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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 2 CHAPITRE 5 La Cause de toutes les causes.
narada uvaca
deva-deva namas te stu bhuta-bhavana purvaja tad vijanihi yaj jnanam atma-tattva-nidarsanam
O toi qui règnes sur les devas, toi le premier être créé, veuille, je te prie, accepter mon hommage respectueux. Dis-moi ce savoir qui conduit sans détour à la vérité de l'âme distincte et de l'Ame Suprême.
Voici qui confirme davantage la perfection de l'institution dite parampara, celle de la filiation spirituelle. Le chapitre précédent a démontré que Brahmaji, le premier être créé, reçut directement le savoir védique du Seigneur Suprême, savoir qui fut ensuite transmis à Narada, le second disciple de la filiation spirituelle. Narada quémanda ce savoir auprès de Brahma et accédant à sa requête, Brahma le lui transmit. L'une des règles fondamentales qui s'attache à la succession disciplique sera donc de s'enquérir du savoir spirituel auprès d'une personne qualifiée et de le recevoir comme il se doit. C'est ce qu'enseigne la Bhagavad-gita (IV.34) lorsqu'elle exhorte le disciple en quête de savoir spirituel à approcher un maître spirituel qualifié, à s'abandonner à lui, à s'enquérir auprès de lui avec soumission et tout en le servant. Le savoir obtenu après s'en être enquis avec soumission, et par l'offrande de service, est certes préférable à celui reçu en échange de quelque somme d'argent. Un maître spirituel appartenant à la filiation spirituelle de Brahma et Narada n'est pas avide de rémunération. Il s'agira plutôt pour le disciple de le satisfaire par l'offrande de service sincère pour connaître de lui la nature de l'âme distincte et de l'Ame Suprême, et le lien qui les unit.
yad rupam yad adhisthanam
yatah srstam idam prabho yat samstham yat param yac ca tat tattvam vada tattvatah
Il semble fort raisonnable que Narada Muni s'enquière de la vérité concernant la cause et l'effet, car bien que de nombreuses théories jaillissent du cerveau fertile des athées, ceux-ci écartent tout simplement la question des causes et effets, et restent incapables d'expliquer les phénomènes de la manifestation universelle et de l'âme spirituelle par leur savoir empirique. Se fermant à ces élucubrations intellectuelles, Narada Muni veut connaître en vérité les faits réels qui s'attachent à la création, et non par le biais de quelque vaine théorie. Le savoir spirituel touchant à l'âme distincte et à l'Ame Suprême contient en soi le savoir lié au monde phénoménal et à sa création. Tout homme d'intelligence remarquera trois facteurs d'évidence majeure au sein du monde phénoménal -la présence d'êtres vivants, la manifestation universelle en elle-même et la force qui les gouverne tous deux. En effet, un esprit perspicace est à même de saisir que ni les êtres distincts, ni le monde phénoménal ne sont les fruits du hasard. L'équilibre parfait de la création et l'harmonie réglée de ses causes et effets évoquent la présence, derrière ces mécanismes, d'un être doué d'intelligence. Une recherche authentique auprès de celui qui en possède une connaissance véritable permettra de découvrir cette cause originelle.
sarvam hy etad bhavan veda
bhuta-bhavya-bhavat-prabhuh karamalaka-vad visvam vijnanavasitam tava
Brahma est le démiurge, le créateur direct de l'univers manifesté et de tout ce qu'il contient. Il a donc connaissance du passé, du présent et du futur. En effet, trois facteurs majeurs, -soit l'être distinct, le monde phénoménal et celui qui les dirige-, agissent de façon continue dans le passé, dans le présent et dans le futur, et il incombe au maître régissant l'univers de parfaitement connaître le mécanisme des causes et effets au sein de l'univers, aussi parfaitement qu'une noix que l'on tiendrait dans sa main. Tout producteur est censé connaître l'école qui l'a formé, l'origine des matières premières qu'il utilise, la façon dont il a conçu son projet et le processus par lequel il obtient finalement son produit fini. Pareillement, Brahma, le premier être créé, devrait naturellement tout connaître de sa création.
yad-vijnano yad-adharo
yat-paras tvam yad-atmakah ekah srjasi bhutani bhutair evatma-mayaya
Sri Narada Muni n'ignorait pas que Brahma avait obtenu le pouvoir de créer en accomplissant de rudes austérités. Il pouvait donc comprendre qu'il existait un être supérieur à Brahmaji, qui l'avait investi de ce pouvoir. Voilà pourquoi il l'interrogea de la sorte. Les progrès et les découvertes de la science ne sont donc nullement autonomes en ce que l'homme de science aspire à connaître des éléments déjà existants à l'aide de son cerveau, merveille créée par un autre que lui. Le savant pourra certes user du cerveau qui lui a été attribué, mais jamais il ne sera capable de créer son propre cerveau ou d'en fabriquer un autre semblable. Par suite, nul n'est autonome en ce qui touche au pouvoir de créer quoi que ce soit, non plus qu'aucune création n'est spontanée.
atman bhavayase tani
na parabhavayan svayam atma-saktim avastabhya urnanabhir ivaklamah
Le soleil fournit le meilleur exemple de l'autonomie. En effet, l'astre solaire n'a besoin d'aucune autre source de lumière que lui-même. Bien plutôt, c'est lui qui donne l'éclat à tout ce qui resplendit et sa radiance ne saurait donc être dépassée par aucun autre corps lumineux. Narada compare la position de Brahma à celle de l'araignée, capable de créer son propre champ d'action sans l'aide de quiconque, par la seule force de ses sécrétions.
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |