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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 2 CHAPITRE 10 Le Bhagavatam répond
à toutes les questions.
tvak-carma-mamsa-rudhira-
medo-majjasthi-dhatavah bhumy-ap-tejomayah sapta prano vyomambu-vayubhih
Le monde matériel dans son ensemble est constitué principalement de trois éléments: la terre, l'eau et le feu. La vitalité, toutefois, est engendrée par l'éther, l'air et l'eau. L'eau est donc l'élément commun aux formes grossières et subtiles de toute la création matérielle, et il convient de noter ici que, par nécessité, l'eau représente le principal élément d'entre les cinq qui composent la création. Le corps matériel est donc un amalgame de ces cinq éléments, et ce sont la terre, l'eau et le feu qui permettent d'en percevoir la manifestation grossière. Les sensations propres au toucher sont dues à la fine pellicule qui recouvre la peau, et les os ont la résistance de la pierre. L'air nécessaire à la respiration provient de l'éther, de l'air et de l'eau, d'où l'importance de certains facteurs, comme le grand air, les bains fréquents et un endroit spacieux pour vivre, lesquels favorisent la santé et la vitalité de l'être. Pareillement, les produits de la terre, tels les céréales et les légumes frais, ainsi que l'eau pure et la chaleur, seront également bénéfiques pour le corps.
gunatmakanindriyani
bhutadi-prabhava gunah manah sarva-vikaratma buddhir vijnana-rupini
Illusionné par la nature matérielle, l'être distinct s'identifie à l'ego matériel. Le processus va comme suit: dès que l'être distinct entre dans la prison du corps matériel, il oublie son identité véritable d'âme spirituelle pour s'identifier à diverses désignations répondant à une conception corporelle de l'existence. Cet ego matériel entre au contact des différents gunas, auxquels les sens vont alors s'attacher. Le mental permet de ressentir diverses expériences d'ordre matériel, alors que l'intelligence possède un pouvoir de délibération permettant à l'être d'opter pour ce qu'il croit lui convenir davantage. L'homme d'intelligence peut ainsi s'échapper de l'illusoire existence matérielle s'il sait faire un usage judicieux de son intelligence. En effet, s'il prend conscience des problèmes qui s'attachent à l'existence matérielle, il cherchera alors à découvrir son identité réelle, la cause des diverses souffrances qui lui sont imposées et la voie par quoi il s'en affranchira. Il est donc recommandé aux êtres perspicaces de rechercher la compagnie bénéfique de saints hommes et de grands sages qui ont emprunté la voie du salut, et d'ainsi s'élever à un niveau supérieur, celui de la réalisation spirituelle. Crâce à l'enseignement de ces grandes âmes, l'être conditionné peut apprendre à se défaire du lien qui l'enchaîne à la matière. Ainsi l'homme d'intelligence peut-il s'affranchir progressivement de l'illusion et de l'ego matériel, et accéder à la véritable existence, toute d'éternité, de connaissance et de félicité.
etad bhagavato rupam
sthulam te vyahrtam maya mahy-adibhis cavaranair astabhir bahir avrtam
La Bhagavad-gita (VII.4) enseigne que l'énergie matérielle, distincte du Seigneur, est recouverte de huit couches de matière: la terre, l'eau, le feu, l'air, l'éther, le mental, l'intelligence et l'ego matériel. Tous ces éléments qui émanent du Seigneur Suprême représentent Son énergie externe et sont comparés à une couche de nuages voilant le soleil. Le soleil ne saurait être recouvert par les nuages qu'il a lui-même créés, puisqu'il est infiniment plus grand qu'eux; en réalité, c'est notre vision qui est obstruée. Pareillement, Dieu, la Personne Suprême, ne saurait être voilé par l'une ou l'autre de Ses énergies. Bien plutôt, le nuage illusoire de la matière est créé par le Seigneur afin de couvrir la vision des âmes conditionnées qui désirent régner en maître sur la nature matérielle. Ainsi le Seigneur Se réserve-t-Il le droit de ne pas Se révéler à leurs yeux. Privés de cette vision spirituelle qui seule permet de voir Dieu, la Personne Suprême, les êtres conditionnés nient l'existence du Seigneur et de Sa Forme absolue. Ces hommes privés de connaissance véritable ne savent percer le voile de cette gigantesque manifestation matérielle, et c'est ce que nous montrera le prochain verset.
atah param suksmatamam
avyaktam nirvisesanam anadi-madhya-nidhanam nityam van-manasah param
La forme externe du Seigneur Suprême n'est manifestée qu'à certains intervalles et se distingue ainsi de Sa Forme éternelle, laquelle ne connaît ni début, ni milieu, ni fin, contrairement à toute manifestation matérielle. Le Seigneur étant à l'origine de l'univers matériel, Sa Forme existait avant même le début de la création; elle transcende donc toute conception matérielle aussi subtile soit-elle. D'entre tous les éléments matériels grossiers, l'éther est le plus subtil, et au-delà de l'éther se trouvent le mental, l'intelligence et l'ego matériel. Or, ces huit éléments sont décrits comme des voiles externes dissimulant la Vérité Absolue, laquelle demeure donc au-delà de toute expression et de toute recherche d'ordre matériel. Et parce qu'elle transcende toute conception matérielle, on la qualifie de nirvisesanam. Toutefois, n'allons pas croire qu'elle se trouve dépourvue de tout attribut transcendant. Visesanam signifie attribut et le préfixe nir indique que la Vérité Absolue ne comporte aucun attribut ou aucune variété d'ordre matériel. Ce mot à sens négatif la définit comme étant non manifestée, spirituelle, éternelle, et au-delà de toute conception mentale ou verbale -c'est-à-dire au-delà de toute conception verbale matérielle. En d'autres mots, nul ne peut comprendre la nature de la Forme transcendante du Seigneur s'il n'est lui-même situé au niveau de la transcendance.
amuni bhagavad-rupe
maya te hy anuvarnite ubhe api na grhnanti maya-srste vipascitah
Comme l'indique ce verset, les impersonnalistes conçoivent Dieu, la Personne Suprême et Absolue, de deux façons différentes: certains adorent le Seigneur dans Sa forme universelle omniprésente, ou visva-rupa, et d'autres méditent sur Sa Forme subtile non manifestée, au-delà de toute description. Les théories du panthéisme et du monisme correspondent respectivement à ces conceptions grossière et subtile du Suprême, mais elles sont toutes deux rejetées par les purs bhaktas qui connaissent le Seigneur sous Son aspect véritable et possèdent ainsi le vrai savoir. Ce qu'énonce avec clarté le onzième chapitre de la Bhagavad-gita (XI.45), lorsque Sri Krsna, le Seigneur Suprême, révéla Sa visva-rupa à Arjuna:
Les purs bhaktas offrent donc leur adoration au Seigneur dans Ses Formes Vaikunthas de Narayana ou de Krsna. Parfois, ces mêmes Formes Vaikunthas sont manifestées dans l'univers matériel par la miséricorde du Seigneur, lequel apparaît alors tels Sri Rama, Sri Krsna, Sri Narasimhadeva et tant d'autres avataras que vénèrent Ses purs dévots. Généralement, les formes visibles en ce monde matériel n'existent pas sur les planètes Vaikunthas, et les purs bhaktas ne les prennent donc pas en considération. Ils réservent leur adoration aux Formes éternelles du Seigneur, telles qu'on les trouve sur les planètes Vaikunthas. Si les abhaktas impersonnalistes conçoivent le Seigneur sous diverses formes matérielles pour finalement se fondre en Son brahmajyoti impersonnel, les purs bhaktas, eux, adorent le Seigneur autant au début de leur évolution spirituelle que lorsqu'ils ont atteint la libération parfaite. Eternelle, leur adoration ne connaît jamais de fin, alors que celle des impersonnalistes cesse lorsqu'ils ont obtenu le salut et qu'ils se fondent dans le brahmajyoti, l'aspect impersonnel du Seigneur. Notre verset qualifie donc les purs bhaktas de vipascita, ou maîtres du savoir, en ce qu'ils ont une parfaite connaissance du Seigneur. (1) "En voyant cette forme universelle, que jamais encore je n'avais vue, je suis heureux, mais en même temps, mon mental est ébranlé par la peur. C'est pourquoi je Te prie d'apparaître dans Ta Forme de Personne Suprême; fais-moi cette grâce, ô Seigneur des seigneurs, ô refuge de l'univers."
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |