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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 2 CHAPITRE 2 Le Seigneur qui réside
dans le coeur.
tenatmanatmanam upaiti santam
anandam anandamayo vasane etam gatim bhagavatim gato yah sa vai punar neha visajjate nga
Remarquons dans ce verset le sens des mots gatim bhagavatim. La pertion dite bhagavatim ne consiste pas à se fondre dans la lumière qui émane du Seigneur Suprême, le Parabrahman, comme le veulent les impersonnalistes brahmavadis. Les bhagavatas, ou bhaktas, n'acceptent jamais de se fondre ainsi dans la radiance impersonnelle du Seigneur, mais aspirent bien plutôt à vivre en Sa compagnie sur l'une des planètes Vaikunthas, dans le monde spirituel. Ce monde spirituel -dont la somme des univers matériels ne forme qu'un infime fragment- comprend d'innombrables planètes Vaikunthas. Tel est donc le but du bhakta, du bhagavata: se rendre sur l'une de ces planètes spirituelles où le Seigneur, en chacune d'elles, épanche Sa joie en compagnie d'innombrables compagnons qui Le servent d'une dévotion pure. Lorsque les âmes conditionnées dans le monde matériel sont émancipées par la pratique du service de dévotion, elles se voient promues à ces planètes spirituelles. Le nombre des âmes à jamais libérées dépasse de beaucoup celui des âmes qui subissent le conditionnement de l'univers matériel, et jamais ces âmes libérées ne souhaitent séjourner en ce triste univers. Les impersonnalistes qui aspirent à se fondre dans le brahmajyoti, dans la radiance impersonnelle du Seigneur Suprême, mais qui n'ont aucun entendement du service d'amour et de dévotion offert à Sa Forme personnelle dans le monde spirituel, peuvent être comparés aux poissons qui naissent dans les rivières et les fleuves, puis émigrent vers l'océan. Il leur est impossible de rester indéfiniment dans l'océan car leurs sens les poussent à nouveau vers les fleuves et rivières pour frayer. De même, le matérialiste, frustré dans ses efforts pour trouver du plaisir en cet univers matériel limité, cherchera la libération impersonnelle en se fondant soit dans l'Océan Causal, soit dans la radiance impersonnelle du brahmajyoti. Mais parce que ni l'un ni l'autre n'offre aucun substitut aux relations d'ordre matériel et à l'activité des sens, l'impersonnaliste devra choir à nouveau dans l'univers matériel limité et se perdre encore une fois dans le cycle des morts et des renaissances successives, poussé par le désir insatiable de plaisirs sensoriels. Mais le bhakta qui, pour avoir engagé ses sens dans le service de dévotion, atteint le royaume de Dieu et y jouit de la compagnie du Seigneur et des âmes libérées, jamais plus n'éprouvera d'attrait pour les atouts limités du monde matériel. Le Seigneur le confirme également dans la Bhagavad-gita (VIII.15): ''Quand ils M'ont atteint, les yogis imbus de dévotion, ces mahatmas, ces nobles âmes, jamais plus ne reviennent en ce monde transitoire où règne la souffrance." Seul le fait de s'élever jusqu'à vivre en la compagnie du Seigneur constituera donc la plus haute perfection de l'existence. Et parce que le bhakti-yogi s'absorbe complètement dans le service qu'il Lui offre, il n'éprouve pas le moindre attrait pour aucune autre voie libératrice telle que le jnana ou le yoga. Un pur bhakta appartient tout entier et exclusivement au Seigneur. Notons également que les mots santam et anandam de notre verset indiquent que le service de dévotion offert au Seigneur comble en vérité le bhakta de deux grâces majeures, soit la paix et la plénitude. Les impersonnalistes aspirent à ne plus faire qu'Un avec l'Absolu, ou en d'autres termes, à devenir eux-mêmes l'Absolu -voilà bien une chimère!- et les yogis, eux, s'encombrent de divers pouvoirs surnaturels; les uns comme les autres, par conséquent, ne peuvent trouver ni sérénité ni bonheur réel. Mais le bhakta, parce qu'il jouit de la compagnie du Tout parfait, connaît une paix et une satisfaction parfaites. Pourquoi voudrait-il donc se fondre dans l'Absolu ou obtenir quelque pouvoir surnaturel? Pour accéder à l'amour de Dieu, il faut être parfaitement libre de toute autre aspiration. Toutefois, l'âme conditionnée nourrit maintes aspirations, telles que devenir un homme de piété, un homme riche, jouir au maximum de la vie, devenir Dieu Lui-même ou aussi puissant qu'un yogi capable de miracles lui permettant d'obtenir n'importe quoi et d'agir à sa guise. Mais le bhakta postulant qui souhaite sincèrement ranimer son amour assoupi pour Dieu devra rejeter toutes ces aspirations. Contrairement au bhakta impur qui compte sur la force du service de dévotion pour obtenir les avantages matériels ci-dessus mentionnés, le pur bhakta, lui, n'est entaché par aucune de ces souillures, issues de désirs matériels, de spéculations impersonnelles et de la soif des pouvoirs surnaturels. On accède au niveau de l'amour pour Dieu à travers un service de dévotion pur, en apprenant à oeuvrer avec amour pour l'objet de son amour, pour la Personne Suprême. Pour conclure, celui qui souhaite atteindre le niveau de l'amour pour Dieu doit abandonner tout désir de jouissance matérielle et s'abstenir d'offrir un culte aux devas pour se vouer à l'adoration exclusive du Seigneur Suprême. Il doit en outre rejeter le fol espoir de ne plus faire qu'Un avec le Seigneur, ou celui d'obtenir quelques pouvoirs surnaturels en vue de s'attirer les gloires éphémères de ce monde. Le pur bhakta, répétons-le, ne souhaite qu'offrir au Seigneur un service favorable, sans rien attendre en retour. Voilà qui fera naître l'amour pour Dieu, ou le santam et l'anandam que mentionne ce verset.
ete srti te nrpa veda-gite
tvayabhiprste ca sanatane ca ye vai pura brahmana aha tusta aradhito bhagavan vasudevah
Les deux voies qui mènent au monde spirituel et qui nous affranchissent donc de l'empêtrement matériel, soit la voie dite directe -par quoi l'on accède directement au royaume de Dieu-, et celle dite indirecte -qui donne de s'élever progressivement à travers les planètes supérieures de l'univers-, ces deux voies, donc, sont toutes deux présentées en parfait accord avec l'enseignement des Vedas, yada sarve pramucyante kama ye sya hrdi sritah/ atha martyo mrto bhavaty atra brahma samasnute (Brhad-aranyaka Up.,4.4.7) et te rcir abhisambhavanti (Brhad-aranyaka Up.,6.2.15): "Ceux qui sont libres de tous désirs matériels, ces maladies qui rongent le coeur, savent vaincre la mort et atteindre le royaume de Dieu à travers les planètes Arcis." Ces assertions védiques corroborent celles du Srimad-Bhagavatam, que viennent encore appuyer les dires de Sukadeva Gosvami quand celui-ci affirme que Sri Krsna, Vasudeva, le Seigneur Souverain, révéla la Vérité à Brahma, lequel devint ainsi la première autorité védique. La filiation spirituelle nous apprend que les Vedas furent transmis de Sri Krsna à Brahma, de Brahma à Narada, de Narada à Vyasadeva, puis de Vyasadeva à Sukadeva Gosvami et ainsi de suite. Il n'existe donc aucune différence entre les enseignements de ces autorités spirituelles. La vérité est éternelle, et aucune théorie nouvelle ne saurait la modifier. C'est donc par la succession disciplique qu'il convient de recevoir la connaissance des Vedas et non par le truchement de l'érudition ou d'interprétations à la mode issues de cerveaux profanes. Il n'y a rien à ajouter, rien à enlever, car la vérité est ce qu'elle est. D'une façon ou d'une autre, chacun doit accepter une autorité quelle qu'elle soit. Aujourd'hui, les hommes de science, par exemple, représentent une autorité en matière de vérités scientifiques pour l'homme du commun qui se range aux théories des savants; c'est donc dire qu'il suit une autorité; et c'est également ainsi qu'est reçu le savoir védique. La masse des hommes ne peut se prononcer sur ce qui se trouve par-delà l'espace, ou par-delà l'univers; il leur faut accepter les enseignements des Vedas tels que les transmet la filiation spirituelle authentique. La Bhagavad-gita, au quatrième chapitre, affirme d'ailleurs que l'on peut comprendre son message par cette même voie. Celui qui rejette l'enseignement authentique des acaryas, c'est en vain qu'il cherche la vérité dont parlent les Vedas.
na hy ato nyah sivah pantha
visatah samsrtav iha vasudeve bhagavati bhakti-yogo yato bhavet
Comme l'expliquera clairement le verset suivant, le service de dévotion, l'accès direct au bhakti-yoga, représente la seule voie bénéfique et absolue par quoi l'on s'affranchit de l'emprise de l'existence matérielle. Il existe certes de nombreuses voies indirectes qui permettent d'échapper aux griffes de la matière, mais aucune d'entre elles n'est aussi simple et bénéfique que celle du bhakti-yoga. Le jnana, le yoga et autres disciplines analogues ne peuvent par elles-mêmes conduire à la libération. A vrai dire, ces pratiques donnent de s'élever jusqu'au niveau du bhakti-yoga après de très nombreuses années. La Bhagavad-gita (XII.5) enseigne que ceux qui s'attachent à l'aspect impersonnel de l'Absolu rencontrent beaucoup d'obstacles avant d'atteindre le but qu'ils visent et que les philosophes empiristes ne prennent conscience du caractère primordial de la réalisation dite vasudeva qu'après maintes existences passées à rechercher la Vérité Absolue (B.g.,VII.19). Concernant la voie du yoga, la Bhagavad-gita (VI.47) rapporte également que de tous les yogis en quête de la Vérité Absolue, celui qui se consacre sans cesse au service du Seigneur est le plus grand. La Bhagavad-gita (XVIII.66) recommande en dernier lieu de s'abandonner complètement au Seigneur en délaissant toute autre forme d'occupation ou de processus conçu pour atteindre la réalisation spirituelle et pour s'affranchir de l'asservissement matériel. En vérité, toutes les Ecritures védiques n'ont d'autre but que d'amener les âmes conditionnées au service d'amour absolu offert au Seigneur. Comme l'ont enseigné les premières pages du Srimad-Bhagavatam, la plus haute forme de religion s'identifie à la pratique même du bhakti-yoga ou aux voies qui y conduisent, libres de tout intérêt personnel. Tout le reste n'est qu'une simple perte de temps. Srila Sridhara Svami, Jiva Gosvami et tous les acaryas s'entendent pour affirmer que le bhakti-yoga est non seulement une voie naturelle, simple, accessible et sans obstacle, mais qu'il est la seule source de bonheur pour l'homme.
bhagavan brahma kartsnyena
trir anviksya manisaya tad adhyavasyat kuta-stho ratir atman yato bhavet
Sri Sukadeva Gosvami fait ici référence à Brahmaji, autorité védique suprême, et de plus manifestation d'un des attributs du Seigneur. C'est à lui que furent enseignés les Vedas à l'aube de la création matérielle, et bien qu'il ait reçu cet enseignement des lèvres mêmes de la Personne Suprême, Brahmaji entreprit néanmoins, afin de satisfaire la curiosité de tous les futurs étudiants des Vedas, d'approfondir lui-même les Ecritures par trois fois, à la manière des sages érudits. Après s'être appliqué à une étude minutieuse, méditant sur le but des Vedas et considérant chaque détail de toute cette science, il certifia que de devenir un pur et parfait dévot de Sri Krsna, la Personne Souveraine, constitue la plus haute perfection de tous les principes religieux. Et c'est là, d'ailleurs, l'enseignement final de la Bhagavad-gita, présenté par le Seigneur Lui-même. Tous les acaryas adhèrent à cette conclusion des Vedas et comme l'enseigne la Bhagavad-gita (II.42), ceux qui la réfutent ne sont que des veda-vada-ratas.
bhagavan sarva-bhutesu
laksitah svatmana harih drsyair buddhy-adibhir drasta laksanair anumapakaih
La plupart du temps, les gens avancent l'argument suivant: puisque notre vision matérielle ne nous permet pas de voir Dieu, comment dès lors peut-on s'abandonner à Lui ou Le servir d'un amour spirituel? Srila Sukadeva Gosvami leur répond en suggérant concrètement comment percevoir le Seigneur Suprême de manière sensible et intelligente. A vrai dire, il est impossible de percevoir le Seigneur à travers des sens qui ont été souillés par la matière; mais lorsque de par une attitude de service réelle on devient convaincu de Sa présence, le Seigneur Se révèle alors par miséricorde envers Son pur dévot, qui peut alors réaliser la présence du Seigneur à tout moment et en tout lieu. Il peut comprendre que son intelligence rend manifeste la volonté de l'émanation plénière du Seigneur Souverain, le Paramatma. Réaliser la présence de Paramatma n'est pas chose très ardue, même pour un homme ordinaire et voici comment procéder: chacun est à même de concevoir son identité propre, et de prendre positivement conscience de son existence. Sans que ce soit une évidence flagrante, nous pouvons également comprendre en réfléchissant un peu que nous ne sommes pas le corps. En effet, je sens bien que ma main, ma jambe, ma tête, mes cheveux..., représentent tous autant de parties rattachées à mon corps et que je ne peux donc identifier à mon moi véritable. Ainsi, grâce à l'intelligence, nous sommes capables de distinguer et de séparer notre moi de tout ce que nous pouvons voir. Il est donc naturel de conclure que tout être vivant, homme ou bête, est "celui qui observe", et qu'il voit, hors de lui-même, tout ce qui l'entoure. Il existe donc une différence entre celui qui observe et ce qui est observé. En faisant appel à notre intelligence, nous reconnaîtrons ensuite tout aussi volontiers que les êtres vivants, qui peuvent voir naturellement ce qui les entoure, ne sauraient toutefois voir ou agir par eux-mêmes, sans aucune aide extérieure. En effet, toute action et toute perception dépendent de diverses énergies issues de la nature sous des formes variées. Tous nos sens, soit nos cinq organes de perception -les oreilles, la peau, les yeux, la langue et le nez-, nos cinq organes d'action -la bouche, les bras, les jambes, les organes génitaux et l'anus-, et nos trois sens subtils -le mental, l'intelligence et l'ego matériel-, soit treize sens au total, nous sont attribués par l'énergie naturelle sous l'une ou l'autre de ses manifestations grossières ou subtiles. Et il découle de la même évidence que les objets perçus s'avèrent n'être que le produit des mutations et des combinaisons infinies des formes que revêt l'énergie naturelle. Puisque ces données établissent clairement que l'être distinct ordinaire ne possède aucune indépendance dans ses actions ou sa perception, et que son conditionnement à l'énergie de la nature ne souffre aucun doute, nous pouvons donc conclure que ''celui qui observe" est de nature spirituelle contrairement aux sens et à leurs objets qui, eux, sont matériels. Cette identité spirituelle de "celui qui observe'' se révèle par l'insatisfaction qu'il éprouve devant les limitations que lui impose une existence conditionnée par la matière. Voilà ce qui sépare le spirituel du matériel. On trouve toutefois des théories moins intelligentes qui voudraient que le pouvoir d'action et de perception soit issu de la matière à un certain stade de développement organique. Mais une telle idée ne peut être acceptée car nul n'a jamais pu démontrer concrètement que la matière puisse engendrer la vie. Il est un adage qui dit: "Ne place pas ta foi dans le futur, aussi séduisant soit-il". Les vains bavardages qui se rapportent aux transmutations de la matière en esprit sont pure sottise car jamais, en aucune partie du globe, la matière n'a acquis le pouvoir de voir ou d'agir par elle-même. C'est donc un fait établi que la matière et le spirituel forment deux domaines distincts et c'est par l'intelligence que l'on parvient à cette conclusion. Ceci nous amène à admettre qu'aucune chose ne peut être animée sans qu'il n'y ait d'entité personnelle qui se serve de l'intelligence ou qui la dirige. L'intelligence agit comme le ferait une volonté supérieure, et l'être vivant ne peut voir, manger, bouger ou agir de quelque façon que ce soit sans être dirigé par elle. Celui qui ne se sert pas de son intelligence sombre bientôt dans la démence; c'est donc dire que l'être distinct doit dépendre de son intelligence ou d'une volonté supérieure qui puisse guider ses actes. Cette intelligence est omniprésente, chaque être vivant en est doté et elle relève d'une volonté supérieure que l'on compare à un père instruisant son fils. Cette autorité supérieure qui habite en chaque être distinct, c'est l'Ame Suprême. Examinons maintenant le point suivant; nous réalisons d'une part que nos perceptions et nos actions sont conditionnées par la nature matérielle, mais d'autre part nous avons le sentiment et nous disons couramment "je perçois" ou "je fais". Nous pouvons donc dire que nos sens matériels d'action et de perception se mettent en oeuvre du fait que nous identifions le "je" au corps matériel, et que le principe supérieur de l'Ame Suprême nous guide et veille sur nous selon nos désirs. Vivant ainsi sous la tutelle de l'Ame Suprême qui nous guide à travers l'intelligence, soit nous poursuivons notre étude et mettons en pratique la réalisation que nous ne sommes pas le corps, ou soit nous choisissons de demeurer prisonniers de notre fausse identité matérielle en nous imaginant être les auteurs de nos actes, et les possesseurs de ce qui nous entoure. Notre liberté s'exprime donc à travers le choix d'orienter nos désirs soit vers le concept matériel, faux et marqué par l'ignorance, soit vers le juste concept spirituel. Il est facile d'accéder à cette juste conception spirituelle en réalisant que l'Ame Suprême, le Paramatma, est notre ami et guide, et en mariant notre intelligence à Son intelligence supérieure. L'Ame Suprême et l'être distinct participent tous deux de la même nature spirituelle: ils sont donc qualitativement Un, et tous deux différents de la matière. Mais on ne saurait les placer sur un pied d'égalité car l'Ame Suprême dirige l'être distinct en lui accordant l'intelligence nécessaire au juste accomplissement de l'action et l'être distinct, lui, suit cette intelligence; il dépend donc entièrement de l'Ame Suprême car c'est Elle qui, à chaque instant, dirige sa vision, son écoute, sa pensée, ses sentiments et sa volonté. Le bon sens nous révèle donc qu'il existe, en conclusion, trois éléments distincts, soit la matière, l'âme distincte et l'Ame Suprême. Approchons la Bhagavad-gita, l'intelligence védique, et nous apprendrons en outre que tous trois dépendent entièrement de Dieu, la Personne Suprême. En effet, l'Ame Suprême est une représentation partielle, une émanation plénière de la Personne Souveraine. La Bhagavad-gita enseigne que Dieu, la Personne Suprême, règne sur tout l'univers matériel à travers Sa seule représentation partielle. Dieu est grand, Il ne saurait être que Celui qui pourvoit aux besoins des âmes distinctes. Par conséquent, l'Ame Suprême ne peut être identifiée à une représentation complète du Seigneur Souverain, le Purusottama, l'Absolue Personne Divine. A un premier stade, l'âme distincte accède à la réalisation de l'Ame Suprême; puis à un stade plus élevé, elle sera en mesure d'atteindre à la réalisation de Dieu, Personne Suprême, grâce à l'intelligence, aux Ecritures et surtout par la grâce du Seigneur Lui-même. La Bhagavad-gita révèle l'aspect préliminaire du savoir lié à cette Personne Suprême, Sri Krsna, et le Srimad-Bhagavatam explique plus avant cette science divine. A nous maintenant de demeurer fermement établi dans notre détermination et de prier le maître de l'intelligence qu'Il nous confère Sa miséricorde, Lui qui demeure auprès de nous -comme l'enseignent les Upanisads- sur l'arbre du corps tel un oiseau auprès d'un autre. Alors, certes, nous verrons clairement la portée profonde du savoir révélé par les Vedas et nous accéderons sans mal à la réalisation de Dieu, la Personne Suprême, Vasudeva. La Bhagavad-gita (VII.19) explique qu'ayant ainsi utilisé son intelligence pendant de nombreuses renaissances, le sage s'abandonne enfin aux pieds pareils-au-lotus de Vasudeva.
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