier aussi longtemps qu'il persistera, malgré son insignifiance, à se montrer orgueilleux de sa personne. L'être distinct ainsi illusionné ne saurait d'aucune manière s'affranchir des griffes de Maya, l'illusion, en dépit de tous ses efforts pour se faire passer pour une âme libérée.
gatim jigisatah padau
ruruhate bhikamikam padbhyam yajnah svayam havyam karmabhih kriyate nrbhih
Chaque être humain se trouve engagé dans une occupation particulière selon son devoir propre, comme en témoigne l'effervescence qui règne dans le monde entier, et plus particulièrement dans les grandes villes où l'on voit les gens très affairés courir de tous côtés. Or cette animation ne se limite pas aux villes puisque divers moyens de transport permettent aux hommes de se déplacer très rapidement sur de longues distances. Ils sillonnent le monde en voiture et en train, fendent les airs à bord d'avions ou s'enfoncent sous la terre avec le métro, tout cela pour mener à bien leurs affaires et s'assurer ainsi une existence confortable. Qu'il s'agisse d'hommes de science, d'artistes, de techniciens ou d'ingénieurs, tous n'agissent que pour leur propre bien-être. Ils ignorent l'art de diriger leurs activités vers le but réel de l'existence et de s'acquitter ainsi de leur mission d'homme. Dans leur ignorance, ils vouent tous leurs actes à cette recherche effrénée du plaisir des sens et s'enfoncent toujours plus dans la noirceur la plus ténébreuse. Captivés par l'énergie externe du Seigneur Suprême, ils ont perdu tout souvenir de Dieu, la Personne Souveraine, Visnu, et prennent pour acquis que l'existence en ce monde n'a d'autre but que de jouir au mieux des plaisirs des sens. Mais nul ne saurait trouver ainsi la paix intérieure, et malgré toute la connaissance acquise dans l'art d'exploiter les ressources de la nature, nul ne trouve le bonheur au sein d'une civilisation matérialiste. Ils ignorent qu'ils doivent en toute circonstance, s'efforcer d'exécuter des sacrifices visant à la paix mondiale. Ce secret, la Bhagavad-gita (XVIII.45-46) le révèle également dans le verset suivant:
yatah pravrttir bhutanam Il est tout à fait normal de rencontrer différentes inclinations chez les hommes puisque chacun est libre de mener sa vie comme il l'entend et de se consacrer à diverses occupations, mais l'homme doit veiller à être parfaitement conscient qu'il ne jouit nullement d'une indépendance absolue. De toute évidence, chacun dépend de la volonté du Seigneur Suprême et de Ses diverses énergies. Sachant cela, l'homme devra se fixer pour but de servir le Seigneur Suprême à travers ses actes et les fruits de son travail, comme le préconisent les maîtres faisant autorité dans le service d'amour spirituel offert au Seigneur Suprême, Sri Visnu. Les jambes jouent un rôle prépondérant dans l'accomplissement des devoirs prescrits car sans elles nous ne pourrions nous déplacer. Le Seigneur régit donc tout spécialement la fonction des jambes, lesquelles doivent servir l'homme dans l'accomplissement des yajnas.
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |