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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 2 CHAPITRE 2 Le Seigneur qui réside
dans le coeur.
sri-suka uvaca
evam pura dharanayatma-yonir nastam smrtim pratyavarudhya tustat tatha sasarjedam amogha-drstir yathapyayat prag vyavasaya-buddhih
Jadis, avant que le cosmos ne soit manifesté, Brahmaji médita sur la virat-rupa, et se rendant agréable au Seigneur, retrouva sa conscience originelle. C'est ainsi qu'il put reconstituer la création telle qu'elle existait auparavant.
L'exemple de Sri Brahmaji illustre fort bien la condition oublieuse de l'être. Brahmaji incarne l'une des influences matérielles issues du Seigneur. Divinité de la passion, il est investi par le Seigneur du pouvoir de manifester la merveilleuse création matérielle. Cependant, parce qu'il compte parmi les innombrables êtres distincts, il est susceptible d'oublier l'art propre à son énergie créatrice. Cette condition oublieuse de l'être -perceptible depuis la minuscule fourmi jusqu'à Brahma- peut être réprimée par le fait de méditer sur la virat-rupa du Seigneur. Tel est le privilège de la forme humaine; l'homme qui adhère à l'enseignement du Srimad-Bhagavatam et qui entame sa méditation sur la virat-rupa, voit simultanément s'éveiller sa conscience pure et originelle, et disparaître cette tendance à oublier la relation éternelle qui l'unit au Seigneur. A l'instant même où se dissipe l'oubli apparaît alors le vyavasaya-buddhi, que mentionne la Bhagavad-gita (II.41) ainsi que notre verset. Ce savoir authentique conduit au service d'amour que l'on offre au Seigneur, indispensable à l'être distinct. Le royaume de Dieu ne connaît aucune limite, et il en est de même pour le nombre des intermédiaires qui assistent le Seigneur dans Ses oeuvres. La Bhagavad-gita (XIII.14) enseigne à ce propos que le Seigneur étend Ses mains, Ses jambes, Ses yeux et Ses bouches par toute Sa création. Cela revient à dire que Ses émanations formées par Ses parties intégrantes, les êtres distincts ou jivas, représentent Ses assistants qui, tous, sont destinés à une forme particulière de service dévotionnel. Mais l'âme conditionnée, occuperait-elle le poste de Brahma, oublie ces vérité sous l'influence de l'énergie matérielle illusoire, issue du faux ego. La conscience propre au faux ego peut être contrecarrée par l'éveil de la conscience divine. A vrai dire, on entend par libération le fait de sortir de la torpeur de l'oubli et de s'établir dans le véritable service d'amour offert au Seigneur, comme l'illustre ici l'histoire de Brahmaji. Ses actes servent en effet d'exemple pour établir le contraste entre l'attitude de service propre à l'état libéré et ces formes de service que l'on dit altruistes mais où règnent l'erreur et l'oubli. La libération n'est jamais synonyme d'inaction mais plutôt d'une attitude de service affranchie de toute erreur humaine.
sabdasya hi brahmana esa pantha
yan namabhir dhyayati dhir aparthaih paribhramams tatra na vindate rthan mayamaye vasanaya sayanah
L'âme conditionnée échafaude sans cesse des plans en vue de trouver le bonheur en ce monde, et elle étend cette quête jusqu'aux limites mêmes de l'univers. Loin d'être satisfait des conditions de vie que lui offre la Terre, dont il a exploité au maximum les ressources naturelles, l'homme veut se rendre sur la Lune ou sur Vénus pour essayer là aussi de jouir à outrance des avantages qu'offrent ces planètes. Mais le Seigneur, dans la Bhagavad-gita, (VIII.16) nous avertit de la futilité des innombrables planètes de notre univers comme de celles des autres systèmes planétaires. Il existe des myriades d'univers peuplés d'un nombre infini de planètes, mais toutes sans exception sont des lieux de souffrance où l'on subit la naissance, la maladie, la vieillesse et la mort, maux inhérents à ce monde matériel. Le Seigneur enseigne qu'on ne saurait tenir même la plus haute planète, soit Brahmaloka ou Satyaloka, pour un lieu où règne le parfait bonheur, et ce à cause des souffrances matérielles mentionnées mentionnées plus haut; que dire alors des autres planètes, fussent-elles édéniques. Les âmes conditionnées se placent tout entières sous le joug des lois de l'action intéressée; aussi vont-elles parfois s'élever jusqu'à atteindre Brahmaloka pour à nouveau choir vers Patalaloka, comme des enfants ignorants sur un manège. Le vrai bonheur se trouve plutôt dans le royaume de Dieu où nul ne souffre les affres de l'existence matérielle. Les voies de l'action intéressée préconisées par les Ecritures védiques s'avèrent donc trompeuses. Certains pensent qu'ils vivront mieux dans tel ou tel pays, sur cette planète ou sur une autre, mais nulle part en l'univers matériel, ils ne pourront assouvir leurs véritables aspirations: une vie éternelle, une intelligence parfaite et un bonheur complet. Sukadeva Gosvami suggère indirectement qu'au terme de sa vie, Maharaja Pariksit ne devrait pas aspirer à se rendre sur les planètes prétendues édéniques, mais bien plutôt se préparer à retourner en sa demeure originelle, dans le royaume de Dieu. Aucune planète matérielle n'est éternelle et il en est de même pour les conditions de vie qu'elles offrent. Il faut donc éprouver un profond dégoût pour ces plaisirs éphémères.
atah kavir namasu yavad arthah
syad apramatto vyavasaya-buddhih siddhe nyatharthe na yateta tatra parisramam tatra samiksamanah
Le culte du Srimad-Bhagavatam, ou bhagavata-dharma, diffère tout à fait de la voie de l'action intéressée, que les bhaktas tiennent pour une simple perte de temps. L'univers entier, et même toute l'existence matérielle, connaît une existence de jagat, c'est-à-dire uniquement axée sur le fait de rendre la vie agréable et de trouver la paix, et ce, bien qu'il soit évident pour tous que l'existence en ce monde n'est ni agréable, ni libre d'angoisses et qu'elle ne pourra jamais l'être, à aucun stade de son évolution. Ceux-là qui, malgré tout, restent éblouis par le progrès illusoire d'une civilisation matérialiste -ou qui, en d'autres mots, empruntent le sentier des fantasmes- ont certes perdu l'esprit. De fait, la création matérielle tout entière n'est qu'un amalgame de noms, un édifice trompeur fait de terre, d'eau, de feu, etc. Les grands immeubles, les usines, les minoteries, les habitations, les meubles, les automobiles, l'industrie, la guerre, la paix et même la plus haute découverte de la science moderne, soit l'électronique et l'énergie nucléaire, ne sont que des noms trompeurs attribués à des éléments matériels qu'accompagne une chaîne de conséquences liées à l'action des trois gunas. Le bhakta les connaît fort bien et ne cherche aucunement à créer un environnement artificiel et malsain pour cette existence qui n'a rien de commun avec la réalité et constitue un univers de noms dont la résonance revêt autant d'importance que le vain mugissement des vagues de l'océan. Les grands de ce monde, rois, chefs d'Etat et généraux, s'affrontent à la guerre dans l'espoir que leur nom restera gravé dans l'histoire. Mais ils ont tôt fait de sombrer dans l'oubli et de céder leur place pour que s'entame une autre page de l'histoire. Mais le bhakta, lui, réalise combien l'histoire et ses grands personnages ne sont que le produit du temps qui fuit et les frappe par là de vanité. L'homme attaché aux fruits de ses actes aspire à vivre dans une opulence qu'il évalue en argent, en femmes et en admirateurs, mais ceux qui restent établis dans la réalité parfaite n'éprouvent aucun intérêt pour ces chimères. Pour eux, tout ceci ne représente que pure perte de temps. Conscient de l'importance de chaque seconde de la vie d'un homme, l'être éclairé se montrera très attentif à utiliser son temps à bon escient. Une seule seconde gaspillée dans la vaine quête du bonheur en ce monde ne peut jamais être rachetée même pour des millions de louis d'or. Aussi recommande-t-on au spiritualiste qui souhaite échapper au filet de maya, représenté par un mode de vie illusoire, de ne pas se laisser fasciner par les charmes apparents de l'action intéressée. La forme humaine n'est pas faite pour le plaisir des sens mais pour la réalisation spirituelle, et le Srimad-Bhagavatam tout entier nous instruit spécifiquement sur cette vérité; encore une fois, la vie n'a d'autre but que la réalisation spirituelle et une civilisation qui vise à cette ultime perfection ne se préoccupe jamais de créer des produits indésirables et inutiles, mais elle éduque l'homme à se satisfaire du strict nécessaire, ou, en d'autres mots, à tirer le meilleur parti d'une mauvaise affaire. Le corps matériel et son conditionnement représentent certes une bien mauvaise affaire pour l'être distinct, lui dont la véritable nature est purement spirituelle et pour qui l'élévation spirituelle s'avère un besoin vital. La forme humaine, répétons-le, est faite pour réaliser ces vérités essentielles et pour agir en conséquence: se suffire pour vivre du strict nécessaire et dépendre davantage des dons de Dieu sans gaspiller l'énergie humaine dans le désir éperdu de jouir de la matière. Inversement, le progrès matériel d'une civilisation lui vaut le qualificatif de "démoniaque" et la condamne à se consumer dans les affres de la guerre et de l'indigence. Notre verset exhorte donc expressément les spiritualistes à acquérir une force de pensée qui leur permette de demeurer imperturbables dans leur détermination, même si certaines circonstances venaient éventuellement troubler le cours d'une vie de simplicité, vouée à de hautes pensées. Pour un spiritualiste, tout contact étroit avec ceux qui recherchent les plaisirs de ce monde équivaut au suicide car ces fréquentations vont à l'encontre même du but suprême de l'existence. Sukadeva Gosvami se rendit auprès de Pariksit Maharaja lorsque le roi sentit la nécessité d'une telle rencontre. Ainsi le spiritualiste a-t-il pour devoir d'aider ceux qui aspirent au véritable salut et de se vouer à cette cause. Il est d'ailleurs à remarquer que Sukadeva Gosvami n'a jamais rencontré Pariksit Maharaja lorsque celui-ci régnait en roi puissant. Le mode de vie du spiritualiste est dépeint dans le sloka suivant.
satyam ksitau kim kasipoh prayasair
bahau svasiddhe hy upabarhanaih kim saty anjalau kim purudhanna-patrya dig-valkaladau sati kim dukulaih
Evitons d'amasser inutilement tout ce qui sert à la protection et aux soins du corps. L'énergie humaine n'est pas destinée à la vaine quête d'un bonheur illusoire. Si l'on peut simplement s'étendre à même le sol, à quoi bon se tourmenter pour un lit ou des coussins douillets? Celui que la nature a pourvu de bras souples et moelleux, pourquoi chercherait-il à se procurer un oreiller? Il suffit d'observer les moeurs des animaux: même s'ils ne possèdent pas l'intelligence nécessaire pour construire de grandes maisons toutes meublées et bien équipées, ils mènent néanmoins une vie des plus saines à dormir à la belle étoile. Ils ignorent l'art de cuisiner et de préparer les aliments, mais possèdent souvent une santé meilleure que celle de l'homme. Ceci ne laisse nullement sous-entendre que l'homme devrait régresser au niveau de l'animal, et vivre nu dans la forêt, privé de culture, d'éducation et de sens moral. Un homme intelligent ne saurait vivre tel un animal; bien plutôt, il doit diriger son intelligence vers les arts, la science, la poésie et la philosophie, et faire ainsi progresser la civilisation. Mais Srila Sukadeva Gosvami précise ici que le potentiel humain, de loin supérieur à celui des animaux, ne devrait être utilisé que pour la réalisation spirituelle. Le progrès, chez l'homme, doit viser à rétablir la relation qui l'unissait jadis à Dieu, ce qui n'est donné à aucune autre espèce vivante. Il lui faut en outre réaliser la futilité du phénomène matériel, y reconnaissant un fantasme éphémère, et s'efforcer de mettre un terme à la souffrance. Une société d'animaux raffinés infatués d'eux-mêmes, et tout entière axée sur le plaisir des sens, voilà bien une illusion qui ne saurait guère mériter le nom de civilisation... Cette fausse conception de l'existence maintient l'homme dans les griffes de maya, l'illusion. Les grands sages et saints de jadis, eux, ne vivaient pas dans des habitations luxueuses garnies de meubles de style et équipées avec tout le soi-disant confort. Ils habitaient des huttes au coeur des bois, s'asseyaient à même la terre battue mais ils laissèrent toutefois d'importants écrits, qui sont de véritables trésors de sagesse d'une perfection absolue. Srila Rupa Gosvami et Srila Sanatana Gosvami, qui assumèrent un temps les hautes fonctions de Ministres d'Etat, laissèrent une oeuvre colossale portant sur le savoir spirituel alors qu'ils n'avaient pour tout logis que le feuillage des arbres. Et qui plus est, jamais ils ne passaient deux nuits successives sous un même arbre; que dire alors d'habiter des appartements bien meublés et équipés de toutes les facilités modernes. Malgré leur condition, ils nous firent don de chefs-d'oeuvre de littérature spirituelle. En vérité, le soi-disant confort moderne ne favorise guère le progrès de la société, et pour tout dire, lui fait même obstacle. L'institution du sanatana-dharma, constituée de quatre classes sociales et de quatre étapes spirituelles, offre abondance de recommandations, ainsi que de nombreuses possibilités permettant l'épanouissement de l'être. Ce verset recommande aux adeptes sincères de cette culture d'embrasser volontairement une vie de renoncement pour atteindre ainsi au but de l'existence. Ceux qui n'ont pas connu le renoncement et l'abnégation de soi depuis leur tout jeune âge doivent progressivement essayer de l'instaurer dans leur vie à un âge plus mûr -comme le recommande Srila Sukadeva Gosvami; voilà qui les aidera à parvenir au succès tant souhaité.
cirani kim pathi na santi disanti bhiksam
naivanghripah para-bhrtah sarito py asusyan ruddha guhah kim ajito vati nopasannan kasmad bhajanti kavayo dhana-durmadandhan
Celui qui a embrassé l'ordre du renoncement n'est pas censé mendier on vivre aux dépens des autres tel un parasite. Selon la définition du dictionnaire, un parasite est un flagorneur vivant aux dépens de la société sans lui apporter aucune contribution. L'ordre du renoncement a pour but de contribuer activement à la société et non pas de vivre aux frais des chefs de famille. Bien au contraire, lorsqu'un renonçant authentique et saint accepte les aumônes des grhasthas, il agit en fait pour leur propre bénéfice. L'institution du sanatana-dharma enseigne en effet qu'il relève du devoir de tout grhastha de faire des dons charitables aux sages errants, et les Ecritures leur recommandent même de traiter ces sages comme s'il s'agissait de leurs propres enfants et de leur accorder nourriture, vêtements et gîte sans même attendre qu'ils leur en fassent la demande. Aussi les faux renonçants n'ont-ils pas le droit de profiter des inclinations charitables de ces pieuses familles. Le premier devoir de celui qui adopte l'ordre du renoncement consiste à rédiger des ouvrages qui visent au bien de l'homme en le guidant de manière authentique sur le sentier de la réalisation spirituelle. Parmi les nombreux autres devoirs de renonçants qui incombaient à Srila Sanatana, Srila Rupa et aux autres Gosvamis de Vrndavana, celui de s'entretenir mutuellement des propos édifiants au lieu nommé Sevakunja (l) occupait le premier plan. Pour le bien de l'humanité entière, ils laissèrent un monument d'ouvrages sublimes sur la spiritualité. Et de même, tous les acaryas qui adoptèrent de leur plein gré l'ordre du renoncement recherchaient le bien-être des hommes et non pas une vie facile et irresponsable, aux frais des autres. Toutefois, ceux qui ne peuvent contribuer d'aucune manière à la société ne doivent pas aller mendier leur nourriture auprès des gens de famille, car de quêter ainsi un peu de pain auprès des grhasthas constitue une insulte à l'ordre religieux le plus élevé. Sukadeva Gosvami avertit ainsi essentiellement ceux qui ont fait du renoncement une profession en vue de résoudre leurs problèmes économiques -et ces individus pullulent dans l'âge de Kali. Lorsqu'un homme choisit d'embrasser l'ordre des sages errants, fût-ce de plein gré ou par la force des circonstances, il doit être affermi dans la foi et la conviction que le Seigneur Suprême est Celui qui pourvoit aux besoins des êtres distincts partout dans l'univers. Pourquoi le Seigneur manquerait-Il d'assurer la subsistance d'une âme soumise qui se consacre entièrement à Le servir? Le plus commun des maîtres pourvoit aux besoins de son serviteur; pourquoi le Seigneur, qui détient toute puissance ainsi que toute richesse, ne prendrait-Il pas sous Sa protection une âme qui Lui est entièrement soumise. En règle générale, le bhakta errant n'acceptera pour tout vêtement qu'un simple morceau de tissu dont il se ceindra les reins, et sans même le mendier: il lui suffira de récupérer une vieille étoffe qu'on aura abandonnée. Qu'il sente venir la faim, il se rendra près d'un arbre magnanime qui laisse choir au sol ses fruits mûrs. A-t-il soif? Le voilà qui s'abreuve de l'eau claire d'une rivière. Il n'éprouve nullement le besoin de vivre sous un toit douillet, mais cherche plutôt une grotte dans la montagne, sans se soucier des bêtes qui hantent les forêts, et place sa foi en Dieu. Parce que le Seigneur vit dans le coeur de chacun, Il peut ordonner aux tigres ainsi qu'aux autres fauves de ne pas gêner Son dévot. Haridasa Thakura, un illustre dévot de Sri Caitanya, habitait ainsi dans une grotte qu'il partageait avec un énorme serpent venimeux. Certains, qui vouaient au Thakura leur admiration et venaient quotidiennement lui rendre visite, se mirent à craindre le reptile et demandèrent au Thakura de se choisir un autre lieu de résidence. Comprenant que ses disciples avaient peur du serpent et qu'ils devaient néanmoins venir le voir chaque jour, Thakura Haridasa consentit à leur requête. A peine l'affaire conclue, voilà le serpent qui rampe hors de son trou, et sous les regards de tous, quitte la grotte pour ne plus jamais y revenir. Parce que le Seigneur, sis en son coeur, lui en donna l'ordre, le serpent honora Haridasa en quittant lui-même les lieux afin que sa présence ne l'importune davantage. Ce magnifique exemple de Haridasa Thakura illustre fort bien le fait que le Seigneur protège un vrai bhakta. La règle de l'institution du sanatana-dharma exige que chacun soit formé depuis son plus jeune âge de manière à être pleinement confiant en la protection du Seigneur en toutes circonstances. La voie du renoncement est destinée au spiritualiste accompli qui a su entièrement purifier son existence. La Bhagavad-gita (XVI.5) définit également ce niveau en le qualifiant de daivi sampat. Il incombe à l'homme d'acquérir des atouts d'ordre spirituel ou daivi sampat, sans quoi les atouts d'ordre matériel, -asuri sampat- exerceront une influence disproportionnée et le contraindront à errer dans le labyrinthe des diverses souffrances propres à l'univers matériel. Un sannyasi doit toujours vivre seul, sans aucune compagnie, et ne doit éprouver aucune crainte à l'égard de quoi que ce soit. Bien qu'en vérité, il ne soit jamais seul, il ne doit pas craindre de vivre en solitaire. Le Seigneur habite le coeur de chacun, mais à moins de s'être authentiquement purifié, on sentira peser la solitude. Il reste que l'on ne peut embrasser l'ordre du renoncement qu'après avoir parcouru la voie de la purification. Alors pourra-t-on sentir la présence du Seigneur en tous lieux et ne plus rien avoir à craindre de la solitude ou de toute autre chose. Il est possible pour tous d'être sans peur et intègre pourvu que l'existence soit purifiée par l'accomplissement des devoirs prescrits pour chaque varna et asrama. On doit s'établir dans ce devoir prescrit en prêtant une oreille fidèle à l'enseignement des Vedas et en assimilant l'essence du savoir védique par l'accomplissement du service dévotionnel offert au Seigneur. (1) A Vrndavana, le lieu où fut fondé le temple de Sri Radha-Damodara par Srila Jiva Gosvami et ou se trouve son samadhi ainsi que celui de Srila Rupa Gosvami.
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