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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 2 CHAPITRE 2 Le Seigneur qui réside
dans le coeur.
tasmad bhruvor antaram unnayeta
niruddha-saptayatano napeksah sthitva muhurtardham akuntha-drstir nirbhidya murdhan visrjet param gatah
Ce verset recommande spécifiquement de trancher toute attache matérielle pour retourner à Dieu, l'Etre Suprême, en notre demeure originelle. Il faut pour cela être complètement affranchi de tout désir de jouissance matérielle. Il existe différents degrés de jouissance matérielle selon la durée de la vie et l'activité sensorielle considérée, et la Bhagavad-gita (IX.20) décrit la plus haute forme de jouissance sensuelle, couplée avec la plus longue durée de vie, mais il ne s'agit toujours que de plaisirs matériels, et on doit être fermement convaincu de l'inutilité d'une telle longévité, vivrait-on même sur Brahmaloka. Nous devons retourner à Dieu, en notre demeure originelle, et ne pas nous laisser attirer par quelque avantage matériel que ce soit. Cependant, la Bhagavad-gita (II.59) enseigne qu'un tel détachement de la matière ne peut prendre effet que chez l'être ayant établi une relation avec le Suprême (param drstva nivartate). On ne peut échapper aux charmes matériels à moins de comprendre parfaitement en quoi consiste l'existence spirituelle. Il faut savoir à ce propos que la propagande faite par une certaine classe d'impersonnalistes, à savoir que la vie spirituelle est dénuée de toute variété, représente un danger, car elle conduit trompeusement les hommes à ressentir un attrait croissant pour les plaisirs matériels. Ainsi, les êtres au maigre savoir ne peuvent développer aucune conception du param, du Suprême; ils s'accrochent simplement à une gamme variée de plaisirs matériels, et ce, même lorsqu'ils se flattent d'avoir réalisé le brahman. Ces intelligences moindres n'ont aucune perception du param, tel qu'indiqué dans ce verset en sorte qu'ils ne peuvent atteindre l'Etre Suprême. Les bhaktas, pour leur part, connaissent tout du monde spirituel, du Seigneur Suprême et de l'existence purement spirituelle vécue en Sa compagnie sur les innombrables planètes spirituelles qu'on nomme Vaikunthalokas. Notre verset utilise les mots akuntha-drstih; akuntha et vaikuntha ont la même signification, et seul celui qui s'est fixé pour but le monde spirituel et la compagnie personnelle du Seigneur Suprême peut trancher ses attaches matérielles, alors même qu'il vit encore dans l'univers matériel. Le param dont il est ici fait mention et le param dhama dont traite en plusieurs endroits la Bhagavad-gita désigne une seule et même réalité. En bref, celui qui atteint le param dhama n'a plus à revenir en ce monde, liberté inaccessible ici-bas, même pour qui atteindrai la plus haute planète (loka) de l'univers. Le souffle vital peut s'échapper à travers sept orifices, soit les deux yeux, les deux narines, les deux oreilles et la bouche. Lorsqu'un homme meurt, le souffle vital passe généralement par la bouche, mais ainsi que nous l'avons mentionné, le yogi qui maîtrise le souffle vital en suivant la méthode prescrite libère plutôt celui-ci en rouvrant l'orifice qui se trouve au sommet du crâne. Le yogi obstruera donc les sept orifices énumérés plus haut de façon à ce que le souffle vital soit naturellement propulsé à travers l'orifice crânien. C'est là un signe certain par quoi l'on reconnaît qu'un grand dévot du Seigneur quitte le monde matériel.
yadi prayasyan nrpa paramesthyam
vaihayasanam uta yad viharam astadhipatyam guna-sannivaye sahaiva gacchen manasendriyais ca
Dans les systèmes planétaires supérieurs, les possibilités de jouissance matérielle sont infiniment plus grandes que dans les systèmes planétaires inférieurs. Les remiers, au-delà de Maharloka, sont formés de planètes telles Brahmaloka et Dhruvaloka (l'étoile polaire), et leurs habitants possèdent les huit perfections yogiques. Sans avoir à suivre tout le processus qui permet d'acquérir les pouvoirs yogiques, ils peuvent naturellement se faire infiniment petits (anima-siddhi), ou plus léger que du duvet (laghima-siddhi); ils peuvent en tout lieu obtenir toute chose désirée (prapti-siddhi), ou se faire infiniment lourds (mahima-siddhi); ils peuvent à leur gré créer ou détruire toute chose (isitva-siddhi), dominer tous les éléments matériels (vasitva-siddhi), combler le moindre de leur désir (prakamya-siddhi), ou prendre n'importe quelle forme selon leur désir (kamavasayita-siddhi); chez les habitants de ces planètes supérieures, tous ces pouvoirs sont aussi communs que de simples dons de la nature. Pour voyager dans l'espace, ils n'ont recours à aucune technologie: ils peuvent se déplacer à leur gré, et en un rien de temps, d'une planète à une autre. Peut-être les terriens ne peuvent-ils se rendre fût-ce à la planète la plus proche si ce n'est à l'aide de quelques machines, ou fusées, mais les habitants des planètes supérieures, eux, jouissent de dons fabuleux qui leur rendent toutes choses très aisées. Les matérialistes, toujours curieux qu'ils sont de connaître ces planètes supérieures, veulent tout voir de leurs propres yeux. De même qu'un explorateur voyage tout autour du monde afin d'acquérir une expérience directe de certains lieux, les spiritualistes d'intelligence moindre désirent se rendre sur ces planètes dont ils ont entendu tant de merveilles. Le yogi, pour sa part, peut facilement combler son désir et atteindre ces lieux édéniques tout en gardant son même mental et ses mêmes sens matériels. La première inclination d'un esprit matérialiste consiste à vouloir se rendre maître de l'univers matériel, et les siddhis décrits plus haut représentent autant d'atouts permettant de dominer le monde. Les dévots du Seigneur, eux, n'ont pas cette ambition de régner sur un phénomène temporaire et illusoire. Au contraire, ils désirent se placer sous la tutelle du Seigneur, le maître suprême. Un tel désir de servir la Personne Souveraine, le Seigneur et Maître de tout ce qui est, est spirituel, ou immatériel, et il s'avère nécessaire d'atteindre à cette purification du mental et des sens si l'on désire être admis dans le monde spirituel. Il se peut qu'un homme animé de pensées matérielles atteigne la planète la plus élevée de l'univers, mais jamais le royaume de Dieu. Les sens sont dits spirituellement purifiés lorsque leurs activités ne visent plus le plaisir matériel. Certes, par nature les sens doivent agir, mais lorsqu'on les absorbe totalement dans le service d'amour absolu du Seigneur, ils sont à l'abri de toute souillure matérielle.
yogesvaranam gatim ahur antar-
bahis-tri-lokyah pavanantar-atmanam na karmabhis tam gatim apnuvanti vidya-tapo-yoga-samadhi-bhajam
Les efforts des savants pour atteindre d'autres planètes à l'aide d'engins de conception mécanique restent tout à fait futiles. Il est certes possible d'atteindre les planètes édéniques grâce à des actes de vertu, mais il ne faut pas s'attendre à ce que la technologie ou des moyens matériels qu'ils soient grossiers ou subtils, nous permettent de dépasser Janaloka, ou Svargaloka. Les spiritualistes, par contre, entièrement détachés du corps matériel grossier, peuvent se rendre en tout lieu, à l'intérieur comme à l'extérieur des univers matériels. A l'intérieur des univers matériels, ils se déplacent jusqu'aux systèmes planétaires connus sous le nom de Maharloka, Janaloka, Tapaloka et Satyaloka; et au-delà des univers matériels, ils peuvent se rendre sur les planètes Vaikunthas tels des voyageurs de l'espace que rien ne limite. Parmi ceux-ci, on compte Narada Muni et Durvasa Muni, le puissant yogi. Or, par la puissance du service de dévotion, de l'austérité, des pouvoirs surnaturels et du savoir absolu, chacun peut se déplacer à son gré à l'exemple de Narada Muni et de Durvasa Muni. Il est même dit que Durvasa Muni parcourut tout l'univers matériel de même qu'une partie du monde spirituel, et ce, en l'espace d'une seule année. Jamais les matérialistes, grossiers ou subtils, ne pourront se déplacer à la vitesse des spiritualistes.
vaisvanaram yati vihayasa gatah
susumnaya brahma-pathena socisa vidhuta-kalko tha harer udastat prayati cakram nrpa saisumaram
L'étoile polaire et l'anneau qui l'entoure forme ce qu'on appelle le cercle Sisumara, et c'est là que se trouve, en notre univers, la planète où demeure le Seigneur Suprême (Ksirodakasayi Visnu). Mais avant de l'atteindre, le yogi se rend à Brahmaloka en passant au-dessus de la Voie Lactée; voyageant ainsi, il s'arrête d'abord à Vaisvanaraloka, où habite le deva-maître du feu; là, il se purifie de tous les actes pécheurs qu'il a pu commettre au contact du monde matériel. Notons que la Voie Lactée est ici désignée comme la route conduisant à Brahmaloka, la planète la plus élevée de l'univers.
tad visva-nabhim tv ativartya visnor
aniyasa virajenatmanaikah namaskrtam brahma-vidam upaiti kalpayuso yad vibudha ramante
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |