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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 2 CHAPITRE 5 La Cause de toutes les causes.
yasyehavayavair lokan
kalpayanti manisinah katy-adibhir adhah sapta saptordhvam jaghanadibhih
Le mot kalpayanti, signifiant concevoir, revêt une grande importance. En effet, la forme universelle de l'Absolu, dite virat, a été imaginée par les théoriciens qui ne peuvent concevoir l'éternelle Forme de Sri Krsna, dotée de deux bras. Et bien que la forme universelle, telle que la conçoivent les grands penseurs, constitue l'un des nombreux aspects du Seigneur, elle demeure toutefois plus ou moins imaginaire. Il est dit que les sept systèmes planétaires supérieurs occupent la partie supérieure de la forme universelle, soit, au-dessus de sa taille, et les sept systèmes inférieurs sa partie inférieure. Il importe ici de comprendre que le Seigneur a conscience de chacune des parties de Son Corps et que rien dans Sa création n'échappe à Son contrôle.
purusasya mukham brahma
ksatram etasya bahavah urvor vaisyo bhagavatah padbhyam sudro vyajayata
Tous les êtres distincts font partie intégrante du Seigneur Suprême, et notre verset illustre cette vérité. Les quatre ordres de la société, soit les hommes d'intelligence ou brahmanas, les dirigeants ou ksatriyas, les marchands ou vaisyas et la classe ouvrière, les sudras, occupent diverses parties du Corps du Seigneur. Ainsi, nul n'est séparé du Seigneur. Les éléments constituant les jambes sont sensiblement les mêmes que ceux de la bouche par exemple; mais il est facile de comprendre que l'importance de la bouche, de la tête, l'emporte sur celle des autres parties du corps. Toutefois, bouche, jambes, bras et cuisses participent tous également à la structure du corps. Et tout comme les parties ont pour rôle de servir l'ensemble total -la bouche est faite pour parler et pour manger, les bras pour protéger le corps, les jambes pour le porter et l'estomac pour le nourrir-, ces diverses parties du Corps du Seigneur doivent servir le Tout complet. Les hommes d'intelligence, par exemple, ont pour devoir de parler au nom du corps entier et de satisfaite son appétit. Le Seigneur, en effet, mange en acceptant les fruits du sacrifice. Les brahmanas doivent donc se montrer très habiles dans l'accomplissement de tels sacrifices, auxquels doivent également participer les classes sociales subordonnées. Parler au nom du Seigneur Suprême, c'est Le glorifier en propageant telle qu'elle est la connaissance qui touche à Sa Personne, en proclamant Sa nature véritable et la fonction réelle des autres parties de Son Corps entier. Les brahmanas ont donc pour devoir de connaître les Vedas, la source originelle du savoir. Le mot veda a le sens de "savoir" et anta d'"aboutissement". La Bhagavad-gita enseigne que le Seigneur est la source de toute chose (aham sarvasya prabhavah), et que l'aboutissement de toute connaissance (Vedanta), consiste donc à Le connaître, à connaître également la relation qui nous unit à Lui et à agir uniquement selon cette relation. L'être distinct doit connaître le lien qui l'unit au Seigneur de même que les parties du corps ont un lien avec le corps entier. La forme humaine est spécifiquement destinée à cette fin. En effet, l'homme qui méconnaît sa relation avec le Seigneur ne fait que gâcher sa vie. Il incombe donc surtout aux hommes d'intelligence, aux brahmanas, de répandre la connaissance liée à la relation par quoi les êtres sont unis au Seigneur et de guider la masse des gens sur la voie juste. Les dirigeants, les ksatriyas, ont pour devoir de protéger les êtres vivants afin qu'ils puissent progresser dans ce sens. Les vaisyas ont pour devoir de produire et de distribuer céréales et autres denrées à la collectivité entière afin que chacun puisse jouir d'un certain bien-être et s'acquitter des devoirs qui incombent à la forme humaine. Les vaisyas doivent également veiller aux soins des vaches afin d'obtenir en abondance le lait et les produits laitiers; ces aliments, à eux seuls, confèrent santé et intelligence, facteurs indispensables à une civilisation qui se fonde entièrement sur le savoir lié à la Vérité ultime. Quant aux sudras, qui ne possèdent ni grande intelligence ni pouvoirs spécifiques, ils peuvent apporter une aide physique aux ordres supérieurs et trouver ainsi leur intérêt dans cette coopération. L'univers forme donc un tout parfait lorsqu'il est relié au Seigneur. Sans ce lien, la société tout entière se voit plongée dans la confusion, privée de paix et de prospérité. C'est ce que confirment les Vedas: brahmano sya mukham asid, bahu rajanyah krtah.
bhurlokah kalpitah padbhyam
bhuvarloko sya nabhitah hrda svarloka urasa maharloko mahatmanah
Il existe quatorze sphères astrales où évoluent les planètes de cet univers. Les planètes inférieures sont nommées Bhurloka, les planètes intermédiaires Bhuvarloka et les planètes supérieures allant jusqu'à Brahmaloka, le plus haut système planétaire de l'univers, Svarloka. Et toutes sont situées sur le Corps du Seigneur. Bref, tous, dans cet univers Lui sont reliés de quelque façon.
grivayam janaloko sya
tapolokah stana-dvayat murdhabhih satyalokas tu brahmalokah sanatanah
Plusieurs fois au cours de cet ouvrage, nous avons parlé de planètes spirituelles, sises au-delà de ce monde matériel, ce que décrit également notre verset. En effet, le mot sanatana est riche de sens. La Bhagavad-gita (VIII.20) met l'accent sur ce même concept d'éternité en révélant qu'au-delà de la création matérielle existe le monde spirituel, où tout est éternel. Parfois, Satyaloka est également appelée Brahmaloka, la planète de Brahma. Mais le Brahmaloka que mentionne notre verset ne se réfère aucunement aux sphères de Satyaloka. Ce Brahmaloka existe éternellement, et pour bien marquer la différence qui les distingue, on a ici fait usage de l'adjectif sanatana. Selon Srila Jiva Gosvami, ce Brahmaloka représente le loka ou le royaume de Brahman, le Seigneur Souverain. Dans le monde spirituel, toutes les planètes sont non différentes du Seigneur Suprême. Parce qu'Il est pur esprit et de nature absolue, Son Nom, Sa Renommée, Ses Gloires, Attributs et Divertissements ne sont pas différents de Sa propre Personne. Par suite, il en va de même des planètes spirituelles du royaume de Dieu. Là, il n'existe aucune différence entre le corps et l'âme. De plus, le temps n'exerce pas son influence comme dans l'univers matériel, et de ce fait, ces planètes, parce qu'elles sont spirituelles, ne sont jamais détruites. La variété qui y règne, elle aussi, ne fait qu'Un avec le Seigneur et l'aphorisme védique ekam evadvitiyam révèle son sens le plus juste dans ce monde sanatana, empreint de variété spirituelle. Le monde matériel ne représente qu'une illusion, un reflet du royaume spirituel du Seigneur. Et puisqu'un reflet n'est jamais éternel, la variété de ce monde de dualité, partagé entre le matériel et spirituel, ne peut d'aucune manière être comparée à celle du monde spirituel. A cause de leur savoir déficient, les hommes d'intelligence moindre confondent parfois les conditions du monde "reflet" avec celles du monde spirituel, les tenant égales. De là, ils tiennent le Seigneur et Ses Divertissements dans l'univers matériel pour identiques aux âmes conditionnées et à leurs agissements. Le Seigneur, dans la Bhagavad-gita (IX.11), rejette ces intelligences pauvres:
tat-katyam catalam klptam
urubhyam vitalam vibhoh janubhyam sutalam suddham janghabhyam tu talatalam
mahatalam tu gulphabhyam
Les astronautes modernes, à la conquête de l'espace, peuvent tirer parti des informations fournies par le Srimad-Bhagavatam concernant l'existence de quatorze catégories de systèmes planétaires. Leur situation dans l'espace est calculée à partir de Bhurloka, ce qui correspond au niveau de la Terre. Au-dessus de Bhurloka se trouvent Bhuvarloka ainsi que d'autres systèmes planétaires, qui se succèdent jusqu'à Satyaloka, le plus élevé d'entre tous; ces lokas correspondent donc aux sept systèmes planétaires supérieurs. Pareillement, il existe sept systèmes planétaires inférieurs, sept lokas, qui ont nom Atala, Vitala, Sutala, Talatala, Mahatala, Rasatala et Patala. Ces systèmes planétaires parsèment tout l'univers, lequel s'étend sur deux trillions de fois deux trillions de milles carrés.(1) Aujourd'hui, les astronautes ne peuvent s'éloigner de la Terre que de quelques milliers de kilomètres, ce qui ramène leurs tentatives de voyages dans l'espace à l'exploration d'un enfant sur la plage d'un immense océan. La lune, elle, se situe dans la troisième sphère supérieure de l'univers, et le cinquième Chant du Srimad-Bhagavatam nous révélera les distances qui séparent les diverses planètes qui constellent l'immensité de l'espace du monde matériel. Il existe d'innombrables univers au-delà du nôtre, et l'ensemble de tous ces univers ne couvre qu'une partie infime dans l'espace du monde spirituel, lequel fut dépeint plus haut comme le Brahmaloka éternel, ou sanatana. Dans la Bhagavad-gita (VIII.16), le Seigneur, dans Sa bonté infinie, convie tous les hommes à retourner en leur demeure originelle, Son royaume absolu:
(1) Le mille, mesure anglaise, équivaut à 1 609 m.
bhurlokah kalpitah padbhyam
bhuvarloko sya nabhitah svarlokah kalpito murdhna iti va loka-kalpana
On trouve ici décrite la division de l'ensemble des systèmes planétaires en trois parties. Comme nous l'avons vu plus haut, d'autres l'imaginent en quatorze parties distinctes. Ainsi s'achèvent les enseignements de Bhaktivedanta sur le cinquième chapitre du deuxième Chant du Srimad-Bhagavatam, intitulé: "La Cause de toutes les causes."
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |