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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 2 CHAPITRE 10 Le Bhagavatam répond
à toutes les questions.
nirabhidyata sisno vai
prajanandamrtarthinah upastha asit kamanam priyam tad-ubhayasrayam
Les organes génitaux permettent à l'âme conditionnée de goûter au plaisir céleste de la jouissance sexuelle, et la femme représente l'objet d'un tel plaisir. Quant à Prajapati, le deva-maître de la femme et de la perception sensorielle de ce plaisir sexuel, il demeure lui-même subordonné aux organes génitaux du Seigneur. Ce verset prouve aux impersonnalistes que le Seigneur n'a rien d'impersonnel, puisqu'Il possède des organes génitaux auxquels est subordonné l'objet de tout plaisir sexuel. Nul ne prendrait la peine de procréer s'il n'y avait le plaisir céleste des rapports sexuels. L'univers matériel a été créé afin que les âmes conditionnées puissent avoir l'opportunité renouvelée de retourner à Dieu, en leur demeure originelle. Par suite, cette finalité de la création exige que des êtres distincts se reproduisent, et ils y seront motivés par le plaisir sexuel. Ce plaisir peut donc s'inscrire lui aussi dans le cadre d'un service offert au Seigneur dans la mesure où l'acte sexuel est accompli afin de procréer des enfants qui seront élevés dans la conscience de Dieu. La création matérielle n'a d'autre raison d'être que de permettre à l'être distinct de raviver sa conscience divine assoupie. Certes, le plaisir sexuel existe chez toutes les espèces vivantes, mais à part l'homme, aucun être vivant ne s'accouple dans le but de servir la mission du Seigneur. Par contre, l'âme conditionnée ayant obtenu une forme humaine pourra servir le Seigneur en procréant des enfants qui pourront atteindre la libération. L'homme a le droit de jouir du plaisir céleste des rapports sexuels et d'avoir des centaines d'enfants, mais seulement dans la mesure où il est capable de les élever dans une conscience divine. Dans le cas contraire, l'homme ne vaut guère mieux qu'un porc; en fait, cet animal lui est même supérieur puisqu'il peut donner le jour à une douzaine de porcelets à la fois... Il importe donc de toujours se rappeler que les organes sexuels, le plaisir sexuel, la femme et la progéniture sont tous reliés au service du Seigneur. Celui qui oublie cette vérité appelle sur lui les trois formes de souffrances imposées par la nature matérielle. Les chiens connaissent, eux aussi, le plaisir sexuel, mais ils n'ont aucune conscience spirituelle. Voilà donc ce qui distingue l'homme de l'animal: la conscience divine.
utsisrksor dhatu-malam
nirabhidyata vai gudam tatah payus tato mitra utsarga ubhayasrayah
Comment l'être distinct peut-il se dire autonome puisque même l'excrétion des matières fécales est régie par une puissance supérieure?
asisrpsoh purah purya
nabhi-dvaram apanatah tatrapanas tato mrtyuh prthaktvam ubhayasrayam
Le prana-vayu, qui prolonge l'existence, ainsi que l'apana-vayu, qui interrompt la force vitale, proviennent tous deux de l'orifice abdominal, du nombril, lequel marque la jonction de deux corps. C'est de l'orifice abdominal de Garbhodakasayi Visnu, que naquit Brahma, avec un corps distinct, et de même tous les êtres naissent en ce monde selon ce même principe. Le corps de l'enfant se développe à partir de celui de sa mère, et il s'en trouve séparé lorsque est coupé le cordon ombilical. C'est ainsi que le Seigneur Se manifeste en d'innombrables fragments séparés de Lui, les êtres distincts, qui ne jouissent donc véritablement d'aucune autonomie.
aditsor anna-pananam
asan kuksy-antra-nadayah nadyah samudras ca tayos tustih pustis tad-asraye
Les rivières incarnent les deva-maîtres des intestins, et les mers ceux des artères. L'assimilation métabolique de la nourriture et de la boisson permet d'assurer le maintien du corps en remplaçant les pertes d'énergie. Par conséquent, la santé du corps dépend du bon fonctionnement des intestins et des artères, lesquels dépendent eux-mêmes des mers et des rivières, les deva-maîtres de ces organes.
nididhyasor atma-mayam
hrdayam nirabhidyata tato manas candra iti sankalpah kama eva ca
Le coeur de chaque être distinct est le siège de l'Ame Suprême, du Paramatma, une émanation plénière de Dieu, l'Etre Souverain. Sans cette présence de l'Ame Suprême, l'être distinct ne pourrait recevoir le fruit de ses actes passés et s'engager ainsi dans l'action. Les êtres conditionnés en ce monde matériel apparaissent dans la création, revêtant des formes variées qui correspondent aux diverses inclinations qui leur sont propres. Sous la direction de 1'Ame Suprême, l'énergie matérielle procure à chacun un corps matériel qui lui convient. Tel est l'enseignement de la Bhagavad-gita (IX.10). Par suite, lorsque l'Ame Suprême apparaît dans le coeur de l'être distinct, le mental propre à cette âme conditionnée devient à son tour manifesté; l'être prend alors conscience de son occupation spécifique, tout comme un homme, le matin, se rappelle de son devoir dès qu'il se réveille. En résumé, le mental matériel de l'être distinct se développe lorsque l'Ame Suprême apparaît en son coeur; c'est alors que le mental, son deva-maître (la Lune) et les fonctions du mental (soit penser, ressentir et vouloir) deviennent manifestés. L'activité psychique ne peut commencer avant que le coeur n'entre en action, et celui-ci n'apparaît que lorsque le Seigneur désire contempler l'activité au sein de la création matérielle.
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